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Un nouvel enquêteur polonais

Après Miloswevski, je découvre un nouvel auteur polonais : Wojciech Chmielarz : La ferme aux poupées.

chmielarzL’inspecteur Mortka, de Varsovie, a été envoyé quatre mois dans une petite ville de montagne. Sous prétexte d’échange, en fait suite à une affaire qui s’est terminée dans la violence. Alors qu’il pense pouvoir passer quelques semaines tranquille, une petite fille disparait. Puis ce sont les cadavres mutilés de quatre femmes qui sont découverts.

Le séjour champêtre est terminé, et même si Mortka n’a aucun statut officiel, c’est sur lui que l’enquête va s’appuyer. Une enquête qui pourrait transformer la petite ville en poudrière quand elle commence à regarder du côté de la communauté rom, pas particulièrement bien vue par le reste de la population.

Voilà un polar solide qui ne va pas changer le monde, mais qui s’inscrit dans la tradition, en apportant sa touche personnelle.

La tradition c’est celle des polars procéduraux, où l’on suit un flic dans ses enquêtes mais également dans ses problèmes personnels. On s’attache très vite à Mortka, et on aura très plaisir à le suivre avec ses doutes, ses révoltes et son opiniâtreté dans de prochains volumes qui sont sans doute déjà écrits.

Les personnages secondaires sont aussi très réussis, flics d’une petite ville dépassés par une affaire dont ils n’ont pas l’habitude, enfermé dans un racisme ordinaire qu’ils partagent avec des concitoyens qu’ils connaissent tous ;

L’intrigue est très habilement menée, et le lecteur se embarquer avec un très grand plaisir.

Et grâce à l’auteur nous découvrons un petit coin de Pologne, loin de la capitale, où le racisme anti roms est tellement installé qu’il ferait passer nos hommes politiques de droite et d’extrême droite pour des humanistes. Une province qui végète, se meurt peu à peu, avec tous les problèmes que cela suscite. Et un focus sur les violences faites aux plus faibles, souvent les mêmes, les femmes, jeunes et étrangères.

Plus que recommandable donc, en attendant le suivant.

Wojciech Chmielarz / La ferme aux poupées (Farma lalek, 2013), Agullo (2018), traduit du polonais par Eric Veaux.

L’histoire des Osages

Bien que je ne sois pas habituellement lecteur d’essais, les avis positifs lus sur plusieurs blogs polar m’ont convaincu de lire La note américaine de David Grann.

GrannAux XIX°, le peuple Osage, comme les autres peuples indiens, s’est vu attribuer quelques terres dans une réserve pourrie, terre sèche et cailloux. Tout change au début du XX° siècle quand on découvre dans les sous-sols de la réserve un gigantesque gisement de pétrole. Les Osages deviennent alors richissimes, et leur réserve, ainsi que leur situation, attirent tout ce que le pays compte de vautours.

En 1921, deux membres de la communauté sont assassinés, d’autres meurent étrangement de maladies foudroyantes. Les enquêteurs sur place disparaissent à leur tour, ou sont achetés. Un jeune bureaucrate, arrivé à la tête du Bureau Of Investigation envoie alors sur place un ancien Texas ranger incorruptible, Tom White. Il peut recruter qui il veut, travailler comme il veut, seule obligation, tenir son chef au courant tous les jours et surtout, réussir à tous prix. C’est que le jeune bureaucrate a de l’ambition, beaucoup d’ambition, une ambition dévorante et maladive. C’est Edgar J. Hoover de sinistre mémoire.

Pour lui, Tom White va mettre à jour un réseau de criminels qui tuent les indiens pour s’emparer de leurs richesses. Et il ne découvrira pas tout, au début du XXI° siècle le journaliste David Grann qui s’intéresse à cette affaire totalement oubliée va découvrir que la réalité était encore plus sinistre.

Je vais être honnête avec vous (comme toujours), c’est un livre qui m’a appris une quantité impressionnante de choses, c’est peut-être même un livre qu’il faut lire si on veut connaitre l’histoire cachée des USA, et sans doute la nôtre (parce que les américains ne sont pas le seuls qui cachent leurs saloperies), mais ce n’est pas un livre que j’ai eu un grand plaisir à lire.

La rigueur et l’honnêteté de l’enquête, ne sont pas en cause, l’intérêt historique non plus. C’est juste que j’ai un peu perdu le goût des essais, et que, désolé, non, ça ne se lit pas comme un polar pour reprendre la phrase type des imbéciles.

Tout est passionnant … Sauf l’écriture très plate, qui énonce des faits, mais ne donne pas vraiment, sauf par moment, de chair aux protagonistes. J’ai appris, effaré, comment les indiens étaient traités comme des enfants qu’il fallait mettre sous tutelle, j’ai découvert, ou confirmé après le famille Winter les mœurs ouvertement corrompues de toute la société américaine au début du XX°, j’ai vu, atterré, comment l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs, et je me suis demandé ce que ça veut dire chez nous. J’ai lu, j’ai été très intéressé, mais je n’ai pas dévoré. Alors qu’un polar de Don Winslow sur le sujet m’aurait fait grimper au rideau.

Je suis devenu trop accro à la littérature de fiction. Désolé.

David Grann / La note américaine (Killers of the flower moon, 2017), Globe (2018), traduit de l’anglais (USA) par Cyril Gay.

Bonne année malgré tout

Les années se suivent, et malheureusement se ressemblent.

