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TPS n°11

Retour à la vie normale après une fin de semaine folle, comme toujours avec TPS. Une édition un peu moins animée peut-être côté public, pour cause de grosse manifestation samedi qui a obligé à reporter le rallye au dimanche et a surement fait hésiter plus d’un visiteur à affronter les lacrymogènes et les stations de métro fermées, mais une édition passionnante.

Qui a commencé de façon mouvementée mercredi en fin d’après-midi : Je vais retrouver Leonardo Padura, pour aller avec lui à la rencontre des lecteurs de la médiathèque de Montauban, et patatras, pneu crevé. Donc j’ai changé une roue de ma voiture avec l’aide de Padura, ce n’est pas donné à tout le monde ! Plus sérieusement, belle rencontre, avec plus de 80 personnes, et l’occasion pour moi de discuter tranquillement avec lui de littérature, de série, de Conde, de tout et de rien, que du bonheur.

Jeudi, « la routine », une rencontre en médiathèque avec Victor del Arbol. Là aussi du bonheur, le plaisir d’échanger avec un auteur que je connais bien maintenant, avec lequel nous avons réussi à tisser une certaine complicité qui transforme l’animation d’une rencontre en discussion entre amis … Une discussion durant laquelle bien entendu l’un parle beaucoup plus que l’autre, étant donné qu’il a beaucoup plus de choses intéressantes à raconter.

Et vendredi, nouvelle rencontre avec Leonardo Padura, en ouverture du festival, à la librairie de la Renaissance. Une fois de plus amphi archiplein, et une rencontre qui a prouvé, à ceux qui en douterait encore, que Padura est une mine inépuisable d’histoires, d’anecdotes et de réflexion. Mis à part lors de certaines réponses à des questions du public, c’était complètement différents des rencontres de la semaine précédente à Ombres Blanches, et de celle de Montauban. On apprend entre autres, que son prochain roman ne sera pas un Conde, mais bien que Mario ait une hygiène de vie déplorable, entre rhum, cigarettes et privations de nourriture suivie de repas gargantuesques, il compte bien le faire encore vivre longtemps, au-delà des 60 ans qu’il a fêtés dans le dernier roman.

Pour la petite histoire, moment amusant lors du repas après la rencontre, pris dans les locaux de la Renaissance, qui sont aussi ceux du PC toulousain, quand en tournant la tête il est tombé sur une affiche de soutien à Cuba avec Fidel en photo …

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Après, samedi et dimanche, on est pris dans le grand tourbillon, avec le moment toujours long de l’inauguration, qui a permis quand même cette photo qui témoignait de la richesse de notre plateau hispano, pour mon plus grand plaisir bien entendu. Vous reconnaitrez de gauche à droite, Ernesto Mallo, Leonardo Padura, Victor del Arbol, Carlos Salem, Boris Quercia et Martin Solares. Content j’étais.

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D’autant plus content que côté italien, même s’ils étaient moins nombreux, il y avait quand même Gioacchino Criaco et Maurizio de Giovanni, qui remporte en plus le prix Violeta Negra pour Les Pâques du commissaire Ricciardi. Suis-je content ? Forcément, à force d’insister, je vais y arriver TOUT LE MONDE VA LIRE MAURIZIO DE GIOVANNI. Et ceux qui ne l’ont pas encore fait vont s’y mettre ou être punis.

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Sur les tables rondes je n’ai pas pu assister à tout, mais quelques bons moments quand même : De beaux échanges entre Victor del Arbol et Valentine Imhof.

Une table ronde passionnante avec Gioacchino Criaco, inspiré et passionné, défenseur magnifique du peuple de l’Aspromonte en Calabre, Hervé le Corre égal à lui-même et toujours passionnant quand il parle des perdants de la Commune, ou des secrets de l’après-guerre à Bordeaux, Jean-Christophe Tixier qui a scotché tout le monde en parlant de ses Mal-aimés, et un Maurizio de Giovanni très drôle, qui m’a fait un très grand plaisir en parlant de son superbe personnage de Bambinella (ceux qui ne savent pas qui c’est, obligation absolue de lire les Ricciardi, j’insite) qui lui fait répondre quand on lui demande s’il y a un peu de lui dans tous ses personnages : Non.

