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Allende et Pinochet

Dernier cadeau de Noël dont je n’avais pas encore parlé, une BD au titre intrigant : Maudit Allende ! de Jorge González et Olivier Bras.

Allende11 septembre 1973, Salvador Allende est renversé par le coup d’état de Pinochet. Le monde entier s’émeut et pleure. En fait non, pas le monde entier. Le jeune Leo a sept ans, ses parents, chiliens, sont partis travailler dans des mines d’Afrique du Sud avant l’accession d’Allende au pouvoir. Pour eux Pinochet est un héros qui a sauvé le pays de l’horreur communiste.

25 ans plus tard, Leo est à Londres quand Pinochet y est retenu, Baltazar Garzón veut le faire juger pour ses crimes. L’Angleterre et Thatcher vont tout faire pour qu’il puisse rentrer chez lui. L’occasion pour Leo de revenir sur toute l’époque et mettre en doute les convictions familiales.

Pour quelqu’un qui, comme moi, a grandi dans une famille abonnée à L’Humanité et Révolution, qui a vu, à Bayonne, un des premiers concerts des Quilapayun en exil en France, une famille où on écoutait, en plus des chiliens, Paco Ibañez et Jean Ferrat (entre autres), sans oublier d’aller voir Missing au cinéma … Disons que je n’ai pas appris grand-chose.

Mais elle est très belle cette BD. Avec des choix esthétiques passant de la BD classique à de magnifiques aquarelles. Reprenant avec bonheur quelques photos devenues légendaires, sachant aussi bien montrer que suggérer.

Et elle présente l’intérêt de s’approcher au plus près des deux figures mythiques de cette histoire : Salvador Allende, le héros, Augusto Pinochet, le monstre. Qui, vus de près, deviennent des hommes. Des hommes avec un entourage, des hommes qui peuvent avoir, en privé, une attitude et une image différentes de l’image publique.

Elle présente également l’intérêt de décrire l’itinéraire d’un jeune homme qui prend conscience, bien des années après les faits, de l’histoire de son pays. Elle montre comme on est conditionné par ce qu’on a appris plus jeune, mais comment on peut désapprendre, sans forcément se mettre à haïr une famille finalement assez ordinaire.

Et pour ceux qui ne connaissent pas bien cette période, avec assez peu de textes, de très belles images, et une grande variété graphique, vous saurez tout sur l’arrivée d’Allende au pouvoir, sur le coup d’état, sur l’appui du gouvernement et des sociétés privées américains à Pinochet, sur le soutien, jusqu’au bout de la mère Thatcher au dictateur, sur les espoirs et répressions etc …

Une BD belle et passionnante, hautement recommandable pour tous donc.

Olivier Bras (scénario) Jorge González (dessin) Maudit Allende ! Futuropolis (2015).

Du grand journalisme illustré

Encore un beau cadeau de Noël. Celui-là je l’avais repéré sur le site de bibliobs. C’est Cher pays de notre enfance de Benoît Collombat et Etienne Davodeau.

DavodeauLe 3 juillet 1975 le juge François Renaud est assassiné à Lyon. Il enquêtait, entre autres, sur le hold up de l’hôtel des postes de Strasbourg, un butin énorme. Il était sur la piste du SAC, Service d’Action Civique, service d’ordre gaulliste et en même temps repère de truands.

Le 30 octobre 1979, le ministre Robert Boulin se « suicide » dans trente centimètres d’eau. Gaulliste historique, résistant, il avait des dossiers sur le … SAC.

Aucune de ces deux affaires n’a été éclaircie. Les proches des victimes, ceux qui ont enquêté, tous ont été menacés.

Benoît Collombat, journaliste à France Inter n’a jamais lâché ses investigations sur ces deux meurtres. A partir de 2014, Etienne Davodeau va le l’accompagner, et faire un documentaire dessiné reprenant leurs discussions et les différentes interviews des témoins de l’époque.

Une BD documentaire sur les côtés sombres des années 70-80, du RPR, du gaullisme, de la françafrique, un véritable travail de journalisme illustré.

