Archives pour la catégorie Polars français

Je n’ai pas surfé La vague

Bon, il faut croire que l’année 2019 me met de mauvaise humeur, ou au minimum d’humeur grincheuse … Encore une fois je ne partage pas l’enthousiasme que suscite un roman (du moins si j’en crois un tour rapide sur les blogs) : La vague d’Ingrid Astier.

AstierTahiti. Hiro vit au bout du monde, dans sa petite vallée, proche de Teahupo’o, la Vague, la plus belle et la plus dangereuse qui déferle sur le récif corallien. Une vie parfaite d’autant plus que Moea, sa petite sœur, va enfin revenir sur l’ile, après des années d’exil. Une vie partagée entre le surf, la pêche, et la nature généreuse de sa vallée.

Mais tout n’est pas idyllique sur l’ile, l’ice, cette drogue de synthèse, commence à faire des ravages. Elle arrive dans le sillage de Taj, le meilleur surfeur hawaïen, qui est venu faire des affaires et défier les locaux sur leur vague, Teahupo’o.

Je comprends qu’on puisse aimer cette vague. C’est un joli roman, avec un très beau travail d’édition (à ce propos, j’aime beaucoup les nouvelles couvertures des arènes, leurs couleurs, leur texture). Visiblement Ingrid Astier est tombée amoureuse de Tahiti, de sa nature exubérante, des odeurs, des saveurs, des verts de l’ile et des bleus de la mer. Et du surf. Et elle le rend bien dans son roman.

Alors quoi ? Alors pour mes goûts le roman est trop mignon. Le gentil Hiro est vraiment trop parfait. Surfeur génial, en harmonie avec l’eau. Habitant de son coin de paradis tout aussi génial, en harmonie avec les animaux, les plantes, et la Terre. Autour de lui, ses potes aussi sont parfaits. De magnifiques chevaliers blancs, sans amertume ni doute malgré les blessures de la vie. Trop beau pour être vrai.

Et en face Taj est un vrai méchant, arrogant, méprisant, très fort aussi, mais bien entendu, à la fin il perd, parce que lui n’est pas en accord parfait avec la Terre et la Vague.

Et puis il y a une autre personnage, Reva, qui raconte son histoire en parallèle, mais elle interfère peu avec l’affrontement Hiro / Taj. Et puis, ailleurs, sur une ile rongée par la corruption et le clientélisme (c’est quand même le fief de Gaston Flosse), l’alcoolisme … Ce n’est pas le sujet, on n’en parle pas ou si peu.

Bref, c’est bien écrit, joliment raconté, mais trop gentil et mignon pour moi. Pour les histories de surf, je préfère Kem Nunn.

Ingrid Astier / La vague, Les arènes / Equinox (2019).

Excellente nOte pour Feux de détresse

Encore un auteur que je découvre alors qu’il en est déjà à son 6° roman. Une belle découverte : Feux de détresse de Julien Capron.

CapronDans un futur pas si lointain que ça, Lok est l’une des entreprises les plus puissantes du monde. Elle a un quasi monopole sur la sécurité informatique mondiale. Pour ne pas subir les pressions du gouvernement américain son créateur, Duardo, a installé toute l’entreprise sur un luxueux bateau de croisière transformé pour l’occasion, et cela fait maintenant 10 ans qu’il vogue d’escale en escale.

Chaque année, Lok organise un événement au retentissement mondial, The C. où les douze projets les plus innovants sont choisis. Leurs inventeurs font alors la croisière Madère / Miami à bord du paquebot, et le dernier soir à minuit, le grand gagnant est révélé lors d’une soirée de gala, retransmise en direct dans le monde entier.

Pour le 10° anniversaire, Robin Batz, devenu richissime après avoir gagné la 1° édition revient. Son invention première ? eVal, une application qui permet d’attribuer la nOte à toute personne que l’on croise. Qui se trouvera alors verte, orange ou rouge. L’innovation en course : la Mise à Jour propose de réduire drastiquement les possibilités de se retrouver avec un rouge de façon injuste.

