Archives pour la catégorie Polars français

Une petite société

Deuxième roman de Noëlle Renaude chez rivages, Une petite société.

Une grande maison, anachronique dans un quartier qui a beaucoup changé. En face une usine de biscuits. Dans la maison, une famille étrange. Un homme âgé et élégant, deux jeunes femmes, un enfant handicapé, Tom. Puis les uns meurent, les autres disparaissent, d’autres font leur apparition. En face, depuis sa fenêtre, Louise qui travaille à la compta imagine, soupçonne …

Quand Tom devenu ado « enlève » la fillette des voisins c’est le chaos. Viendront les flics, une assistante sociale. Et Louise se perd dans ses soupçons et ses suppositions. Ils sont nombreux à essayer de comprendre cette famille, ils ont eux aussi leurs histoires. Et au final, qui pourra bien savoir la vérité, toute la vérité ?

Je n’ai absolument rien d’objectif à reprocher à ce roman. Toujours de façon objective, il est même excellent. Noëlle Renaude parvient parfaitement à rendre ces vies ordinaires, Louise qui s’invente des histoires à partir de faits anodins, essentiellement pour occuper sa vie terne, des vies où il ne se passe rien ou presque. La construction est habile, les passages d’un point de vue à un autre donnent du rythme et de la variété, l’écriture teintée d’humour léger est en accord avec le propos. La description du personnage de Tom est particulièrement réussie, on le voit, on comprend ses joies et ses angoisses.

Mais, car vous sentez qu’il y a un mais, sur la longueur, pour le dire très schématiquement, ça ne m’intéresse pas. Je reconnais que c’est fin, intelligent, bien écrit, mais très personnellement, ce n’est pas ce que je recherche quand j’ouvre un roman. Je veux plus de bruit et de fureur, plus de tension, quelque chose qui sorte un peu plus de l’ordinaire. La description, aussi réussie soit-elle de vies vides ne m’intéresse pas. Au début ça marche, j’accroche à la présentation des différents protagonistes, puis je me lasse.

J’avais eu le même problème avec son précédent roman, Les abattus, c’est bien écrit, bien construit, mais ce n’est pas pour moi.

Noëlle Renaude / Une petite société, Rivages (2022).

Collapsus

Thomas Bronnec s’est fait connaitre avec sa trilogie nous plongeant dans les entrailles du pouvoir. Il revient avec un roman de légère, très légère anticipation, toujours très politique, Collapsus.

Dans un futur proche, voire très proche. La France suffoque, les catastrophes (glissements de terrain, orages monstrueux, avalanches …) se multiplient. La classe politique promet, mais ne fait rien, et la colère monte. Une colère qui porte à l’Elysée Pierre Savidan. Ancien gourou, partisan d’une écologie radicale, il instaure une sorte de permis à point écologique, et des centres de rééducation où ceux qui ont un très mauvais score écologique peuvent aller se former, ou se réformer, de façon volontaire, du moins dans la théorie.

Alors que ses réformes de plus en plus impopulaires passent de moins en moins bien, et que ses partisans multiplient les coups de force de plus en plus violents, la situation semble lui échapper. La tentation de se passer de l’assemblée et du sénat se fait plus forte, alors que la résistance à ce qui ressemble à un coup d’état s’organise. Pour de bonnes ou de mauvaises raisons.

Si vous avez besoin de vous remonter le moral, évitez. Tout va vous faire déprimer dans ce roman. Le constat objectif que nos politiques, de tous bords, dans tous les pays ne font rien et nous amènent droit au mur est absolument indéniable. Mais la solution inventée par l’auteur est … J’allais dire pire que le mal. D’un certain côté oui.

Parce que Pierre Savidan et ses suiveurs ont raison sur le diagnostic. Ils ont même raison sur une partie des mesures à prendre. Le problème est que quand on considère que la fin justifie les moyens, tous les moyens, on tombe dans l’horreur décrite par Thomas Bronnec. Avec fliquage de tous et de tout, camp de rééducation et autocritiques « spontanées » de sinistre mémoire.

