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Magnifique hommage aux grands films noirs.

Les tauliers de Bédéciné en disent le plus grand bien, et comme je leur fais confiance j’ai craqué pour Fondu au noir, de Ed Brubaker, Sean Phillips et Elizabeth Breitweiser.

Fondu 01Hollywood, 1948. La chasse aux cocos bat son plein, Hollywood est le mirage, là où se trouve le pouvoir. Un pouvoir incarné par les stars, mais qui est en réalité entre les mains des producteurs et défendu, à tout prix, par les responsables de la sécurité des studios.

Charlie Parish est revenu brisé de la guerre. Il a retrouvé son travail de scénariste, mais ne peut dormir qu’après avoir bu jusqu’à en perdre la mémoire. C’est comme ça qu’un matin il se réveille dans une baignoire, sans aucun souvenir de la fin de soirée. Dans la salle à côté, Valeria Sommers, morte, étranglée, la vedette du film en cours …

Charlie rentre chez lui sans rien dire. Quand les journaux titrent sur le suicide de la star, il décide d’essayer de comprendre ce qui s’est passé, sans imaginer dans quel nid de serpents il va mettre les pieds.

Si vous aimez les films noirs de la grande époque Bogart, si vous avez rêvé devant Veronica Lake, si vous êtes fan de L A Confidential … Alors, même s’il faut casser la tirelire, Fondu au noir est pour vous.

C’est toute cette époque, tout ce mythe qui se déroule sous nos yeux ébahis tout au long de plus de 300 planches magnifiques. Les fêtes dans les studios, le glamour, la saloperie qui se cache derrière, le FBI et sa chasse à tout ce qui se dit de gauche, l’alcool, les réalisateurs venus d’Europe, les scénaristes exploités, le pouvoir absolu des patrons des studios, la magie de l’écran …

Une histoire bien tarabiscotée rendue floue par l’alcoolisme du narrateur, des victimes, toujours les mêmes, les plus vulnérables, des vrais pourris, des références à plein de films et d’acteurs qui font partie de notre imaginaire.

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Et des planches qui collent parfaitement au propos, faisant naitre en nous les images de films, d’affiches, d’acteurs et d’actrices. Des planches absolument magnifiques. Sans parler des suppléments, en fin d’ouvrage qu’on aurait envie de découper, encadrer et mettre aux murs tant ils sont beaux.

A découvrir sans faute. A mettre sur sa liste de cadeaux (anniversaire, fête, mariage, Noël, pâques ou ce que vous voulez).

Ed Brubaker (scénario), Sean Phillips (dessin), Elizabeth Breitweiser (couleur) / Fondu au noir, Delcourt 2017, traduit de l’anglais par Doug Haedline.

Saga, c’est parti pour un moment

Un petit mot de plus sur les comics. Sur les conseils avisés d’un lecteur de passage, et de mon vendeur de comics préféré, je me suis fait offrir pour Noël les deux premiers volumes de Saga de Brian K. Vaughan et Fiona Staples. Et bien entendu, je n’ai pas résisté à la suite. Déjà 7 volumes en français …

Si je n’avais pas craqué jusque-là, malgré de très belles couvertures, c’est que j’avais plus ou moins compris que Saga c’était Roméo et Juliette dans le monde de Star Wars. En fait ce n’est pas faux. Mais c’est très réducteur.

Nous sommes bien dans une galaxie peuplée de toutes sortes de créatures, plus étonnantes les unes que les autres. Une galaxie déchirée par une guerre entre une planète et sa lune, entre les « à cornes » de Couronne et les « à ailes » de Continent, une guerre qui s’est étendue à toute la galaxie.

Une nouvelle version de la guerre entre les O’Timmins et le O’Hara en quelque sorte. Sauf que Marko, ancien soldat de Couronne, fait prisonnier et Alana, de Continent qui le gardait sont beaucoup plus beaux que les affreux O’Timmins et O’Hara. Et qu’ils tombent amoureux l’un de l’autre, s’enfuient et …

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… Et Saga commence avec la naissance d’Hazel, leur fille, qui est la narratrice de toute l’aventure. Une fille considérée par les deux camps belligérants comme une abomination à détruire absolument, surtout si on veut pouvoir continuer à se massacrer joyeusement. C’est donc leur cavale dans la galaxie, poursuivis par plein d’affreux, que nous raconte Hazel en flash-back.

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Je ne saurais pas vous dire exactement pourquoi cette série est aussi prenante, pourquoi on s’attache autant aux personnages, et pas seulement à Marko, Alana et Hazel. Ce qui est certain c’est que tout le monde devient accro. Ma fille de 14 ans, mon fils de16, moi … Ca va être la guerre en février quand le tome 8 va sortir !

Saga-04On peut avancer quelques explications :

Les personnages, une fois passé le plaisir jouissif de leurs apparences aussi variées qu’étonnantes, cachent une vraie âme derrière les écrans, cornes, plumes, poil et pattes. Ils sont complexes, attachants, énervants, pénibles, drôles. On tremble pour eux, on les aime, on les déteste, on rit avec eux … et surtout ils changent, évoluent et sous leurs dehors loufoques sont très proches de personnes que l’on croise tous les jours.