Attention, ce n’est pas Spirou, ce n’est pas la BD qui se lit rapidement en 30 minutes entre le fromage et le dessert (et je n’ai rien contre Spirou). C’est dense, documenté, et absolument passionnant, en même temps que très frustrant. Frustrant de voir une impunité totale, une impunité qui dure plus de 35 ans après les faits.

Le dessin d’Etienne Davodeau suit les rencontres au plus près, arrive à mettre quelques, rares, touches d’humour. Avec une mention spéciale à la superbe couverture, subtile et implacable.

Une BD à lire absolument, pour se faire une idée un peu plus complète du Cher pays de notre enfance, ce pays des droits de l’homme, une idée sur une classe politique donneuse de leçons qui est ici montrée, soit complice, soit impuissante.

A lire au risque d’avoir un peu envie de vomir.

Benoît Collombat (scénario) Etienne Davodeau (scénario et dessin) Cher pays de notre enfance Futuropolis (2015).

Les pépés aiment la castagne

Ca faisait un moment que ces BD me faisaient de l’œil, et un moment que je résistais, bêtement. J’ai profité de Noël pour suggérer quelques cadeaux (en évitant soigneusement les polars !) et me voilà l’heureux possesseur des trois volumes de la série Les vieux fourneaux de Lupano et Cauuet.

VieuxFournaux02Mimile, Antoine et Pierrot, trois copains de toujours, qui ont fait les 400 coups il y a longtemps, très longtemps. Antoine le syndicaliste, Pierrot l’anarchiste, Mimile le voyageur.

Ils se retrouvent à l’occasion de la mort de Lucette, la femme d’Antoine, et ne vont alors plus trop se quitter, imposant leur présence à Sophie, la petite fille d’Antoine, très proche de feu sa grand-mère qui vient de se retirer à la campagne.

VieuxFournaux03La mort de Lucette, les retrouvailles … suscitent des révélations vont faire remonter un passé pas toujours reluisant mais toujours combattif et les trois vieux fourneaux vont montrer, à la campagne et à la ville, qu’ils sont encore capables de chauffer dur. Quitte à exploser de temps en temps.

« Mourir, la belle affaire, mais vieillir … ô vieillir ». Si c’est vieillir comme ces trois zigotos, je signe tout de suite !

Quelle énergie, quelle patate dans ces trois BD et leurs protagonistes. Ils sont enthousiasmants, horripilants, généreux, mesquins, excessifs, puérils, sages … Ils pètent le feu, même quand le coup de barre leur tombe dessus. Et ils ne lâchent jamais. Fidèles à leurs rêves, leurs valeurs, leurs amis et même leurs conneries.

VieuxFournaux01Quel bol d’oxygène que ces BD, quel encouragement à ne jamais céder face aux cons.

Et pourtant, ce ne sont ni des enfants de cœur, et ils n’ont pas de quoi être fiers de tout ce qu’ils ont fait. Mais ils vivent bordel, et ils luttent. Parfois mal, parfois à côté de la plaque, ils peuvent être excessivement pénibles et assez cons, mais ils vivent !

Le scénario a le feu sacré, le dessin est aussi explosif que les papis, un vrai régal.

Merci les Vieux fourneaux pour cette leçon, et vivement le quatrième volume. Puissiez-vous ne jamais passer l’arme à gauche.

Wilfrid Lupano (scénario) Paul Cauuet (dessin) / série Les vieux fourneaux : Ceux qui résistent (T1) Dargaud (2014 ?). Bonny et Pierrot (T2) Dargaud (2014), Celui qui part (T3) Dargaud (2015).

Des Fables délicieuses

C’est terrible, comme Transmetropolitan se termine, j’ai demandé à mon dealer de BD ce qui pourrait me plaire. Il m’a conseillé Fables, scénario de Bill Willingham (dessins de pleins de gens différents). Et ça me plait, et il y en a … 25 !

