John Rebus, encore et toujours

John Rebus fait partie de ces personnages que l’on retrouve toujours avec plaisir. Et dont on attend des nouvelles avec impatience. Le revoici dans Le diable rebat les cartes, toujours, bien entendu, sous la plume de Ian Rankin.

RankinC’est un peu le chaos à Edimbourg. Big Ger Cafferty, l’ex maître incontesté de la pègre de la ville, ennemi préféré de John Rebus, s’est mis en retrait, mais Darryl Christie, le jeune loup qui monte et semble en meilleure place pour le remplacer n’a pas encore affirmé son emprise sur la ville. Et quand il subit une agression chez lui, sa position se retrouve affaiblie.

Les flics du grand banditisme, installés en banlieue veulent profiter de l’occasion pour le faire tomber, et remonter ses filières de blanchiment d’argent. C’est Malcom Fox, récemment muté qui devra faire le lien avec la police locale, en la personne de … Siobhan Clarke. Il ne manque plus que l’aide de John Rebus, qui s’intéresse en parallèle à un meurtre vieux de quarante ans jamais élucidé pour le trio soit reconstitué.

Les jeux de pouvoirs entre pègre, police et finance sont en place.

Il est quand même extraordinaire Ian Rankin. On a eu un temps peur que John Rebus ne disparaisse au profit d’un Malcom Fox, certes attachant, mais beaucoup plus terne. Et finalement, maintenant, on a trois personnages récurrents pour le prix d’un, et en plus, petit à petit, c’est Fox qui s’humanise, se décoince, et toute proportions gardées, se rapproche de Rebus.

D’un autre côté, John ne rajeunit pas, il est obligé de faire attention à sa consommation de binouze, doit arrêter de fumer, mais ce qui est bien, c’est que ça n’améliore pas son humeur, et que ça a plutôt tendance à le rendre plus incisif dans ses colères.

L’intrigue est toujours parfaitement maîtrisée. Rankin et ses personnages évoluent avec le temps et suivent, ou subissent, les changements de notre monde, pour le meilleur, et surtout pour le pire, mais ne se rendent jamais.

Et à Edimbourg, comme ailleurs, les plus riches se sentent intouchables, et hésitent de moins en moins à le faire savoir. Du boulot, toujours plus de boulot pour John, Siobhan, et malcom, et du bonheur pour nous lecteurs.

Ian Rankin / Le diable rebat les cartes (Rather be the Devil, 2016), Le Masque (2018), traduit de l’anglais (Ecosse) par Freddy Michalski.

Polar, pêche et Montana

Je ne vous ai pas abandonné, et je ne suis pas planté devant des matchs de foot. Mais entre les barbecues du beau temps enfin arrivé, la musique, les soirées qui se prolongent, le brevet, le BAC … Plus quelques BD dont je vous parlerai d’ici peu promis, mon rythme de lecture a pris une claque. Nez en moins, un petit tour à la pêche avec Meurtres sur la Madison de Keith McCafferty.

McCaffertyLa Madison en question, c’est une rivière à truites dans le Montana. Des guides de pêche, quelques touristes très fortunés et des pêcheurs locaux. Et une drôle de pêche pour le client de Rainbow Sam : un cadavre tout boursouflé. Voilà une enquête qui sort de l’ordinaire pour la shérif Martha Ettinger.

Une enquête qui va lui faire croiser la route de Sean Stranahan, venu se réfugier dans l’ouest encore sauvage après une rupture douloureuse. Il survit en peignant et en louant ses services de Privé. C’est cela qui va le mettre en relation avec la très troublante Velvet Lafayette, chanteuse de bastringue, qui recherche son frère. Tout est en place, la pêche peut commencer.

« Le début d’une nouvelle série merveilleusement divertissante » lit-on en quatrième, signé Craig Johnson. Bon, ce n’est pas complètement faux, mais disons que notre cowboy préféré s’emballe peut-être un peu.