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Et ils ont un destin extraordinaire. Un destin, des histoires qui, outre l’intérêt d’une intrigue qui tricote ses fils avec beaucoup de talent, passant de l’un à l’autre, d’une époque à l’autre, sans jamais perdre le lecteur, embrassent une multitude de thématiques : la guerre, le pacifisme, le recours ou non à la violence, la famille, la paternité, les programmes télé à la con, la lutte des classes, le travail, l’amitié etc …

Le dessin est lumineux, extrêmement inventif sans jamais sacrifier l’émotion à la virtuosité. Un vrai régal, avec juste un inconvénient majeur : Si vous commencez vous ne pourrez pas vous arrêter.

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Brian K. Vaughan (scénario), Fiona Staples (dessin) / Saga, Urban Comics (2013-2018), traduit de l’anglais par Jérémy Manesse.

Preacher, l’intégrale complète

Ça y est, l’intégrale est complète, le sixième et dernier volume de Preacher est sorti.

Comme j’en avais vu l’annonce sur le site de Bédéciné, je me suis relu les cinq premiers volumes, avant d’avaler le sixième, vite samedi, avant que mon fils me le pique dimanche.

Preacher CouvComme ça, à chaud, le choc est toujours aussi important à la relecture. Le pied total. Certes, il ne faut pas avoir le palais trop délicat, il ne faut pas tordre le nez si on lit « fils de pute » ou « trou du cul », si le gore, le sexe, et surtout le blasphème vous font sortir le chapelet d’ail et aller vous confesser à votre directeur de conscience.

C’est cru, c’est trash, c’est drôle, ça a une énergie phénoménale, les fanas sorciers de toutes les sectes en prennent plein la gueule, les fachos se chient littéralement dessus (ben oui, c’est un des avantages d’avoir la voix de Dieu et d’en faire bon usage). Dieu y est présenté comme un sinistre connard, puissant mais terriblement mesquin, une sorte d’ado pas bien fini qui exige qu’on l’aime et se contrefout des dégâts qu’il cause.

On y parle de lynchage médiatique (déjà fin des années 90), de fonctionnement de l’industrie de disque, de fanatisme, d’abus de pouvoirs, de musique, d’amitié, de responsabilité, de machisme, d’amour, d’empathie envers les plus faibles (parce que sous des dehors de gros durs, les deux auteurs sont de vrais gentils), et de bien d’autres choses.

A la fin les gentils gagnent, certains ont droit à une seconde chance, mais pas tous, les personnages ont une vraie épaisseur et une vraie complexité, même si les auteurs ne rechignent pas à un peu de caricature avec quelques pourris emblématiques, dont l’hilarant nazi Herr Star, toujours délicieux, à qui notre héros Jess fait une tête de pine (ben oui, dans Preacher il y a un personnage qui s’appelle tête de fion, et un qui a une tête de gland).

Preacher 01C’est une BD pour les fans de Hap Collins et Leonard Pine de Lansdale, on y retrouve le Texas, et le même humour bien … Disons pas toujours d’une grande finesse, mais tellement bon.

J’oubliais, de quoi ça cause ? Jess Custer est Preacher d’une petite ville de trous du cul au Texas quand Genesis, l’enfant d’un archange et d’une diablesse s’échappe du Paradis où il est tenu prisonnier et vient se loger dans sa tête, cramant vif au passage les 200 fidèles venus écouter son prêche. Résultat, Jess hérite d’une mémoire, de connaissances, et de la Voix de Dieu à qui personne ne peut résister : Quand il l’utilise, on obéit.

Il comprend aussi que Dieu est un sinistre fils de pute et entreprend de le chercher pour lui demander des comptes. Il est accompagné de Tulip, son amour, pas forcément toujours commode et qu’il est vivement conseillé de ne pas trop chauffer et d’un pote inhabituel, Cassidy, un vampire d’origine irlandaise amateur de bière. Sur son chemin une troupe impressionnante de frappés, fanatiques, fachos, empêcheur de boire, baiser ou penser comme on veut. Et ça va saigner.

Une question continue à me tarabuster : Cette BD publiée la première fois entre 1995 et 2000 pourrait-elle voir le jour aujourd’hui où, les abrutis fanatisés de toutes les chapelles, religieuses et politiques appellent au meurtre sur les réseaux sociaux dès que quelqu’un choque un tant soit peu leurs croyances ? Et malheureusement parfois avec pour résultat de vrais meurtres.

En ces temps de lynchage médiatique, où la foule numérique se substitue à la loi pour juger et condamner quiconque ne va pas dans le sens du vent, la publication de Preacher serait-elle possible ? Où une autocensure des auteurs et/ou des éditeurs tuerait-elle le projet dans l’œuf ?

