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Sale époque

Etranges coïncidences. Au moment où reparait Little Caesar, petit truand à la trajectoire parabolique, un personnage qui lui ressemble par bien des côtés disparait.

Diego Maradona, el pibe de oro, la main de Dieu, venu des « villas », les bidonvilles argentins, devenu l’idole d’une ville (Naples) et d’un pays (l’Argentine), aussi génial que tricheur, tombé dans l’addiction, et les excès. Ami de camorristes et de Fidel Castro, idole des  plus pauvres roulant en Ferrari. Capable dans le même match d’une magnifique triche et d’un but génial. Autant haï et méprisé que vénéré.

(43-31) : FRANCE’S CHRISTOPHE DOMINICI GOES AROUND NEW ZEALANDS CHRISTIAN CU LLEN TO SCORE A TRY

Si on ajoute à cela un autre personnage de roman hier, Christophe Dominici, ailier fantasque, qui un beau jour d’octobre 1999 devant un stade de Twickenham archi plein passa en revue la moitié de l’équipe des ogres All Black en revue avant d’offrir à ses potes le premier essai d’un match phénoménal.

Et puisque j’en suis à parler de mes souvenirs, un autre bout de mon enfance et adolescence est disparu hier, Jacques Secrétin, grand champion de ping-pong, dont on retenait forcément le nom rigolo, et que j’avais vu avec son compère Vincent Purckart dans leur show de Harlem globetrotters du pingpong.

Je sais, ce ne sont « que des sportifs », ils ne vont pas laisser de grands romans, de grands films et des chansons inoubliables derrière eux. Mais ça fait quand même mal, c’est un petit morceau de mémoire collective et populaire qui disparaît. Un morceau qui manquera, qui manque déjà.

Qui manque d’autant plus en cette période sinistre, où l’on ne peut plus se voir, se toucher, où un Président qui ressemble de plus en plus au Sourire envahit plus qu’aucun autre avant lui les écrans, où les libertés sont rognées, l’une après l’autre, au nom de la sécurité. Une époque qui manque cruellement de légèreté, d’excès, d’humour, de génie, de fantaisie, d’actes gratuits et flamboyants. Une époque de comptables fascisants.

Salut les artistes, vous nous laissez tomber au plus mauvais moment.

Vous nous manquez déjà

Je sais bien que 92 ans c’est un bel âge, mais il aurait pu attendre une période un peu moins sinistre Alain Rey pour nous abandonner à notre bien triste sort.

Il aurait pu décortiquer avec gourmandise, et ce sourire dans la voix que j’aimais tant sur France Inter, les mot guerriers qu’affectionne notre Napoléon de gouttière qui va encore ce soir froncer les sourcils, serrer ses petits poings et tenter de prendre la tête du Chef De Guerre, Père De La Nation, sévère mais juste.

J’aurais tant aimé l’entendre nous expliquer l’origine et les évolutions de « Couvre-feu », de « confinement », ou même de « laïcité », qui est confisquée par tous les abrutis qui chassent à droite en s’étonnant qu’il y ait des étagère ceci ou cela dans les super marchés, et bizarrement, ceci ou cela ce n’est jamais l’étagère italienne ou mexicaine.

En ces temps où les plus pourris parmi les pourris tentent de s’approprier les mots, les vident de leur sens, les tordent pour les adapter à leur rhétorique de merde, combien il aurait été indispensable l’éclairage aussi cultivé qu’humaniste de ce grand bonhomme. Je me souviens encore de sa chronique, motivée par un discours moisi, où il avait expliqué, avec quel talent, qu’être « de souche » n’était pas forcément un compliment, la souche étant par essence immobile et morte. Oui vous allez nous manquer Alain Rey, mais merci mille fois pour tout.

Elmet

Les blogs ont beaucoup parlé de Elmet de Fiona Mozley. En bien. Donc je l’ai lu. Mais je n’ai pas du tout marché.

MozleyDaniel et Cathy vivent dans les bois avec leur père John Smythe. Ils ont construit une maison éloignée de tout dans le Yorshire, sur une terre ayant appartenu à leur mère. John a gagné de l’argent en se battant, lors de combats clandestins, c’est une légende, invaincu dans toutes les îles britanniques. Ils pourraient vivre là en paix, mais un homme ne l’entend pas de cette oreille. Il veut que John revienne travailler pour lui, briser des os pour lui.

C’est Price, qui possède quasiment toute la région, fermes, maisons en location, tous ou presque lui doivent un loyer ou travaillent pour lui. La paix sera de courte durée.

Désolé, je n’ai pas été du tout conquis.

Pour commencer la quatrième de couverture est un modèle de ce qu’il ne faut pas faire, résumant absolument toute l’histoire, même des événements n’intervenant qu’à la toute fin du roman. Et la phrase reprise en couverture est complètement ridicule. Dommage ça gâche ce que pourrait être le plaisir de la lecture.