La dernière table de cette édition n’a pas été la plus ordonnée, un panorama du polar latino-américain avec l’Argentine d’Ernesto Mallo, le Chili de Boris Quercia et le Mexique de Martin Solares, le tout modéré, si on peut parler de modération par Carlos Salem. Où on apprit que le premier roman latino fut une arnaque écrite par Amerigo Vespucci qui inventa une Amérique riche pour soutirer les sous aux Borgia, ce qui fit dire à Carlos que c’était donc le premier argentin. On apprit aussi que Boris était un des fils cachés d’Ernesto, et bien d’autres choses.

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Dans cette galerie haute en couleur d’auteurs plus passionnants les uns que les autres, pour moi, une figure s’est détachée cette année, parce que cette rencontre a été celle d’une légende. Il s’agit de Kent Anderson, l’auteur mythique des Chiens de la nuit, polar qu’on se conseillait lors de soirées d’amateurs de romans noirs très très noirs des années 90, ce polar qu’il fallait avoir lu, au même titre que The brave ou J’étais Dora Suarez. Un auteur disparu jusqu’à la parution de Un soleil sans espoir, et un auteur qui était là, à Toulouse, avec nous. Un homme adorable, qui vous explique, en vous regardant droit dans les yeux qu’il écrit pour partager les horreurs qu’il a vues, comme pour s’assurer qu’il les a bien vues, et pour vous demander s’il est fou ou s’il est un monstre, lui qui ne s’est jamais senti aussi vivant que lorsqu’il devait tuer ou être tué au Vietnam. Qui se lève pour revivre sous vos yeux une situation de danger, avant de réciter magnifiquement du Yeats, un poète dont un recueil l’accompagnait toujours en opération, et qu’il relisait quand il commençait à douter de son humanité. Une sacrée expérience que la rencontre avec ce bonhomme, aussi forte que celle de la lecture des trois romans consacrés à son double, le sergent Hanson.

Que retenir d’autre ? Le plaisir de retrouver les copains du polar, venus parfois de loin, comme les niçois de la Noir Rôde, les fondus au noir de Nantes, Cédric de Genève, Bruno de Montpellier et Yan de Carcassonne, un vrai plaisir, avec cette année également l’occasion de discuter un moment avec un habitué du blog venu de Clermont. Le plaisir de discuter avec Jérôme Leroy, Jean-Hugues Oppel, Hervé Le Corre, Marin Ledun, Jacky Schwartzmann … Et bien entendu les moments avec les potes de TPS.

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Un grand merci aux auteurs, aux visiteurs, et à tous ceux qui se sont démenés pendant des semaines, et encore plus ces trois jours pour que tout ce grand cirque puisse fonctionner sans heurts, ou du moins sans heurts visibles. Et comme on disait dans les rédactions de CE2 : Et je suis rentré, fatigué mais content d’avoir passé un si beau week-end !

Incroyable mais vrai

La connerie humaine donne une idée de l’infini disait un prof de math de mes parents.

Je le sais bien, mais là je suis resté baba. Après tout, l’esprit humain ne peut appréhender l’infini qu’en voyant reculer, jour après jour, les limites qu’il croyait avoir atteintes. Dans le domaine de la bêtise, la superficialité et le mauvais goût voilà une limite qui recule.

Carnets de voyage 2

Etape suivante retour au Pantanal, où nous avions déjà séjourné il y a 3 ans. Le Pantanal nord plus exactement, seul endroit au monde, à ma connaissance, où on a l’assurance de voir de jaguars en liberté. Refuge également de plus de 600 espèces d’oiseaux.

On atterrit à Cuiaba, puis une route mène à Poconé, dernière ville, petite ville à l’échelle du Brésil puisqu’elle compte moins de 30 000 habitants, et à quelques kilomètres de là commence la Transpantaneira, route de terre de 150 kilomètres, environ 130 ponts dont la majorité en bois, qui finit sur le fleuve, territoire des jaguars.

On s’arrête d’abord deux nuits au début de la route, dans une pousada, véritable paradis des oiseaux. Autour de la maison, le long du chemin qui sépare la maison de la route, dans les champs, des oiseaux de toutes les couleurs et de toutes les tailles.

