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Miss Marple chez les porteños

Si je n’avais pas connu Maïté Bernard, et si le roman ne s’était pas déroulé à Buenos Aires, je n’aurais sans doute pas lu Manuel de savoir-vivre en cas de révolution. Et j’aurais eu tort.

Bernard1810, Buenos Aires, vice-royaume du Rio de la Plata. Felicity Jones est spécialiste en savoir-vivre et en bonnes manières. Elle les connaît sur les bouts de doigts, qu’elles soient espagnoles ou anglaises. Cela ne l’empêche pas de crever de froid et de faim avec son petit-fils Felix. Mais même si elle a tout perdu économiquement, elle ne compte pas laisser filer les seules choses qu’il lui reste : son éducation, ses manières et son nom.

Les choses pourraient s’arranger quand elle se trouve chez les Padilla pour une veillée mortuaire. Le corps d’une jeune femme, abattue d’une balle dans la tête se trouve dans la bibliothèque, portes et fenêtres fermées. Et pourtant Felicity est certaine qu’il ne s’agit pas d’un suicide. A la demande de la maîtresse de maison, Felicity et Felix vont s’installer chez Padilla, officiellement pour essayer de donner un vernis d’éducation à la furieuse Luz, seize ans en rébellion contre sa famille, officieusement pour savoir ce qui s’est réellement passé.

Dans un monde en plein bouleversement, où l’Espagne et l’Angleterre se disputent un Rio de la Plata qui commence à se voir libre et indépendant, certains vont apprendre à connaître notre enquêtrice, qui sous des dehors rigides et policés cache un esprit beaucoup plus libre et affuté qu’on ne pourrait le croire.

Délicieux. C’est le premier adjectif qui me vient à l’esprit. Et piquant. Et puis instructif aussi. Et finalement, émouvant. Ca fait pas mal non ?

Maïté Bernard a écrit un « à la manière de ». A la manière d’Agatha, mais avec une miss Marple beaucoup plus intéressante que l’original (du moins que le souvenir que j’ai de l’original). Plus intéressante car plus complexe. Pour le « à la manière de », c’est la façon de mener l’enquête et de réunir tous les coupables potentiels à la fin pour faire surgir la vérité. Comme c’est pleinement assumé, c’est drôle.

Mais là où c’est intéressant, c’est qu’on a un personnage beaucoup moins monolithique qu’on ne pourrait le croire, et que sous des dehors de femme qui accepte et même revendique la place soumise que lui impose la bonne société, Felicity, sans jamais donner l’impression de se révolter, est loin de se laisser marcher sur les pieds, prend les affaires en main, met les hommes à leur place et, comble du comble, essaie d’apprendre à une jeune révoltée qui va droit dans le mur, comment faire de même. Un véritable manuel de savoir-vivre … révolutionnaire.

Tout cela étant raconté de façon fine, et en mettant en avant le rôle primordial de l’éducation et de la lecture comme armes d’émancipation, comment aurais-je pu ne pas adorer ? N’oublions pas l’humour, avec ces magnifiques ouvertures de chapitres qui sont tellement incroyables que je les espère authentiques. Je vous en cite une pour le plaisir :

« En résumé, une jeune fille excentrique, romanesque et instruite ne peut faire une bonne épouse avant un certain âge. Il faudrait un homme d’une patience à toute épreuve ou d’une trempe certaine pour l’amener à apprécier le bonheur de sa véritable place, la seconde. »

Délicieux vous disais-je.

Pour finir, on y apprend beaucoup de choses sur le contexte historique et sociologique des années qui ont précédé les années de guerre d’indépendance de l’Argentine. Et cerise sur le gâteau, un roman qui commence sur le ton de l’humour discret et léger finit avec quelques touches très émouvantes renforcées par la postface où Maïté Bernard explique la genèse du roman.

A lire donc, vous avez le temps, les vacances arrivent !