Ensuite l’auteur fait le choix de se placer dans une ambiance de conte, où l’atmosphère de la forêt est plus présente que la vie des êtres humains, où malgré le choix d’avoir un narrateur on ne partage pas vraiment sa vie, ni ses sentiments, ses joies, ses rages. Toutes les aspérités sont comme gommées par un brouillard onirique. La mise en place est très lente, et la montée de la tension extrêmement abrupte, sans prémisses ou presque.

Et comme je n’ai pas été sensible à la poésie de l’écriture que beaucoup ont ressentie, je me suis pas mal ennuyé, trouvant que le final annoncé tardait beaucoup à arriver. Et même là, tout est trop manichéen, trop décrit de loin, avec des protagonistes aux réactions trop caricaturales, trop « parfaites », donc sans émotion pour moi.

Bref je suis visiblement un cas isolé d’indifférence totale à l’écriture de Fiona Mozley. Dommage.

Fiona Mozley / Elmet, (Elmet, 2017), Joëlle Losfeld (2020) traduit de l’anglais par Laetitia Devaux.

Gangs of L.A.

Je l’avais laissé passer en grand format, je me rattrape en poche grâce aux vacances. Gangs of L.A. de Joe Ide.

IdeIsaiah Quintabe, dit IQ, est noir, habitant d’un quartier populaire de L.A. Il rend service aux uns et aux autres grâce à ses talents d’investigateur, et à son intelligence hors du commun. Et se fait payer quand il peut, parfois en muffins immangeables. Mais là il va peut-être avoir une affaire qui va enfin lui rapporter de l’argent. Un rappeur qui a reçu des menaces de mort et a fait appel à Dodson, connaissance d’IQ, aussi magouilleur qu’IQ est honnête, aussi agité qu’il est calme.

Comment Isaiah qui semblait promis à un brillant avenir en est arrivé là ? Pourquoi connait-il une crapule comme Dodson ? Et en quoi consiste cette mission ? Il faudra lire pour le savoir.

Ouvrez, plongez, et c’est parti, à fond, pour un bon moment de pure énergie. Une écriture dynamique en diable, des dialogues parfaits, la description sans pitié du milieu archi bling bling des rappeurs californiens, une vulgarité hors norme. Des scènes d’action très réussies, un vrai talent pour accélérer et ralentir le rythme comme il faut pour le suspens.

Bref tout le savoir faire de nos amis ricains, au service d’une histoire parfois émouvante, souvent très drôle. Un vrai moment de bonheur que cette lecture jubilatoire.

Et comme IQ ressemble fort à un personnage qui pourrait revenir, je vais regarder tout de suite s’il n’est pas déjà de retour en grand format.

Joe Ide / Gangs of L.A., (IQ 2016), Folio Policier (2020) traduit de l’anglais (USA) par Diniz Galhos.

PS. Le titre français est quand même un peu con, et n’a rien à voir avec le roman.

Aux vagabonds l’immensité

C’est la période des romans historiques, après Marseille 73, voici Aux vagabonds l’immensité de Pierre Hanot.

HanotMetz juillet 1961. Le FLN s’organise pour frapper aussi en France. Le 1° RCP, régiment de paras, des durs de durs, vient d’être rapatrié manu militari à Metz, pour cause de tentative de coup d’état en Algérie. Rage, frustration, rancœur, un mélange explosif si les bicots s’avisent de les provoquer.

Le 23 juillet, ça explose, c’est la « nuit des paras ». Avec la complicité ou le consentement silencieux de la police et d’une partie de la population.

Récit court, concentré sur quelques journées et éclaté sur une multitude de personnages. L’avantage est que ça donne une multiplicité de points de vue. L’inconvénient est que chaque personnage n’est là que pour son apport à cette fameuse nuit, à peine une silhouette avec une fonction à remplir.

En peu de temps on prend connaissance de l’événement, l’information est là, c’est vif, mais pour moi l’émotion est totalement absente. En ne créant aucun lien entre le lecteur et les personnages, l’auteur s’interdit ce levier extrêmement puissant de la littérature : nous faire vivre d’autres vies dans notre chair, comme si nous y étions. Ici, pour moi, l’émotion était totalement absente.

Aux vagabonds l’immensité répond très certainement à ce que voulait faire l’auteur, et satisfera sans doute certains lecteurs. De mon côté, je demande autre chose à un roman et je reste sur ma faim.

Pierre Hanot / Aux vagabonds l’immensité, la manufacture des livres (2020).

Adios Luis

Saloperie de virus. Ce que cet hijo de la grandisima puta de Pinochet n’a pas réussi, c’est ce virus de merde qui le fait. Luis Sepúlveda est mort.

