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Le sorceleur / Le dernier vœu

De temps en temps, quand je fatigue, j’ai besoin d’une lecture de pur divertissement. En polar les romans bien couillus et sans trop de finesse de Stephen Hunter peuvent faire l’affaire. En fantasy, ceux de feu David Gemmell étaient parfaits, mais y en a plus. Alors je me suis laissé tenter par le démarrage d’une série, Le sorceleur / Le dernier vœu, du polonais Andrzej Sapkowski, qui justement a gagné le prix David Gemmell si je ne m’abuse. Ça fait très bien l’affaire.

SapkowskiDans un monde médiéval, peuplé de tous les monstres possibles et imaginables (goules, loups garous, elfes, dragons et autres), Geralt de Riv est sorceleur. A savoir qu’il est payé pour éliminer les monstres en question. Entraîné dès l’enfance, il a subi des mutations, maîtrise quelques sorts, excelle à l’épée, mais se retrouve à part de la population humaine, qui le respecte autant qu’elle le craint, voire le hait.

D’autant plus qu’il se laisse la possibilité de décider, en dernier ressort, si la créature qu’on lui demande de supprimer est vraiment un monstre, ou si elle ne l’est qu’aux yeux de ceux qui veulent son élimination. Et parfois les plus monstrueux ne sont pas ceux que l’on pense.

Ce premier volume est en fait un recueil de nouvelles, reliées par un mince fil conducteur. Pour les moins jeunes de ceux qui passent ici, un peu la construction de la série Elric de Michael Moorcock. Ce Geralt serait une sorte de croisement entre Elric et les héros gemmelliens, type Druss ou Waylander. Du premier il a une différence qui le met irrémédiablement à part, des seconds un certain humour, un calme parfois mortel, et une saine méfiance envers toute autorité, réelle ou autoproclamée.

J’ajouterai que dans ce premier volume, outre une façon très appréciable du personnage, de regarder derrière les apparences, j’ai bien aimé la façon dont l’auteur récupère et retourne complètement des contes bien connus des lecteurs, comme la belle et la bête, ou blanche neige. Pour quelqu’un comme moi qui aime bien les écrivains qui s’amuse avec les références et avec leurs lecteurs, c’est très plaisant.

Objectif atteint donc, et si on n’atteint pas la noirceur et le souffle de séries comme La compagnie noire de Glen Cook ou le magistral Trône de fer, j’ai passé un excellent moment de lecture, et j’irai sans aucun doute voir la suite.

Andrzej Sapkowski / Le sorceleur / T1, Le dernier vœu (Ostatnie życzenie, 1993), Bragelonne (2008), traduit du polonais par Laurence Dyèvre.