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TPS c’est bientôt

Comme tous les ans à cette époque, le festival Toulouse polars du Sud approche. Avec cette année un parrain et une marraine, Deon Meyer et Rosa Montero.

Autour d’eux du beau monde, des habitués comme Valerio Varesi, Carlos Salem et Jean-Hugues Oppel, des nouveaux venus Simone Buccholz, Mercedes Rosende, Gabrielle Massat, Iain Levison, Olga Merino ou Miguel Szymanski, et puis des retours, Boris Quercia, Carlo Lucarelli, Jérôme Leroy, Olivier Bordaçarre, José Manuel Fajardo etc …

Pour la liste complète, c’est sur le site du festival.

Dès mardi 4 octobre vous pourrez rencontrer les auteurs à Toulouse et aux alentours, juste pour vous allécher, Jérôme Leroy sera à ombres Blanches à 17h00, Valerio Varesi à la médiathèque de Blagnac à 18h00, Simone Buccholz à la médiathèque de St-Génies Bellevue à 18h00, Benoît Séverac à celle de Saint Alban à 18h30, et Jean-Hugues Oppel, plus malin que les autres, sera au restaurant A Taula à Toulouse à 19h00.

Et cela va aller crescendo jusqu’au vendredi, avec la journée pro et le soir une première table ronde qui va réunir Deon Meyer et Rosa Montero, à la Renaissance à 20h20. Après ça, samedi et dimanche, le festival battra son plein, avec une petite nouveauté, une rencontre le samedi à 18h30 avec Deon Meyer à Ombres Blanches.

Tout le programme des tables rondes, des rencontres hors les murs, des animations du week-end, des animations hors les murs.

J’espère vous voir nombreux, je serai assez occupé, mais c’est bien le diable si on ne trouve pas un moment pour prendre un café ou une bière selon l’heure.

Petit exercice pour patienter

C’est suite à un échange avec un lecteur qu’il m’a suggéré cette idée, le genre de machin que je ne peux plus me sortir de la tête une fois qu’elle y est rentrée : faire un TOP quelque chose de mes BD préférées.

Mais comme je n’aime pas trop classer, et encore moins choisir, ce sera une liste de mes BD préférées, celles que lis et relis, et relis encore, sans ordre de préférence. Je ne sais pas en commençant combien il y en aura …

Franco-belge

Manu Larcenet / Blast et Le combat ordinaire

Gosciny et Uderzo / Astérix

Giraud et Charlier / Blueberry, la suite allant de Chihuahua Pearl au Bout de la piste

Wilfrid Lucano et Paul Cauuet / Les vieux fourneaux

Gotlib / Les rubriques à brac et les Dingo dossiers

Etienne Davodeau / Les ignorants

Régis Loisel / Peter Pan et Magasin général

Maëster / Sœur Marie-Thérèse des Batignolles

Binet / Les bidochons

Guy Delisle / Chroniques de Jérusalem

Enki Bilal et Pierre Christin / Les phalanges de l’ordre noir

Vautrin et Tardi / Le cri du peuple

Franquin / Gaston Lagaffe et Idées noires

Comix

Neil Gaiman et … / Sandman (tout)

Jeff Lemire et Dustin Nguyen / Descender et Ascender

Jeff Lemire / Sweet tooth

Warren Ellis et Darick Robertson / Transmetropolitan

Jason Aaron et Jasan Latour / Southern Bastards

Brian K. Vaughan et Fiona Staples / Saga

Jason Aaron et R. M. Guera / Scalped et The godamned

Garth Ennis et Steve Dillon / Preacher

Alan Moore et David Lloyd / V pour Vendetta

Alan Moore et Dave gibbons / The watchmen

Bill Willingham et … / Fables

Art Spiegelman / Maus

Brubaker Ed et Phillips Sean / Fondu au noir

Ailleurs

Hugo Pratt / Corto Maltese (tout)

Quino / Mafalda

Juan Diaz Canales et Juan Guarnido / Blacksad

Antonio Altarriba et Kim / L’art de voler et L’aile brisée

Sur ce, j’abandonne mon logis aux jeunes qui nous chassent, je serai sans doute moins présent pendant la semaine.

