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Bête noire

Après Lune noire, Anthony Neil Smith prolonge les aventures sanglantes de Billy Lafitte dans Bête noire.

Neil SmithSi vous avez lu le précédent volume vous vous souvenez que Billy Lafitte est un flic plutôt ripoux de Louisiane obligé de s’expatrier dans le Minnesota. Mais là aussi il va faire des dégâts et s’attirer la haine d’un agent du FBI pas forcément très net, Franklin Rome. Ça c’était dans le premier roman.

Franklin un peu mis au placard veut se venger et, pour faire sortir Billy Lafitte de son trou (en l’occurrence un gang de bikers dont il est l’homme de main), et menace son ex épouse. Et ça marche, Billy va enfourcher sa Harley, et ça va recommencer à canarder à tout va sur son passage. Le jeu de massacre peut recommencer.

Lune noire était un bon divertissement pour qui veut des truands aussi cons que chez les Coen, de la castagne et pas de maux de tête. Cette suite tient le cap. Donc si vous avez aimé le premier, vous lirez avec plaisir celui-ci, le même plaisir parfois un peu coupable que l’on éprouve devant une série B bien foutue (mais pourquoi coupable d’abord ?).

Pas le roman de l’année, pas le plus fin du mois, mais un bon travail d’artisan bien burné et sanglant, avec ce qu’il faut de distance et de second degré pour soupçonner que l’auteur ne se prend pas trop au sérieux.

Anthony Neil Smith / Bête noire (Hogdoggin’, 2009), Sonatine (2019), traduit du l’anglais (USA) par Fabrice Pointeau.

Lune noire, un bon divertissement

J’avais envie d’une lecture qui ne me fatigue pas trop, un truc efficace, Lune noire de Anthony Neil Smith semblait tout indiqué. Il a fait l’affaire.

Neil SmithBilly Lafitte était flic à la Nouvelle-Orléans, avant de se faire virer pour corruption après le passage de Katrina. Depuis il est adjoint du shérif (son beau-frère) dans une petite ville du Minnesota. Où il a amené avec lui ses méthodes et sa morale très particulières. Qui cadrent mal avec ce beau-frère, aussi religieux que tout le reste de la famille. Et puis dans le Minnesota c’est plat, il y a de la neige l’hiver et des champs de soja l’été. Bref pas l’idéal pour Billy.

Les vrais ennuis commencent de façon très classique, quand une amie vient lui demander d’aider son copain, visiblement empêtré dans une sale affaire de trafic de drogue. Faire un peu peur à de petits trafiquants locaux, facile pour Billy Lafitte qui en a dressé de plus rudes. Sauf que les petits trafiquants se révèlent être d’un toute autre nature …

Oubliez tout de suite la quatrième qui parle de Jim Thompson et James Crumley, la référence est peu judicieuse et surtout le costume trop grand. Pensez plutôt, ne serait-ce qu’à cause du froid et des paysages enneigés à Fargo. Les truands et les flics ici sont aussi bêtes que ceux des frères Coen.

Un polar assez déjanté qui tient ses promesses, sans être le roman de l’année, et finalement, j’ai eu quelques surprises. Je m’attendais à un polar plus classiquement burné. A commencer par le héros qui est un peu plus ripoux et borderline, dans sa morale, que ce à quoi je m’attendais, et plus con aussi. Pas vraiment un stratège, ni un super combattant, juste un bonhomme dur au mal mais pas toujours bien malin, qui rentre dans cette histoire avec ses gros sabots fracasse tout, pas toujours volontairement, et surtout prend beaucoup de coups.

L’histoire réserve quelques surprises et part dans une direction que l’on ne voit pas venir au début, et même si tout n’est pas absolument vraisemblable, on se laisse prendre à ce jeu de massacre. Un bon divertissement, et je lirai sans doute le suivant qui est annoncé pour bientôt.

Anthony Neil Smith / Lune noire (Yellow medecine, 2008), Sonatine (2019), traduit de l’anglais (USA) par Fabrice Pointeau.