Maïté Bernard / Manuel de savoir-vivre en cas de révolution, Le passage (2017).

 

Petite déception argentine

Une nouvelle auteur argentine chez Métailié, j’applaudie … Mais j’ai été déçu. C’est Les eaux troubles du Tigre d’Alicia Plante.

planteJulia partage son temps entre le centre-ville de Buenos Aires et sa petite maison du Tigre, cet entrelacs d’îles et de canaux du delta du Paraná, un lieu où les « touristes » de la capitale se croisent avec le iliens qui vivent là toute l’année. Quand un de ces touristes est retrouvé mort auprès de son amie dans la maison qu’ils sont en train de retaper, la police locale conclut immédiatement à un suicide. Pourtant un des amis de Julia lui assure que c’est impossible, que l’homme qu’il avait quitté juste avant sa mort était d’excellente humeur.

Intriguée, Julia décide de faire appel à un de ses amis, le juge Leo Resnick pour tenter de savoir ce qu’il s’est passé. Leurs recherches vont les plonger dans des eaux bien plus troubles que celles du Tigre, celles de la dictature, de l’impunité des coupables et de la corruption de la police.

J’ai donc été déçu. Il manque de la chair à ce roman. Il lui manque des sensations. Rien à dire sur le fond, l’enquête sur les vols d’enfants, le contexte avec ces anciens militaires qui sont toujours là (ou qui sont revenus) et qui ont gardé un certain pouvoir de nuisance (et même un pouvoir de nuisance certain). Rien à dire non plus sur la peinture d’une partie de la société qui ne veut pas savoir, ou qui veut oublier. Tout cela est bien mis en place.

Mais cela, à mon goût, ne fait pas un roman. L’auteur situe une bonne partie de l’action dans le delta du Tigre. Mais n’exploite pas ce qui reste un simple décor. Rien à voir, par exemple, avec le Pô de Varesi qui devient un vrai personnage. Ici on ne vit pas la vie des habitants, on ne se fait pas piquer par les moustiques, on ne se rafraîchit pas en piquant une tête, on ne suit pas le vol d’un oiseau, on ne s’en pas l’odeur des asados, la fraicheur d’une bière …

Et c’est la même chose pour les personnages. L’auteur dit qu’ils aiment ou n’aiment pas, haïssent ou méprisent, mais on ne ressent rien, tout semble concentré sur leur réflexion, leur parcours vers la résolution de l’intrigue.

Au final, j’ai lu le roman sans ennui, comme un essai ou une enquête journalistique, mais également sans émotion, sans sourire, trembler ou m’énerver. Sans non plus me donner envie d’aller canoter sur les canaux du Tigre, me précipiter pour ouvrir une bouteille ou allumer le barbecue, ou de casser la gueule à un ancien militaire … Avec intérêt, mais sans passion ni émotion. Dommage.

Alicia Plante / Les eaux troubles du Tigre (Una mancha más, 2011), Métailié (2016), traduit de l’espagnol (Argentine) par François Gaudry.

Découverte argentine chez Asphalte

Asphalte continue à nous faire découvrir de nouveaux auteurs latino-américains. Le dernier en date : Juan Martini et son Puerto Apache.

MartiniLe Rat n’est rien ni personne. Juste un habitant de Puerto Apache, bidonville du centre ville de Buenos Aires. Juste un rouage de la bande du Pélican, boss de trafics en tous genres. Alors Le Rat ne comprend pas pourquoi ces trois nuls l’ont attaché et sont en train de le tabasser. Eux-mêmes ne semblent pas très bien le savoir. Mais Le Rat est un survivant, il va bien finir par se sortir de ce mauvais pas, et ensuite il cherchera et trouvera qui l’a mis dans une telle merde.

Superbe chronique d’un quartier dont les habitants proclament, en grosses lettres : « Nous sommes un problème du XXI° siècle ».