Bonne année malgré tout

J’avoue que je suis curieux de ce que nous prépare cette nouvelle année.

Les affreux nous guettent.

On va avoir droit à une bagarre de cour de récré pathétique au printemps.

Et je crains qu’on ne se retrouve à hurler : Non, pas lui, ni elle !

Mais bon, je vous souhaite de quand même pouvoir prendre votre envol

Et de regarder l’avenir avec un peu d’optimisme, il y aura toujours des copains, des livres à lire, des films à voir, de la musique à écouter.

Bises à tous et à très bientôt.

Mauvaise année mais bonnes lectures

Les années se suivent et se ressemblent, 2020 a été merdique, 2021 aussi, et il y a fort à craindre que 2022 le soit également. On patauge, mais on ne s’ennuie pas côté lectures. C’est parti pour un tour d’horizon de l’année, sans limite de nombre ni de genre.

Commençons par les découvertes, avec côté français, un copain blogueur qui a franchi la ligne et a commis un fort joli recueil de nouvelles, vous aurez reconnu Yan Lespoux avec Presqu’îles, mais également pour moi la découverte de la belle écriture de Caroline Hinault qui nous congèle avec son Solak. J’ai pour ma part découvert le journaliste Jean-Pierre Perrin, avec un beau roman éprouvant se déroulant en Syrie : Une guerre sans fin.

Ailleurs dans le monde de belles découvertes également. Nuit bleue de l’allemande Simone Bucholz, le déjà multi primé L’eau rouge du croate Jurica Pavicic, un nouvel auteur américain, Thomas King, drôle et pertinent avec Un indien qui dérange, un auteur mexicain Antonio Eduardo Parra qui parle de façon originale de la guerre de la drogue dans El Eden, le très réjouissant roman du taïwanais Kuo-Li Chang : Le sniper, son wok et son fusil, un roman âpre eu rugueux, de l’espagnole Olga Moreno, L’étrangère, la découverte pour moi de l’anglaise Susie Steiner qui livre un procédural dans la grande tradition britannique : Garde le silence, et pour finir une privée très réjouissante sous la plume du vénézuélien Juan Carlos Mendez Guedez dans La vague arrêtée.

Nous avons ensuite de revenants, dont nous n’avions pas eu de nouvelles depuis longtemps et que nous sommes très heureux de retrouver. John Harvey, dont je pensais qu’il avait pris une retraite définitive nous revient avec le très beau Le corps et l’âme (dont on aurait pu conserver le titre original). Côté italien, Gianrico Carofiglio n’avait pas été traduit depuis longtemps. Il démarre ici une nouvelle série avec L’été froid. De même, cela faisait longtemps qu’on n’avait pas eu de roman irlandais d’Adrian McKinty, il revient, pour longtemps j’espère, avec Ne me cherche pas demain. Un autre irlandais n’avait pas donné de nouvelles depuis un moment, Sam Millar revient en fanfare avec Un tueur sur mesure. Retour de l’espagnol José Manuel Fajardo avec un texte court mais aussi percutant que son titre : Haine. Pour finir côté français, Olivier Bordaçarre se rappelle à notre bon souvenir avec Appartement 816. Pour finir, si l’on lit régulièrement les textes de ces deux auteurs, cela faisait longtemps que le duo infernal Jean-Bernard Pouy / Marc Villard n’avait pas sévi, c’est fait avec La mère noire.

Un petit tour maintenant des habitués qui ne déçoivent jamais, certains le sont depuis longtemps, d’autre beaucoup moins, dans tous les cas j’ai eu très plaisir à les lire de nouveau. Certains sont adeptes du roman sans suite, d’autres nous invitent à retrouver des personnages qui sont devenus des amis.

