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Une exception

Si vous êtes un (ou une) habitué, vous aurez remarqué que je ne suis pas fan des tags, mois du bidule, ou défi du truc. Je vais pourtant faire une exception, juste pour vous, pour la raison bien simple que ces questions auxquelles Cuné a répondu, m’ont été posées (entre autres), lors d’une fort sympathique rencontre à la médiathèque de Muret (Bonjour la médiathèque de Muret). Il s’agit de discuter à bâtons plus ou moins rompus de mes habitudes de blogueur.

Avis, Critique, Recension et/ou Ressenti ?

Ressenti toujours, avis parfois. Mon but premier, dans la majorité des cas, est de faire partager un plaisir, voire un enthousiasme. Donc ressenti en priorité, un minimum argumenté quand même, parce que ce qui me fait crier, « Waow, hilh de pute, quel putain de bouquin ! » ne sera pas forcément aussi enthousiasmant pour tout le monde. Donc j’argumente ce qu’il faut (du moins j’espère) pour vous donner une idée de ce qui a motivé ma joie (qui fera, ou non, la vôtre). Et avertir aussi que si, par exemple, La griffe du chien est un monument, c’est aussi un bouquin qui secoue et que je ne le conseillerais pas forcément à tout le monde.

Le choix du livre

Plutôt les choix du livre. Il y a des auteurs, des éditeurs que je suis systématiquement. Il y a les avis positifs de certains collègues blogueurs. Les discutions avec mes libraires préférés, avec les copains. Des curiosités géographiques.

Cas particulier : Parfois, pas besoin de choisir, les livres viennent à toi via les SP, ou Service de presse.

Oui, pas mal arrivent via les SP. Sauf si je les ai sollicités (ce qui arrive parfois, rarement mais parfois), je ne me sens pas obligés de les lire. Et encore moins de les aimer. Donc les livres qui arrivent par SP sont lus et commentés comme les autres. J’évite en général d’écrire pour dire du mal, non pas pour ne pas vexer quelqu’un, mais parce que je suis fainéant, et que si je vois l’intérêt qu’il y a à passer du temps pour partager un enthousiasme, à moins d’être vraiment en rogne, je ne vois pas l’intérêt de partager mes déceptions. Sauf si c’est un auteur que je lis systématiquement qui m’a déçu, et que j’essaie de suggérer aux lecteurs de commencer par un autre titre.

Mettre ou ne pas mettre la quatrième de couverture ? That is the question

Jamais. On peut la trouver sur internet, quel intérêt de la recopier ?

Prise de note

Non. Je ne suis pas au boulot, si je ne suis pas capable de me rappeler ce qui est important dans un bouquin, c’est qu’il vaut mieux ne pas en parler et l’oublier au plus vite.

Rédaction

Vite après quand c’est possible (le jour même, ou le lendemain), un premier jet qui ne prend pas plus de 10 minutes. Puis je me relis un ou deux jours après pour virer les répétitions, les lourdeurs (celles que je vois), les fôtes (sauf celles que j’oublie), et hop, sur le blog.

Serré ou plutôt long ?

Plutôt serré, mais parfois j’allonge. J’essaie d’avoir le résumé le plus court possible, histoire de dire de quoi il s’agit, Où ? Quand ? Qui ? Quoi ? Puis un avis qui peut être très court quand il s’agit juste de dire que c’est une bonne série B, parfois un peu plus argumenté quand je veux vraiment vous convaincre QU’IL FAUT ABSOLUMENT LIRE CE BOUQUIN !

Divulgâcher, moi ! Jamais

Ca va pas non !

Ils en pensent quoi les autres blogueurs ?

Je ne suis pas certain de comprendre le sens de la question, mais s’il s’agit de dire si l’avis des autres influence le mien, non. Je vais lire quelques blogs. Quand les trois ou quatre avec qui je suis généralement d’accord ont une lecture différente, je lis ce qu’ils en disent pour comprendre notre différence de lecture. Ca ne me fait pas changer de ressenti bien entendu, mais je les cite parfois, surtout s’ils ont aimé un bouquin dans lequel je n’ai pas réussi à rentrer.

