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Un Montalbano, pour le moral

Je ne comprends plus très bien le rythme de sortie de Montalbano, mais un roman du maestro Andrea Camilleri fait toujours du bien. Une lame de lumière ne déroge pas à cette règle.

camilleriLa vie n’est pas simple pour Salvo Montalbano. A peine remis d’un rêve qui pourrait s’avérer prémonitoire, il doit affronter les explications confuses (forcément confuses) d’un Catarella en grand forme : Un vol qui en est un, sans en être un. Sans compter une cabane en pleine campagne à laquelle on a ajouté une porte !

Pour encore lui compliquer la vie, il tombe raide amoureux d’une belle galeriste et continue à s’engueuler par téléphone avec l’éternelle Livia. Pas simple vous disais-je.

Encore et toujours un grand plaisir de lecture grâce à Camilleri et Montalbano. On rit toujours autant (mon premier éclat de rire est intervenu avant la fin du premier chapitre), on prend plaisir à partager les repas de Salvo (on aimerait même les partager vraiment), le maestro n’épargne pas les puissants et ses coups de griffes sont toujours aussi précis et acérés.

Ce qui différencie cet épisode des autres c’est une façon douloureuse de revenir sur un des Montalbano les plus émouvants, un des premiers. Mais je en vous en dirai pas plus pour vous laisser le plaisir su suspense et de la découverte.

Sinon, retrouver la bande, c’est comme se retrouver avec une bande d’amis qu’on ne voit pas très souvent mais avec lesquels, dès la première minute, on se sent bien et on a l’impression de ne s’être jamais quittés.

A lire donc, comme d’habitude.

Andrea Camilleri / Une lame de lumière (Una lama di luce, 2012), Fleuve Noir (2016), traduit de l’italien par Serge Quadruppani.

Et c’est pourquoi Camilleri est grand

Un début d’année ne serait pas réussi s’il n’avait pas son aventure du commissaire Montalbano. Le démarrage 2016 est réussi, voici, Jeu de miroirs d’Andrea Camilleri.

CamilleriJe ne sais pas si vous avez remarqué, mais en vieillissant le commissaire Montalbano, outre qu’il parle avec son double imaginaire, semble devenir de plus en plus sensible au charme des belles (et même très belles) femmes qui l’entourent. Or il se trouve que dans la maison voisine de la sienne vient d’aménager un couple : monsieur voyage beaucoup, et madame, la trentaine rayonnante … ne semble pas insensible à son charme.

Ceci dit, ce n’est pas parce que Salvo vieillit qu’il devient gâteux, et il s’aperçoit vite que la belle Liliana le balade et semble prendre un grand soin à montrer à tous à Vigata comme elle est proche du fameux commissaire. La dite Liliana lui cache d’ailleurs pas mal de choses, qui pourraient, peu à peu, devenir sinistres. Quant à trouver le rapport entre les manigances de sa voisine et ces bombes qui explosent devant des magasins vides …

Il faudra toute l’habileté et l’intelligence de Salvo et de son équipe (y compris l’inénarrable Catarella) pour démêler ce sac de nœuds.

Voilà qui pose une question intéressante : Pourquoi ai-je l’impression que Zack, lu avant ce roman, est « juste » une bonne série B, et ce Jeu de miroirs quelque chose de plus ? Les deux ont une bonne intrigue, des personnages principaux et secondaires qui existent aussi en dehors de leur rôle narratif, les deux se servent du polar pour décrire la situation de leur pays … Et pourtant, Salvo fait partie de ma famille, il me tarde déjà de le retrouver l’an prochain, et pas Zack.

La réponse tarte à la crème est « le talent ». Et c’est sans doute vrai. Mais c’est un peu court.