On commence avec les « sans suite » français. Et deux grands noms tout de suite, Hervé Le Corre avec le très beau Traverser la nuit, et Caryl Férey qui, une fois n’est pas coutume, nous congèle dans Lëd. Un peu d’humour fort bienvenu avec Kasso de Jacky Schwartzmann et on retourne déprimer à la campagne avec Effacer les hommes de Jean-Christophe Tixier, dans la France entière avec Leur âme au diable de Marin Ledun ou à Gènes avec le dernier Frédéric Paulin : La nuit tombée sur nos âmes. Finissons le tour de France avec le nouveau roman de Laurent Petitmangin, Ainsi Berlin, et un Philippe Huet toujours historique et social dans Noir d’Espagne.

Si l’on sort de notre petit pays, on a retrouvé avec plaisir : l’espagnol Victor del Arbol, toujours noir, émouvant et pertinent avec Avant les années terribles ; l’italien Carlo Lucarelli qui quitte l’Ethiopie pour raconter Une histoire italienne, ; Parker Bilal et son privé soudanais qui délaisse l’Egypte pour Londres avec un procédural très british, Les divinités ; Edyr Agusto reste lui dans le nordeste brésilien avec Casino Amazonie. Iain Levison reste le plus américain des écossais avec Un voisin trop discret, et on retrouve avec beaucoup de plaisir, Attica Locke qui confirme qu’elle est une voix à suivre avec Bluebird, bluebird et pour finir le vétéran James Sallis au sommet de son art dans Sarah Jane.

Il reste pour terminer ce tour de l’année polar sur actu du noir les copains, ces personnages que l’on connait depuis peu, ou depuis longtemps, et qui font partie de la famille. Chez nous Jean-Hugues Oppel continue à mettre à jour les scandales politico-financiers dans Diamant Noir, Olivier Truc retrouve la police de rennes du côté de la frontière russe : Les chiens de Pasvik, et nous continuons à enquêter sur les réseaux d’extrême droite avec les flics d’Interpol de Jacques Moulins dans Retour à Berlin.

Ailleurs c’est avec plaisir que l’on retrouve un bon épisode des enquêtes Qiu Xiaolong à Shanghai : Un diner chez Min, le Kub de Wojeck Chmielarz combat toujours la corruption polonaise dans Les ombres, Le code de Katharina est de nouveau un procédural solide du norvégien Jorn Lier Horst, grand bol d’air avec les deux enquêteurs de Keith McCafferty dans Le baiser des Crazy Mountains, Thomas Mullen poursuit sa chronique du racisme à Atlanta dans les années 50-60 avec Minuit à Atlanta, on retrouve avec plaisir Benny Griesel au Cap dans La femme au manteau bleu de Deon Meyer, et le producteur de télé de merde d’Alessandro Robecchi devient, dès son second roman De rage et de vent, un nouvel ami.

Et puis il y a les inoxydables. John Rebus continue à mettre des coups de pieds dans la fourmilière d’Edimbourg dans Le chant des ténèbres de Ian Rankin, Valerio Varesi promène la mélancolie et la rage de Soneri dans La maison du commandant, pour notre plus grand plaisir, Hap et Leonard distribuent des mandales dans Le sourire de Jack Rabbit de Joe Lansdale, on lit en tremblant, craignant que ce ne soit la dernière apparition de Montalbano, L’autre bout du fil d’Andrea Camilleri, et notre cher Walt Longmire se fait salement secouer dans Western Star de Craig Johnson.

Je sais que je suis trop long, mais je ne peux pas vous laisser sans attirer votre attention sur deux romans qui relèvent plus de la blanche (quoique …). Le magnifique Poussière dans le vent de Leonardo Padura, et une belle découverte, très drôle, Miracle à la combe aux aspics du croate Ante Tomić.