Les fanas sorciers de toutes les chapelles continuent, au mieux à vouloir nous imposer leur façon de vivre, au pire, leur façon de mourir. Un éditorialiste du figaro et un chanteur qui n’a rien inventé mais planqué son fric en Suisse et soutenu de grands hommes politiques comme le nain ont été élevés au rang de héros nationaux.

Nos politiciens (et ceux d’ailleurs) continuent à présenter un retour vers les conditions de travail du début du siècle dernier comme un progrès. Les gens se recroquevillent de plus en plus dans leur pays, leur région, leur ville, leur quartier, leur famille … Bref ça chie dans la colle.

Donc les choses étant ce qu’elles sont, et non ce que l’on voudrait qu’elles fussent, je vous souhaite à tous beaucoup de bonnes lectures, à partager avec ceux qui savent les apprécier, d’excellents moments avec vos proches, famille, amis, collègues … des fou-rires, des moments de convivialité autour d’une bière, d’un thé, d’un coup de rouge, d’un armagnac … près du feu, en fasse de la mer, dans un bon fauteuil, au sommet d’un montagne, au bord d’une rivière …

Bref, je vous souhaite, le plus possible, d’arriver à faire abstraction des cons pour passer de bons moments.

Bises à tous et bonne année.

Sinon, promis, bientôt je reparle bouquins, mais là je viens de passer quelques jours avec des copains perdu de vue depuis longtemps, et entre les ballades, les repas, les tchatches ou les parties de cartes jusqu’à tard dans la nuit, je n’ai pas trop eu le temps de lire.

Deux infos polar

Deux infos polar :

Mercredi 22, la Librairie de la Renaissance et Toulouse polars du Sud invitent Hervé le Corre, pour discuter, entre autres de son dernier roman : Prendre les loups pour des chiens.

Ce sera à 20h30, rencontre puis signature.

Le prix Mystère 2017 de la critique a été attribué à :

  • Cloé Medhi / Rien ne se perd pour le prix du meilleur polar français
  • Don Winslow / Cartel pour celui du meilleur polar étranger.

Mise en page 1   winslow

Bonne année … quand même

Je ne vais pas vous mentir, 2016 a été une année de merde, 2017 s’annonce comme au moins aussi pourrie. Que nous reste-t-il ?

Comme pour cette année, on peut espérer de grandes lectures. Vu comment ça part, de ce point de vue là ça devrait aller.

Je peux aussi souhaiter à tous du bonheur avec les amis et la famille.

Après j’ai un peu de mal. Les agités du bocal ont pris le pouvoir ici et là, les pires tordus en robe (quel que soit le style de la robe) excitent les paumés, et chez nous, on peut s’attendre à voir arriver aux manettes des infects qui essaient de nous faire croire que revenir aux conditions de vie et de travail du XIX° siècle est un pas en avant.

Alors même si on risque d’avoir pas mal d’occasion de se sentir comme ça …

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Ou comme ça :

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Je vous souhaite à tous de bons moments comme ça …

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Une courte pause

Je ne vous abandonne pas, mais je suis assez pris et j’ai attaqué le DOA qui est … copieux et pour l’instant passionnant.

Donc quelques jours sans nouvelles.

Si vous vous ennuyez, sur l’insistance de mon ado de fille (et un peu aussi pour voir ce qu’elle publie de son côté …), je me suis créé un compte instagram où je publie des photos et des petits collages. A partir, pour l’instant, de photos de voyage.

Il faut chercher jm.laherrere.

A bientôt, soyez sages.

doa

 

Rentrée série noire, pas totalement convaincu

C’est aussi la rentrée à la série noire. Pour patienter en attendant le DOA, Cabossé de Benoît Philippon.

philipponRoy est un colosse avec une sale gueule. Ancien boxeur, il bosse comme fracasseur de cranes pour des truands. Guillemette est petite, jolie comme un cœur et un peu paumée. Quand Roy rencontre Guillemette, c’est le coup de foudre. Tout pourrait aller pour le mieux, mais rien ne va jamais pour le mieux dans la vie de ces deux cabossés.

Alors un soir Roy massacre l’ex de Guillemette qui a commencé à la maltraiter. Grave erreur ! Et les voilà partis sur les routes, en cavale.

Mitigé sur ce premier roman.

Côté pile, je ne me suis pas ennuyé, l’auteur a une langue, un sens de la formule qui font mouche, il sait créer des personnages truculents et son hommage à la culture populaire américaine ne peut que toucher quelqu’un qui aime la soul, le jazz, le blues, les films noirs américains et sa culture polar.

Côté face on a l’envers de tout ça. Les bons mots systématiques finissent par ne plus surprendre. Et surtout il manque une tension, une évolution des personnages ou de l’intrigue qui fait qu’on a plus l’impression de voir une succession de scènes (Roy et Guillemette et les malfrats, Roy et Guillemette et la petite vieille, Roy et Guillemette et la petite fille …) qui finissent par frôler le cliché qu’une vraie histoire avec un fil narratif.

ranxUne impression mitigée donc, un moment de lecture agréable sans être enthousiasmant, pour un roman qui parfois m’a donné l’impression que l’auteur avait confié des personnages cabossé à la David Goodis au dessinateur de Ranxérox (rendons à César, c’est Christophe qui a cité cette ressemblance dont je n’ai pas pu me défaire tant elle m’a parue juste).

Benoît Philippon / Cabossé, série noire (2016).