Ce qui me plait énormément chez Camilleri, et qui me fait penser au grand Westlake dans sa série Dormunder, ou à certains Prachett, c’est le jeu avec son lecteur, la confiance qu’il lui fait et sa façon de l’interpeler, de lui montrer qu’il sait qu’il a compris, même si tout n’est pas dit : Exemple ici, on rigole juste quand on sait que Salvo appelle sa douce fiancée le soir, l’auteur n’a même plus besoin de décrire l’engueulade. Autre exemple dans un autre domaine, pour parler de la collusion entre la classe politique et la mafia, deux phrases de description d’un avocat véreux sont suffisantes, pas de discours, pas de démonstration, Camilleri fait confiance à son lecteur, il a compris. C’est léger, fin et efficace.

En plus on rigole. L’auteur joue beaucoup sur le ressort du comique de répétition, mais aussi sur l’attente : on sait, quand il est convoqué par le questeur qu’on va se marrer, on rit par anticipation … Et on n’est pas déçu.

Et puis cette fausse impression de facilité … Tout semble couler de source, Montalbano doute, se met en rogne, mange, digère, est sensible au charme des belles, Catarella fait du Catarella, on rit souvent, on s’émeut parfois, et mine de rien une intrigue plus compliquée qu’elle n’en a l’air se met en place et on a le portrait d’un pays complexe, avec des mafieux omniprésents, des politiques ripoux mais aussi quelques personnes discrètes mais courageuses et dignes.

Et tout cela parait si simple. Cela doit être le talent … Vivement le prochain.

Andrea Camilleri / Jeu de miroirs (Il gioco degli specchi, 2011), Fleuve Noir (2016), traduit de l’italien par Serge Quadruppani.

Le sourire d’Angelica

Après un hiver russe un peu pesant, j’avais besoin de fantaisie, de légèreté et d’humour. Ça tombe bien, voici le dernier Andrea Camilleri traduit : Le sourire d’Angelica.

CamilleriPersonne n’est disponible au commissariat de Vigata : Mimi est congédié (comprenez en congé en catarellien), Fazio est allé sur les lieux d’une bagarre, c’est donc Salvo Montalbano en personne qui va s’occuper d’un vol. Mais un vol pas banal : Alors qu’ils dormaient, un peu comateux après une fête très arrosée dans leur maison de campagne, un couple c’est fait gazer (histoire d’être sûr qu’ils ne s’aréveilleraient pas, et tant pis pour le mal de tête), les voleurs ont pris ce qu’il y avait à prendre sur place, plus les clés de leur maison à Vigata et sont allés ensuite vider la résidence principale.

Deux jours plus tard, même chose avec, cette fois, un autre notable de Vigata volé lui dans sa garçonnière (avant de faire main basse sur la résidence principale). Chose étonnante, les victimes font partie d’un groupe d’amis. Puis c’est au tour d’une certaine Angelica … Angelica, personnification des rêves et des fantasmes du jeune Salvo, qui va le rendre gâteux, amoureux comme un collégien, et furieux de l’être.

Ce qui n’arrange ni son enquête, ni ses relations avec Livia qui sont … Qui sont comme d’habitude.

Autant le dire tout de suite, j’ai trouvé que ce n’était pas le meilleur Montalbano. Il y a par moment quelques coups de mou, j’ai trouvé le rythme moins soutenu … Mais c’est aussi parce que je compare à toute la série des précédents qui étaient assez exceptionnels.

Et ceci dit, pas le meilleur, mais cela n’empêche qu’on éclate de rire dès le premier chapitre, qu’on est enchanté de retrouver toute la bande de flics de Vigata, que les colères de Salvo et la grammaire très personnelle de Catarella restent un enchantement, que la cuisine sicilienne est toujours aussi alléchante quand elle est décrite par Camilleri, qu’Angelica est ensorcelante, que l’hypocrisie de la bonne bourgeoisie sicilienne est impitoyablement croquée, que les inventions de Salvo face au questeur sont géniales … Bref, ça reste un régal.

Voilà qui m’a remis de bonne humeur, d’attaque pour la suite de la rentrée polar.

Andrea Camilleri / Le sourire d’Angelica (il sorriso di Angelica, 2010), Fleuve Noir (2015), traduit de l’italien par Serge Quadruppani.

Un Camilleri sec et noir.