Des petits très colorés comme ces deux espèces de cardinal

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Des perruches de toutes sortes

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Des pics

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Le fameux Blue, mais également ses cousins dont un venait manger dans la main les fruits qu’on lui proposait.

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Des rapaces de toutes sortes.

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Et des oiseaux beaucoup plus gros comme cette petite autruche ou le Tuiuiu, assez laid il faut bien l’avouer, et qui ressemble à un bombardier quand il vole.

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Et comme l’eau n’est jamais très loin, des oiseaux aquatiques, hérons, jacanas, martins pêcheurs etc …

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Comme l’eau est présente, les caïmans aussi.

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Et le miracle est qu’en l’absence de chasseurs, les animaux ont beaucoup moins peur de l’homme, mais vraiment beaucoup moins, comme en témoigne cette rencontre, vers 6h30, sur le chemin entre la pousada et la route. Promis juré, ce n’est pas un montage et ce petit renard n’est pas apprivoisé.

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Quand on reprend la route pour Porto Jofre, au bord du fleuve, c’est essentiellement pour voir des jaguars. Le programme : lever très tôt, sur la bateau de 7h30 à 11h30, repas et sieste, re-bateau de 14h30 à 18h00, repas et au lit.

Avant la star, d’autres habitants du coin.

Les toucans.

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Les cormorans qui sont partout sur le fleuve, aussi nombreux que les caïmans.

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Deux mammifères très faciles à voir, les loutres de fleuve et les capybara, le plus gros rongeur du monde.

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Et puis voilà la vedette, et on en voit vraiment, quasiment à chaque sortie. Parfois ils baillent et dorment, activité proche de zéro, après tout, ce sont de gros chats (qui atteignent quand même plus de 100 kg).

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Mais cette fois on en a vu un traverser le fleuve à la nage.

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Et un autre chasser, grand moment. Et là le gros chat devient beaucoup plus impressionnant voire inquiétant. Le chasseur :

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Le chassé :

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L’attaque ratée :

 

 

 

 

 

 

 

Sauvé.

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Dépité.

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Un endroit unique, magique, qui commence à être connu, beaucoup plus de monde qu’il y a trois ans, plus de chambres, plus de bateaux hôtel sur le fleuve, plus de bateaux pleins de photographes sur le fleuve. Les brésiliens sauront-ils, comme les argentins avec les baleines de la Peninsula Valdez limiter l’accès et les autorisation pour les guides pour préserver ce patrimoine unique, où vont-ils tuer la poule aux œufs d’or avec les risque de voir la faune se déplacer d’une vingtaine de kilomètres en amont ou en aval pour retrouver le calme ? Mystère.

Carnet de voyage 1

Si la publication et la modération des commentaires ont été un peu aléatoires ces derniers temps, c’est que toute la famille était en vadrouille, loin, et parfois dans des endroits peu, voire pas, connectés (un bonheur).

Petit carnet de voyage avec photos en trois parties, au Brésil de nouveau, trois ans après la première visite.

Première destination, Salvador de Bahia, en commençant par quelques jours sur une plage à une heure au nord de la ville, Imbassai, parfaite pour qui veut le calme, la plage, pas de voitures, pas trop de monde. Un hôtel sur la plage qui permet, si l’on se lève à 6 heures, d’assister au lever de soleil et de marcher pendant des kilomètres si l’on veut, seuls ou presque.

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Vagues, soleil, caipirinha, moqueca, et tudo bem.

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Ce qu’il y a de magique ici est que tout finit par s’arranger. Les chambres ne sont pas celles prévues lors de la réservation ? ta bom, on change. Une fenêtre ne s’ouvre pas, la poignée de l’autre vous reste dans la main ? ta bom, on répare, et on profite de l’éclipse de lune. Le vent se lève en rafales, tudo bem, demain le jour sera lindo como voce. Impossible de ne pas être relax et de bonne humeur, même s’il pleut, même si les vagues sont énormes, même s’il y a du vent.

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Et puis on peut toujours saluer quelques amis, en l’air ou dans les arbres.