Mais dès le premier soir, l’impossible arrive, les trois nOtes de Robin et ses associés (son frère Léandre et Sixt, une ancienne hakeuse) passent directement au rouge, bloquant tous leurs accès au bateau, les confinant à leurs cabines. Un piratage normalement impossible, surtout à bord du siège du Lok. Quand les nOtes d’autres équipes, puis au hasard de membres d’équipages et d’employés de Lok virent au rouge la panique s’installe à bord. Robin, Leandre et Sixt ont 6 jours pour trouver ce qu’il se passe.

Un très bon moment de lecture avec ces Feux de détresse où l’auteur s’amuse à pousser un cran plus loin notre monde archi numérisé ou nous (enfin pas tous nous, mais beaucoup de nous) passons notre temps à attribuer des notes, à tort et à travers, pour faire part de notre satisfaction ou non sur des sujets aussi variés que : l’état de l’appartement laissé par le loueur ou le locataire, la conversation du chauffeur, la présentation d’un plat … Une tyrannie de l’opinion d’autant plus difficile à combattre qu’elle est majoritairement acceptée, et surtout qu’il n’y a pas de tyran incarné contre qui se rebeller.

Pour mettre tout ça bien en lumière, rien de tel qu’un bon huis-clos, et une légère exagération où la liberté de circuler, et presque d’exister dépendrait de cette putain de nOte. C’est bien fait, le suspense prenant, et le choix d’un bateau comme lieu de l’expérience permet aussi de glisser, au final, un petit avertissement : les ouragans se contrefoutent de nos notes, et au final, bonne note ou pas, mieux vaut avoir à la barre un équipage expérimenté.

Il m’est juste venu une question, dès le début de la lecture. Julien Capron a-t-il lu Les gagnants, du génial Julio Cortazar, qui date des années 70, ne parle évidemment pas de notes et de numérique, mais avec lequel ce roman présente quand même bien des similitudes. Ce qui prouve que, malgré les bouleversements technologiques, les comportements humains n’ont peut-être pas tant changé que ça. Et qu’il faut lire Feux de détresse et Les gagnants.

Julien Capron / Feux de détresse, Seuil / Cadre noir (2019).

 

Les femmes de la famille Acampora

Vous cherchez un polar court, bien écrit, original, qui ne vous amène absolument pas là où vous pensiez aller ? Ne cherchez plus. Les mafieuses de Pascale Dietrich.

DietrichGrenoble. Pas la première ville à laquelle on pense quand on parle de mafia. Et pourtant la pieuvre italienne y est implantée. L’un de ses parrains, Leone, le chef de la famille Acampora est en train de passer l’arme à gauche, dans le coma après quelques mois de déchéance physique et mentale.

Son épouse Michèle est devenue un peu alcoolo en attendant la fin ; Dina ne veut rien savoir des affaires de la famille et après des études brillantes s’emmerde dans une ONG dont elle perçoit tous les disfonctionnements ; et Alessia, brillante et volontaire, est en train de reprendre les rênes depuis les pharmacies dont elle est propriétaire et qui lui assurent un excellent paravent pour les ventes de drogues, entre autres.

Mais, car il y a un mais, avant de devenir complètement liquide, Leone a laissé un testament, et au moment où il est tombé dans le coma, un tueur a été contacté pour tuer Michèle. Un tueur que lui seul connait. Les femmes de la famille Acampora vont devoir faire équipe pour sortir la maman de la panade et reprendre les affaires en main.

Que voilà un roman enthousiasmant !

Tout d’abord l’histoire est parfaitement menée, et même si le lecteur un peu aguerri devine rapidement qui est le tueur, on est pris par le suspense. Et même si un lecteur tatillon pourrait rouméguer parce que les trois femmes représentent trois attitudes cliché face à la mafia (ou toute autre structure de pouvoir plus ou moins contestable), à savoir

  • Je profite, avec un peu de mauvaise conscience, mais je profite quand même (Michèle)
  • Je rejette et potentiellement je combats (Dina)
  • Je rentre complètement dans le système et j’essaie d’en prendre le commandement (Alessia)

au-delà de ces clichés, l’auteur leur donne chair, sentiments, doutes et forces, en fait de vrais personnages attachants.