C’est divertissant, Keith McCafferty vient prendre une place laissée vacante par la bien trop rapide mort de William G. Tapply ou l’absence de nouveau roman de Jim Tenuto. Son récit est frais, on a sa dose de grands espaces, de belles descriptions de rivières au lever et au coucher de soleil, des truites bondissantes, du suspense et une intrigue qui tient la route et réserve quelques surprises.

Et la description du commerce du tourisme nature du Montana est intéressante.

Ensuite est-ce merveilleusement divertissant, je n’irai pas jusque là. L’auteur a un peu de mal à prendre à son compte les clichés rebattus du polar, qui marchent toujours, mais qui manquent ici un peu d’épaisseur, à commencer par la femme fatale et le privé au grand cœur qui va tomber dans ses filets, en sachant parfaitement ce qu’il risque. Et ça manque de force, de méchanceté, de niaque. Peut-être aussi le (ou les à vous de voir) méchant est-il un peu faiblard.

Toujours est-il que j’ai passé un bon moment, et que j’espère que la suite aura un peu plus de force pour être digne des louanges de grand Craig.

Keith McCafferty / Meurtres sur la Madison (The royal wulff murders, 2012), Gallmeister (2018), traduit de l’anglais (USA) par Janique Jouin-de Laurens.

SF chinoise, pas emballé

L’été est là, les vacances approchent, le moment de piocher dans la pile SF les curiosités accumulées et pas lues pendant l’année (voire l’année précédente). Avec un succès mitigé pour cette fois : Le problème à trois corps du chinois Liu Cixin.

CixinLa révolution culturelle fait rage. Ye Wenjie assiste au lynchage public de son père professeur de physique, par de très jeunes gardes rouges. Puis elle est envoyée loin, très loin, défricher des forêts. Avant que certains se souviennent d’elle et viennent la chercher pour travailler sur un site très secret, un immense radio télescope chargé d’espionner les communications des satellites ennemis, mais également et surtout de trouver des traces de vie extraterrestre.

Quarante ans plus tard, une vague de suicides décime les plus grands scientifiques chinois quand le professeur Wang Miao, spécialiste en nanotechnologies est convoqué par la police à une réunion avec de hauts responsables de l’armée, et même des représentants de la CIA. Qui donc a intérêt à couper la tête de la science mondiale ?

Première recommandation si vous décidez de lire ce roman (malgré mon enthousiasme limité) : ne lisez pas la quatrième qui dévoile de façon lamentable une révélation qui n’arrive qu’à la fin du roman. Comment a-t-on laissé sortir un résumé aussi catastrophique ? Un vrai mystère.

Pour moi il y a du bon et du moins bon dans ce roman qui, si j’en crois ce que j’ai lu à droite et à gauche, a reçu un très bon accueil critique.

Le bon c’est l’entame, forte, se déroulant pendant la révolution culturelle. C’est cash, ça fait mal, l’horreur n’est pas édulcorée. Le bon c’est encore le démarrage de l’intrigue contemporaine, mystérieuse, très intrigante. Le bon encore c’est l’ambition et la richesse des thématiques abordées.

Le moins bon, outre la calamiteuse quatrième (mais ça ce n’est pas la faute de l’auteur), c’est que si le roman est très intelligent, il est aussi très froid et théorique. A part l’émotion qui passe bien au début, les personnages sont ensuite tellement désincarnés qu’on finit par se fiche de ce qui leur arrive. J’avoue avoir même eu du mal à me souvenir de qui était qui. Certes les noms inhabituels n’aident pas, mais je n’ai jamais ce problème avec Qiu Xiaolong par exemple. Là les personnages ne sont que des silhouettes, des porte-parole de théories ou d’idées.

Et en parlant d’idées justement, si la SF tendance scientifique vous fait peur, vous pouvez passer directement votre chemin, il y a de longues pages expliquant les fondements de physique théorique de tel ou tel élément de l’intrigue. Très longues même … Au point que j’ai un peu survolé le final.