Autant de question qui me font dire que oui, il faut, absolument, lire Preacher, le faire lire à vos amis, gamins (à partir de 15 ans environ), parents, collègues … C’est plus que jamais nécessaire.

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Garth Ennis (scénario), Steve Dillon (dessin) / Preacher, Urban Comics (2015-2018), traduit de l’anglais par Jérémy Manesse.

Quelques BD

Ca faisait un moment que je n’avais pas causé BD, essentiellement parce que je n’avais pas essayé grand-chose de nouveau. Revoici donc, avec malheureusement une petite déception française, puis de très bonnes choses et un énorme coup de cœur.

La déception, non ce n’est pas le dernier Astérix (là ce n’est pas une déception, c’est une catastrophe, je l’ai trouvé indigent), c’est le volume 4 des Vieux Fourneaux : La magicienne, toujours de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet.

VieuxFourneaux

Ça bataille ferme autour du village : L’entreprise locale a déposé un permis pour s’agrandir, permis accordé, mais depuis ça bloque, on a trouvé une espèce de sauterelle protégée sur le terrain en question qui a été transformé en ZAD. L’occasion pour les papis de la troupe Ni Yeux Ni maîtres de venir foutre le bordel, et d’appuyer les zadistes. Antoine lui est favorable à l’extension qui pourrait créer un peu de boulot, et Sophie qui se débat avec son théâtre de marionnettes, n’est pas insensible au charme d’un beau biologiste, et essaie de faire réparer son toit.

A priori, tous les ingrédients sont là. La mauvaise foi des uns et des autres, les papis indignes, les dialogues du bistrot, et la possibilité de mettre le souk. Et pourtant la mayonnaise ne prend pas, il manque un fil conducteur un peu tendu, il manque de la matière, tout se dénoue trop vite et trop facilement, grâce à un personnage qui n’a pas d’épaisseur. On arrive à la fin beaucoup trop vite avec l’impression d’avoir lu un épisode de transition. C’est certain, ou sourit souvent, on passe un bon moment, mais cela reste un cran en dessous des trois premiers.

Passons à ce qui est très bon :

Le premier … N’est pas une série. The private eye, de Brian K. Vaughan, Marcos Martin et Muntsa Vicente. Dans un futur plus ou moins proche, internet n’existe plus. Suite à une « explosion » du cloud, qui rendit publiques toutes les données privées, le chaos qui s’ensuivit a poussé les gouvernements à interdire internet et à mettre en place des mesures drastiques : Respect total de la vie privée, tout le monde se déplace avec un masque et se cache derrière un pseudo.

Seule une presse autorisée peut enquêter sur les gens. Détective privé (assimilé à paparazzi) est un des métiers les plus interdits et les plus infamants qui soit. C’est pourtant un Private Eye que nous allons suivre dans une affaire on ne peut plus classique : un jour une cliente entre dans son bureau. Sous le masque, une beauté fatale, qui lui demande, étrangement, d’enquêter sur elle-même, pour voir si sa vie privée est bien privée. Avant même le début de l’enquête, la cliente est tuée, et tout part en vrille.

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Excellente œuvre qui métisse un point de départ classiquissime (Un privé qui effectue une recherche pour une femme fatale qui meurt assassinée, et se retrouve ensuite client de la sœur de la victime), avec un monde de SF passionnant qui pose tout un tas de questions. Et s’offre le luxe de ne pas apporter de réponses, laissant le lecteur à sa réflexion.

Le fond de l’histoire nous interroge donc sur notre rapport à internet, à la perte de vie privée, en ayant la malice et l’intelligence de mettre en scène des jeunes horrifiés par l’étalage d’intimité qu’était internet avant l’explosion du cloud face à un grand-père nostalgique de l’époque des Ipad et des Iphone.

On réfléchit donc, mais pas tout de suite. Dans un premier temps, on est surtout embarqué par l’histoire policière, parfaitement rythmée et magnifiquement illustrée, dans des tons flashy, où les fonds unis et très colorés répondent aux masques des personnages. Superbe, prenant et intelligent.

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Pour la suite, malheureusement, vous allez me haïr, parce qu’on attaque de nouvelles séries (nouvelles pour moi, elles en sont à plusieurs épisode déjà traduits).

EastWest 01La première, East of West de Jonathan Hickman et Nick Dragotta est un excellent divertissement.

Quelque part dans le désert trois personnages émergent des sables. Ils auraient dû être quatre. Ce qui veut dire que Mort, le quatrième cavalier de l’Apocalypse leur a fait faux bond, et est devenu l’ennemi. Nous sommes dans une Amérique étrange : une météorite a mis fin à la guerre de Sécession, le pays en a été changé. Trois siècles plus tard, il est divisé en sept Nations dont les chefs, secrètement inféodés aux trois cavaliers restants, préparent la fin du monde.

C’est dans une esthétique de western spaghetti futuriste que les différents protagonistes vont s’affronter, et que l’on va découvrir (j’espère) petit à petit, ce qui anime les uns et les autres.