Ce qui réjouis le lecteur, c’est la façon dont Pascale Dietrich féminise le roman de mafia, grand classique du polar. Loin de la mythologie. Les mafieux sont de gros cons méchants, jaloux de leurs femmes et de leur pouvoir, avec pour seul but, gagner toujours plus de pognon. Leurs femmes sont plus malines (bien obligées, elles n’ont pas le pouvoir), mais tout aussi dénuées de scrupules et de toute solidarité féminine. Et que la couverture ne vous trompe pas, ce ne sont pas des bimbos tueuses sans pitié, c’est avec l’argent et la tête qu’elles règlent leurs compte (pas de Vanilla Ride ici).

Au passage, l’auteur dit tout le bien qu’elle pense d’un certain nombre d’ONG qui sous couvert de venir en aide aux plus pauvres ne font que permettre à un système dégueulasse de se maintenir, et accessoirement rétribuent grassement des employés plus soucieux d’aller baiser pas cher des mineures là où ils ne se feront pas prendre.

Ajoutez à cela une fin assez inattendue, et vous avez un roman à côté duquel il serait bien dommage de passer.

Pascale Dietrich / Les mafieuses, Liana Levi (2019).

Lucy Chan et JH Oppel sont de retour

Besoin d’un rayon de soleil pour illuminer votre hiver ? Facile ! Total labrador de Jean-Hugues Oppel.

OppelQuel est le lien entre : Une opération foireuse de la CIA au Laos, des pilotes de drones tueurs dans le Nevada, un animateur de radio excité en banlieue parisienne, et le massacre de personnel de la CIA à Berlin ? Cela seul Jean-Hugues Oppel le sait. Et peut-être Lucy Chan, analyste à la CIA pourra-elle le découvrir. Si on lui en laisse le temps.

« Ils n’ont pas inventé la machine à dénoyauter les pois chiches. » © JHO.

Pour vous donner une idée du style, et avertir Jean-Hugues (s’il passe par ici), que je compte bien m’approprier cette expression sienne qui viendra compléter « il n’a pas la lumière à tous les étages », « ils n’ont pas tout leur bois à l’abris » et « ce n’est pas la lame la plus aiguisée du tiroir », entre autres.

Blague à part, c’est du pur JHO. Dans la lignée et la suite de 19500 dollars la tonne. Ça fuse, ça claque, on sourit beaucoup, on apprend quelques petits trucs sur la magouilles des plus riches d’entre eux (je ne dis pas d’entre nous parce qu’il est peu probable qu’ils passent par ici), et on y parle de labradors.

C’est particulièrement jouissif, et sous des dehors de joyeux foutoir survolté, c’est réglé comme une horloge suisse, avec un suspense qui va crescendo. On lit les presque 300 pages dans un état de surexcitation permanent, et ça passe si vite qu’on a l’impression d’avoir tout juste lu une novella.

Presque 300 pages de pure jubilation, et on finit moins con.

Si vous n’êtes pas convaincu, je ne sais plus quoi dire.

Jean-Hugues Oppel / Total labrador, La manufacture des livres (2019).

Le Cherokee, trop brillant pour moi ?

Encore pas de chance. Alors que Le Cherokee de Richard Morgiève est encensé partout, je suis resté sur ma faim.

Morgiève1954 quelque part dans l’ouest américain. Nick Corey est peut-être d’origine indienne, a vu ses parents adoptifs massacrés par un tueur en série et a été décoré quand il a été soldat. Il est aujourd’hui shérif de Panguitch, mille habitants au milieu de rien.  Une vie calme, jusqu’à ce qu’une nuit il tombe en quelques minutes sur une voiture abandonnée, et sur un chasseur Sabre qui vient d’atterrir là, sans pilote.

