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2020 est morte, vive 2021

Comment ne pas espérer que 2021 soit une année moins merdique et pénible que 2020 ? Mais comme on n’est pas prêt de rigoler de nouveau, quelques liens pour détendre l’atmosphère.

Si j’avais su que notre bon président serait autant amené à montrer sa sinistre binette à la télévision, sur, j’aurais voté Jean Lassalle au premier et au second tour. Parce que, pour ceux qui ne connaitraient pas, avouez qu’il y bien plus drôle que le Napoléon d’opérette qui vient souvent, très souvent, serrer ses petits poings et froncer les sourcils de façon pathétique à la télé (non je ne regarde jamais). Avec le berger de la vallée d’Aspe la guerre au virus au moins nous aurait fait rire, et il n’aurait pas pu faire pire en tant que Président.

Pour conjurer la tristesse, la maudite distanciation sociale, ces putains de masques, 5 minutes de jeunesse, d’insouciance, et de ce talent magnifique qui fait tout paraître si simple et facile. 5 minutes de pur bonheur.

Et pour finir, même si ces vœux sont connus archi-connus, ils me font toujours rire.

Portez-vous bien, et à bientôt j’espère.

Bilan d’une année de merde

Comme je me considère comme en vacances, le moment est venu de faire un bilan très subjectif de de cette année de lecture. Une année de merde, tout le monde en conviendra, mais malgré tout de très bon bouquins. Comme tous les ans, impossible de me restreindre à mes 5, 10 ou 15 préférés, et après tout, pourquoi le faire, je ne suis ici que pour donner envie de lire les livres qui m’ont touché, amusé, remué … Et on ne sait jamais, peut-être que quelques chroniques ont pu vous échapper, donc c’est parti.

On a eu les parutions attendues avec une grande impatience de nos amis récurrents que l’on retrouve tous les ans avec un immense plaisir, seuls amis d’ailleurs qui n’ont pas souffert de ce satané virus et de l’impossibilité dans laquelle on se trouve de voir ses potes, non littéraires, en vrai. On a retrouvé le Kub de Wojciech Chmielarz (qui s’améliore de roman en roman) dans La cité des rêves ; notre ami Soneri de Parmes de Valerio Varesi dans Or, encens et poussière ; Charlie Parker accompagné de ses deux « anges gardiens » dans Le pacte de l’étrange de John Connolly ; mon très cher commissaire Ricciardi dans la Naples fasciste de Maurizio de Giovanni dans Des phalènes pour le commissaire Ricciardi .

Walt Longmire s’est un peu fait attendre, mais on l’a retrouvé avec Vic et l’Ours dans un volume drôle et léger, Une évidence trompeuse de Craig Johnson ; malgré la disparition de son créateur Andrea Camilleri, Salvo Montalbano est toujours en charge des affaires de Vigata dans Le manège des erreurs, mais pour combien de temps ? Et pour finir, Antonio Manzini lève le voile sur le passé romain de Rocco Schiavone dans 07.07.07

Auprès de ces habitués, de ces amis même, d’autres séries sont en train de démarrer et de se construire du moins ici, certaines sont déjà bien installées chez leurs auteurs. C’est en particulier le cas du norvégien Jorn Lier Horst dont on découvre un quatrième volume avec Le disparu de Larvik, solide polar qualité scandinave. Plus noir et plus rock, McCoy d’Alan Parks revient dans la Glasgow des années 70 dans L’enfant de février, on retrouve Aidan Waits de Joseph Knox toujours à Manchester, toujours dans la mouise avec Somnambule, et les premiers flics noirs d’Atlanta créé par Thomas Mullen sont de retour dans les années 50 dans Temps noirs.