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Il y a (sauf erreur de ma part), 7 volumes publiés en France, j’en ai lu que 2, je ne peux donc proposer qu’un avis partiel. Première constatation, j’aime beaucoup le mélange de SF et de western, avec, s’il vous plait, une pincée de fantastique. C’est riche, et cela permet au dessinateur d’explorer quantité de décors, de cadrages, de personnages. De ce côté c’est un vrai plaisir.

La contrepartie étant qu’au début il faut s’accrocher. Le scénario multiplie les personnages, rien (ou très peu) n’est expliqué, et il faut accepter d’avancer à l’aveugle pendant une bonne partie du premier volume. Alors on commence à s’y retrouver, ce qui ne veut pas dire qu’on comprenne vraiment de quoi il retourne, mais on est moins perdu.

Une autre contrepartie étant que, si les thématiques et les personnages sont très très nombreux, cela se fait un peu au détriment de leur épaisseur. Moins d’émotion donc, mais plus de rebondissements. Au final, c’est beau, très accrocheur dans l’intrigue, et il me tarde de retourner chez mon dealer de BD pour attaquer la suite.

Je termine avec le coup de cœur, encore pour une série, de pure SF cette fois : Descender de Jeff Lemire et Dustin Nguyen.

descender 02Un jour, sans raison compréhensible, de gigantesque robots, surnommés les Moissonneurs sont apparus dans le ciel des neuf planètes du Conglomérat Galactique Unifié. Puis sont passés à l’attaque, ont tout dévasté, avant de disparaître, toujours sans raison. Dix ans plus tard, dans des mondes tentant de se reconstruire, de nombreux groupes se sont lancés dans une opération d’anéantissement des robots.

Le récit commence avec le réveil, sur une lune déserte, de Tim21, un petit robot en sommeil depuis plus de dix ans. Il a été conçu pour tenir compagnie à un jeune garçon, et devient l’objet le plus convoité du CGU : Sa signature de construction est la même que celle des Moissonneurs. La course est lancée pour le récupérer, entre des groupes qui ont des intérêts contradictoires.

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Magnifique début de série, dont je n’ai pour l’instant lu que 2 volumes sur les 4 disponibles en France. D’emblée l’intrigue accroche le lecteur qui avec les personnages, va chercher à comprendre d’où viennent ces Moissonneurs, et s’ils risquent de revenir. Des personnages inoubliables, les robots en tête, que ce soit le très humain Tim21, où les deux qui l’accompagnent, mais également tous ceux qui leur courent autour, chacun avec ses intentions cachées, ses secrets inavouables, ses fêlures.

descender_04Rien que pour ça, on a envie de continuer. Mais que dire des dessins ?

Le choix de l’aquarelle, à priori pas évident pour peindre des machines, des vaisseaux spatiaux et des robots, se révèle génial. Il adoucit l’histoire, met de la lumière et de la clarté dans les pages, se concentre sur les regards, les expressions, jetant un flou magnifique sur les décors. Les planches sont absolument superbes, au point que je suis retourné plusieurs fois en arrière juste pour les regarder, moi qui suis en général un lecteur vorace qui fonce au travers des histoires. Magique.

Wilfrid Lupano (scénario) Paul Cauuet (dessin) / Les vieux fourneaux : La magicienne (T4) Dargaud (2017).

Brian K. Vaughan (scénario), Martin Marcos (dessin) et Muntsa Vicente (couleur) / The private eye (The private eye, 2013), Urban Comics (2017), traduit de l’anglais (USA) par Jérémy Manesse.

Jonathan Hickman (scénario), Nick Dragotta (dessin) et Frank Martin Jr. (couleur) / East of West / La promesse (Tome 1) (The Promise, 2013), Urban Comics (2014), Nous ne sommes qu’un (Tome 2) (We are all one, 2014), Urban Comics (2014), traduits de l’anglais (USA) par Jérôme Wicky.

Jeff Lemire (scénario) et Dustin Nguyen (dessin) / Descender / Etoiles de métal (Tome 1) (Tin stars, 2015), Urban Comics (2016), Lune mécanique (Tome 2) (Machine Moon, 2016), Urban Comics (2016), traduits de l’anglais (USA) par Benjamin Rivière.

PS. Juste pour le plaisir quelques dessins juste pour me faire engueuler par la ministre de la santé. On pensait avoir touché le fond de la bêtise politique avec les Morano, Estrosi et compagnie, ben non, visiblement certains continuent à creuser.

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Quelques comics pour les vacances

Je vous ai raconté, il y a quelques temps que, fatigué, j’avais lu quelques comics de plus ces derniers temps. Et j’avais promis d’en causer, et voilà :

On va commencer par quelque chose de plus léger que ce dont je vous avais parlé la dernière fois (avec du Alan Moore, du Jason Aaron etc …). Deux histoires de vampires.