Pour résumer, intelligent, bien construit, bonne entame, mais manquant singulièrement de chaleur, de chair, d’humain.

Liu Cixin / Le problème à trois corps (San ti, 2006), Actes Sud (2018), traduit du chinois par Gwennaël Gaffric.

Une visite à notre famille sicilienne

Que l’on soit à la fin d’un printemps pourri, au début de l’hiver ou en plein été, l’arrivée d’un nouveau Montalbano est toujours une bonne nouvelle. Cette année Nid de vipères d’Andrea Camilleri arrive en juin.

CamilleriLe comptable Cosimo Barletta a été assassiné chez lui un dimanche matin tôt. Il laisse un fils et une fille pas franchement éplorés. Et il s’avère que feu le comptable était une véritable pourriture. Agresseur sexuel profitant de sa richesse et de son pouvoir pour séduire ou faire chanter de nombreuses jeunes femmes, usurier sans pitié … C’est peu de dire que ceux qui se réjouissent de sa mort sont légion. Ce qui ne va pas faciliter l’enquête de Montalbano.

Peut-on dire quelque chose de nouveau à propos d’un roman de la série de Salvo Montalbano ? Difficile. La recette est bonne, aussi bonne que celles de la trattoria où Salvo a ses habitudes. Les produits sont d’excellente qualité, le cuisinier est parfait. L’humour, la dent dure de Salvo, toute la fine équipe autour de lui … Et chaque fois quelques épices inédites.

Ici un étrange vagabond très bien élevé, un Tommaseo amené au bord de la crise cardiaque (mais je ne vous dirai pas pourquoi), et le portrait d’un prédateur sexuel, qui semble tomber à pic, en ligne avec l’actualité de cette dernière année. Sauf que le roman a été publié en Italie en 2013, et qu’il avait été commencé bien plus tôt (2008), pour être abandonné un temps comme l’explique le maître dans une note finale qu’il ne faut surtout pas lire avant d’avoir terminé le roman.

Comme toujours, cette visite de quelques jours à Vigata, nous permet de revoir cette étrange famille que nous avons là-bas. Une visite qui nous laisse émus et souriants, attendant avec impatience les prochaines nouvelles de nos potes siciliens. Un vrai régal.

Andrea Camilleri / Nid de vipères (Un covo de vipere, 2013), Fleuve Noir (2018), traduit de l’italien par Serge Quadruppani.

Un très beau western noir

La fin de l’année approchant, la pression des nouveautés diminue du côté des polars, enfin le temps de lire un bon western. Comme j’aime beaucoup Bertrand Tavernier, autant comme cinéaste que comme critique et découvreur de livres, je fais confiance à sa collection chez Actes Sud. Et j’ai raison. Bonne pioche avec Le vent de la plaine d’Alan Le May.

LeMay1874, dans les grandes plaines du Texas, la famille Zachary vit pauvrement de l’élevage sur une terre menacée par les indiens Kiowa. Le père est mort quelques années auparavant et c’est Ben, l’aîné, qui a repris les commandes. Il est aidé par sa mère, ses deux jeunes frères et sa sœur Rachel.

Si la famille est venue s’installer si loin à l’ouest, c’est pour fuir les rumeurs répandues par Abe Kelsey, un vieux fou qui en voulait au père, et prétend que Rachel est une enfant Kiowa qui a été recueillie bébé par la famille. Dans un Texas où les indiens sont haïs par les colons et appelés les nègres rouges, cette rumeur revient à isoler complètement la famille Zachary. Une situation qui va se révéler dramatique quand la maison des Zachary est prise pour cible par un groupe de guerriers Kiowa.

Comme le roman se déroule sur la frontière, à une époque où les guerres indiennes n’étaient pas terminées, on appelle ça un western. Mais si on réfléchit à la trame, et au fond très social, on pourrait aussi appeler ça un roman noir. En fait, on s’en fout, c’est un très bon roman, âpre, rugueux et parfois violent comme les paysages et les personnages décrits, intelligent, complexe et très humain dans sa façon d’analyser et de raconter les gens et les événements, très bien construit dans sa montée vers la violence inévitable.