La montée vers ce qu’on pourrait appeler un fascisme vert est implacablement décrite, pas à pas par l’auteur. On la vit vue de tous les angles : des fanatiques du président, des opposants (opposants qui ont leurs raisons, pas toujours très altruistes), et de ceux qui s’étaient ralliés à lui et découvrent avec horreur qu’ils ont joué avec le feu.

La tension est savamment dosée, la montée vers l’explosion parfaitement maîtrisée, et le pire est que l’auteur connaît bien les rouages de notre république et que tout est plausible. Donc le lecteur morfle.

Comme l’écrit très justement le Killer : entre le dernier roman de Jérôme Leroy et celui-ci, on ne pourra pas dire qu’on ne nous a pas averti que ça pouvait très mal tourner.

Thomas Bronnec / Collapsus, Série Noire (2022).

Le tableau du peintre juif

Rentrée toulousaine avec Le tableau du peintre juif de Benoît Séverac.

Stéphane et son épouse Irène sont dans la dèche. La petite entreprise de Stéphane a fait faillite, il est au chômage à 50 ans passés, et ils ont du mal à s’en sortir. Quand l’oncle et la tante de Stéphane, qui s’apprêtent à partir en maison de retraite, l’appellent pour lui donner un tableau, il semble que leur vie va changer.

Il apprend à l’occasion que ses grands-parents, qu’il savait résistants, avaient caché un peintre juif assez connu, qui leur avait offert une de ses toiles avant de passer en Espagne. Une toile évaluée à près de 100 00 euros. L’occasion de redémarrer pour Irène, mais l’occasion de faire reconnaître ses grands-parents comme des justes pour Stéphane.

Alors que le couple se sépare, Stéphane va en Israël, où il a la surprise d’être arrêté, le tableau est sur une liste de tableaux volés. Alors qu’il n’a plus rien à perdre, il remonte le passé pour comprendre ce qu’il en est.

Je suis souvent embêté au moment de parler des romans de Benoit Séverac. Et c’est encore le cas. Il aborde des thématiques intéressantes. Il trouve un bon angle d’attaque. Donc on apprend pas mal de choses. Sur les réseaux de résistants dans le sud de la France, sur le passage en Espagne, sur le détail de l’attitude des autorités espagnoles durant la seconde guerre mondiale. Et même, accessoirement sur le travail de mémoire qui se fait dans ce pays.

Mais j’ai du mal à m’enthousiasmer parce que je n’accroche pas à son écriture. Je la trouve trop sage, trop explicative. Je trouve qu’il explicite trop les pensées, les raisons d’agir de ses personnages. Il manque pour moi de l’émotion, de la rage, de la folie, quelque chose qui démarque ses romans d’un documentaire romancé.

Je ne me suis pas ennuyé, mais je n’ai pas été emballé. Dommage.

Benoît Séverac / Le tableau du peintre juif, La manufacture des livres (2022).

Pour tout bagage

C’est la rentrée. Et je commence très bien avec le dernier Patrick Pécherot, Pour tout bagage.

En 1974 ils étaient une bande de 5 lycéens, en pleine révolte, fascinés par un groupe anarchiste qui venait d’enlever un banquier espagnol. Violence maîtrisée, humour et liberté de leurs revendications, ils étaient leurs modèles. Au point de se persuader qu’ils pourraient les imiter. Malheureusement ils tuent un passant qui se trouvait là par hasard. Comme ils n’étaient absolument pas connus des services de police, ils ne sont pas inquiétés et chacun a fait sa vie, loin des autres.

Presque 50 ans plus tard, l’un d’eux reçoit une lettre annonçant la publication d’un livre, et la mise sur le réseau de révélations sur ce qu’il s’est passé. Alors Arthur va se souvenir, et tenter de retrouver ceux qui ne sont pas morts.