Enfin, et après promis, j’ai fini, j’ai lu un peu plus de SF cette année (pas beaucoup, mais un peu plus), et j’ai découvert trois débuts de séries, forts réjouissants. La première est en fait une double série, écrite par Claire Duvivier et Guillaume Chamanadjian, Le sang de la cité et Citadins de demain, une idée originale, deux belles écritures, et un mystère qui s’épaissit, alléchant. La seconde est à la frontière entre le polar (le personnage principal est une enquêtrice très hardboiled), et la SF, C’est Emissaire des morts et La troisième griffe de Dieu de l’américain Adam Troy-Castro, et la troisième une trilogie à terminer de Robert Jackson Bennett dont j’avais adoré Vigilance, Les maîtres enlumineurs et Le retour du Hiérophante qui inventent un système de magie très original qui amène cette fantasy sur le terrain de la SF.

Voilà, j’en ai sans doute oublié, mais si vous en avez raté quelques-uns vous avez de quoi piocher pour passer quelques heures de lecture.

TPS n°13, ce fut fait et pas mal fait

Si je n’ai pas donné de nouvelles cette semaine, ce n’est pas que je vous abandonne, mais deux événements se sont ligués contre une production plus régulière : Tout d’abord j’ai abandonné un roman au bout de presque 200 pages, m’apercevant que, bien qu’il soit bien écrit et construit, il ne m’intéressait pas (il faut dire aussi que c’est dur de venir après Padura). Et puis il faut avouer que, entre la première rencontre avec Aro Sainz de la Maza jeudi après-midi, et la fin de TPS dimanche soir, j’ai un peu manqué de temps.

Donc TPS 13° c’est fait. Et c’était, de l’avis de tous, les visiteurs, les auteurs, les organisateurs et ma pomme, beaucoup plus rigolo que l’an dernier. Il reste certes les masques, mais le public était au rendez-vous, toutes les tables rondes ont fait le plein, même celles du samedi matin et du dimanche matin, les dessinateurs de BD doivent être en train de mettre la main dans un seau à glace pour la faire refroidir après deux jours de dédicace non-stop, le bar n’a pas désempli (je serais curieux de savoir combien de futs de bières ont sucombé), bref on était presque revenus à la normale.

Autre grosse satisfaction, je trouve que le prix Violeta Negra est un des prix les plus éclectiques et les plus enthousiasmant du polar (il ne faut jamais laisser passer une occasion de se jeter des fleurs). Après avoir, l’an dernier, récompensé un hybride polar/SF écrit par une écrivaine qui n’est même pas « référencée » noir, à savoir Le temps de la haine de Rosa Montero, il prime cette année l’hilarant Ceci n’est pas une chanson d’amour d’Alessandro Robecchi, alors que si vous regardez les listes chaque année, en général, les prix polar ne font pas beaucoup rire. Détail révélateur, lors de la table ronde italienne à laquelle participaient Marcello Fois, Piergiorgio Pulixi, Valerio Varesi et donc Alessandro Robecchi, seul ce dernier n’avait jamais eu le prix décerné à Milan, comme quoi on est vraiment les meilleurs ! Merci le jury du VN, et merci Alessandro.

Grand plaisir évidemment de revoir les copains, les auteurs habitués et d’en rencontrer des nouveaux, allié à la frustration de ne pas pouvoir écouter toutes les tables rondes et que ce soit trop court. Et comme chaque année, des confirmations et de belles découvertes.

La confirmation, c’est que je savais que les tables rondes sur le polar nordique à la française, avec Olivier Truc et Caryl Férey ne me demanderait pas trop de travail, une introduction, une question et à vous messieurs. Confirmation dès vendredi soir. Pour les espagnols, je savais que ce serait encore plus simple, il suffisait de dire bonjour. Ils ont été grands, comme toujours, entre réflexion et anecdotes, avec la belle dynamique de ceux qui se connaissent, s’apprécient et ont l’habitude de partager les tables de débats. Idem pour la table italienne, je n’ai pu poser que deux questions, auxquelles ils n’ont d’ailleurs pas du tout répondu mais est-ce important ? Non.