IQ, le privé atypique des quartiers pourris de LA créé par Joe Ide revient dans Lucky, toujours sur un rythme trépidant, et c’est avec beaucoup de plaisir que l’on retrouve deux suites attendues. Celle de René Denfeld qui reprend sa détective privée en quête de son passé dans La fille aux papillons, et la suite de l’excellente série historique d’Abir Mujherkee dans l’Inde coloniale, Les princes de Sambalpur. Finalement Keith McCafferty vient occuper le créneau « pêche et polar au Montana » avec son duo privé/flic avec un vrai savoir-faire pour un polar qui aère la tête : La vénus de Botticelli creek. De son côté l’anglais Mick Herron, dans la très british spécialité du roman d’espionnage change de personnages pour un excellent Agent hostile.

Pour ceux qui voudraient voyager loin, très loin, ou dans des pays moins habituels malgré l’épidémie, on a pu faire un petit tour du monde cette année, autant avec des auteurs français qu’étrangers. Vous avez le choix : L’Albanie du communisme au chaos du libéralisme et de la mafia avec Les aigles endormis de Danü Danquigny. Une version hallucinée de la guerre du Vietnam dans Je suis le fleuve de T. E.Grau, ou un roadtrip, tout aussi halluciné au Mexique sous la plume de Sébastien Rutés : Mictlan. Vous pouvez vous perdre dans la pampa désolée de l’argentin Ricardo Romero de Je suis l’hiver, ou dans le foule du Caire avec La cité des chacals de Parker Bilal.

Benoit Viktine nous amène en zone de guerre, à la frontière entre la Russie et l’Ukraine dans Donbass, et c’est avec plaisir que l’on retrouve Lagos, en pleine campagne électorale dans Feu pour feu de Leye Adenle.

Une nouveauté cette année, l’arrivée des éditions Matin Calme qui nous font découvrir le polar coréen. J’en ai lu deux très différents, Sang Chaud, version coréenne de Little Caesar de Un-Su Kim, et le très déjanté Carnets d’enquêtes d’un beau gosse nécromant de Jung Jaehan. Pour finir, attention au chaud et froid avec le dernier roman de Colin Niel, Entre fauves qui vous fera passer sans transition de la vallée d’Aspe en hiver au désert namibien.

Voyage également dans le temps et dans l’ouest américain avec Les dynamiteurs de Benjamin Withmer et Le sang ne suffit pas d’Alex Taylor. Et comment passer sous silence la superbe conclusion d’une non moins superbe série, Les rues de Laredo qui voit la fin de la bande de Lonesome Dove de Larry McMurtry.

Quelques belles découvertes cette année, avec de vraies surprises, tout autour du monde. Bel hommage au genre avec le très classique et très efficace Riposte du canadien David Albertyn. L’espagnol Agustín Martinez confirme son talent et sa phobie de la campagne et des petits villages dans La mauvaise herbe. Un autre espagnol, Andres Barba nous amène dans une ville imaginaire sous les tropiques, et nous interroge sur l’innocence de l’enfance, entre autres, dans Une république lumineuse. Alessandro Robecchi démontre une fois de plus la richesse et le talent du polar italien, avec Ceci n’est pas une chanson d’amour. Et en Grèce, Le plongeur de Minos Efstathiadis nous amène dans un décor à la Angelopoulos.

Chez les français, j’ai belle découverte de Alain Van der Eecken et Des lendemains qui hantent, avec un magnifique tempête bretonne, Laurent Petitmangin a fait une quasi unanimité méritée avec le très beau Ce qu’il faut de nuit, Catherine Dufour dont je connaissais quelques titres en SF m’a emballé avec le très réjouissant Le bal des absents, je suis retourné en Bretagne avec un roman dans la grande lignée du roman noir social avec Fin d’exploitation de Denis Flageul, et Marion Brunet a confirmé son talent pour camper de magnifiques personnages féminins dans Vanda.

Et pour finir il y a les grands qui nous emballent chaque fois qu’ils publient un roman. Cela faisait un éternité que je n’avais pas lu de Stephen King, j’ai dévoré L’institut, Hannelore Cayre est toujours aussi drôle, cinglante et pertinente avec Richesse oblige, La fabrique de la terreur conclut parfaitement la trilogie incontournable de Frédéric Paulin, j’ai retrouvé avec plaisir Marseille décrite par Dominique Manotti, Marseille 73.