On est gâtés en ce début d’année, on a deux nouveaux romans d’Andrea Camilleri. Après le Montalbano traditionnel, voici un court roman très différent : Le toutamoi.

Camilleri-Toutamoi_2366Arianna est sublime, mais ce n’est pas une lumière. Elle a épousé Giulio, vieux, richissime et impuissant. Mais Giulio est aussi lucide. Pour ne pas devenir la risée de tous, il organise la chose : Toutes les semaines, sur une plage tenue par un individu un poil louche, Arianna peut choisir l’étalon qui la satisfera, mais à une condition : Chacun n’aura droit qu’à deux nuits.

Tout cela marche bien, Giulio s’occupe de ses affaires, Arianna s’occupe d’elle et uniquement d’elle, jusqu’à l’apparition d’un petit jeune, Mario qui va devenir fou amoureux de la belle, et vouloir transgresser la règle des deux nuits …

Très court roman, moins de 150 pages, qui va nous immerger dans la folie sans qu’on s’en rende tout de suite compte.

On ne rit pas du tout, on n’est pas en Sicile (ou plutôt, on y est peut-être, mais rien n’indique une localisation précise, sinon qu’on est près de la plage). C’est très centré sur Arianna dont le portrait va se préciser peu à peu. Quant aux autres, ils n’ont d’existence que dans la mesure où ils sont en contact avec elle. Cohérence totale du récit autour d’un personnage égocentrique jusqu’à la pathologie.

Un beau petit bijou vénéneux, dont on sent bien qu’il va mal finir, mais qui réserve une sacrée surprise sur le « comment » il finit mal. A découvrir.

Andrea Camilleri / Le toutamoi (Il tuttomio, 2013), Métailié/Noir (2015), traduit de l’italien par Serge Quadruppani.

Contre la connerie et les larmes : Andrea Camilleri.

Est-ce que j’ai envie de continuer à lire et à publier ici. Ou est-ce que je me roule en boule dans mon terrier ? Est-ce que j’ai envie de dire qu’un auteur m’a fait éclater de rire, comme tous les ans à cette époque ? Pas trop. Mais merde, je suis certain que les chiens galeux (comme les a appelé Sophie Aram sur France Inter) n’auraient pas, mais alors pas du tout, aimé Camilleri, et ce n’est pas ces abrutis analphabètes qui vont m’empêcher de lire, et de faire lire. Donc pendant le deuil, les affaires continuent.

CamilleriC’est depuis quelques années une excellente tradition, un des premiers romans à sortir en janvier est le nouveau Montalbano, commissaire fétiche de l’immense Andrea Camilleri. Cette année c’est La chasse au trésor.

Deux vieux bigots (tient, tient …), un frère et une sœur bien connus de Vigata semblent sur le point de péter les plombs : Ils ont accumulé les pancartes appelant les infidèles au repentir. Salvo Montalbano qui s’ennuie ferme décide d’aller leur demander de les enlever. Il est accueilli par des coups de feu. Quand ses hommes réussissent à rentrer dans l’appartement, ils trouvent tous les stigmates de la folie : des dizaines de crucifix et de madones et … une poupée gonflable en piteux état, à moitié déglinguée et rafistolée de rustines de partout.

Pas de quoi fouetter un chat. Mais quelques jours plus tard, dans un conteneur, une poupée en tout point semblable est retrouvée. Et chez lui, Salvo reçoit une lettre l’invitant à un curieux jeu de piste. Toujours pas de quoi fouetter un chat, mais Montalbano sent comme une sale odeur derrière tout ça …

J’ai lu ce roman juste avant cette effroyable journée. Et il m’a fait hurler de rire, du moins dans sa première partie. Les déconvenues de Salvo avec les deux poupées gonflables, les échanges avec Livia sont dignes des plus grands burlesques du cinéma. Et puis que voulez-vous, je suis bon public. Et avec Camilleri je suis TRES bon public. J’adore lire cette explication de Catarella (car oui, Catarella a des explications) à la baisse des vols à Vigata :

« Les voleurs, ceux de chez nous, ceux qui volent dans les maisons des pauvres gens ou dans les sacs des femmes, ils ont honte.