Immédiatement, branle-bas de combat, l’armée, les services secrets, le FBI, tout le monde débarque. Et comme si ça ne suffisait pas, il semble qu’un personnage inquiétant rode autour du village. Un personnage qui pourrait bien être le tueur en série qui bien des années auparavant a assassiné les parents de Nick.

Je suis assez d’accord avec pas mal de compliments lus ici et là : Oui c’est ironique, oui les bons mots, les belles phrases, les belles images, et les digressions originales et inattendues fusent. A tel point que l’on peut presque ouvrir le roman au hasard et piocher une citation à reprendre pour montrer le style brillant de l’auteur.

Mon problème est que l’excès de brillant, au lieu de m’attraper et de me donner envie de continuer la lecture a eu l’effet inverse de me faire sortir complètement de l’histoire. Au bout de quelques pages déjà je m’étais désintéressé d’un personnage et d’une histoire qui, si je force le trait, semblaient être là pour donner l’occasion à l’auteur d’enfiler les belles perles.

En résultait une admiration pour l’écriture, un désintérêt pour l’histoire et un manque d’empathie total envers les personnages. Ce qui est quand même un comble quand on rend hommage au grand Jim Thompson.

A cela s’ajoute un autre paradoxe. L’auteur nous offre une magnifique galerie de personnages secondaires, mais pour la plupart, on ne fait que les croiser rapidement, et ils disparaissent ensuite du récit. Alors qu’on ne demandait qu’à vraiment faire leur connaissance.

C’est d’autant plus dommage que la peinture d’une Amérique complètement parano, craignant tout autant les rouges que les martiens, alors que les dangers qui la menacent sont internes, est très réussie.

Brillant sans doute, fort bien écrit, mais, à mon goût, sans émotion, et du coup un peu long. Il me faut de l’émotion et des personnages auxquels m’accrocher pour vraiment apprécier un roman de 500 pages.

Richard Morgiève / Le Cherokee, Joëlle Losfeld (2019).

Pas en phase avec la rentrée série noire.

Je n’ai pas de chance avec la série noire en ce début d’année. Je n’ai pas du tout accroché à La peau du papillon de Sergey Kuznetsov (abandon au bout de 100 pages), et là je ne peux pas dire que je sois convaincu par Requiem pour une république de Thomas Cantaloube.

cantaloubeSeptembre 1959, l’avocat d’origine algérienne Abderhamane Bentoui est assassiné chez lui, en même temps que son épouse, fille d’Aimé de la Salle de Rochemaure, résistant gaulliste de la première heure, de ses deux enfants et de son jeune frère de passage à Paris. Côté policier, une consigne tombe, directement du préfet Maurice Papon : Il faut enquêter du côté des luttes internes algériennes, et en particulier du côté du FLN. Luc Blanchard bleusaille qui vient de rentrer à la Crim va vite y perdre ses illusions.

Mais il n’est pas le seul à la recherche de l’assassin. Antoine Carrega, trafiquant corse, ancien résistant va chercher aussi pour le compte de Rochemaure avec qui il a combattu dans le maquis. Rochemaure qui voit d’anciens collabos revenir au pouvoir et qui ne fait aucune confiance à la police de Papon pour mener une vraie enquête. Et Sirius Volkstrom, ancien collabo, proche du bras droit de Papon a lui aussi des comptes à régler avec l’assassin.

Qu’est-ce qui me gêne dans ce polar, par ailleurs bien documenté ?