Fables 01Les personnages de nos fables existent. Il y a bien une Blanche Neige, une Belle et une Bête, un Grand méchant Loup, très grand et très méchant, parce que c’est lui les trois petits cochons, c’est aussi lui le petit chaperon rouge et tous les autres … Et un prince Charmant, charmant, mais pas très fidèle si on en croit le nombre de princesses qu’il a épousées, puis larguées …

Le problème c’est que tout ce monde a été chassé de son (de ses) royaumes, par un ennemi et sa terrible armée, et qu’ils se sont réfugiés dans le seul endroit où l’Ennemi ne peut pas les tuer : chez les communs, nous.

Ceux qui peuvent, parce que leur aspect le permet vivent à Fableville, une ville dans la ville cachée au milieu de New York. Blanche est l’adjointe au maire, une adjointe pas facile. Bigby, le loup, est le shérif, ou commissaire, ou privé. Ceux qui ne peuvent pas se montrer (cochons, dragons, géants etc …) vivent dans une ferme planquée à la campagne.

Fables 03Et même si en arrivant chez les communs, une trêve a été signée, les Fables étant des « hommes » comme les autres, les complots, magouilles, trahisons, meurtres vont recommencer. Dans le premier volume c’est Rose, la sœur de Blanche qui a été massacrée chez elle. On verra dans les volumes suivant comment la révolte gronde dans la ferme, et comment certains en profitent pour essayer d’éliminer Blanche.

Première chose, on n’est pas ici au niveau de puissance de Transmetropolitan, loin s’en faut. Le propos est beaucoup plus léger (au moins dans les trois premiers volumes).

Il n’en est pas moins extrêmement agréable. J’adore quand des auteurs, de roman ou de BD, jouent avec les mythes, les fables, la littérature populaire. J’aime Sandman (beaucoup plus fort quand même), j’aime La ligue des gentlemen extraordinaires, j’aime beaucoup les romans de Neil Gaiman, et si j’en crois le succès chez mes mômes de Percy Jackson qui recycle la mythologie grecque, j’ai transmis le virus.

Et Bill Willingham fait ça très bien, en reprenant les figures connues de tous, en y mettant sa patte (à ce titre Prince Charmant, sale con imbu de lui-même est particulièrement réussi), et en y ajoutant des personnages plus « pointus » (qu’il présente à la fin de chaque volume). Les dessins et découpages sont au diapason, clairs et efficaces, créant un effet très drôle entre le classicisme des beautés légendaires (féminines ou masculines) et leurs caractères plus inattendus (on a déjà parlé de Prince Charmant, Boucle d’or n’est pas mal non plus, et je ne vous parle pas de Pinocchio !)

Le résultat est que je me suis régalé, regrettant juste de ne pas avoir (dans les trois premiers volumes), plus d’interactions entre les Fables et nous autres pauvres communs. Mais il reste plus de 20 albums, pour voir arriver de nouveaux personnages, voir évoluer les relations entre ceux qui nous sont déjà familier, et en apprendre un peu plus sur ce mystérieux agresseur … Du pur plaisir en perspective.

Plaisir partagé par mes deux ados d’enfants qui me tannent pour que je passe en librairie « m’acheter » la suite.

Fables 02

Bill Willingham (scénario) et / Fables Tomes 1 à 3, Vertigo/Urban Comics (2015), traduit de l’anglais par Nicole Duclos.

Spider Jerusalem revient

Remercierai-je un jour assez celui ou celle qui m’a signalé la série Transmetropolitan de Warren Ellis et Darick Robertson ? Non. Même ainsi qu’il ou qu’elle soit assuré(e) de ma gratitude éternelle. Tout ça pour dire que le volume 4 qui reprend cette œuvre géniale est sorti et qu’il déménage.

Ellis TransA la fin de l’année 3, si vous avez tout suivi, Spider Jerusalem, le journaliste allumé, grossier, inconscient et incorruptible c’est fait virer de son journal et de chez lui. Sa guerre contre le nouveau Président (Le Sourire) prend une tournure de plus en plus violente. Le voilà maintenant à la rue (enfin pas tout à fait, car il a des ressources) avec ses deux sordides assistantes. Et lui parti, la présidence contrôle entièrement tous les media.

