Beau roman de Michael Farris Smith

On avait découvert Michael Farris Smith avec Une pluie sans fin, roman post apocalyptique qui ne m’avait convaincu qu’à moitié. Il revient avec Nulle part sur terre, à mon humble avis beaucoup plus abouti.

FarrisSmithMcComb, petite ville du Mississippi à la limite de la Louisiane. Russell y revient après 11 ans de prison. Entre temps sa mère est morte, mais son père est toujours en ville. Ainsi que deux frères, Larry et Walt, qui veulent se venger de ce qu’il a fait, onze ans auparavant.

Sur la route venant de Louisiane, Maden et Annalee, sa fillette marchent, brûlées par le soleil, épuisées, avec pour seul bagage un sac poubelle qui contient toutes leurs possessions. Maden veut atteindre McComb où, si ses souvenirs sont exacts, un foyer d’accueil de femmes seules pourrait leur permettre de souffler quelques jours.

Dans les jours à venir les destins de ces trois personnes vont se mêler.

Deux remarques pour commencer.

La première, oui on est un peu submergés depuis quelques mois par les romans sur les petits blancs du sud. Oui ça peut devenir une mode aussi agaçante que celle des romans scandinaves. Mais non, Nulle part sur terre n’a pas grand-chose à voir avec les histoires de ploucs qui produisent de la meth dans des vallées perdues et se massacrent hardiment. Avec tout le bien que je peux penser de certaines histoires de ploucs qui …

Ce qui m’amène à la deuxième : Si Une pluie sans fin pêchait par un manque de profondeur des personnages au profit de la « simple » description d’un paysage apocalyptique, ce qui fait justement la qualité de ce nouveau roman, c’est la force de ses personnages. Sans grandes actions dramatiques, sans fusillades, sans méchant diabolique. On est ici plus proche de Daniel Woodrell ou de Larry Brown que d’un Pollock ou d’un Withmer.

Car même si on a le droit, sur la fin, à une réflexion sur le Bien et le Mal (on est quand même chez ces sacrés cul-bénits de ricains), aucun des personnages n’est l’incarnation de l’un ou de l’autre. Ce sont juste des gens qui ont fait des choix, parfois de petits choix, mais qui s’avèrent lourds de conséquences. Et d’autres personnes de la petite ville de McComb qui vont être amenées à faire d’autres choix, plus ou moins importants, qui pourraient changer leur vie, ou celle de ceux qu’ils croisent.

Tout cela dans une petite ville où l’on s’ennuie, où l’on se distrait en roulant la nuit, vitre ouverte, une bière entre les jambes. Une petite ville avec son lot de brutes, de gens bien et d’imbéciles.  Sans grand diable ni chevalier blanc.

Une ville et des gens que l’auteur prend le temps de décrire avec beaucoup de tendresse, de compréhension, sans cacher leurs défauts, leurs conneries, leur détresse, leurs joies et leurs moments de grandeur. Au gré d’une intrigue qui nous amène, lentement mais surement, vers une violence inévitable.

Et tout au long du chemin, des moments durs, noirs, mais aussi des moments lumineux comme ces minutes très fortes, sans un mot ou presque, entre un père et son fils assis au bord d’un étang. Un beau roman.

Michael  Farris Smith / Nulle part sur terre (Desperation road, 2017), Sonatine (2017), traduit de l’anglais (USA) par Pierre Demarty.

Un bon divertissement

Il me reste un peu de temps avant d’attaquer bille en tête les romans de la rentrée, l’occasion de repêcher cette série noire oubliée au printemps dernier : Avant de la retrouver de Michael Kardos.

Kardos2006, Mélanie Denison va avoir 18 ans et est enceinte. Elle décide alors d’arrêter de se cacher. Quinze ans auparavant, elle s’appelait Meg Miller et vivait avec son père Ramsey et sa mère Allison. Le 22 septembre 1991, Ramsey organise une fête de quartier durant laquelle il joue avec son groupe de rock, puis, sans raison apparente assassine sa femme et disparait. Meg est également portée disparue.