Citation

Très rarement. Plus souvent quand c’est un livre drôle, pour donner envie en donnant un exemple de l’humour. Ou parfois si l’auteur a réussi à mettre très élégamment et très efficacement en mots une idée, une impression, un ressenti que je n’arrivais pas à exprimer. Toujours pour donner envie. Plus une exception, j’ai entrepris, dans mon hommage de fan absolu de Terry Pratchett, de relire le Disque Monde (lentement), et de noter ses formules les plus géniales.

Tager ses billets

Oui, ça me sert parfois, pour retrouver mes notes sur un auteur, un personnage, ou une thématique, voire une ville ou un pays. Mais je ne suis pas très rigoureux.

Noter ses lectures

Jamais ! On n’est pas à l’école, je ne suis pas examinateur. Je parle de plaisir sur le blog, le plaisir ne se note pas.

Les affiliations

Je n’étais pas certain de la question, je suis allé voir sur d’autres blogs. Donc la question semble être si je suis lié à quelqu’un (éditeur, centre de vente, régie de pub …) pour gagner des sous avec mes avis. Réponse facile : Non. Qui appelle une petite mise au point.

Un : Je hais la pub. La pub et les publicitaires me font autant vomir qu’un discours de Wauquiez, la couleur du bronzage de Trump, ou la morgue arrogante de Macron. J’ai quitté mon précédent hébergeur quand il m’a imposé la pub, et je paie maintenant une somme (modique) pour être certain qu’aucune de ces merdes parasitaires ne puissent s’incruster à côté de ma géniale prose.

Deux : Aucun éditeur, ou auteur n’a jamais eu l’imbécilité et l’indignité de me proposer un paiement en échange d’un billet. Finalement, on a beau dire, il reste des gens honnêtes et intègres dans notre beau pays, ou alors mon influence est tellement nulle que personne n’a eu l’idée de me corrompre ! Choisissez

Trois : Je refuse tout lien vers un quelconque centre d’achat. Tout d’abord parce que je ne les aime pas. Je vais en librairie, et quand j’achète sur internet, je le fais dans une vraie librairie, quitte à payer l’envoi un peu plus cher. Un peu de cohérence que diable, on ne peut pas pleurer que les vrais libraires ont du mal à survivre et acheter ses bouquins chez un vautour qui planque ses revenus en Irlande pour ne pas payer d’impôts. Ensuite, parce que quand je vois sur un blog un lien vers un endroit où acheter le bouquin, je ne peux pas m’empêcher de penser que le blogueur a tout intérêt à dire du bien du bouquin, pour que d’un clic son lecteur aille l’acheter sur le site machin et lui rapporte quelques centimes. Puis j’ai un boulot, qui me passionne, et qui me permet de gagner ma croute. Le blog c’est que pour le plaisir.

La reconnaissance

C’est sympa de lire des commentaires, de commencer des échanges et, parfois, d’en arriver à se rencontrer en vrai. Mais ce qui me fait le plus plaisir c’est quand quelqu’un m’écrit pour me dire que grâce à un billet, il a découvert un bouquin ou un auteur qui l’ont emballé.

Voilà qui a peut-être répondu à quelques questions que vous vous posiez, mais que cela n’empêche surtout pas de nous retrouver, si l’occasion se présente, autour d’une table ronde, d’un verre ou d’un café. Finalement, pour moi, le blog n’est jamais qu’une façon de rendre accessible à des gens qui habitent loin les discussions passionnantes et passionnées qu’on peut avoir avec les copains autour de nos lectures.

Un nouvel enquêteur polonais

Après Miloswevski, je découvre un nouvel auteur polonais : Wojciech Chmielarz : La ferme aux poupées.

chmielarzL’inspecteur Mortka, de Varsovie, a été envoyé quatre mois dans une petite ville de montagne. Sous prétexte d’échange, en fait suite à une affaire qui s’est terminée dans la violence. Alors qu’il pense pouvoir passer quelques semaines tranquille, une petite fille disparait. Puis ce sont les cadavres mutilés de quatre femmes qui sont découverts.