SIlver-vol1La première est assez rafraichissante, Silver de Stephan Franck. Nous sommes dans les années 30. James Finnigan est un grand cambrioleur. Qui a foiré à un moment donné et a perdu tout ce que lui et ses complices avaient mis de côté. Mais lors de son dernier coup, il a mis la main sur une sorte de livre de compte. Et il peut alors faire le casse le plus audacieux de l’histoire : Voler à une très très ancienne famille européenne tous ses lingots d’argent. Une famille qui vit quelque part dans des montagnes perdues. Une famille de vampires. La famille la plus puissante de vampires. Alors James monte son équipe et part s’infiltrer lors de la fête annuelle qui rassemble tout ce joli monde.

Stephan Franck respecte tous les clichés des histoires de vampires et des histoires de cambriolage : Un premier coup auquel on assiste pour se familiariser avec les protagonistes, un peu de castagne avec les monstres pour les introduire dans l’histoire, le montage de l’équipe et l’organisation du casse, quand on croit à tout moment que ça va foirer mais qu’en réalité tout est calculé. Et comble du sadisme, il nous arrête à la fin du volume 1 en plein merdier. Joli dessin en noir et blanc qui accentue la référence aux années 30 et à ses films noirs, et aux histoires de vampires. Pas révolutionnaire mais un très bon moment.

americanvampire-2La deuxième série, c’est de sa faute. Ca s’appelle American vampire, de Scott Snyder (et un peu Monsieur Stephen King) au scénario, et Rafael Albuquerque au dessin.

A la fin du XIX, Skinner Sweet est un bandit sans foi ni loi. Ni pitié, ni morale. Un vrai fils de pute. Qui un jour vole la mauvaise personne, et se fait mordre. Il devient ainsi le premier vampire américain. Avec cette particularité, par rapport à ses congénères et néanmoins ennemis jurés les buveurs de sang européens, qu’il résiste très bien au soleil. Autre particularité, devenir un vampire n’a en rien amélioré son humeur, ni son empathie. En bref, c’est devenu un immonde fils de pute immortel. Nous allons suivre sa guerre contre les autres, contre une société de tueurs de vampires, et en général contre quiconque se met en travers de son chemin où possède quelque chose qu’il veut de la fin du XIX° aux années 70, en passant par l’âge d’or du cinéma, la deuxième guerre mondiale, le Maccarthisme etc …

C’est trash, c’est violent, c’est très réjouissant ! Ici pas de vampires mignons, ou de romances avec des humains (ou si peu). Ici ça saigne, les faibles morflent, les forts se servent, et ce sont toujours les mêmes qui trinquent. On revisite avec brio et beaucoup d’énergie un bon siècle d’histoire des US, toujours avec le sourire (un peu noir le sourire) du suspense, de la castagne. C’est bon comme un bon gros steak bien saignant, avec un bon coup de rouge.

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Après, on quitte le « léger » et on passe sur du vraiment méchant.

100-bullets-1Avec la réédition en intégrale d’un classique (si j’en crois mon dealer de comics et les blogs spécialisés), 100 bullets de Brian Azzarello et Eduardo Risso.

Ils ont tout perdu dans la vie. Famille assassinée, argent volé, réputation détruite … Quand un mystérieux Agent Graves vient les trouver et leur offre une mallette. Dedans un flingue et 100 balles qui leur assurent une impunité absolument totale, et un dossier qui démontre qui les a trahis et comment. Libre à eux d’en faire l’usage qu’il désirent. Ca commence avec Dizzy, jeune femme latino, son mari et son fils ont été abattus, elle s’en tient pour responsable, jusqu’à la rencontre avec l’Agent Grave. Et ce n’est que le début d’une tortueuse, très tortueuse histoire qui voit une mafia et des agents pas nets se faire la guerre par pions interposés.

100-bullets-2Là, accrochez-vous. J’ai commencé avec les 2 premiers volumes. Démarrage sur les chapeaux de roues. Puis j’ai commencé à être largué. Mais j’ai insisté, et avant d’attaquer le 3° (il y en aura 5), j’ai tout relu, et j’ai commencé à comprendre un peu mieux, ou du moins à suivre davantage. Et là, c’est le pied total. Car si chaque histoire est déjà un petit roman à elle seule, dure, avec un graphisme qui, bien qu’en couleur, m’évoque le très noir Sin City, avec ses mecs aux gueules carrées, ses bad boys, très très bad, ses pin up incroyables, quand on commence à mordre au puzzle complet cela devient bien mieux qu’un assemblage de petites histoires. Et je ne pense pas que je pourrai faire l’économie de relire tout d’un bout à l’autre quand j’aurai enfin les cinq tomes (en 2018 si j’en crois le programme). Très recommandable donc, si vous avez le temps et que vous pouvez être tranquilles pour vous concentrer.

On finit sur du rude, du très rude, Godamned / Avant le déluge, du duo d’enfer de Scalped : Jason Aaron et R. M. Guéra.

goddamned-1Caïn, le premier meurtrier de l’humanité est condamné à errer sans fin sur une Terre dévastée, l’Enfer d’avant le déluge, peuplée de monstres, de hordes qui feraient passer les tordus de Madmax pour des Mignons, et d’illuminés de toutes sortes. Dont un sacrément gratiné, Noé, patriarche, esclavagiste et gourou d’une secte immonde. Au nom de Dieu bien entendu. Tous feront la même erreur, chercher des noises à Caïn, Le Meutrier.