– Et de quoi ?

– Ils ont honte devant leurs collègues plus gros. Les industriels qui envoient à la faillite l’entreprise après avoir fait disparaître l’argent des épargnants, les banques qui trouvent le moyen de baiser les clients, les grandes entreprises qui volent l’argent public. Alors qu’eux, peuchère, ils doivent se contenter de dix euros, d’une télévision pourrie, d’un ordinateur qui ne marche pas … Ils ont la honte et ça leur fait passer l’envie. »

Et des échanges comme celui-ci, alors que Salvo examine des poupées gonflables à la loupe :

« Au bout d’un moment qu’il besognait, il entendit la voix de Mimi venir de la porte :

– Vous avez compris quelque chose Holmes ?

– Oui !

– A savoir ?

– Elémentaire, mon cher Watson. J’ai compris que vous êtes un con, rétorqua le commissaire en allant s’assoir derrière le bureau. »

Ajoutez le comique de répétition avec l’inimitable Catarella, la mauvaise humeur de Salvo, ses échanges avec le Questeur … Bref, je me suis beaucoup amusé, vraiment.

Puis il y a le final, lu, malgré tout, le 7 au soir. Un final qui n’est plus du tout drôle. Un final sur la folie et la bêtise, même si ici elles ne sont pas religieuses.

On ne va rien lâcher, on va continuer à rire et à s’indigner avec Andrea Camilleri, en espérant que ça dure le plus longtemps possible.

La suite dans quelques jours, parce que ces derniers jours je n’ai pas lu grand chose, à part le fil des infos ici et là.

Andrea Camilleri / La chasse au trésor (La caccia al tesoro, 2010), Fleuve Noir (2014), traduit de l’italien par Serge Quadruppani.

La mouette version Camilleri

Si vous êtes un habitué de ce blog, vous le savez, en janvier outre la nouvelle année, il y a le Camilleri nouveau. Et quelle meilleure façon de commencer l’année que d’aller au soleil de Sicile avec le maestro de Vigata ? Le cru 2014 s’appelle La danse de la mouette.

CamilleriSalvo Montalbano a prévu de prendre quelques jours de vacances avec Livia, sa copine génoise qui vient de le rejoindre à Vigata. Promis juré, il file au commissariat signer quelques papiers et à 16h00 dernier délai il est de retour, valises prêtes pour un petit voyage en amoureux. C’est alors que la femme de son adjoint Fazio vient le voir inquiète : son mari n’est pas rentré, depuis la veille au soir. Il était sorti appelé par le Dottore en personne. Panique à bord, Salvo n’a pas appelé son adjoint la veille ! Il invente un mensonge, se met dans un sacré embarras, mais surtout commence à paniquer. Fazio est sérieux et s’il a disparu, c’est qu’il a de graves, très graves ennuis.

Et c’est comme ça que ce bon Montalbano oublia complètement Livia qui l’attendait chez lui …

« Vivement janvier 2014 pour le prochain. » écrivis-je pirsonellement en pirsonne l’an dernier. Ben voilà, on y est et c’est toujours aussi bon.

Une fois de plus ma fille m’a regardé avec de grands yeux, peu habituée qu’elle est à me voir (et m’entendre), m’esclaffer bruyamment à la lecture de mes polars. Et là, j’avais déjà éclaté de rire plusieurs fois avant la fin du premier chapitre. Et noté soigneusement cette proposition montalbanesque pour changer le premier article de la constitution italienne : « L’Italie est une République fondée sur le trafic de drogue, le retard systématique et le bavardage dans le vide », article qui, soit-dit en passant, doit pouvoir être adapté, sans en changer grand-chose, et surtout pas la dernière partie, à notre beau pays …

Ceci mis à part, les dialogues sont surréalistes avec une maîtrise époustouflante du quiproquo, les relations entre Salvo et son entourage (Catarella bien entendu, mais aussi le questeur et son adjoint, ou le médecin légiste) sont autant d’occasion de nous faire éclater de rire et Andrea Camilleri joue merveilleusement avec le lecteur et sa connaissance de la série (en un mot il sous-entend qu’il sait que nous sommes intelligents, ce qui fait toujours plaisir).

