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La fiancée de la gitane : assez mauvais

Le premier polar d’une auteur espagnole, ça s’essaye. Mais on ne peut pas réussir à tous les coups. Echec avec La fiancée gitane de Carmen Mola.

MolaLe corps de Susana Macaya est retrouvé dans un parc du quartier de Carabanchel, à Madrid. Elle est morte de façon atroce. C’est l’équipe d’élite d’Elena Blanco qui hérite de l’enquête. Parce qu’il y a eu un antécédent, le meurtre de Lara, la grande sœur de Susana, sept ans auparavant, dans les mêmes circonstances. Lara elle aussi tuée à la veille de ses noces avec un gadjo, les sœurs sont gitanes.

Et pourtant l’assassin de Lara avait été arrêté, et il est en prison. Une horreur de plus dans la vie d’Elena qui, depuis des années, dans son temps libre recherche désespérément un être cher disparu, enlevé.

Raté, complètement raté pour moi.

Premier défaut, je trouve le roman assez mal écrit, très scolaire, toutes les actions, tous les sentiments des personnages nous sont expliqués, comme si l’auteur ne faisait pas confiance au lecteur pour comprendre leurs motivations. Donc c’est scolaire et lourdingue.

Ensuite on a droit à la surenchère dans l’horreur, comme si l’auteur s’était demandée : « voyons, qu’est-ce qu’on n’a pas encore inventé comme torture particulièrement barbare dans les polars ? ». Je trouve ça malsain, et surtout vain. En fait c’est superficiel, et putassier.

La seule question que me fait me poser un el roman est celle de la cohérence du catalogue d’actes noirs. Comment peut-on publier côte à côte Carlos Salem, Victor del Arbol, dernièrement le très bon polar argentin Le gardien de la Joconde, et ça, qui est vraiment du tout-venant horrifico-commercial ? Un mystère.

Carmen Mola / La fiancée gitane (La novia gitana, 2018), Actes sud / actes noirs (2019), traduit de l’anglais (Irlande) par Anne Proenza.