La bible revisitée par Aaron et Guéra ça déménage ! Il serait étonnant que cette version plaise vraiment aux allumés évangélistes de l’autre côté de l’Atlantique. Dire que c’est blasphématoire est un doux pléonasme. C’est glauque, violent, sans la moindre lueur d’espoir, Dieu est aussi malmené que dans Preacher, les hommes sont à son image, celle de l’Enfer. On comprend si c’était comme ça que le Barbu ait déclenché le Déluge. Sauf que le père Noé ne vaut pas mieux que les autres. Esprits sensibles s’abstenir, pour les autres, c’est étonnant, dérangeant, déstabilisant, jubilatoire, et on se demande bien où les deux auteurs vont nous amener ensuite.

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Stephan Franck / Silver (Volume 1), Comics Glénat (2017), traduit de l’anglais par Alex Nikolavitch.

Scott Snyder (scénario), Rafael Albuquerque (dessin) / American vampire, Vertigo/Urban Comics (2013-2017), traduit de l’anglais par Jérôme Wicky.

Brian Azzarello (scénario), Eduardo Risso (dessin) / 100 bullets, Urban Comics (2016-2017), traduit de l’anglais par Thomas Davier.

Jason Aaron (scénario), R. M. Guéra (dessin) / Goddamned / Avant le déluge, Urban Comics (2017), traduit de l’anglais par Julien Di Giacomo.

Quelques comics

Il y a quelques semaines je vous ai causé, comics. Je continue à m’y intéresser, de loin, et j’ai relu deux monuments que tous ici ne connaissent peut-être pas. Petit tour d’horizon de ce qui me plait dans ces BD américaines.

On commence par les deux chefs-d’œuvre indispensables, absolument indispensables, que j’ai relus avec un enthousiasme intact. Les deux sont signés Alan Moore au scénario, et si vous ne connaissez pas, c’est à avoir absolument dans sa bibliothèque, même (et surtout), si les adaptations cinéma n’ont pas été à la hauteur, mais pouvaient-elles l’être ?

MooreVendetta-01J’ai longtemps tourné autour du premier, parce que le dessin ne m’emballait pas, il me rebutait même. Mais un copain m’a tellement fait l’article que j’ai craqué. Vous connaissez tous le masque du personnage principal tant il est devenu l’étendard de ceux qui luttent contre le système : c’est V pour Vendetta, dessiné par David Lloyd.

A la fin du XX° siècle, à la suite d’une guerre et de catastrophes l’Angleterre c’est isolée et est devenue fasciste. Un monde à la 1984, où des pans entiers de la population ont été exterminés, et où ce qui reste est complètement contrôlé par le Commandeur (le chef), Le Nez (police scientifique), l’Oreille (qui écoute tout le monde), l’œil (qui voit tout le monde) et la Main (qui matraque tout le monde).

Mais un grain de sable se manifeste, une haute silhouette, masquée, insaisissable, qui cite Shakespeare et tue, fait exploser, nargue le pouvoir et soulève la population. V. V qui recueille une jeune fille perdue et l’amène dans son palais caché, pour partager avec elle ses trésors.

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Le scénario est absolument génial, scotchant, véritable plaidoyer pour l’anarchie, véritable plaidoyer contre la tyrannie, totalement visionnaire (car la BD date des années 80), et d’ailleurs ce n’est pas un hasard si les contestataires du monde entier ont pris le masque pour symbole.

Le monde décrit est totalement étouffant, et le dessin, insupportable au premier abord, est en fait juste cohérent avec le propos. Pour moi, une œuvre littéraire aussi indispensable que Maus. Qui prouve qu’Alan Moore est un génie, ce que confirme l’autre monstre que j’ai relu : Watchmen, dessiné par Dave Gibbons.

MooreWatchmen-01Encore une BD que j’ai refermée à peine ouverte : Des super héros en costume moule-burnes ! Non merci. Pourquoi ai-je eu la curiosité de rouvrir le machin ? Peut-être la signature du traducteur en français : Jean-Patrick Manchette …

Un jour, alors que le monde est divisé en deux blocs. Les US ont gagné la guerre du Vietnam grâce à Docteur Manhattan, un être tout puissant. Mais ce jour là, Le Comédien, super héros masqué qui se révélera être de tous les sales coups de la CIA passe par sa fenêtre et meurt.

Les super-héros des années 60, désavoués par le peuple, rejetés par la police pourraient être la cible d’un mystérieux tueur. Rorschach qui n’a jamais renoncé à combattre le crime va chercher qui veut décimer ses anciens compagnons d’arme. Le reste de la population vit dans une ambiance de paranoïa depuis que les soviétiques ont la bombe.