En filigrane, le portrait sans pitié d’un pays pourri par l’affairisme et la corruption, mais également les portraits très humains et tendres (même si parfois sa tendresse est un poil rugueuse) de ses habitants. Disons de certains de ses habitants.

Et donc : Vivement janvier 2015 pour le prochain.

Andrea Camilleri / La danse de la mouette (La danza del gabbiano, 2009), Fleuve Noir (2014), traduit de l’italien par Serge Quadruppani.

Un Camilleri historique

Après Le bon père, j’avais besoin d’une petite récréation. Et comme je suis prévoyant, j’avais ce qu’il faut sous la main. Un roman historique de l’immense Andrea Camilleri. Le neveu du Négus a parfaitement fait l’affaire.

Camilleri Negus1929. En plein enthousiasme fasciste, alors que l’Italie, sous la direction de son guide éclairé merdouille dans ses relations avec l’Ethiopie et la Somalie, le neveu du Negus en personne débarque à Vigata poursuivre ses études à l’Ecole d’ingénieurs des Mines. Le jeune homme, 19 ans a fort belle prestance et doit être reçu par tous avec les honneurs qui lui sont dus … même s’il est indéniablement noir, ce qui ne va pas sans poser des problèmes aux fascistes les plus convaincus. Problèmes mineurs au regard du chaos que va semer le prince, bien conscient que les autorités locales sont obligées de tout lui passer, et avec le sourire s’il vous plait. Et il faut bien avouer que le bonhomme est un sacré tracassin, et qu’il a un talent indéniable pour foutre le bordel.

Qu’est-ce qu’il a dû s’amuser à écrire ce roman le papa de Montalbano. Je l’imagine, l’œil brillant, le sourire aux lèvres en train d’inventer une de ces missives entre dignitaires de l’Italie fasciste. Lourdes, ridicules, grotesques …

Ceux qui ont assisté à Toulouse polars du sud en octobre dernier se souviennent forcément du show d’Ernesto Mallo expliquant que ce que craignent le plus les dictateurs c’est le rire. Ben là qu’est-ce qu’il prend le Duce, lui et tous ceux qui pourraient avoir des velléités autoritaristes, et se héritiers, sa petite fille et les guignols de la ligue lombarde. Et quel bonheur de lecture !

Une construction virtuose, où le protagoniste principal, le prince donc, n’a jamais la parole, mais où on suit ses frasques au travers des notes de service, échanges de lettres ou conversations de bistro (ou équivalent).

Qu’est-ce qu’ils prennent tous, du plus convaincu, obtus, bas de front, au plus opportuniste et lèche-botte, en passant par tous les intermédiaires. Seul un commissaire, ancêtre de Montalbano, semble garder sa lucidité et sa capacité à raisonner. Ce qui donne lieu, bien évidemment, à quelques sorties réjouissantes.

Pour le plaisir, un brin de rhétorique fasciste à la sauce Camilleri : « Je crois que semblables méfaits sont dignes du pays des Soviets où, comme chacun sait, la misère et la faim contraignent les parents à dévorer leurs nouveau-nés, mais sûrement pas d’une nation comme la nôtre, qui baigne dans la lumière solaire de la civilisation fasciste ! »

Pour ceux qui seraient friands de vérité historique, un petit complément à la fin de l’ouvrage fait la part des choses entre ce que l’auteur a inventé, et ce qui est réel, et se conclut ainsi : « si les faits principaux (….) relèvent de la pure invention, le climat général est authentique – une véritable stupidité collective à mi-chemin entre la farce et la tragédie qui, hélas, marqua toute une époque. »

Andrea Camilleri / Le neveu du Négus (Il nepote del Negus, 2010), Fayard (2013), traduit de l’italien par Dominique Vittoz.