Croit contrôler tous les media. Parce que Spider trouve le moyen de publier quand même et de révéler les manœuvres les plus pourries du Sourire. La guerre continue donc, de plus en plus violente et crade. Avec une deadline terrible : Spider est malade, et il ne lui reste peut-être plus très longtemps à vivre.

C’est toujours grandiose, teigneux, méchant, drôle, impitoyable et intelligent. Ce quatrième recueil se singularise par ailleurs par sa tonalité plus sombre (si, c’est possible !), plus angoissante avec l’arrivée de la maladie de Spider, et un récit encore plus près de ceux qui souffrent. Les cases consacrés aux malades lâchés dans la rue faute de place dans les institutions psychiatriques sont particulièrement poignantes, tant les deux auteurs arrivent à rendre leurs souffrances sans jamais tomber dans les pleurnicheries (c’est vraiment pas le genre de la maison !)

La rage devant l’impunité des puissants (ici symbolisés par Le Sourire) et la servilité des media vous prend aux tripes, et on en vient à espérer que Spider et ses sordides assistantes se mettent à défourailler à tout va pour se défouler et faire sauter quelques dents et jaillir quelques tripes.

La suite de la bataille promet des moments d’anthologie et pour vous donner une idée de la tonalité du bousin, à son assistante qui lui rappelle qu’il ne lui reste, plus ou moins, qu’une année à vivre, Spider répond : « On a donc une deadline. Les deadlines, on connaît. »

Pas d’auto-apitoiement ici. Tant qu’il y aura des BD comme V pour vendetta ou Transmetropolitan les ₰µµ !!!§§§ qui nous gouvernent avec la complicité baveuses de tous les grands media n’auront pas tout gagné.

Ellis Trans 01

Warren Ellis (scénario) et Darick Robertson (dessin) / Transmetropolitan année 4 (Spider’s trash et Dirge 2000, 2001 et 2005), Vertigo/Urban Comics (2015), traduit de l’anglais par Jérémy Manesse.

Transmetropolitan année 3

Les rééditions de Transmetropolitan, que j’avais découvert grâce aux conseils de certains habitués, continue. Revoici donc le journaliste allumé de Warren Ellis et Darick Robertson de retour dans Transmetropolitan année 3.

Transmetropolitan3Si vous suivez ce blog depuis quelques temps vous connaissez déjà Spider Jerusalem, le journaliste infect amoureux de la Vérité. Spider vit dans le luxe parce que ses articles rapportent beaucoup d’argent au journal. Sinon il est infect, violent, drogué jusqu’à la moelle, misogyne, misanthrope, tordu … Un amour. Mais, mais, il est d’une intégrité totale : Rien ne peut le détourner de la recherche de la Vérité, rien ni personne ne lui fait peur, ni le nouveau Président, encore plus pourri que le précédent, ni les services secrets, ni la police. Quand il décide, avec ses deux « sordides assistantes » de tout dire sur le Sourire, le nouveau Président la guerre est déclarée, et des deux côtés tous les moyens seront bons et il n’y aura pas de prisonniers.

Putain que c’est bon  et jouissifs ! C’est grossier, outrancier, violent, parfois sinistre, scato … Ça pète de partout, ça hurle, ça éructe, le sang gicle, les molaires volent … et c’est bon ! Quelle énergie, quelle vitalité, c’est frénétique … Et c’est intelligent, parfois touchant, très souvent drôle (d’un humour certes très noir).

Bref le pied complet. Et si la réussite est si complète c’est que le dessin sait à merveille épouser la frénésie, l’hyperactivité tout en respectant les rares moments de calme, d’empathie et même, n’ayons pas peur des mots, de poésie.

Warren Ellis (scénario) et Darick Robertson (dessin) / Transmetropolitan année 3 (Lonely city et Gouge away, 1999 et 2000), Vertigo/Urban Comics (2015), traduit de l’anglais par Jérémy Manesse.

