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Impact, fin de la trilogie, fin du monde

Voilà une série qui ne risque pas de jouer les prolongations : Impact de Ben H. Winters conclue la trilogie Dernier meurtre avant la fin du monde.

impact_wintersLa fin approche. Cette fois l’astéroïde Maia est à moins d’une semaine de l’impact qui va détruire toute, ou presque toute, la vie sur Terre. Plus rien ne fonctionne, mais Hank Palace, ancien flic d’une petite ville ne renonce pas : Il doit retrouver sa sœur Nico qui est partie avec un groupe d’illuminés qui croient à un complot du gouvernement.

En chemin, et pour ses derniers jours, il va croiser des groupes plus ou moins fous, plus ou moins violents, plus ou moins résignés. Et découvrir enfin ce qui fait courir sa chère sœur, juste à temps.

Beau final pour une trilogie originale qui ose aller au bout du propos. On connait les romans post-apocalyptiques (ils sont d’ailleurs à la mode), je ne connaissais pas avant de lire Ben H. Winters les romans pré-apocalyptiques.

Dans un monde qui s’écroule, le personnage de Hank Palace est de plus en plus émouvant dans son obstination à faire son boulot jusqu’à la dernière minute. Jusqu’au bout il sera intègre, jusqu’au bout il recherchera la vérité en se lamentant de n’avoir pas eu le temps d’apprendre suffisamment pour être un bon flic.

Une façon de vivre en attendant la fin programmée. L’auteur nous en présentera d’autres, qui chacune ne fait d’exacerber les penchants des différents personnages croisés par son héros : certains tenteront de prendre le poids du monde sur leurs épaules, d’autres profiteront des derniers moments, et quelques-uns, comme toujours, voudront manipuler et dominer leurs compagnons.

Un vrai concentré d’humanité en attendant une fin parfaitement réussie par l’auteur. A lire vraiment, dans l’ordre bien entendu !

Ben H. Winters / Impact (World of trouble, 2014), Sonatine (2016), traduit de l’anglais (USA) par Valérie le Plouhinec.

Fin du monde – 77 jours

Je vous avais parlé ici d’un très bon polar-SF pré-post apocalyptique publié chez sonatine. Il s’agissait de Dernier meurtre avant la fin du monde, de Ben H. Winters. Voici donc le deuxième volet de la trilogie : J-77.

WintersComme vous êtes fidèles et attentifs vous vous souvenez bien entendu que la douce Maïa est un énorme astéroïde qui va bientôt s’écraser sur la Terre, anéantissant toute forme de civilisation. L’impact est prévu dans 77 jours, du côté du Pakistan, mais tout le monde va être touché.

Quant à la civilisation, elle commence déjà à battre sérieusement de l’aile. Comme plus personne ne fait son boulot, plus d’électricité, plus aucun service, plus d’école, plus d’hôpitaux, presque plus de police. Et comme dit un personnage, attendez de voir ce qu’il va se passer quand il n’y aura plus d’eau …

Malgré cela, des réfugiés par milliers fuient l’Asie du sud-est, espérant survivre aux US, où nombreux sont ceux qui ne désirent pas, mais alors pas du tout, partager le peu qu’il restera avec ces métèques …

C’est dans cette atmosphère de fin de monde que Hank Palace, qui n’est plus flic puisqu’il n’y a plus de police, envers et contre tout, décide de tenir la promesse faite à son ancienne baby-sitter : retrouver son mari disparu brutalement. Martha en est persuadée, il ne peut être parti que pour une noble cause. Mais reste-t-il des causes nobles dans un monde en totale déliquescence ?

Voilà une suite qui tient les promesses du premier volume, pour une série qui, normalement, ne devrait pas s’éterniser au-delà de la trilogie annoncée ! L’intrigue est classique, mais ce qui compte, comme dans le premier, c’est le contexte.

Benjamin Winters continue à creuser sa situation de départ : Que ce passe-t-il si la fin du monde est connue et inévitable ? Essentiellement, c’est le bordel ! Chacun pour soi, les égoïsmes individuels et collectifs s’exacerbent, chacun s’arme et cherche à assurer sa survie, et éventuellement celle de sa famille, quitte à trucider le voisin, ou quiconque pourrait venir puiser sur ses réserves.

Est-ce bien comme cela que ça se passerait ? On n’en sait rien, et ce n’est pas important. Ce qui est important c’est que c’est comme ça que l’envisage un écrivain américain … Ce qui en dit beaucoup sur sa vision de la société actuelle, avec ou sans astéroïde. Avec aussi quelques lueurs d’espoirs quand même, quelques grands gestes au milieu d’un océan d’égoïstes et de fous plus ou moins illuminés.

Malgré tout, Hank tient à la civilisation, pour laquelle il a une définition personnelle mais intéressante : pour lui, le ciment de la civilisation ce sont les promesses et les paroles tenues. C’est pour ça que, bien qu’il sache que cela ne sert à rien, il s’obstine, malgré tout.

Et comme dans le premier volume, cette question lancinante qui ne quitte pas le coin de mon cerveau : « Qu’est-ce que je ferais à sa place ? ». A bientôt pour la FIN.

Ben H. Winters / J-77 (Countdown city, the last policeman, book II, 2013), Super 8 (2016), traduit de l’anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec.

Le dernier flic ?

Le pari des éditions Super 8, en gros publier des machins dont personne ne veut parce qu’on ne sait pas sur quelle étagère les ranger est plutôt tentant, et pour ce que j’en ai lu jusqu’à présent, assez réussi. C’est encore le cas avec Dernier meurtre avant la fin du monde de Ben H. Winters.

WintersCe coup-ci c’est certain, la fin du monde tel qu’on le connaît est pour bientôt. La faute à 2011GV, rebaptisée Maïa, objet spatial de quelques kilomètres de diamètres qui va venir percuter la Terre dans quelques mois. Chacun réagit a sa façon : part claquer ses économies au soleil, plonge dans la drogue, l’alcool ou le jeu, se suicide … Mais certains comme Hank Palace décident de continuer à faire leur boulot, comme si de rien n’était. Hank est flic, et quand il découvre dans les toilettes d’un McDo un mort qui semble s’être suicidé, il décide de creuser quand même, parce que quelques détails l’embêtent. Et même si c’est la dernière enquête de police du monde, il est bien décidé à la mener à bien.

Voilà un bon polar bâti sur une idée très intéressante.

La trame narrative est classique, l’enquête bien menée, les surprises sont au rendez-vous et toute la mécanique tourne parfaitement. Les personnages sont intéressants, variés, incarnés. On a donc un bon divertissement.

Mais pas seulement, tant l’idée de départ et son exploitation apportent quelque chose de plus. L’auteur a très bien su creuser cette idée de fin du monde annoncée pour souligner certains traits de notre nature de pauvres humains. On retrouve ici les grandeurs et défauts de nos contemporains, exacerbées par l’imminence de la fin. Cette fin qui souligne l’absurdité, la bassesse ou le courage de nos comportements.

Et surtout, le lecteur ne peut s’empêcher de se demander ce qu’il ferait dans un pareil cas … A méditer. Je pisterai la suite, puisque suite il y a.

Ben H. Winters / Dernier meurtre avant la fin du monde (The last policeman, 2012), Super 8 éditions (2015), traduit de l’anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec.

PS. Je ne vous abandonne pas, c’est juste que je me suis permis une récréation un peu longue : les volumes 13, 14 et 15 du Trône de fer, miam !