Un immense auteur nous a quitté, mais nous avait offert un dernier roman magistral, Retour de service de John Le Carré, Deon Meyer revient au polar avec La proie entre l’Europe et l’Afrique du Sud, David Joy est déjà un grand, Ce lien entre nous le confirme, et toujours aux US, le grand Jérôme Charyn campe son Isaac Sidel en … Président des USA dans Avis de grand froid. Un autre personnage illustre revient, le roi d’Espagne, sous la plume, bien entendu de Carlos Salem dans La dernière affaire de Johnny Bourbon, et Don Winslow nous régale avec 6 novellas qui reprennent, pour certaines certains de ses personnages emblématiques dans Le prix de la vengeance.

Je sais, je suis long et je ne sais pas choisir, mais je ne pouvais pas conclure ce tour d’horizon sans parler de deux bouquins, qui ne sont pas des polars, mais à côté desquels il serait dommage de passer. Il s’agit du roman plébiscité de Tiffany McDaniel, Betty, et de la novella très flippante de Robert Jackson Bennett, Vigileance. Je sais aussi, il est trop tard pour les cadeaux de Noël, mais il n’est jamais trop tard pour se faire plaisir, piochez là-dedans et vous ne devriez pas vous ennuyer.

Sale époque

Etranges coïncidences. Au moment où reparait Little Caesar, petit truand à la trajectoire parabolique, un personnage qui lui ressemble par bien des côtés disparait.

Diego Maradona, el pibe de oro, la main de Dieu, venu des « villas », les bidonvilles argentins, devenu l’idole d’une ville (Naples) et d’un pays (l’Argentine), aussi génial que tricheur, tombé dans l’addiction, et les excès. Ami de camorristes et de Fidel Castro, idole des  plus pauvres roulant en Ferrari. Capable dans le même match d’une magnifique triche et d’un but génial. Autant haï et méprisé que vénéré.

(43-31) : FRANCE’S CHRISTOPHE DOMINICI GOES AROUND NEW ZEALANDS CHRISTIAN CU LLEN TO SCORE A TRY

Si on ajoute à cela un autre personnage de roman hier, Christophe Dominici, ailier fantasque, qui un beau jour d’octobre 1999 devant un stade de Twickenham archi plein passa en revue la moitié de l’équipe des ogres All Black en revue avant d’offrir à ses potes le premier essai d’un match phénoménal.

Et puisque j’en suis à parler de mes souvenirs, un autre bout de mon enfance et adolescence est disparu hier, Jacques Secrétin, grand champion de ping-pong, dont on retenait forcément le nom rigolo, et que j’avais vu avec son compère Vincent Purckart dans leur show de Harlem globetrotters du pingpong.

Je sais, ce ne sont « que des sportifs », ils ne vont pas laisser de grands romans, de grands films et des chansons inoubliables derrière eux. Mais ça fait quand même mal, c’est un petit morceau de mémoire collective et populaire qui disparaît. Un morceau qui manquera, qui manque déjà.

Qui manque d’autant plus en cette période sinistre, où l’on ne peut plus se voir, se toucher, où un Président qui ressemble de plus en plus au Sourire envahit plus qu’aucun autre avant lui les écrans, où les libertés sont rognées, l’une après l’autre, au nom de la sécurité. Une époque qui manque cruellement de légèreté, d’excès, d’humour, de génie, de fantaisie, d’actes gratuits et flamboyants. Une époque de comptables fascisants.

Salut les artistes, vous nous laissez tomber au plus mauvais moment.

Vous nous manquez déjà

Je sais bien que 92 ans c’est un bel âge, mais il aurait pu attendre une période un peu moins sinistre Alain Rey pour nous abandonner à notre bien triste sort.

Il aurait pu décortiquer avec gourmandise, et ce sourire dans la voix que j’aimais tant sur France Inter, les mot guerriers qu’affectionne notre Napoléon de gouttière qui va encore ce soir froncer les sourcils, serrer ses petits poings et tenter de prendre la tête du Chef De Guerre, Père De La Nation, sévère mais juste.