« Plan merdique et blablas foireux, notre armée des ombres faisait branquignole. On posait en guerilleros, on était bidasses en folie. Nanars ambulants … nanarchistes, voilà, nous étions des nanarchistes. »

Voilà qui donne une idée du ton. Alors non, ce n’était pas mieux avant, l’époque n’était pas meilleure, mais ils étaient jeunes, ils avaient des idéaux et des illusions. Les illusions vont voler en éclat en une fraction de seconde.

Le récit est très joliment éclaté, entre le présent et le passé relaté sous la forme de description de photos (des kodachromes pour être précis, un coup de nostalgie pour les moins jeunes de ses lecteurs). L’émotion est toujours présente, jamais assénée lourdement. Le regard en arrière de l’auteur, sans concession pour les conneries, et là il s’agit d’une très grosse connerie est fin, en accord parfait avec une écriture toute en nuance.

Bref, c’est court et excellent, le blues parfait de cette rentrée.

Patrick Pécherot / Pour tout bagage, La Noire (2022).

Notre otage à Acapulco

Si vous êtes un habitué de ce blog, vous connaissez déjà Aurel Timescu, le calamiteux consul inventé par Jean-Christophe Rufin. Il revient dans Notre otage à Acapulco.

Martha Laborne, jeune femme de très bonne famille, fille d’un politicien en vue et surtout en campagne de réélection, a disparu au Mexique, du jour au lendemain. Du côté de Acapulco. Donc le Quai d’Orsay est sur les dents. Il faut au moins faire semblant de se bouger, mais sans faire trop de vagues. Et qui de mieux que notre ami Aurel pour faire semblant ?

Le voilà donc à Acapulco, bien décidé à faire ce qu’il réussit le mieux : rien. Malheureusement l’ambiance sur place, dans l’hôtel qu’il a choisi, ancien repère des stars hollywoodiennes des années 50-60 ravive ses souvenirs, et étonnamment son courage. D’autant plus qu’il y a un vieux piano dans l’hôtel. Alors, dans une ville transformée en poudrière par les rivalités entre les différents cartels, Aurel va craquer une allumette.

J’aime de plus en plus ce brave Aurel. Son empathie, ses goûts cinématographiques et musicaux, ses tenues étonnantes. J’adore ces histoires où tout paraît si simple, ou l’écriture coule de source, où l’on sourit beaucoup, où l’on rit souvent. J’aime beaucoup le regard plein d’humanité que pose son auteur sur les lieux où il envoie son héros, et l’humour avec lequel il égratigne un milieu diplomatique qu’il connaît très bien.

Ce détour par Acapulco est un des meilleurs de la série, qui est pourtant excellente. On est ému, on apprend, l’horreur n’est pas cachée, et en même temps on s’amuse beaucoup. Vraiment cette série est une bien belle réussite. Vivement le prochain.

Jean-Christophe Rufin / Notre otage à Acapulco, Flammarion (2022).

La valse des damnés

Un livre en retard, qui était resté quelques semaines dans la pile. La valse des damnés de Philippe Chlous.

A New York, le richissime James Harding se meurt. Il veut revoir ses enfants, William et Emily, qui sont partis vivre à Paris avec leur mère. Il envoie donc son ami et compagnon d’armes Samuel Sullivan, ancien Pinkerton, les chercher. Mais rien ne sera simple dans une France en pleine affaire Dreyfus, alors qu’Emily s’est mise en couple avec un jeune peintre juif et que William fraye avec les milieux les plus antisémites de la capitale.

Dommage, mais je n’ai pas été emballé. Dommage parce que l’époque est intéressante, et que naviguer ainsi entre les groupes d’extrême droite et le monde politique en place de l’époque était une excellente idée, qui montre, entre autres, que la connerie et la haine ne sont pas des concepts neufs, mais qu’ils sont toujours exploités avec autant de succès. Dommage parce que je n’imaginais pas que l’antisémitisme hystérique pouvait à l’époque avoir atteint un tel niveau de rage et d’imbécilité. Dommage enfin parce que le Paris de cette époque est bien rendu, avec des lieux aussi différents que les abattoirs de La Villette et les salons de la haute où se rejoignent les Dreyfusards.