Cela va mal finir, on le sait dès le début, et en première lecture la montée de la pression dans la cocotte-minute, jusqu’au final terrible, parfaitement racontée sans jamais être complaisante accroche le lecteur pour ne plus le lâcher. Ce n’est pas pour rien que l’auteur était proche du meilleur cinéma hollywoodien, il sait raconter une histoire et la rendre très visuelle et pleine de suspens et sait écrire les scènes d’action.

Au-delà de ce premier plaisir, ce qui frappe c’est la complexité de la description d’un milieu qu’un lecteur ignare comme moi pourrait vite schématiser. Ni les colons, ni les Kiowas ne sont décrits comme des brutes sans culture. Ils sont rudes, violents, injustes parfois, mais étonnamment ils se connaissent mutuellement (à défaut de toujours se comprendre), ils se combattent férocement, mais cela n’exclue pas une certaine forme de respect.

Le racisme, car il y a du racisme, est parfois complexe, épidermique, conséquence d’atrocités de part et d’autre, mais pas toujours orientés vers ce qu’on croit … Et les raisons du comportement des uns et des autres sont toujours décrites (sans lourdeur), ce qui ne veut pas dire qu’ils sont excusés.

Un beau western noir prenant et passionnant, que l’on referme avec l’impression d’être un peu moins bête après qu’avant.

Alan Le May / Le vent de la plaine (The unforgiven, 1957), Actes Sud (2018), traduit de l’anglais (USA) par Fabienne Duvigneau.

Celeste Ng toujours passionnante et émouvante

J’avais beaucoup aimé le premier roman de Celeste Ng, Tout ce qu’on ne s’est jamais dit. Elle confirme avec La saison des feux.

NgShaker-Heights, banlieue chic et rangée de Cleveland. Super chic et super rangée. A Shaker-Heights tout est calculé, la courbure des routes pour que les voitures ne roulent pas trop vite, les chemins jusqu’aux écoles, la hauteur que ne doit pas dépasser l’herbe, les couleurs des maisons … Shaker-Heights est le lieu parfait, où vit la parfaite famille Richardson.

Elena la mère s’occupe du foyer, vote démocrate, aide les plus démunis. Le père, associé dans un grand cabinet d’avocats, est peu présent mais il est très bienveillant. Trip, Lexie et Moody sont de grands ados parfaits. Beaux, intelligents, bons résultats scolaires, parfois un peu superficiels et individualistes, mais ça passera. Seule Iz la plus jeune fait tâche, perpétuellement en colère.

Quand Elena loue le petit appartement qu’ils possèdent dans la partie « populaire » de Shaker-Heights à Mia Warren, artiste, mère célibataire et à sa fille Pearl, elle sait qu’elle est en accord avec ses valeurs, et qu’elle aide une famille méritante. Elle ne sait pas que d’ici peu son monde bien ordonné va voler en éclats.

On retrouve ici les qualités du premier roman de Celeste Ng. En commençant par la subtilité, la finesse et la richesse de la description des mécanismes des relations familiales. Sans jamais tomber dans la leçon de psychologie, sans insister et surtout sans jamais lasser, elle nous fait entrer au cœur de deux ou trois familles au bord d’un bouleversement.

Il y a du Thomas H. Cook dans sa façon d’annoncer d’emblée la fin dramatique, puis de remonter le temps pour semer les indices qui vont expliquer, peu à peu, comment « l’explosion » finale arrive. Une explosion qui semble d’autant plus inévitable qu’on connaît déjà l’issue de cette nouvelle Chronique d’un drame annoncé. Et il est important ici de souligner que loin d’être écrasée par la référence au maître du sud, Celeste Ng sait se montrer aussi passionnante que lui.