Belle découverte avec une table qui a très bien fonctionnée, alors que je partais un peu dans l’inconnu, entre Laurent Guillaume et Minos Efstathiadis. Beaucoup d’échanges entre les deux qui ne se connaissaient pas du tout avant, et quelques pointes d’humour malgré un sujet (la guerre) qui avait tendance à plomber l’atmosphère. Et de beaux échanges aussi entre Hervé Le Corre, Parker Bilal et Caroline Hinault qui ont tous les trois dans leurs romans des approches différentes du « lieu du crime », un vrai plaisir pour l’animateur.

Bref, j’ai découvert de nouveaux auteurs, pu discuter avec eux, j’ai retrouvé avec plaisir ceux que je connaissais, j’ai fini vanné mais très content. Un peu de repos et de lecture au calme ne fera pas de mal avant de commencer à préparer le prochain. Et encore un grand merci aux travailleurs de l’ombre qui préparent toute la logistique, démarchent bibliothèques et établissements scolaires, montent les dossiers de subvention, accompagnent les auteurs, tiennent le bar, montent les chapiteaux, conduisent les auteurs … Une quantité de boulot phénoménale sans laquelle rien ne serait possible.

A l’année prochaine.

Je suis perplexe …

En ce moment, j’avoue que je suis assez perplexe, et que je ne comprends pas, mais alors pas du tout ceux qui sont contre la vaccination.

Petit rappel, pour les plus jeunes, de mon temps comme disent les vieux comme moi, il y avait encore des gens marqués à vie par la polio. Il n’y en a plus. La vaccination a sauvé des millions de vies dans le monde, y compris celles des quelques rares personnages qui, pour d’excellentes raisons médicales, ne peuvent pas se faire vacciner.

Deux chiffres : 85 % des gens qui entrent à l’hôpital actuellement pour cause de COVID lourd n’ont reçu aucune dose de vaccin, seuls 7% des admissions concernent des personnages ayant les deux doses. La Martinique et La Réunion comptent moins de 15 % de la population vaccinée, résultat, reconfinement. En métropole avec 50 % de vaccinés, pas de reconfinement (pour l’instant).

Bref, le vaccin, ça marche. Alors pourquoi le refuser ?

On peut être un sale con égoïste, qui ne veut pas risquer d’effet secondaire et préfère profiter de l’immunité collective créée par ceux qui se font vacciner. Ceux là peuvent aller crever, de préférence ailleurs qu’à l’hôpital pour ne pas surcharger un personnel déjà bien secoué.

On peut croire que ne pas se faire vacciner est un acte de résistance. A quoi ? Je ne sais pas. A Macron ? Il s’en fout, il préfère sans doute une France soumise à des restrictions de liberté justifiées par la maladie, qui permettent de jouer au petit Napoléon à la télé, sourcils froncés, poings serrés, de refiler un logiciel de merde qui permet de suivre vos déplacement, d’avoir une bonne raison pour interdire les manifs … Et visiblement ça ne réduit pas les bénéfices de ses amis premiers de cordée. Donc c’est un argument assez con.

On peut arguer qu’il ne faut pas donner des sous à l’industrie pharmaceutique qui est une des plus pourrie d’un monde qui en compte pourtant un paquet de bien dégueulasses. OK, mais alors il faut crever chez soi tout seul, sans aller à l’hôpital qui, à ma connaissance, utilise des médicaments. Refuser le vaccin parce que Big Farma c’est des enfoirés c’est aussi con que de ne plus manger de pain parce que des fils de pute spéculent sur le prix du blé. C’est la privatisation de la santé qu’il faut combattre, pas la vaccination.