J’aurais tant aimé l’entendre nous expliquer l’origine et les évolutions de « Couvre-feu », de « confinement », ou même de « laïcité », qui est confisquée par tous les abrutis qui chassent à droite en s’étonnant qu’il y ait des étagère ceci ou cela dans les super marchés, et bizarrement, ceci ou cela ce n’est jamais l’étagère italienne ou mexicaine.

En ces temps où les plus pourris parmi les pourris tentent de s’approprier les mots, les vident de leur sens, les tordent pour les adapter à leur rhétorique de merde, combien il aurait été indispensable l’éclairage aussi cultivé qu’humaniste de ce grand bonhomme. Je me souviens encore de sa chronique, motivée par un discours moisi, où il avait expliqué, avec quel talent, qu’être « de souche » n’était pas forcément un compliment, la souche étant par essence immobile et morte. Oui vous allez nous manquer Alain Rey, mais merci mille fois pour tout.

Elmet

Les blogs ont beaucoup parlé de Elmet de Fiona Mozley. En bien. Donc je l’ai lu. Mais je n’ai pas du tout marché.

MozleyDaniel et Cathy vivent dans les bois avec leur père John Smythe. Ils ont construit une maison éloignée de tout dans le Yorshire, sur une terre ayant appartenu à leur mère. John a gagné de l’argent en se battant, lors de combats clandestins, c’est une légende, invaincu dans toutes les îles britanniques. Ils pourraient vivre là en paix, mais un homme ne l’entend pas de cette oreille. Il veut que John revienne travailler pour lui, briser des os pour lui.

C’est Price, qui possède quasiment toute la région, fermes, maisons en location, tous ou presque lui doivent un loyer ou travaillent pour lui. La paix sera de courte durée.

Désolé, je n’ai pas été du tout conquis.

Pour commencer la quatrième de couverture est un modèle de ce qu’il ne faut pas faire, résumant absolument toute l’histoire, même des événements n’intervenant qu’à la toute fin du roman. Et la phrase reprise en couverture est complètement ridicule. Dommage ça gâche ce que pourrait être le plaisir de la lecture.

Ensuite l’auteur fait le choix de se placer dans une ambiance de conte, où l’atmosphère de la forêt est plus présente que la vie des êtres humains, où malgré le choix d’avoir un narrateur on ne partage pas vraiment sa vie, ni ses sentiments, ses joies, ses rages. Toutes les aspérités sont comme gommées par un brouillard onirique. La mise en place est très lente, et la montée de la tension extrêmement abrupte, sans prémisses ou presque.

Et comme je n’ai pas été sensible à la poésie de l’écriture que beaucoup ont ressentie, je me suis pas mal ennuyé, trouvant que le final annoncé tardait beaucoup à arriver. Et même là, tout est trop manichéen, trop décrit de loin, avec des protagonistes aux réactions trop caricaturales, trop « parfaites », donc sans émotion pour moi.

Bref je suis visiblement un cas isolé d’indifférence totale à l’écriture de Fiona Mozley. Dommage.

Fiona Mozley / Elmet, (Elmet, 2017), Joëlle Losfeld (2020) traduit de l’anglais par Laetitia Devaux.

Gangs of L.A.

Je l’avais laissé passer en grand format, je me rattrape en poche grâce aux vacances. Gangs of L.A. de Joe Ide.

IdeIsaiah Quintabe, dit IQ, est noir, habitant d’un quartier populaire de L.A. Il rend service aux uns et aux autres grâce à ses talents d’investigateur, et à son intelligence hors du commun. Et se fait payer quand il peut, parfois en muffins immangeables. Mais là il va peut-être avoir une affaire qui va enfin lui rapporter de l’argent. Un rappeur qui a reçu des menaces de mort et a fait appel à Dodson, connaissance d’IQ, aussi magouilleur qu’IQ est honnête, aussi agité qu’il est calme.