Depuis elle vit cachée avec son oncle et sa tante, profitant d’un programme de protection, dans la terreur de voir son père réapparaître. Et c’est maintenant qu’elle décide d’arrêter de fuir et de revenir sur les lieux du drame pour trouver son père … Avant que ce ne soit lui qui la retrouve.

Quant à moi, je ne trouve pas grand-chose à dire sur ce second roman de Michael Kardos. Sinon répéter ce que j’avais écrit pour le premier Une affaire de trois jours. Pas le roman de l’année, mais un polar bien construit, avec ce qu’il faut de coups de théâtres pour faire passer un bon moment de lecture.

On suit, au gré des allers retours entre 1991 et 2006, les progressions de la quête de la jeune femme, et de la dernière journée fatidique de la famille. L’auteur a suffisamment de savoir-faire pour que le lecteur n’ait que quelques pages d’avance sur elle, soupçonnant les retournements juste avant qu’elle ne s’en rende compte (du moins cela a été le cas pour moi). Donc il nous donne l’impression d’être malins, sans nous ennuyer à suivre un événement qu’on a deviné depuis  longtemps.

Habile, bien fichu, ni plus ni moins. Parfait pour une fin de vacances.

Michael Kardos / Avant de la retrouver (Before he finds her, 2015), série Noire (2017), traduit de l’anglais (USA) par Sébastien Guillot.

Ron Rash pour une rentrée réussie

Un premier roman de la rentrée, pour démarrer en douceur avec un grand monsieur : Par le vent pleuré de Ron Rash.

RashUne petite ville de province perdue aux US de nos jours. La dernière crue de la rivière révèle des ossements. Ceux d’une jeune fille disparue à l’automne 1969. Ligeia, 17 ans, envoyée par des parents dépassés chez son oncle très religieux. Ligeia qui a déjà vécu l’été hippie et qui, dans cette communauté où les nouveautés mettront un an à arriver tombe sur deux frères, Bill et Eugene, élevés par leur mère et leur grand-père tyrannique, médecin influent de la ville.

Bill l’ainé réussit tout, il sera un grand chirurgien, Eugene est laissé de côté par le grand-père qui l’ignore. Les deux vont tomber amoureux de Ligeia, jusqu’à sa disparition en octobre. 50 ans plus tard, l’enquête pourrait révéler des secrets enfouis depuis cet automne 69.

Je ne sais pas si c’est la première fois qu’on peut faire un parallèle entre un roman de Ron Rash et ceux de Thomas Cook, mais cette fois ça m’a frappé de plein fouet. Si je l’avais lu sans en connaître l’auteur, j’aurais pu parier que le grand Cook en était l’auteur (ce qui n’est pas un critique, bien au contraire).

En y réfléchissant, on trouve des parentés entre ces deux auteurs. Ils parlent de traumatismes du passé, d’affaires de familles, de petites villes ou de petites communautés refermées sur elles-mêmes. Mais jamais la ressemblance ne m’avait sauté aux yeux comme cette fois.

Peut-être parce que ce roman est moins âpre que ceux que j’avais lus avant, parce qu’il évoque, dans une coloration sépia, des moments heureux, une innocence perdue. Parce que les allers retours en présent et passé sont imbriqués comme ceux de Cook …

Quelles que soient les raisons, c’est un superbe roman, poignant, émouvant qui remet en lumière une époque révolue où les évolutions de la société pouvaient mettre des mois à atteindre certains coins d’Amérique. Avec un personnage féminin inoubliable à la baby doll, à la fois femme fatale et victime, émouvante et manipulatrice, et l’éternelle confrontation entre deux frères, avec sa violence, ses non-dits, mais également ses souvenirs de complicité passée et sa tendresse.

Une bien belle façon d’attaquer la rentrée de septembre.