On lui doit bien entendu du roman qui l’a fait connaître, Le vieux qui lisait des romans d’amour. Mais le texte qui m’a le plus marqué, emballé, c’est le recueil Patagonia express (Le neveu d’Amérique je crois en français), avec un superbe premier texte. Il y raconte les dimanches à Santiago avec son grand-père, anarchiste espagnol exilé au Chili. Le grand-père venait le chercher, et l’amenait en promenade, lui payant tous les sodas et glaces qu’il voulait, mais l’empêchait de pisser. Jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus. Alors il l’amenait devant une église, et le laissait se soulager sur la porte. En attendant avec impatience que le curé sorte protester pour pouvoir le pourrir.

Voilà un grand-père selon mon cœur.

C’était, comme beaucoup d’écrivains latinos, un conteur hors pair, à l’oral comme à l’écrit. Nous avons eu la chance de le voir plusieurs fois à Toulouse, où il fut parrain d’un des premiers Toulouse Polars du Sud. Son humanité, son humour, sa combativité, ses histoires vont nous manquer.

Merci Luis, pour tout.

Il y a des charlots quand même

Il y a des responsables de com qui sont quand même de sacré feignasses, ou des buses terribles. Pas celles et ceux de nos maisons d’édition préférées bien entendu, que j’embrasse à distance, mais voyez plutôt les messages que j’ai reçu récemment :

Premier message :

Bonjour,

Pour éviter de se laisser embarquer dans des « fake news » angoissantes et pour bien comprendre les prédictions de l’écrivain français du 16ème siècle, il y a urgence à revenir à l’essentiel : le fac-similé de l’édition de 1557, la seule réellement publiée du vivant de Nostradamus.

Il faut en effet savoir que Les Prophéties nous sont parvenues grâce à des centaines d’éditions. La complexité de la langue de Nostradamus (mélange de français, de latin et d’occitan) a ainsi conduit à toutes sortes de traductions, sans compter les interprétations plus ou moins hasardeuses qui en sont tirées.

Pourtant, aucun essai ni aucune interprétation n’en remplacent la lecture, confrontation obligée avec le texte authentique. Dans le contexte actuel, la transcription du fac-similé et la transcription modernisée de cette édition, sont plus que jamais à mettre entre toutes les mains.

Pour pouvoir lire le texte correctement, ce recueil présente pour la première fois sous format numérique et papier, trois textes complémentaires :

  • le fac-similé de l’édition de 1557, sous forme de clichés des pages ;
  • la transcription de ce fac-similé,  en typographie actuelle et contemporaine, mais sans la moindre retouche ;
  • et une transcription modernisée de cette édition, pour faciliter la lecture et la compréhension.

Nous feriez-vous le plaisir d’annoncer cette parution ?

Souhaiteriez-vous recevoir un exemplaire, en vue d’un projet éditorial ? (PDF compte tenu du contexte actuel)

Je vous ai adressé le CP complet en PJ. Version Word et visuels HD disponibles.

Un sujet serait-il susceptible de vous intéresser ? (possibilité d’itw, de reportage)

Alors comment dire ? Est-ce une interview de Nostradamus qui m’est proposée ? Ce brave garçon m’aurait-il envoyé ce mail sans même jeter un coup d’œil sur ce qui m’intéresse ? Ou ai-je écrit, quelque part, une chronique qui laisse penser que je suis fan des prophéties en tous genres ?

Message suivant :

Bonjour,

Nous sommes tous un jour, tôt ou tard, confrontés à la maladie, au handicap et à la mort. Ces sujets que nos sociétés modernes choisissent d’ignorer jaillissent pourtant dans nos vies, les bousculent, les heurtent même, parfois douloureusement.

Mais faut-il pour autant les vivre comme des tragédies ? Et s’il s’agissait plutôt d’initiations qui peuvent être inspirantes pour en sortir grandis ?

Le livre « Olivier, de l’épreuve à la vie », est le bouleversant témoignage d’une famille qui a traversé les difficultés de l’existence avec la même gratitude.

Il raconte l’histoire d’un jeune couple épanoui, qui a deux enfants et un métier passionnant. Et puis un jour tout bascule : le 14 juillet 1997, un accident stupide transforme un père de famille, un vétérinaire apprécié de tous, en infirme tétraplégique complet et sous assistance respiratoire.

Comment ses proches et lui-même ont-ils vécu les seize années qui ont suivi ? Comment ont-ils surmonté les moments de découragement, de tristesse et leurs propres peurs ?

Je vous ai adressé le CP complet en PJ. Version Word et visuels HD disponibles.

Un sujet serait-il susceptible de vous intéresser ? (possibilité d’itw, de reportage).

Là encore non. Et mêmes questions, le messager est-il un branlougat complet qui arrose tous azimuts ? Ou ces deux guignols sont-ils des vautours qui essaient de profiter de l’angoisse généralisée pour vendre leur soupe ?