Comment Isaiah qui semblait promis à un brillant avenir en est arrivé là ? Pourquoi connait-il une crapule comme Dodson ? Et en quoi consiste cette mission ? Il faudra lire pour le savoir.

Ouvrez, plongez, et c’est parti, à fond, pour un bon moment de pure énergie. Une écriture dynamique en diable, des dialogues parfaits, la description sans pitié du milieu archi bling bling des rappeurs californiens, une vulgarité hors norme. Des scènes d’action très réussies, un vrai talent pour accélérer et ralentir le rythme comme il faut pour le suspens.

Bref tout le savoir faire de nos amis ricains, au service d’une histoire parfois émouvante, souvent très drôle. Un vrai moment de bonheur que cette lecture jubilatoire.

Et comme IQ ressemble fort à un personnage qui pourrait revenir, je vais regarder tout de suite s’il n’est pas déjà de retour en grand format.

Joe Ide / Gangs of L.A., (IQ 2016), Folio Policier (2020) traduit de l’anglais (USA) par Diniz Galhos.

PS. Le titre français est quand même un peu con, et n’a rien à voir avec le roman.

Aux vagabonds l’immensité

C’est la période des romans historiques, après Marseille 73, voici Aux vagabonds l’immensité de Pierre Hanot.

HanotMetz juillet 1961. Le FLN s’organise pour frapper aussi en France. Le 1° RCP, régiment de paras, des durs de durs, vient d’être rapatrié manu militari à Metz, pour cause de tentative de coup d’état en Algérie. Rage, frustration, rancœur, un mélange explosif si les bicots s’avisent de les provoquer.

Le 23 juillet, ça explose, c’est la « nuit des paras ». Avec la complicité ou le consentement silencieux de la police et d’une partie de la population.

Récit court, concentré sur quelques journées et éclaté sur une multitude de personnages. L’avantage est que ça donne une multiplicité de points de vue. L’inconvénient est que chaque personnage n’est là que pour son apport à cette fameuse nuit, à peine une silhouette avec une fonction à remplir.

En peu de temps on prend connaissance de l’événement, l’information est là, c’est vif, mais pour moi l’émotion est totalement absente. En ne créant aucun lien entre le lecteur et les personnages, l’auteur s’interdit ce levier extrêmement puissant de la littérature : nous faire vivre d’autres vies dans notre chair, comme si nous y étions. Ici, pour moi, l’émotion était totalement absente.

Aux vagabonds l’immensité répond très certainement à ce que voulait faire l’auteur, et satisfera sans doute certains lecteurs. De mon côté, je demande autre chose à un roman et je reste sur ma faim.

Pierre Hanot / Aux vagabonds l’immensité, la manufacture des livres (2020).

Adios Luis

Saloperie de virus. Ce que cet hijo de la grandisima puta de Pinochet n’a pas réussi, c’est ce virus de merde qui le fait. Luis Sepúlveda est mort.

On lui doit bien entendu du roman qui l’a fait connaître, Le vieux qui lisait des romans d’amour. Mais le texte qui m’a le plus marqué, emballé, c’est le recueil Patagonia express (Le neveu d’Amérique je crois en français), avec un superbe premier texte. Il y raconte les dimanches à Santiago avec son grand-père, anarchiste espagnol exilé au Chili. Le grand-père venait le chercher, et l’amenait en promenade, lui payant tous les sodas et glaces qu’il voulait, mais l’empêchait de pisser. Jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus. Alors il l’amenait devant une église, et le laissait se soulager sur la porte. En attendant avec impatience que le curé sorte protester pour pouvoir le pourrir.

Voilà un grand-père selon mon cœur.

C’était, comme beaucoup d’écrivains latinos, un conteur hors pair, à l’oral comme à l’écrit. Nous avons eu la chance de le voir plusieurs fois à Toulouse, où il fut parrain d’un des premiers Toulouse Polars du Sud. Son humanité, son humour, sa combativité, ses histoires vont nous manquer.

Merci Luis, pour tout.