Ron Rash / Par le vent pleuré (The risen, 2016), Seuil (2017), traduit de l’anglais (USA) par Isabelle Reinharez.

Au cœur du fascisme des années de plomb

Un pavé que j’avais gardé en attente des vacances. Les noirs et les rouges de l’italien Alberto Garlini.

Garlini1968, Rome, à l’université les rouges et les noirs s’affrontent de façon violente. Dans le camps des fascistes, Stefano Guerra, jeune homme qui brûle de rage, originaire d’Udine, dans le nord du pays. Lors des heurts, il tue par erreur un jeune communiste. Sauvé par des cadres d’extrême droite, il est repéré pour sa violence, et utilisé par les différents groupuscules.

Manipulé, par les uns et les autres, il va se perdre complètement alors que derrière toutes les révoltes, les services secrets italiens jouent un jeu trouble et dangereux. Mue par une colère aveugle, Stefano Guerra ira jusqu’au bout de sa rage et de sa violence.

Ces derniers temps je vous avais proposé des lectures plaisantes, parfois drôles, toujours réjouissantes. Là changement de décor et de ton, on plonge, tête la première, dans plus de 900 pages de haine, de bêtise, de saloperie et de violence.

L’auteur nous emmène au cœur de ces années de plomb que nous connaissons si mal ici, si ce n’est au travers de telle ou telle figure charismatique (de gauche), mais cette fois on est en plein milieu des différents groupes d’extrême droite. Théories délirantes et haineuses, manipulations en tous genres, trafics avec les truands, admiration du Duce et des SS … Et jouets de tout cela, le groupe de Stefano, des jeunes hommes enragés, voulant autant se détruire eux-mêmes que détruire tout ce qui les entoure.

Là où l’auteur est très fort, c’est qu’il nous met dans la tête de Guerra, sans l’excuser si l’accuser, nous montrant juste comment il en arrive où il est, comment certains se servent de lui, alimentent sa paranoïa, sa violence et sa colère. Et paradoxalement, peu à peu, même s’il s’en défend, le lecteur en vient à ressentir une certaine proximité pour ne pas dire une certaine tendresse pour le jeune homme, et cela, bien entendu, sans jamais épouser ses idées.

C’est certainement là qu’est le tour de force de l’auteur, dans cette façon de décrire un fasciste convaincu, sans jamais lui donner raison, mais sans jamais en faire un monstre ni lui nier son humanité. Montrant même, lors de quelques moments lumineux, l’homme qu’il aurait pu devenir dans d’autres circonstances.

Un roman dense, exigeant et passionnant.

Alberto Garlini / Les noirs et les rouges (La legge dell’ odio, 2012), Folio/Policier (2017), traduit de l’italien par Vincent Raynaud.

87° District, le début de l’intégrale

Cela faisait longtemps que j’en avais envie, et que je ne m’y mettais que peu à peu, dans le désordre. Les vacances ont été l’occasion d’installer un peu de méthode dans la chose. J’ai récupéré tous les 87° district du génialissime Ed McBain, et je les attaque dans l’ordre, depuis le premier.

Je vous tiendrai au courant, et peut-être vous donnerai envie, petit à petit. Là j’ai lu les cinq premiers, à savoir : Du balai !, Le sonneur, Le fourgue, Faites-moi confiance, Victime au choix.

McBain 01Isola, création littéraire d’Ed McBain, un quartier d’une très grande ville, de La grande ville, copie bien évidemment de Manhattan. Une création qui évite à l’auteur de se tenir au courant des changements de districts, de nomination au sein de l’administration et des forces de l’ordre, mais qui, ces détails sans intérêts mis à part, est Manhattan.

Dans cette ville des flics maintiennent l’ordre comme ils peuvent. Et parmi ces flics un groupe, ceux du 87° district. Un quartier proche des quartiers riches, mais un quartier violent, agité.