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Après 6 jours de farniente, direction la ville, Salvador de Bahia. Première impression pour les européens que nous sommes habitués à beaucoup marcher, ici on ne peut pas se déplacer à pied d’un quartier à l’autre. Il faudrait passer par des quartiers un peu délicats, et traverser les 4 à 6 voies qui ne semblent vraiment pas faites pour les piétons. Donc difficile d’apprivoiser la ville, de trouver où faire ses courses sans aller dans les shopings (horreur), d’avoir une idée précise de comment aller d’un quartier à l’autre.

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Les impressions suivantes, l’océan est partout. Quartier Rio Vermelho où nous logeons, mais surtout quand on se déplace, on reste en général très peu de temps sans le voir. Autre présence, la musique, partout aussi, et celui par qui j’avais l’impression d’avoir découvert la ville, bien des années auparavant, Jorge Amado. Statue Jorge Amado, centre culturel Jorge Amado, place Tereza Battista dans le très touristique et très beau Pelourinho …

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Et quand on discute avec les gens ce qui sort tout de suite, c’est le clivage total à propos de la politique. Sans jamais donner notre avis, et grâce à notre portugnol, systématiquement, le sujet Bolsonaro vient sur la table, fanatiquement pour ou contre, presque toujours lié intimement avec un clivage contraire (of course), concernant Lula et le PT. Autant sinon plus que lorsqu’on aborde le sujet du péronisme en Argentine.

Présence partout des églises évangélistes, mais aussi, et c’est une caractéristique de la ville, du Candomblé et des Orixas chers à Amado.

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Sans oublier de magnifiques peintures sur les murs, et ce slogan d’un cinéphile aux goûts très surs.

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Quelques photos de cette ville étonnante, que l’on commençait à aimer un peu plus quand nous en sommes partis, après 5 jours. Une expérience à retenter donc.

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Sinon, jus de fruit, moqueca, coco gelado, une gastronomie très riche et variée, et la découverte dans le Pelurinho d’un jus lait de coco citron vert absolument fabuleux.

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Prochaine étape, pleine nature, eau, forêt et faune dans le Pantanal.

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La course des rats

Denoël a traduit le premier roman publié par Antonio Manzini : La course des rats.

ManziniRené, Linceul, Franco et le Chinois sont sur un braquage, qui tourne mal. René réussit à s’enfuir mais est vite rattrapé par les flics. Mais c’est certain, même si c’est une récidive, il ne dira rien. Rapidement, il a des doutes, ces flics sont étranges et s’il y avait eu une trahison ?

Pas si loin, Diego végète dans son boulot, pour une caisse d’assurance. A quarante ans ses perspectives sont minces, pour ne pas dire inexistantes. Sauf s’il avait une étrange promotion …

Diego et René sont frères, mais ne se voient que très rarement, et pourtant, dans les jours à venir, ils se croiseront de nouveau dans les rues de Rome, pour le meilleur ou pour le pire ?

On apprend dans la préface, que c’est le premier roman de l’auteur, republié alors qu’il connait un immense succès en Italie avec son excellente série consacrée à Rocco Schiavone. Je ne sais pas si cette réédition, et sa traduction en français étaient vraiment indispensables.

Je ne peux pas dire que je me sois ennuyé, le style est alerte, on perçoit par moment l’humour vache qui va être l’une des marques de fabrique de la série, et une des raisons de son succès. Les chapitres courts s’enchaînent bien, les personnages sont hauts en couleur, et les hommes de pouvoir, qu’il soit petit ou grand (le pouvoir), sont caricaturés de façon incisive. Pour finir le jeu de casse pipe final est rondement mené sans concession. Donc le roman est plaisant.

Mais l’ensemble est quand même bien moins abouti que ce qui suivra, hésite entre deux tons, le réalisme style affreux sale et méchants et la fable sociale irréaliste, et du coup on a du mal à vraiment s’attacher aux personnages et à vraiment accrocher à l’histoire. Pour résumer, j’ai lu avec un certain plaisir, mais tout en restant extérieur et peu touché par l’ensemble.

C’est déjà pas mal, mais loin du niveau de la série Rocco Schiavone qui arrive en même temps à me faire rire et presque pleurer. Un coup d’essai et pas encore un coup de maître pour l’auteur qu’il vaut mieux découvrir au travers de ses romans suivants.

Antonio Manzini / La course des rats (La giostra dei criceti, 2017), Denoël (2019), traduit du l’italien par Samuel Sfez.