On pourrait avoir un portrait misérabiliste, une chronique sans tension, ou une peinture trop noire et caricaturale. Rien de tout cela ici.

On a d’abord une vraie histoire, avec des personnages consistants, complexes, qui évoluent en cours de route. Une vraie histoire où les allers retours entre le présent et le passé, remontant à la création de la « villa » sont maîtrisés dans un montage très réussi. Une vraie histoire avec un vrai suspense. Une vraie histoire, certes classique, mais parfaitement racontée.

Et cette histoire dresse effectivement le portrait du bidonville, de ses habitants, de leurs rêves, leurs difficultés, leurs joies, leurs peines, leurs lâchetés, leurs trahisons et leurs gestes héroïques. Des habitants capables de solidarité, de générosité, d’humour, mais aussi des pires saloperies tant il est vrai que la pauvreté et le dénuement peuvent rapprocher, mais rendent souvent méchant et peu regardant sur les moyens de s’en sortir.

Et au travers du portrait de ce bidonville, c’est la ville, le pays, son système économique et politique qui sont dépeints. Ce pays, ses media, et ses politiques corrompus qui ne veulent pas voir que ces habitants sont bien un problème du XXI° siècle.

Vraiment un très bon bouquin, à la fois prenant et profond.

Juan Martini / Puerto Apache (Puerto Apache, 2002), Asphalte (2015), traduit de l’espagnol (Argentine) par Julie Alfonsi et Aurélie Bartolo.

Perro Lascano, 3° épisode

A la lecture de L’aiguille dans la botte de foin, personne n’aurait parié sur la longévité de Perro Lascano, le flic d’Ernesto Mallo. Et pourtant, le revoilà, pour notre plus grand bonheur, dans ce troisième volume : Les hommes t’ont fait du mal.

Mallo-Hommes-MalPerro Lascano est mis à la retraite. Et le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est guère regretté par ses collègues. Dur d’être honnête dans la police argentine … Alors qu’il se morfond dans son appartement, il est contacté par une riche cousine dont il ignorait l’existence : Sa fille avec qui elle avait coupé les ponts est morte, assassinée à Mar del Plata, et elle veut maintenant retrouver sa petite fille, bébé, qui a disparu. Une enquête qui va mener Perro au cœur de la corruption de la classe politique et de la police argentines. Une corruption qui permet aux hommes d’exploiter la misère, et d’exercer leur pouvoir sur les plus faibles : les femmes, pauvres.

Perro Lascano et Ernesto Mallo égaux à eux-mêmes. Une intrigue minimaliste qui sert de prétexte à la peinture d’une société argentine complètement gangrenée par la corruption.

On retrouve la rage de Lascano (qui est celle de son créateur), son indignation, on retrouve des faibles exploités, trompés, tués … ici, comme souvent, les plus faibles sont les femmes pauvres, victimes de pourritures associées au gratin de la police et de la politique.

Ernesto Mallo se fait plaisir (et nous fait plaisir) : quelques-unes des pires pourritures finissent par payer, mais il ne se fait aucune illusion, les vrais commanditaires, ceux qui ont le pouvoir qui compte s’en tirent, et pour quelques pauvres gamines sauvées, tant d’autres tomberont.

Tout cela, par la force d’une écriture sans fioritures, aux ellipses parfaitement maîtrisées et sans jamais tomber dans la démonstration ou la dénonciation militante. Un dialogue entre deux affreux en dit plus long, en trois lignes, que des pages de développements et d’indignation vertueuse.

Et heureusement, de temps en temps, quelques rayons de soleil et d’humanité qui permettent de ne pas désespérer complètement.

A lire, comme les deux précédents épisodes.

Ernesto Mallo / Les hommes t’ont fait du mal (Los hombres te han hecho mal, 2011), Rivages/Noir (2014), traduit de l’espagnol (Argentine) par Olivier Hamilton.