Tout d’abord, à mon goût, l’auteur a voulu mettre trop de choses. A savoir tout ce qui s’est passé entre 1959 et 1961 ou presque. On croise tout le monde sauf de Gaulle. Mitterrand, Pasqua, Debré, Papon, le SAC, le faux attentat de l’observatoire, l’enterrement de Céline, l’OAS, la manifestation du 17 octobre 61 et sa répression sanglante et impunie, les essais nucléaires français en Algérie. Le seul évènement dont je n’avais jamais entendu parler, et qui aurait pu être un point central du récit est l’attentat sur le Strasbourg-Paris perpétré par l’OAS. C’est beaucoup, c’est même trop, et on dirait que l’auteur n’a pas voulu, ou su, choisir dans ce matériau si riche pour se concentrer sur une intrigue. Cela laisse une impression de superficialité, tout étant traité un trop rapidement.

S’ajoute à cela, en prime, d’autres intrigues secondaires, comme la première sur laquelle enquête Blanchard, qui n’apportent rien au récit.

Ensuite l’écriture est trop sage et trop explicative pour moi. Trop sage parce que si certains personnages souffrent, ou doutent, en exagérant un peu, on lit « il souffre, il doute », mais on ne le ressent pas dans ses tripes. Quand Harry Hole est en pleine dérive, on le ressent, quand Rocco Schiavone ou Ricciardi souffrent, dépriment, ou ressentent de l’empathie pour une victime, on est touché en plein cœur. Là, rien, on lit mais on ne ressent pas. Sans doute parce que c’est sage, et trop explicatif. Et c’est là que ça coince aussi. L’auteur nous explique tout ce que pensent les personnages face à telle ou telle situation, ou pourquoi ils font telle ou telle action. Comme s’il ne faisait pas confiance au lecteur. Ça affadit, ça ralentit, ça manque de fantaisie, de folie, d’émotion, de rage … D’épices.

Bref raté pour moi, même si la toile de fond historique a été suffisamment intéressante pour me pousser à aller au bout. Mais peut-être suis-je de mauvaise humeur, j’ai vu de bons échos sur la toile.

Thomas Cantaloube / Requiem pour une république, Série Noire (2019).

Franck Bouysse toujours bouleversant

Est-il encore nécessaire de présenter Franck Bouysse aux amateurs de polars ? Non. Il revient avec un nouveau roman bouleversant, une fois de plus : Né d’aucune femme.

bouysseQuelque part, vers le centre de la France, un jour, au XIX° siècle, dans un pays où le temps semble figé. Gabriel, curé, entend une femme dans son confessionnal. Mais ce n’est pas une confession, elle lui demande seulement de sortir en cachette deux cahiers, qu’elle a cachés sous les jupes d’une femme morte, dans l’asile d’aliénés voisin.

Gabriel accepte, et c’est ainsi qu’il commence à lire l’histoire éprouvante de Rose, vendue à 14 ans par son père au maître des forges voisines.

Franck Bouysse, une fois de plus, donne chair à des personnages et des lieux à sa façon unique. Avec beaucoup d’émotion mais sans sensiblerie, avec une grande violence mais sans voyeurisme. Il a réussi cette fois à entrer dans la peau de Rose, à parler avec sa voix de jeune fille puis de jeune femme martyrisée, fragilisée mais capable de s’appuyer sur une volonté et une envie de vivre dures et pures comme le diamant. Une jeune femme qui apporte dans certaines pages une lumière chaude et bouleversante dans ce monde peuplé de personnages atroces, violents et immoraux, ou simplement lâches.

Une fois de plus il n’a pas son pareil pour écrire les silences de personnages peu habitués à la parole, mais qui s’expriment d’un geste, d’un regard.

Et si vous croyez au début entrer dans une histoire sans surprise, tant malheureusement ce qui va arriver à Rose semble inéluctable, l’auteur sait faire courir un fil ténu de mystère autour de quelques questions qui restent sans réponses jusqu’aux révélations finales. Un suspense très fin mais très présent qui vient ajouter une tension et un mince espoir dans ce tableau très sombre d’un château de Barbe Bleue tout puissant, maître sans pitié et sans scrupules d’un monde qui est en train de disparaître.

Un nouveau très beau roman de Franck Bouysse qui, une fois de plus, va vous tordre le cœur.

Franck Bouysse / Né d’aucune femme, La manufacture des livres (2019).