Impossible de résumer la richesse inouïe de ce scénario qui met le nez des super-héros dans leur merde. Fascistes, soutien de toutes les saloperies d’état, cyniques, violents … Dans un monde en pleine déliquescence qui tremble dans l’attente de la troisième guerre qui va détruire l’humanité.MooreWatchmen-02

C’est glauque, d’une intelligence incroyable, impossible à lâcher quand on le commence, les dessins et le découpage sont à la hauteur, un véritable chef-d’œuvre. Je ne connais pas assez l’histoire des comics pour dire si celui-là est le père de tout ce qui a été fait pour adultes par la suite, mais je suis raisonnablement certain qu’il en a inspiré plus d’un, et qu’il a ouvert bien des portes.

Passons maintenant à des publications plus récentes.

preacher5-01Je vous ai déjà parlé de Preacher, de Garth Ennis et Steve Dillon. Jesse Custer, devenu Preacher contraint et forcé par une grand-mère qui est une vraie saloperie a donc été investi par une Entité, fils d’un ange et d’une démone. Il possède la Voix de Dieu et recherche le dit Dieu pour lui casser la gueule (plus ou moins). Ses potes : Cassidy, un vampire irlandais, fan de bière (et de sang) et véritable fils de pute et Tulip, sa douce (pas toujours douce).

Je vous avais laissé à la fin du premier volume de l’édition complète. On en est au 5°. Jesse a rencontré le descendant de Jésus, un Pape pas piqué des hannetons, quelques néo-nazis, a explosé des ploucs adeptes du KKK, niqué leur race et leur mère, Cassidy a bu du sang, ils ont baisé, blasphémé, picolé …

Nom de Dieu que c’est jouissif, inventif, tordu, géant. Que c’est bon, avec cette BD d’emmerder les abrutis de toutes les chapelles, les connards adeptes de toutes les races, comme on profite de la vie et comme on balance des grands coups de pieds dans les couilles de tous les empêcheurs de vivre tranquille ! Un autocollant un poil marketing clame sur la couverture : « Pour public averti » . Faut pas non plus exagérer. C’est pas de la BD pour les amateurs de Spirou ou Titeuf, certes, les curetons risquent de s’étrangler de rage, et mon grand qui a 15 ans s’éclate avec. Il faut dire que je l’ai averti que c’était cru et bon. Pour public averti donc. Et c’est peu dire que c’est une œuvre de salubrité publique.

Pour finir, deux polars bien au raz du bitume, le pendant en Comics de la vague redneck que l’on connaît en littérature. Dans les deux cas, un scénariste américain Jason Aaron.

scalped-01Le premier Scalped, dessiné par R. M. Guéra, est déjà paru en France et est actuellement réédité en 5 volumes pour son intégrale.

Il y a quelques années Dashiell Bad horse a quitté la réserve Sioux de Prairie Rose dans le Dakota du sud en se promettant bien de ne jamais y retourner. Sa mère, militante des droits des indiens depuis les années 70 est devenue la principale opposante de Red Crow, un ancien camarade qui a retourné sa veste et est devenu le parrain de la réserve, grand promoteur d’un futur casino.

Mais Dashiell est de retour, décidé à devenir flic sous les ordres de Red Crow, en opposition frontale avec sa mère. Mais attention, dans le jeu de dupes qu’est devenu la réserve, chacun cache son jeu.scalped-02

Une série qui déménage ! Violence, misère, crasse, prostitution, alcoolisme, drogue. Des gamins sacrifiés tentant de survivre, des vies brisées … Et pourtant, aussi, des gens qui restent dignes, certains qui luttent, à leur façon, en se raccrochant, ou non, à de vieilles traditions. Aucune condescendance, pas de naïveté, mais une grande empathie et le temps d’installer la complexité des personnages.

Si on ajoute un découpage impressionnant de maîtrise dans ses allers retours entre le présent, le passé de lutte des années 70 et un passé plus récent, on a une narration passionnante.

Avec un dessin à la hauteur, souvent dans les tons très sombres, rouges et noirs, parfois lumineux, un découpage qui donne une grande fluidité aux scènes d’action et des gens cabossés superbement croqués. Un réussite totale, vivement les volumes 3, 4 et 5 à paraître bientôt qui complèteront cette réédition de l’intégrale.

On termine ce petit tour avec une série en cours dont le titre dit tout : Southern Bastards, avec toujours Jason Aaron au scénario, et Jason Latour au dessin.

southernbastards_1Craw County dans l’Alabama. Son shérif, son équipe de football (américain le football, là où on se rentre dedans), son coach, ses bas de front. Earl Tubb ne pensait jamais revenir dans cette ville qu’il a fuit en s’engageant pour le Vietnam, fuyant son pourri de père, alors shérif tout puissant. Mais la maladie d’un oncle le ramène, juste le temps de vider sa maison. C’est du moins ce qu’il croit. Il ne sait pas encore qu’il va devoir affronter le légendaire Coach Boss qui règne sur la ville et ses trafics par la terreur.