Le jardin de bronze de Gustavo Malajovich

Un premier roman argentin, ça ne se rate pas. Du moins pas ici. C’est Le jardin de bronze de Gustavo Malajovich.

MalajovichFabian, Lila et la petite Moira quatre ans forment une famille sans histoires. Jusqu’au jour où Moira disparaît avec sa nounou, entre son domicile et la fête d’anniversaire où elles se rendaient. La police sur les dents n’avance pas, les failles qui commençaient à apparaître dans le couple s’élargissent, et c’est finalement Fabian qui cherchera, des années durant, sans jamais abandonner malgré une police corrompue, des médias charognards … Jusqu’au fin fond du pays.

Commençons par tordre le cou à ce qui me semble une fois de plus une exagération de la quatrième de couverture. Non le Buenos Aires décrit dans le roman n’est pas gothique, il ressemble beaucoup à la réalité. Du moins à une partie de la réalité. Que le final (très fort), dans la moiteur de la province d’Entre Rios soit qualifié de gothique, soit, mais pas le Buenos Aires. Bref, ce n’est pas le plus important.

Le plus important est que l’on a là un excellent roman. Lent, qui prend son temps, qui installe son histoire et son atmosphère. Ce qui ne l’empêche pas d’être très efficace dans les scènes les plus violentes. Un roman qui sait présenter des personnages, leur donne chair, les rends proche, compréhensibles. Un roman qui sait alterner les points de vue.

Un roman qui sait aussi présenter deux mondes de la réalité Argentine : un capitale trépidante, moderne, Buenos aires, et une province (ici Entre Rios) qui semble vivre dans un autre temps, une autre géographie, un autre pays. Un pays moderne, avec tout ce que cela comporte de frénésie dans la capitale, et un autre, où un Kurtz (et là je suis d’accord avec la quatrième) a encore sa place.

Un roman étonnant, qui vaut le coup que l’on s’attarde à le découvrir.

Gustavo Malajovich / Le jardin de bronze (El jardin de bronze, 2011), Actes Sud (2014), traduit de l’argentin par Claude Fell.

Caryl Férey en Argentine

Nous avons de la chance. Le quidam moyen, quand il revient de voyage, assomme ses proches avec une soirée diapos interminable (à non, ça c’était avant), avec une soirée vidéo non moins interminable, des récits humoristico-pittoresques d’où il ressort que, là-bas, c’est pas pareil qu’ici, une soirée tapas, ou wok ou couscous qui vous flingue les papilles et l’appareil digestif.

Quand il ne vous ramène pas une horreur typique certifiée fabriquée artisanalement avec le label commerce équitable, que vous ne savez plus où cacher … Quand il rentre de voyage Caryl Férey nous offre d’immenses romans noirs. Ses souvenirs d’Argentine s’appellent Mapuche.

Jana est sculptrice, mapuche, peuple indien du sud de l’Argentine et du Chili. Elle survit dans une friche, du côté de la gare principale de Buenos Aires. Une vie presque stabilisée après le chaos de la crise de 2001. Jusqu’à ce que le cadavre de Luz, travesti qui tapine sur les docks, soit retrouvé dans le Rio de la Plata. Luz était le/la protégé(e) de Paula, seul(e) ami(e) de Jana.

Rubén Calderón lui a survécu à l’enfer de la torture sous la dictature de Videla. Son père et sa jeune sœur font partie des disparus, sa mère est impliquée dans le mouvement des Folles de la place de Mai. Rubén, bloc de haine et de vengeance est devenu privé, il traque les tortionnaires pour le compte des Folles. Ces deux là n’auraient jamais dû se croiser, et pourtant …