Le séjour champêtre est terminé, et même si Mortka n’a aucun statut officiel, c’est sur lui que l’enquête va s’appuyer. Une enquête qui pourrait transformer la petite ville en poudrière quand elle commence à regarder du côté de la communauté rom, pas particulièrement bien vue par le reste de la population.

Voilà un polar solide qui ne va pas changer le monde, mais qui s’inscrit dans la tradition, en apportant sa touche personnelle.

La tradition c’est celle des polars procéduraux, où l’on suit un flic dans ses enquêtes mais également dans ses problèmes personnels. On s’attache très vite à Mortka, et on aura très plaisir à le suivre avec ses doutes, ses révoltes et son opiniâtreté dans de prochains volumes qui sont sans doute déjà écrits.

Les personnages secondaires sont aussi très réussis, flics d’une petite ville dépassés par une affaire dont ils n’ont pas l’habitude, enfermé dans un racisme ordinaire qu’ils partagent avec des concitoyens qu’ils connaissent tous ;

L’intrigue est très habilement menée, et le lecteur se laisse embarquer avec un très grand plaisir.

Et grâce à l’auteur nous découvrons un petit coin de Pologne, loin de la capitale, où le racisme anti roms est tellement installé qu’il ferait passer nos hommes politiques de droite et d’extrême droite pour des humanistes. Une province qui végète, se meurt peu à peu, avec tous les problèmes que cela suscite. Et un focus sur les violences faites aux plus faibles, souvent les mêmes, les femmes, jeunes et étrangères.

Plus que recommandable donc, en attendant le suivant.

Wojciech Chmielarz / La ferme aux poupées (Farma lalek, 2013), Agullo (2018), traduit du polonais par Eric Veaux.

L’histoire des Osages

Bien que je ne sois pas habituellement lecteur d’essais, les avis positifs lus sur plusieurs blogs polar m’ont convaincu de lire La note américaine de David Grann.

GrannAux XIX°, le peuple Osage, comme les autres peuples indiens, s’est vu attribuer quelques terres dans une réserve pourrie, terre sèche et cailloux. Tout change au début du XX° siècle quand on découvre dans les sous-sols de la réserve un gigantesque gisement de pétrole. Les Osages deviennent alors richissimes, et leur réserve, ainsi que leur situation, attirent tout ce que le pays compte de vautours.

En 1921, deux membres de la communauté sont assassinés, d’autres meurent étrangement de maladies foudroyantes. Les enquêteurs sur place disparaissent à leur tour, ou sont achetés. Un jeune bureaucrate, arrivé à la tête du Bureau Of Investigation envoie alors sur place un ancien Texas ranger incorruptible, Tom White. Il peut recruter qui il veut, travailler comme il veut, seule obligation, tenir son chef au courant tous les jours et surtout, réussir à tous prix. C’est que le jeune bureaucrate a de l’ambition, beaucoup d’ambition, une ambition dévorante et maladive. C’est Edgar J. Hoover de sinistre mémoire.

Pour lui, Tom White va mettre à jour un réseau de criminels qui tuent les indiens pour s’emparer de leurs richesses. Et il ne découvrira pas tout, au début du XXI° siècle le journaliste David Grann qui s’intéresse à cette affaire totalement oubliée va découvrir que la réalité était encore plus sinistre.

Je vais être honnête avec vous (comme toujours), c’est un livre qui m’a appris une quantité impressionnante de choses, c’est peut-être même un livre qu’il faut lire si on veut connaitre l’histoire cachée des USA, et sans doute la nôtre (parce que les américains ne sont pas le seuls qui cachent leurs saloperies), mais ce n’est pas un livre que j’ai eu un grand plaisir à lire.

La rigueur et l’honnêteté de l’enquête, ne sont pas en cause, l’intérêt historique non plus. C’est juste que j’ai un peu perdu le goût des essais, et que, désolé, non, ça ne se lit pas comme un polar pour reprendre la phrase type des imbéciles.