Félicitations à Nicolas Mathieu

C’est rigolo, chaque fois qu’un auteur passé par le polar est sélectionné pour le Goncourt c’est lui qui gagne. C’est peut-être pour ça qu’il y en a si peu de sélectionnés, et que les jurés sont si heureux d’avoir une bonne histoire à lire quand il y en a un.

De là à dire que finalement le prix Mystère, ou le prix 813 sont les véritables Goncourt chaque année il n’y a qu’un pas, que je franchis allègrement, avec une mauvaise foi qui m’honore.

Quoi qu’il en soit, félicitations à Nicolas Mathieu, dont j’avais adoré Aux animaux la guerre. Et je ne vais pas tarder à lire le fameux Goncourt, une fois n’est pas coutume.

Une exception

Si vous êtes un (ou une) habitué, vous aurez remarqué que je ne suis pas fan des tags, mois du bidule, ou défi du truc. Je vais pourtant faire une exception, juste pour vous, pour la raison bien simple que ces questions auxquelles Cuné a répondu, m’ont été posées (entre autres), lors d’une fort sympathique rencontre à la médiathèque de Muret (Bonjour la médiathèque de Muret). Il s’agit de discuter à bâtons plus ou moins rompus de mes habitudes de blogueur.

Avis, Critique, Recension et/ou Ressenti ?

Ressenti toujours, avis parfois. Mon but premier, dans la majorité des cas, est de faire partager un plaisir, voire un enthousiasme. Donc ressenti en priorité, un minimum argumenté quand même, parce que ce qui me fait crier, « Waow, hilh de pute, quel putain de bouquin ! » ne sera pas forcément aussi enthousiasmant pour tout le monde. Donc j’argumente ce qu’il faut (du moins j’espère) pour vous donner une idée de ce qui a motivé ma joie (qui fera, ou non, la vôtre). Et avertir aussi que si, par exemple, La griffe du chien est un monument, c’est aussi un bouquin qui secoue et que je ne le conseillerais pas forcément à tout le monde.

Le choix du livre

Plutôt les choix du livre. Il y a des auteurs, des éditeurs que je suis systématiquement. Il y a les avis positifs de certains collègues blogueurs. Les discutions avec mes libraires préférés, avec les copains. Des curiosités géographiques.

Cas particulier : Parfois, pas besoin de choisir, les livres viennent à toi via les SP, ou Service de presse.

Oui, pas mal arrivent via les SP. Sauf si je les ai sollicités (ce qui arrive parfois, rarement mais parfois), je ne me sens pas obligés de les lire. Et encore moins de les aimer. Donc les livres qui arrivent par SP sont lus et commentés comme les autres. J’évite en général d’écrire pour dire du mal, non pas pour ne pas vexer quelqu’un, mais parce que je suis fainéant, et que si je vois l’intérêt qu’il y a à passer du temps pour partager un enthousiasme, à moins d’être vraiment en rogne, je ne vois pas l’intérêt de partager mes déceptions. Sauf si c’est un auteur que je lis systématiquement qui m’a déçu, et que j’essaie de suggérer aux lecteurs de commencer par un autre titre.

Mettre ou ne pas mettre la quatrième de couverture ? That is the question

Jamais. On peut la trouver sur internet, quel intérêt de la recopier ?

Prise de note

Non. Je ne suis pas au boulot, si je ne suis pas capable de me rappeler ce qui est important dans un bouquin, c’est qu’il vaut mieux ne pas en parler et l’oublier au plus vite.

Rédaction

Vite après quand c’est possible (le jour même, ou le lendemain), un premier jet qui ne prend pas plus de 10 minutes. Puis je me relis un ou deux jours après pour virer les répétitions, les lourdeurs (celles que je vois), les fôtes (sauf celles que j’oublie), et hop, sur le blog.

Serré ou plutôt long ?

Plutôt serré, mais parfois j’allonge. J’essaie d’avoir le résumé le plus court possible, histoire de dire de quoi il s’agit, Où ? Quand ? Qui ? Quoi ? Puis un avis qui peut être très court quand il s’agit juste de dire que c’est une bonne série B, parfois un peu plus argumenté quand je veux vraiment vous convaincre QU’IL FAUT ABSOLUMENT LIRE CE BOUQUIN !