Ce qui frappe dans le roman, au-delà de la thématique la plus directement visible sur le rapport à l’enfant (celui qu’on a mais dont on n’arrive pas à s’occuper, celui qu’on n’arrive pas à avoir etc …) c’est comment les meilleures intentions du monde arrivent à construire un enfer (chose que l’on voit aussi dans les derniers Thomas H. Cook).

Shaker-Heights est l’image même de l’enfer pavé de bonnes intentions. Un enfer certes relatif, on n’est pas en zone de guerre, et il suffit de partir pour y échapper. Mais un enfer quand même, qui amène à tout vérifier, tout contrôler, pire, tout auto-contrôler. Un enfer souriant, très anglo-saxon, où on vous enferme dans un corset de plus en plus serré, peu à peu, et toujours avec le sourire. Ou comment transformer une personne bienveillante, ouverte mais un peu timorée, en un monstre, digne de l’infirmière de Vol au-dessus d’un nid de Coucou.

Autre thématique brillamment traitée, vieille comme le monde celle-là aussi, le père la Fontaine en parlait déjà il y a fort longtemps, comment le besoin de sécurité et de confort peut amener à sacrifier la liberté, les rêves, et au final, les valeurs auxquelles on se croit le plus attaché. Et comment la frustration créée peut se transformer en violence. Là non plus, rien de nouveau, mais une nouvelle variante intelligente et sensible, parfois glaçante, toujours humaine.

Décidément, une auteur à suivre.

Celeste Ng / La saison des feux (Little fires everywhere, 2017), Sonatine (2018), traduit de l’anglais (USA) par Fabrice Pointeau.

Les premières gammes du maître

Elmore Leonard était un maître, un écrivain qui donnait l’impression bien trompeuse que tout le monde pouvait écrire comme lui tant son écriture semblait évidente. Rivages a eu la bonne idée d’éditer deux recueils à partir de ses premières nouvelles : Charlie Martz et autres histoires et Rebelle en fuite et autres histoires.

charlie martz et autres histoires.inddEn préface des deux recueils le fils d’Elmore Leonard (qui ne doit pas être tout jeune !) explique qu’il s’agit là d’œuvres de jeunesse de son père.

On veut bien le croire tant on a l’impression de voir le jeune écrivain travailler ses gammes, s’essayer à tous les genres, passer du polar au western, en passant par le roman d’espionnage. Tester une ambiance, la montée d’un suspense ou une scène d’action.

Leonard 01Un besogneux qui fait des gammes, c’est insupportable. Là il s’agit d’un des maîtres du genre, donc, même si toutes ne sont pas abouties, on prend quand même beaucoup de plaisir, et on voit l’affirmation de son talent, tant dans le dernier recueil certaines nouvelles sont superbes.

J’ai un faible pour les personnages déjà très leonardiens (calmes, cools, mais capables d’être implacables) de Les intrus, Juste pour faire quelque chose, Première siesta à Paloverde ou Confession, qui voient chacune un personnage au flegme typique de l’auteur mettre en déroute des brutes imbéciles pas potentiellement mortelles.

Rebelle en fuite et L’enclos du taureau, magnifiques toutes les deux, mettent en scène des héros ordinaires, à première vue faibles ou sans consistance, mais qui vont se révéler face à l’injustice, à la souffrance ou au malheur.

Et déjà chez l’auteur, ces personnages de femmes fortes, sures d’elles et de leurs valeurs.

En résumé, si je ne conseille pas de découvrir l’œuvre de ce géant avec ces nouvelles, elles sont le complément indispensable pour tout fan.

Elmore Leonard / Charlie Martz et autres histoires (Charlie Martz and other stories, 2015), Rivages/Noir (2017) et Rebelle en fuite et autres histoires (Charlie Martz and other stories, 2015), Rivages/Noir (2018), traduit de l’anglais (USA) par Johanne Le Ray et Pierre Bondil.