Au départ aucun héros, juste des flics : Steve Carella, d’origine italienne, qui va très vite épouser une très belle brune, Teddy, sourde-muette dont il est follement amoureux. Meyer Meyer, juif au nom ridicule, conséquence de l’humour particulier de son père, patient, imperturbable, chauve à trente ans. Arthur Brown, grand, costaud, noir. Le lieutenant Peter Byrnes qui dirige la brigade … Et Bert Kling, agent de ville, le petit jeune qui va rapidement intégrer l’équipe avec d’autres …

Au départ ils devaient tous être à égalité, sans personnage principal, au point que dans le volume 3 Ed McBain avait l’intention de tuer Steve Carella. Mais il dut se rendre à l’évidence, certains de ses personnages, même s’ils ne sont pas présents dans tous les volumes (comme le volume 2 où Steve est en voyage de noce) devaient être immortels.

McBain 02On va donc suivre plusieurs enquêtes? Certaines relèvent de l’intime, des drames passionnels, des vengeances. D’autres vont mettre en avant tel ou tel sujet : les gangs de jeunes qui commencent à inquiéter la bonne société américaine dans ces années cinquante, le solitude dans la grande ville, les violences faites aux femmes, les flics ripoux, le chantage … On va connaître les problèmes d’une vie de flic, les répartitions de vacances, le danger, la peur de celles qui restent à la maison. On va avoir une radiographie de la société américaine entre 1956 et 1958.

Tout cela c’est ce à quoi on pense quand on a refermé les bouquins. Mais pendant la lecture, on est complètement embarqués par l’écriture géniale de l’auteur. Son sens du rythme et du tempo, sa façon de jouer avec le lecteur pour faire monter le suspense.

Le final de Faites-moi confiance est un exemple magistral de ce talent : Tout d’abord, nous sommes dans les années cinquante, pas de téléphones portables, pas de bippers ! Tout le suspense tient dans la façon jouissive dont McBain chorégraphie les ratés entre différents personnages qui n’arrivent pas à se joindre et donc retardent, jusqu’à la dernière seconde, la transmission de l’information qui permettra d’arrêter le tueur. Et tout cela, bien entendu, alors que deux personnes sont en danger de mort. Du grand art.

Du grand art aussi ses dialogues fantastiques, qu’il s’agisse d’interrogatoires ou d’échanges de vannes entre flics. Et un sens de l’humour fin, subtil, qui fait mouche à chaque fois.

La géniale mise en place de la fine équipe. A lire, absolument, pour tout amateur de polars. Mais attention, les 87° districts, c’est comme les pistaches. On en lit un, on se dit qu’on va arrêter, mais on a ouvert le suivant sans même s’en rendre compte.

Ed McBain / 87° District volumes 1 à 5 :

(1) Du balai ! (Cop hater, 1956), traduit de l’anglais (USA) par Jacques Chabolet et Raoul Amblard.

(2) Le sonneur (The mugger, 1956), traduit de l’anglais (USA) par Jean Rosenthal.

(3) Le fourgue (The Pusher, 1956), traduit de l’anglais (USA) par Henri Robillot.

(4) Faites-moi confiance (The con man, 1957), traduit de l’anglais (USA) par Louis Saurin.

(5) Victime au choix (The killer’s choice, 1958), traduit de l’anglais (USA) par Louis Saurin.

100% énergie

On continue avec les lectures de vacances avec cet OVNI conseillé par Kti de Bédéciné et Damien, le collègue coupable de me faire lire de la bonne SF. C’est complètement déjanté et réjouissant, c’est Le club des punks contre l’apocalypse zombie de Karim Berrouka. Tout est dit dans le titre !