Il y a ceux qui disent qu’on ne connaît pas assez les effets secondaires. Ben on connaît déjà les effets primaires de ne pas se vacciner : Des morts, des hôpitaux saturés, le confinement, la mort de la culture et du lien social … Et ça ce ne sont pas des effets potentiels, c’est vérifié, donc je prends le risque d’un effet secondaire hypothétique dans longtemps pour vivre aujourd’hui. Pour ceux qui ont peur de ces effets secondaires, n’oubliez pas de ne plus monter en voiture, de déménager loin des villes polluées, de ne plus manger un seul produit de l’industrie agro-alimentaire, de ne plus fumer, de ne plus boire …

Enfin j’ai entendu des compliqués très intelligents qui font des statistiques très compliquées sur les tranches d’âge, les risques,  etc … Pour savoir exactement à partir de quel âge en années, mois, semaines et jours on est mieux protégé en se faisant vacciner que sans le vaccin. Ils oublient un peu vite qu’on se fait vacciner pour se protéger, mais aussi pour protéger les autres, qu’une personne qui n’est pas à risque et forcément amenée, dans sa vie, à croiser des personnes à risque, et que le meilleur moyen de protéger tout le monde, les jeunes, les vieux, les gros, les diabétiques, les stressés, le petits, les grands … et même les cons, c’est d’arriver à la meilleure immunité collective possible. Soit en laissant mourir tous les fragiles pour ne garder que les plus forts, soit en vaccinant tout le monde.

Voilà c’est dit, maintenant, vous pouvez continuer à me lire même si vous êtes contre le vaccin, où vous pouvez comme ça arrive de temps en temps me laisser un commentaire pour me dire que, puisque c’est ça, vous ne me lirez plus. Vous pouvez surtout, si ce n’est déjà fait, aller vous faire vacciner qu’on puisse bientôt boire un coup en vrai en causant bouquins.

Petite lecture bienvenue

Parce que ces périodes pénibles de confinement et de télétravail m’ont amené, comme beaucoup d’autres, à relativiser l’intérêt et l’utilité du boulot, quand on lui supprime les relations sociales.

Parce qu’on nous prend toujours pour des cons en nous disant qu’il faut travailler plus pour gagner plus.

Parce que dans de plus en plus d’endroits ce travail perd son sens, quand on nous impose des chefs qui ne sont que des comptables, quand on met des directeurs d’écoles de commerce à la tête de l’éducation nationale, quand on brade les services de l’état et qu’on donne des millions à des cabinets de consultants, avatars modernes des charlatans d’hier …

Parce que ma fille révisait le thème travail pour un devoir de philo, et que son prof n’avait pas cité le seul auteur indispensable à mon humble avis.

Pour toutes ces raisons je suis allé repêcher un des rares essais perdus au milieu des polars, livres de SF et BD de ma bibliothèque. J’ai relu le début, et c’est tellement lumineux, tellement évident, tellement bien écrit que j’ai lâché le dernier Quadru (j’y reviendrai) pour le relire d’un trait.

Voilà comment ça commence :

« Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l’amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture. »

Plus loin on lit :

« la passion aveugle, perverse et homicide du travail transforme la machine libératrice en instrument d’asservissement des hommes libres : sa productivité les appauvrit. »

Et :

« En présence de cette double folie des travailleurs, de se tuer au surtravail et de végéter dans l’abstinence, le grand problème de la production capitaliste n’est plus de trouver des producteurs et de décupler leurs forces, mais de découvrir des consommateurs, d’exciter leurs appétits et de leur créer des besoins factices. »

« Tous nos produits sont adultérés pour en faciliter l’écoulement et en abréger l’existence. (…) Ces falsifications, qui ont pour unique mobile un sentiment humanitaire, mais qui rapportent de superbes profits aux fabricants qui les pratiquent, si elles sont désastreuses pour la qualité des marchandises, si elles sont une source intarissable de gaspillage du travail humain, prouvent la philanthropique ingéniosité des bourgeois et l’horrible perversion des ouvriers qui, pour assouvir leur vice de travail, obligent les industriels à étouffer les cris de leurs consciences et à violer même les lois de l’honnêteté commerciale. »

C’est très court (il ne faudrait pas que le lire soit un travail), c’est lumineux, c’est drôle, c’est magnifiquement écrit, c’est visionnaire, c’est Le droit à la paresse de Paul Lafargue, ça a été publié en … 1880.

Vous le trouverez dans toute bonne librairie ou bibliothèque.