La fille de Nemo, de Messieurs Moore et O’Neill

Je suis fan (et je suis loin d’être le seul), des bédés du scénariste anglais Alan Moore. Découvert avec deux de ses chefs-d’œuvre, V pour Vendetta et les Watchmen, j’avais, il fut un temps acheté plus ou moins tout ce qui était disponible, et puis, je me suis un peu perdu. C’est en voyant passer, sur le site de Bédéciné, l’avis de la sortie d’un nouveau volume consacré à la fille de Nemo, de l’univers de la Ligue des gentlemen extraordinaires (autre monument) que j’ai décidé de me mettre un peu à jour. Avec Cœur de glace et Les roses de Berlin où il retrouve son dessinateur Kevin O’Neill.

Moore-Nemo-GlaceS’il y en a qui arrivent ici et qui n’ont jamais lu La ligue des gentlemen extraordinaires, ouste, chez le libraire, à la médiathèque, chez les copains, allez me les récupérer tout de suite (je suis un peu perdu dans les différents volumes, il y en a 3 ou 4). Je n’ai pas vu le film, assez lamentable si j’en crois les critiques, mais les BD sont absolument géniales, mais c’est normal, c’est un scénario de Moore. Pour vous résumer rapidement, sachez qu’il reprend ici les personnages les plus emblématiques de la littérature d’aventure et fantastique de la fin du XIX° et du début du XX°. On trouve parmi ses personnages, l’homme invisible, Mr Hyde, le docteur Moreau, Allan Quatermain, Mina, la première victime de Dracula, Moriarty … et Nemo. Alan Moore les triture à sa sauce, leur fait rejouer la guerre des mondes … entre autres. Et c’et génial.

Nous sommes ici plus tard, bien plus tard Cœur de glace se déroule en 1925 et Les rose de Berlin en 1941.

Moore-Nautilus

Le personnage central en est Janni, la fille de Nemo qui a repris le Nautilus, qui avec Kevin O’Neill génial au dessin est devenu une sorte de vaisseau pirate steampunk complètement kitch. Au début de Cœur de glace, elle semble en avoir assez de la vie de pirate, mais pour une ultime attaque se fait une ennemie redoutable (sorte de reine africaine assez mystérieuse), associée à un magnat de la presse, un certain Kane (citoyen Kane ?) … Va s’ensuivre une course poursuite à travers l’Antartique qui donne lieu à des dessins, des décors et des créatures absolument soufflants. Par contre, j’avoue que je ne suis pas certain d’avoir vraiment suivi les péripéties et que je me suis un peu perdu. Il semble que j’ai raté quelques volumes assez ésotériques et obscurs, avant … J’aurais peut-être arrêté là, mais j’avais déjà acheté …

Moore-Nemo-BerlinLes roses de Berlin. Et là je me suis régalé, comme dans les premiers volumes. L’histoire est simple, très simple. Nous sommes maintenant en 1941. La reine suscitée, qui est rancunière, a juré la perte de Janni. Elle a fait alliance avec le Führer, et accepte de lui livrer un secret qui va changer la face du monde en échange de la capture du Nautilus et de sa capitaine. Pour cela elle capture la fille de Janni et son mari Robur et les détient dans les geôles de Berlin.

Bien entendu, Janni, son mari et tout l’équipage du Nautilus se précipitent à la rescousse, prêts à affronter les hordes nazis, le docteur Mabuse et un robot très Fritz Lang, dans des décors caligariens.

Et alors ? Et alors c’est génial. On retrouve ce plaisir très égoïste de se sentir intelligent quand on reconnait une référence. Plaisir qui redouble immédiatement quand, la BD refermée on se plonge dans ses bouquins ou internet pour vérifier la dite référence. L’histoire est certes simple, mais dans le plus pur style série B. Ca canarde, les répliques fusent, les héros sont de sacrés durs à cuire, les méchants sont horribles et morflent. Et les dessins sont à la hauteur de références cinématographiques qui auraient pu être écrasantes. Un vrai bonheur.

Alan Moore (scénario) et Kevin O’Neill (dessin) / Cœur de glace (Heart of ice, 2013) Panini Comics (2013) traduit de l’anglais par ?, et Les roses de Berlin (Roses of Berlin, 2014) Panini Comics (2015), traduit de l’anglais par Mathieu Auverdun.