Voilà donc Caryl Férey en Argentine. Un pays de contraste, terre de tortionnaires, terre de corruption et du marché tout puissant, mais aussi terre de résistances inouïes, terre de femmes inflexibles, et terre de poésie. Tout cela il nous le raconte. La torture, les enlèvements des enfants de « subversifs » confiés à des familles proches des militaires, « l’indulto », cette décision immonde qui, sous couvert d’une soi-disant égalité, a permis à Menem de protéger les tortionnaires, la spoliation et l’extermination des indiens, la corruption généralisée, le Marché tout puissant … Mais aussi les cafés, le tango, les paysages époustouflants, l’immensité, la dignité de ceux (et surtout celles) qui luttent …

FereyIl faut s’appeler Caryl Férey pour tout dire, tout raconter ainsi sans jamais donner l’impression de faire la leçon, d’asséner un cours. Il faut être Caryl Férey pour que l’horreur frappe aussi fort à l’estomac, nous laissant avec la rage aux tripes. Il faut être Caryl Férey pour montrer autant de violence sans jamais tomber dans le voyeurisme ou l’étalage gratuit.

Et oui, tout le monde n’a pas cette écriture, et surtout, tout le monde n’a pas ce talent pour faire surgir deux personnages aussi inoubliables que Rubén et Jana. Pour eux vous allez trembler, rire, hurler et pleurer au gré d’une intrigue pleine de bruit et de fureur, imprégnée du passé, ancrée dans le présent. Une intrigue qui sait mêler l’Histoire et les histoires, le contexte historique et des scènes flamboyantes, la pire noirceur, la plus tendre humanité, les plus étincelants diamants.

J’espère avoir été clair, il ne vous reste qu’une chose à faire. Trouver Mapuche et le lire. Tout de suite.

Caryl Férey / Mapuche, Série Noire (2012).

Le retour de Perro Lascano

En 2009 j’avais découvert Ernesto Mallo avec le magnifique L’aiguille dans la botte de foin. Et sachant qu’il avait écrit d’autres romans j’attendais avec impatience la traduction suivante. La voici, toujours chez Rivages, c’est Un voyou argentin. Je n’ai pas été déçu.

un voyou argentin.inddPerro Lascano, le flic de Buenos Aires a survécu à la fusillade qui concluait L’aiguille dans la botte de foin. Blessé, caché de ceux qui voulaient sa mort, il refait surface à un moment où les militaires ont lâché le pouvoir. Raul Alfonsin est président et une nouvelle génération de battants dynamiques se ruent dans une consommation effrénée.

Au même moment Topo Miranda, braqueur à l’ancienne est libéré et prépare ce qui sera son dernier coup. Dans la ville, les familles meurtries cherchent toujours leurs morts, et les grands-mères de la place de mai révèlent le scandale des enfants volés par la junte et donnés en adoption à des familles de militaires … Drôle de moment pour refaire surface.

Le premier roman de la série était une superbe découverte, celui-ci confirme le talent d’Ernesto Mallo.

Une intrigue éclatée, une écriture qui oscille entre chaleur, rage, humour noir et mélancolie propre au tango, des personnages auxquels on s’attache immédiatement et la description sans concession d’un pays qui, au sortir d’une dictature atroce, n’arrive pas à régler ses comptes et laisse les principaux tortionnaires et les bénéficiaires du précédent régime aux commandes.

Seuls quelques lampistes payent, et si on ajoute à cela la corruption et la violence d’une police pourrie jusqu’à la moelle on comprend que les victimes d’hier n’ont pas fini de souffrir.

Un roman révolté et désespéré en accord avec l’état d’âme de Perro Lascano, meurtri, qui tente de rester fidèle à ses valeurs tout en cherchant partout son amour perdu. Mais en même temps un roman qui dégage une telle chaleur et une telle humanité qu’on en redemande.

Si tout va bien, Ernesto Mallo devrait être des nôtres à Toulouse en octobre prochain, je m’en réjouis d’avance.

Ernesto Mallo / Un voyou argentin (Delincuente argentino, 2007), Rivages/Noir (2012), traduit de l’argentin par Olivier Hamilton.