Divulgâcher, moi ! Jamais

Ca va pas non !

Ils en pensent quoi les autres blogueurs ?

Je ne suis pas certain de comprendre le sens de la question, mais s’il s’agit de dire si l’avis des autres influence le mien, non. Je vais lire quelques blogs. Quand les trois ou quatre avec qui je suis généralement d’accord ont une lecture différente, je lis ce qu’ils en disent pour comprendre notre différence de lecture. Ca ne me fait pas changer de ressenti bien entendu, mais je les cite parfois, surtout s’ils ont aimé un bouquin dans lequel je n’ai pas réussi à rentrer.

Citation

Très rarement. Plus souvent quand c’est un livre drôle, pour donner envie en donnant un exemple de l’humour. Ou parfois si l’auteur a réussi à mettre très élégamment et très efficacement en mots une idée, une impression, un ressenti que je n’arrivais pas à exprimer. Toujours pour donner envie. Plus une exception, j’ai entrepris, dans mon hommage de fan absolu de Terry Pratchett, de relire le Disque Monde (lentement), et de noter ses formules les plus géniales.

Tager ses billets

Oui, ça me sert parfois, pour retrouver mes notes sur un auteur, un personnage, ou une thématique, voire une ville ou un pays. Mais je ne suis pas très rigoureux.

Noter ses lectures

Jamais ! On n’est pas à l’école, je ne suis pas examinateur. Je parle de plaisir sur le blog, le plaisir ne se note pas.

Les affiliations

Je n’étais pas certain de la question, je suis allé voir sur d’autres blogs. Donc la question semble être si je suis lié à quelqu’un (éditeur, centre de vente, régie de pub …) pour gagner des sous avec mes avis. Réponse facile : Non. Qui appelle une petite mise au point.

Un : Je hais la pub. La pub et les publicitaires me font autant vomir qu’un discours de Wauquiez, la couleur du bronzage de Trump, ou la morgue arrogante de Macron. J’ai quitté mon précédent hébergeur quand il m’a imposé la pub, et je paie maintenant une somme (modique) pour être certain qu’aucune de ces merdes parasitaires ne puissent s’incruster à côté de ma géniale prose.

Deux : Aucun éditeur, ou auteur n’a jamais eu l’imbécilité et l’indignité de me proposer un paiement en échange d’un billet. Finalement, on a beau dire, il reste des gens honnêtes et intègres dans notre beau pays, ou alors mon influence est tellement nulle que personne n’a eu l’idée de me corrompre ! Choisissez

Trois : Je refuse tout lien vers un quelconque centre d’achat. Tout d’abord parce que je ne les aime pas. Je vais en librairie, et quand j’achète sur internet, je le fais dans une vraie librairie, quitte à payer l’envoi un peu plus cher. Un peu de cohérence que diable, on ne peut pas pleurer que les vrais libraires ont du mal à survivre et acheter ses bouquins chez un vautour qui planque ses revenus en Irlande pour ne pas payer d’impôts. Ensuite, parce que quand je vois sur un blog un lien vers un endroit où acheter le bouquin, je ne peux pas m’empêcher de penser que le blogueur a tout intérêt à dire du bien du bouquin, pour que d’un clic son lecteur aille l’acheter sur le site machin et lui rapporte quelques centimes. Puis j’ai un boulot, qui me passionne, et qui me permet de gagner ma croute. Le blog c’est que pour le plaisir.

La reconnaissance

C’est sympa de lire des commentaires, de commencer des échanges et, parfois, d’en arriver à se rencontrer en vrai. Mais ce qui me fait le plus plaisir c’est quand quelqu’un m’écrit pour me dire que grâce à un billet, il a découvert un bouquin ou un auteur qui l’ont emballé.

Voilà qui a peut-être répondu à quelques questions que vous vous posiez, mais que cela n’empêche surtout pas de nous retrouver, si l’occasion se présente, autour d’une table ronde, d’un verre ou d’un café. Finalement, pour moi, le blog n’est jamais qu’une façon de rendre accessible à des gens qui habitent loin les discussions passionnantes et passionnées qu’on peut avoir avec les copains autour de nos lectures.