Tout est passionnant … Sauf l’écriture très plate, qui énonce des faits, mais ne donne pas vraiment, sauf par moment, de chair aux protagonistes. J’ai appris, effaré, comment les indiens étaient traités comme des enfants qu’il fallait mettre sous tutelle, j’ai découvert, ou confirmé après le famille Winter les mœurs ouvertement corrompues de toute la société américaine au début du XX°, j’ai vu, atterré, comment l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs, et je me suis demandé ce que ça veut dire chez nous. J’ai lu, j’ai été très intéressé, mais je n’ai pas dévoré. Alors qu’un polar de Don Winslow sur le sujet m’aurait fait grimper au rideau.

Je suis devenu trop accro à la littérature de fiction. Désolé.

David Grann / La note américaine (Killers of the flower moon, 2017), Globe (2018), traduit de l’anglais (USA) par Cyril Gay.

Bonne année malgré tout

Les années se suivent, et malheureusement se ressemblent.

Les fanas sorciers de toutes les chapelles continuent, au mieux à vouloir nous imposer leur façon de vivre, au pire, leur façon de mourir. Un éditorialiste du figaro et un chanteur qui n’a rien inventé mais planqué son fric en Suisse et soutenu de grands hommes politiques comme le nain ont été élevés au rang de héros nationaux.

Nos politiciens (et ceux d’ailleurs) continuent à présenter un retour vers les conditions de travail du début du siècle dernier comme un progrès. Les gens se recroquevillent de plus en plus dans leur pays, leur région, leur ville, leur quartier, leur famille … Bref ça chie dans la colle.

Donc les choses étant ce qu’elles sont, et non ce que l’on voudrait qu’elles fussent, je vous souhaite à tous beaucoup de bonnes lectures, à partager avec ceux qui savent les apprécier, d’excellents moments avec vos proches, famille, amis, collègues … des fou-rires, des moments de convivialité autour d’une bière, d’un thé, d’un coup de rouge, d’un armagnac … près du feu, en fasse de la mer, dans un bon fauteuil, au sommet d’un montagne, au bord d’une rivière …

Bref, je vous souhaite, le plus possible, d’arriver à faire abstraction des cons pour passer de bons moments.

Bises à tous et bonne année.

Sinon, promis, bientôt je reparle bouquins, mais là je viens de passer quelques jours avec des copains perdu de vue depuis longtemps, et entre les ballades, les repas, les tchatches ou les parties de cartes jusqu’à tard dans la nuit, je n’ai pas trop eu le temps de lire.

Deux infos polar

Deux infos polar :

Mercredi 22, la Librairie de la Renaissance et Toulouse polars du Sud invitent Hervé le Corre, pour discuter, entre autres de son dernier roman : Prendre les loups pour des chiens.

Ce sera à 20h30, rencontre puis signature.

Le prix Mystère 2017 de la critique a été attribué à :

  • Cloé Medhi / Rien ne se perd pour le prix du meilleur polar français
  • Don Winslow / Cartel pour celui du meilleur polar étranger.

Mise en page 1   winslow

Bonne année … quand même

Je ne vais pas vous mentir, 2016 a été une année de merde, 2017 s’annonce comme au moins aussi pourrie. Que nous reste-t-il ?

Comme pour cette année, on peut espérer de grandes lectures. Vu comment ça part, de ce point de vue là ça devrait aller.

Je peux aussi souhaiter à tous du bonheur avec les amis et la famille.

Après j’ai un peu de mal. Les agités du bocal ont pris le pouvoir ici et là, les pires tordus en robe (quel que soit le style de la robe) excitent les paumés, et chez nous, on peut s’attendre à voir arriver aux manettes des infects qui essaient de nous faire croire que revenir aux conditions de vie et de travail du XIX° siècle est un pas en avant.

Alors même si on risque d’avoir pas mal d’occasion de se sentir comme ça …

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Ou comme ça :

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Je vous souhaite à tous de bons moments comme ça …

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Une courte pause

Je ne vous abandonne pas, mais je suis assez pris et j’ai attaqué le DOA qui est … copieux et pour l’instant passionnant.

Donc quelques jours sans nouvelles.

Si vous vous ennuyez, sur l’insistance de mon ado de fille (et un peu aussi pour voir ce qu’elle publie de son côté …), je me suis créé un compte instagram où je publie des photos et des petits collages. A partir, pour l’instant, de photos de voyage.

Il faut chercher jm.laherrere.

A bientôt, soyez sages.

doa