Le problème, de mon point de vue, c’est que l’histoire et les personnages qui ont été créés pour mettre en lumière ce fond passionnant ne sont pas à la hauteur. On ne comprend absolument pas ce qui amène par exemple le frère et la sœur à faire les choix qu’ils ont fait. Il y a trop d’enquêtes en parallèle qui se résolvent de façon trop simple, par un gros coup de hasard. Et dans l’ensemble, cela manque trop d’émotion et de chair. Certains personnages subissent des horreurs, on devrait trembler, on s’en fiche.

Donc intéressant, mais pas emballé. Ou alors, comme je l’écrivais il y a quelques jours, j’ai trop lu et j’ai plus de mal à me passionner. A vous de voir.

Philippe Chlous / La valse des damnés, La manufacture des livres (2022).

Impact

Je n’avais jamais lu de roman d’Olivier Norek. Un pote m’a passé Impact, j’ai essayé. Je ne pense pas que j’insisterai.

Diane Meyer est profileuse, et plutôt bonne dans son métier. Un matin elle est réveillée à 5 heures et demie du matin par son patron, qui lui dit qu’un chauffeur l’attend pour l’amener chez les collègues de la police judiciaire de Paris. Là se monte une équipe. Une vidéo a été envoyée, on y voit le PDG de Total dans une cage en verre, reliée au pot d’échappement d’une voiture. Le message du ravisseur cagoulé semble clair. Mais ce n’est que le début.

Voilà un roman qui se lit facilement, dont le message humaniste et écologiste ne peut que me plaire, et qui pourtant ne m’a pas marqué ni donné envie de lire d’autres polars de l’auteur.

Ce qui marche bien c’est qu’il est bien construit, et que l’écriture est vive et enlevée ce qui rend la lecture agréable. Et comment ne pas adhérer au message, à l’accumulation de description de catastrophes, aujourd’hui déjà, au constat de l’inactivité et de l’hypocrisie des politiques et des maîtres financiers de la planète ?

Tout cela est très bien, mais … mais je trouve le roman construit comme une démonstration, et une démonstration bien trop sage. Tout est, habilement construit, pierre après pierre, pour nous amener à la plaidoirie finale. Alors que me manque-t-il ? C’est trop sage et trop lisse, ça manque de folie et de rage, de méchanceté, de douleur, d’émotion. C’est bien, c’est juste, mais cela ne m’a pas touché.

Et pour les manifestes écologiques, j’en reste au Gang de la clé à molette, pour la rage contre les nantis, je préfère la folie de Tuez un salaud, ou Liquidations à la grecque. Peut-être ai-je déjà trop lu.

Olivier Norek / Impact, Pocket (2021).

Queens gangsta

Karim Madani traverse l’Atlantique pour le Queens des années 80 avec ce Queens Gangsta.

Années 80, dans les cités noires ravagées par les politiques successives de Reagan puis de Bush père, Kenneth « Preme » McGriff, et son neveu, de quelques années plus jeune que lui, Gerald « Prince » Miller montent la Supreme Team, une organisation qui va régner sur le quartier dans le domaine de la vente de crack et de cocaïne. L’argent coule à flot, mais attire les convoitises et l’attention des flics.

Grandeur et décadence d’un gang, ascension et dégringolade de leaders, on est dans l’archi classique du polar. Suivant comment c’est écrit et construit, cela peut être juste une redite, ou un roman original et passionnant. Ici, c’est original et passionnant.

Tout d’abord parce que l’histoire est bien menée, portée par de vrais personnages dont l’auteur ne masque ni les défauts, ni les doutes. Il n’en fait pas des héros, pas de simples victimes, pas de simples salauds non plus. Certes ils sont victimes de la politique américaines des années 80, certes ils tuent et font fortune avec un commerce de mort, mais, comme souvent dans la vraie vie, les choses sont complexes. Et toute cette complexité est bien décrite.