Comme on peut le deviner au vu des couvertures des trois premiers volumes de cette version française, on va être ici dans les tonalités rouge sombre. Corruption, violence, en particulier envers les plus faibles, racisme, misère économique et culturelle, mépris de classe … Et bastonsouthernbastards_2 et défoulement autour des matchs de foot. Le grand classique des romans de rednecks, ici parfaitement raconté et dessiné, avec un premier volume qui s’avère n’être qu’une introduction, et une situation qui se tend et, petit à petit, s’enracine sur un passé que l’on découvre au fil des épisodes.

C’est poisseux, ça castagne, c’est superbement construit et dessiné. Vivement la suite.

Finalement, j’adore certains comics, d’hier et d’aujourd’hui.

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Alan Moore (scénario), David Lloyd (dessin) / V pour vendetta, Delcourt (1999), traduit de l’anglais par Jacques Collin.

Alan Moore (scénario), Dave Gibbons (dessin) / Watchmen, DC Comics (2005), traduit de l’anglais par Jean-Patrick Manchette.

Garth Ennis (scénario), Steve Dillon (dessin) / Preacher, Urban Comics (2015-2017), traduit de l’anglais par Jérémy Manesse.

Jason Aaron (scénario), R. M. Guéra (dessin) / Scalped, Urban Comics (2016-2017), traduit de l’anglais par Françoise Effosse-Roche.

Jason Aaron (scénario), Jason Latour (dessin) / Southern Bastards, Urban Comics (2015-2016), traduit de l’anglais par Benjamin Rivière.

Quelques BD

Si j’ai été moins présent ces derniers temps c’est aussi que je me fais une overdose de comics.

Pour commencer, les nouvelles de chez nous, ou de l’autre côté de l’Atlantique m’ont donné envie de relire Transmetropolitan. Je sais je suis lourd, mais que voulez-vous, c’est un chef-d’œuvre, au même titre que La griffe du chien. Ni plus ni moins. J’ai tout relu c’est grandiose, c’est atrocement d’actualité, et je vous renvoie à ce que j’ai écrit là.

planetary-01Du coup j’ai eu envie de découvrir l’autre BD culte scénarisée par Warren Ellis, Planetary. Coup de chance, l’intégrale est sortie en deux volumes.

Jakita Wagner, le Batteur et Elijah Snow sont l’équipe Planetary. Trois agents dotés de pouvoirs spéciaux, chargés de découvrir ce qui se cache derrière les phénomènes paranormaux sur Terre. Ils vont, au fil de leur enquête, s’apercevoir qu’ils luttent en fait contre les Quatre, qui ont acquis un savoir scientifique hors norme dans les années 60. Et leurs aventures les amèneront à affronter, ou collaborer avec Wonder Woman, Batman ou … Sherlock Holmes et Dracula. Sans compter des fourmis géantes, ou des créatures venues des profondeurs.

J’avoue, j’ai eu un peu de mal à entrer dans la série, dont les épisodes sont asse

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z décousus. Mais les dessins, les décors, sont tellement beaux, que j’ai persévéré. Et même si ma culture comics est assez limitée, et si j’ai vu peu de films d’épouvante ou de SF des années d’or, mon petit vernis culturel est suffisant pour que je m’amuse aux références innombrables qui émaillent les différents épisodes.

Puis peu à peu, la magie opère, le puzzle se révèle, et c’est un véritable pied. Que c’est jouissif de voir apparaître telle ou telle référence, de voir les fils se relier, d’apprécier la beauté d’une pleine page. Certes, on n’a pas là la puissance de Transmetropolitan, mais le voyage est magnifique.

deadlyclass2Autre série que je découvre petit à petit : Deadly Class, de Rick Remember, Wes Craig et Jordan Boyd. Marcus Lopez, orphelin après la mort accidentelle de ses parents a vécu dans la rue. Il est sur le point de se suicider quand il est sauvé par une jeune fille, Saya, qui le fait entrer à l’académie des Arts Létaux, qui forme des assassins. Il va vite s’apercevoir que là aussi, les classes sociales existent, et qu’on n’est pas traité de la même façon si on vient de la mafia russe ou mexicaine, que si l’on est un orphelin.

Quatre albums sont déjà parus, qui se terminent sur une épreuve de passage en seconde année … sanglante.

C’est sec comme un coup de trique, sanglant, resserré et violent. Les dessins sont au diapason, une sorte de récit de vie académique ou étudiante où les relations entre les élèves sont un peu plus tendues et nerveuses que dans les collèges anglais ou chez Harry Potter … Très bien si on veut du nerveux bien noir, et je suis curieux de voir la suite, les auteurs ayant le chic pour vous laisser sur un superbe cliffhanger, ou sur de sacrés chocs.

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Warren Ellis (scénario), John Cassaday (dessin) / Planetary, Urban comics (2016, 2017), traduit de l’anglais par Alex Nilolavitch et Jérémy Manesse.

Rick Remember (scénario), Wes Craig (dessin), Jordan Boyd (couleur) / Deadly Class, Urban comics (2015, 2017), traduit de l’anglais par Benjamin Rivière.