Mais mon préféré, car moins putassier mais beaucoup plus décalé :

Bonjour,

Nous sommes heureux de vous présenter le nouveau livre CHAPEAUX DIOR ! publié par Rizzoli New York.

Nous serions heureux que vous présentiez ce bel ouvrage dans votre magazine.

Veuillez trouver en pièce jointe le communiqué de presse, ainsi que deux photos de la couverture en haute résolution. N´hésitez pas à nous contacter si vous désirez recevoir un exemplaire du livre, en vue de publier un article.    

La couverture du livre est disponible pour réaliser un article.

Les images destinées à la presse ne peuvent être reproduites que dans le cadre d’un article au sein du magazine, en respectant le titre du livre et en indiquant les droits d’auteur. Aucune image ne peut être recadrée, recouverte avec du texte ou modifiée. Le texte peut être utilisé seulement si la source est citée. Les images sont uniquement destinées à un article de presse réalisé par vous même. Les images ne peuvent pas être transmises à des tiers ou des revues/magazines publiés par le même éditeur. La présentation de ces images en ligne à d’autres fins qu’un article est strictement interdite. Une fois utilisées, les images doivent être supprimées des ordinateurs ou des serveurs et ne doivent pas être stockées sur des serveurs en ligne ou sous forme papier. 

Si vous êtes intéressés par de grandes reproductions, d’autres visuels ou une reproduction de la couverture, nous vous remercions de nous contacter pour obtenir le consentement de DIOR et Rizzoli. Ces images peuvent être soumises à des droits de publication.

En toutes circonstances, il est strictement interdit de scanner, filmer ou photographier les images du livre. Toutes images utilisées sans autorisation seront facturées.

C’est marrant ce mélange de mise en garde, de menaces et de proposition de collaboration. Et je trouve assez rigolo qu’on propose à actu du noir un bouquin sur les chapeaux ! Rigolo, mais ça pose quand même une question sur le professionnalisme de l’attachée de presse. Quant à leurs images et leurs textes, qu’ils se les gardent.

Allez, dites-moi si vous recevez vous aussi des messages rigolos comme ceux-là.

 

Fragile est la nuit

Un nouvel auteur napolitain, chouette. Il faut quand même avouer que Fragile est la nuit de Angelo Petrella n’est pas près de supplanter l’immense Maurizio de Giovanni.

PetrellaDenis Carbone est un bon flic. Mais ça ne lui sert plus à grand-chose. Un peu ripoux il a été attrapé la main dans le sac et muté dans le quartier chic de Naples, où rien ne se passe. Jusqu’à ce qu’une femme d’une quarantaine d’année soit retrouvée morte au pied de la tour de sa magnifique villa. La possibilité pour Carbone de faire, enfin, un vrai boulot de flic.

Mais outre qu’on l’oblige à collaborer avec celui qui l’a fait tomber, il semble que son enquête dérange des gens qui ne plaisantent pas, et sont prêts à tout pour la faire capoter. Ils ne savent pas que Carbone est têtu, et surtout qu’il n’a rien à perdre.

Comme je disais donc, Fragile est la nuit souffre de la comparaison avec les deux séries de Maurizio de Giovanni. C’est peut-être injuste de comparer, mais comme les deux auteurs situent leurs histoires à Naples, difficile de ne pas le faire.

De ce court roman on peut dire qu’il est rythmé, que le ton est vif et ne manque pas d’humour et que l’auteur y reprend avec adresse le cliché du flic très limite, tout le temps entre gueule de bois et cuite, en conflit ouvert avec sa hiérarchie. Donc on ne s’ennuie pas.

Mais ça manque de profondeur, dans la description des personnages, et surtout dans celle de la ville. Si les quartiers sont bien dépeints, ce qui manque beaucoup au fan de Ricciardi ou de son collègue contemporain Lojacono c’est le peuple de ces quartiers. Car c’est bien ce qui fait la force des romans de cet autre auteur de Naples, l’empathie et l’humanité avec laquelle il décrit les napolitains. Ici, mis à part les flics, ils sont bien absents du roman qui se concentre uniquement sur son intrigue.

Il reste une bonne série B, menée à un bon rythme. Ni plus ni moins.

Angelo Petrella / Fragile est la nuit, (Fragile è la notte, 2018), Philippe Rey/Noir (2020) traduit de l’italien par Nathalie Bauer.

Ouverture du café

Comme nous tous, je m’emmerde déjà ferme. Les discussions autour d’un café au boulot, lors des répétitions de musique, ou autour d’un verre avec les potes me manquent horriblement.

Donc pour ceux qui veulent refaire le monde à distance, et pour éviter de gaver ce qui n’ont pas envie de parler d’autre chose que de livres, j’ai créé le café d’actu du noir. je vous y attends, si le cœur vous en dit.