Ensuite parce que même s’il s’attache à quelques destins individuels, Karim Madani élargit son propos et parle du collectif, montre (sans se perdre dans les explications), en quoi ces destins sont forgés par tout en environnement et tout un contexte politique. Et c’est là qu’en plus du pur plaisir de lecture, du plaisir de suivre ces destins particuliers, le lecteur referme le bouquin en se sentant un peu moins ignare. Ce qui est toujours valorisant.

A découvrir donc.

Karim Madani / Queens Gangsta, Rivages/Noir (2022).

Les larmes du Reich

Sur les conseils avisés de blogs, d’amis et de libraires, j’ai tenté Les larmes du Reich de François Médéline, moi qui ne suis pas, a priori, fan de polars historiques. J’ai eu raison.

L’inspecteur Michel expie on ne sait quelle faute. Et c’est pour cela que c’est à vélo qu’en cette année 1951 il va enquêter depuis Lyon jusque dans la Drôme, à la recherche de la petite Juliette, 11 ans, disparue après le meurtre de ses parents dans une ferme isolée. Pas forcément bien accueilli par les gendarmes sur place, il s’aperçoit vite que ce couple était étrange et qu’il y a des secrets bien gardés.

Mais qui n’en a pas en ces années qui suivent la fin de la guerre ? L’inspecteur Michel lui-même n’en a-t-il pas ?

Voilà un roman étrange qui fait se poser tout un tas de questions au fil de la lecture. L’étrangeté, le bizarre s’insinuent petit à petit, de plus en plus fort, et on a l’impression de comprendre de moins en moins ce qu’il se passe, jusqu’à la dernière partie qui va tout éclairer.

Une belle construction qui demande un peu de patience et permet à l’auteur de décrire des faits peu connus, ou du moins que moi je ne connaissais pas. Mais je n’en dirai pas plus, ce serait dévoiler une bonne partie de l’intrigue, et ça ce serait un faute majeure.

Et écrire plus que « lisez-le » serait une autre faute tant toute indication pourrait gâcher le plaisir de la découverte finale.

François Médéline / Les larmes du Reich, 10×18 (2022).

Jeannette et le crocodile

Jeannette et le crocodile : titre intrigant de l’excellent dernier roman de Séverine Chevalier.

C’est l’anniversaire de Jeannette. Aujourd’hui elle a 10 ans et sa maman, Blandine, va l’amener voir Eléonore, le crocodile qui est logé à Vannes depuis qu’il a été trouvé dans les égouts parisiens.  Malheureusement, ce ne sera pas pour aujourd’hui. Blandine a trouvé la bouteille de vodka cachée dans la gouttière hier soir, et elle ne se sent pas bien. Peut-être pour ses onze ans ? Ou douze ? … La vie n’est pas facile dans une petite ville thermale misérable, quand les cures fonctionnent au ralenti et que la seule usine menace de fermer.

Il est frappant de voir comment en peu de pages et en restant au plus près de quelques personnages en apparence « sans histoire », Séverine Chevalier arrive à évoquer autant de thématiques actuelles. Et ce sans jamais perdre l’humanité de ses personnages, et sans donner une impression d’accumulation. Déclassement d’une petite ville qui perd ses emplois, détresse d’une ancienne classe ouvrière en perte de repères, difficultés de la pauvreté ordinaire, harcèlement moral, perte de la biodiversité, alcoolisme … et j’en oublie.

Le roman est d’une telle richesse que cela en donne le tournis. Et le plus fort, c’est que ça donne le tournis après, quand on a refermé le livre. Parce que pendant la lecture on est happé par l’écriture, par l’histoire, par l’émotion, par la tension qui monte insidieusement.

Tout simplement magistral, à ne manquer sous aucun prétexte.

Séverine Chevalier / Jeannette et le crocodile, La manufacture des livres (2022).