BerroukaAu squat du Collectif 25, ce matin là (enfin, matin, c’est une façon de parler), on se réveille avec l’impression que l’on n’est pas descendu d’un mauvais trip. Deuspi et Fonsdé, Eva et Kropotkine ne comprennent pas bien ce qu’ils voient à l’extérieur. Les bobos du quartier ont de sales gueules, la bave aux lèvres, la mâchoire pendante et l’œil vide. Et ils se précipitent sur tout ce qui bouge pour le boulotter …

C’est Mange-poubelle qui, en rejoignant le squat couvert de viscères qui les met au jus : la population parisienne a été transformée en zombies mangeurs de cervelles. Pour une fois sa culture d’amateur de films de série B (voire Z) va peut-être servir à quelque chose. Deupsi et Fonsdé y voient l’occasion de multiplier les conneries, et Eva et Kropotkine celle de faire enfin tomber la capitalisme aliénant.

Tout ce qu’on peut dire, c’est que ça va saigner et que le monde ne sera plus jamais le même.

Bon, je ne vais pas prétendre que c’est fin et subtil. Mais quelle putain d’énergie ! Je me suis régalé, je me suis amusé, même si je ne suis pas amateur de musique punk, et même si je trouve que le roman aurait sans doute gagné à être un poil ramassé pour éviter quelques longueurs au milieu.

Mais pour le reste, le pied. Une saine, très saine colère. Des personnages qui emportent tout par leur énergie, leur rogne ou leur bêtise. Des patrons du MEDEF qui morflent, des cons qui sont appelés des cons, du gore rigolo, des zombies qui dansent, de l’énergie, de l’énergie, de l’énergie.

Un grand vrai bon moment de bonheur, pas très raffiné mais pas con et très jouissif.

Karim Berrouka / Le club des punks contre l’apocalypse zombie, ActuSF (2016).

Après Adamsberg, Montalbano

J’y faisais allusion dans le papier précédent, le plaisir du lecteur de polar moyen passe aussi par les retrouvailles avec des potes personnages. Et quel meilleur ami que l’irascible Salvo Montalbano du génial Andrea Camilleri ? Que voici dans : Une voix dans l’ombre.

CamilleriJournée pourrie à Vigata. Montalbano fait mettre à l’ombre une jeune con excité qui l’a bêtement insulté et agressé dans sa voiture. Manque de chance, c’est le fils du Président de la province. Que son avocat fait rapidement ressortir de prison. Un peu plus tard, appelé pour interroger le gérant d’un supermarché qui s’est fait cambrioler, Salvo et Mimi son adjoint tombent sur un homme au bord de l’hystérie qui les accuse de le torturer pendant l’interrogatoire. Peut-être parce que le supermarché appartient en réalité à une famille influente de la mafia, soutenue par le député local … Bref en une journée, Salvo s’est mis à dos les deux politiques les plus influents du coin, et donc le Questeur et la télévision aux ordres. Ce qui explique que, lorsque le cadavre de la fiancée de l’excité est retrouvé, charcuté chez lui, Montalbano hésite à s’en mêler. Mais il n’en a pas fini avec une classe politique totalement corrompue.

Comme pour Fred Vargas, oui c’est toujours du Camilleri, oui c’est toujours du Montalbano, oui c’est toujours Vigata. So what ?

Pour commencer j’ai éclaté de rire plusieurs fois, m’attirant les regards curieux de mon fils qui n’a pas l’habitude que je rigole avec mes bouquins. Lors des engueulades avec Livia, lors des dialogues avec Catarella, plus un ou deux autres occasions. Et un bouquin qui vous fait éclater de rire est un bouquin précieux.

Aux plaisirs habituels (humour, description de plats, enquête), s’ajoute ici la description au vitriol d’une classe politique totalement pourrie, d’une presse qui lui lèche les bottes (pour ne pas dire autre chose), et d’un public totalement amorphe, content d’être décérébré par une télévision imbécile. On rit donc un peu jaune. Mais c’est si bon. Vivement le prochain.

Andrea Camilleri / Une voix dans l’ombre (Una voce di notte, 2012), Fleuve noir (2017), traduit de l’italien par Serge Quadruppani.