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La proie

« Tous les jours de la semaine, Daniel se lève à six heures, prend du café corsé, mange ses flocons d’avoine, nourrit le chat, range son studio, se lave, se rase, puis se dirige à sept heures vers la boulangerie de la rue de Faures. Il salue les boulangers par leur nom, ils font de même. Il achète deux croissants et deux chocolatines. »

MeyerA partir de là, vous savez forcément que l’auteur est français, et plus précisément qu’il vit dans le sud-ouest. Raté. Daniel est un des personnages de La proie, le dernier roman de Deon Meyer.

A bord d’un des trains les plus luxueux du monde, le Rovos qui voyage entre Le Cap et Pretoria, un passager qui assurait la protection privée d’une vieille dame richissime est tué et balancé par la portière. Deux vieilles connaissances vont se retrouver en charge de l’enquête : Benny Griesel, qui se bat pour rester sobre et son collègue Vaughn Cupido. Ils vont vite se heurter à des intérêts qui les dépassent.

Très loin de là, à Bordeaux, Daniel Darret, grand, costaud, noir, la cinquantaine bien avancée, a refait sa vie et travaille dans l’atelier d’un vieil ébéniste. Alors qu’il a tout fait pour être introuvable, le passé va venir le rattraper.

Première constatation, Deon Meyer est un excellent raconteur d’histoire. Dès que vous mettrez le nez dans ce thriller, car c’en est un même s’il sait prendre son temps, vous ne pourrez plus le lâcher.

Deuxième constatation, comme tous les grands créateurs de personnages récurrents, l’auteur nous enchante en nous faisant retrouver quelques-uns de nos amis. L’équipe de flics et leurs familles bien entendu, Benny en tête, mais aussi un autre, plus inattendu. Les fans de l’auteur vont se douter tout de suite qu’il s’agit de lui, je n’en dis pas plus, j’en ai déjà trop dit.

Et puis il y a tout ce que l’auteur raconte, derrière son histoire. Sous-tendu ici par un terme, « Isisthunzi » : le droit à la dignité. C’est ce que recherchent les personnages du roman. Cupido et ses collègues qui se battent pour enrayer une criminalité galopante, alors que, jusqu’au sommet de l’état, on vole, on triche, on tue en toute impunité. Quelques anciens camarades de Mandela, qui se désespèrent de voir la corruption qui a succédé à leur lutte. Daniel qui recherche le droit de vivre d’un travail ordinaire, Benny qui veut se racheter …

Face à un pays corrompu, qui a dévoyé ce pour quoi tant de gens se sont battus et sont morts, où les gens de pouvoir détournent l’argent à leur profit et laissent les pauvres dans le misère, quelques-uns se battent donc pour acquérir ou maintenir ce droit à la dignité. C’est cette histoire que raconte Deon Meyer, sans manichéisme, sans leçon de morale, mais avec beaucoup d’humanité. C’est cela qui fait de La proie un des très bons romans d’un auteur qui n’en a pas écrit de mauvais.

Deon Meyer / La proie, (Prooi, 2018), Série Noire (2020) traduit de l’afrikaans par Georges Lory.

Un grand Deon Meyer

Surprise, Deon Meyer nous revient avec un roman qui n’a rien à voir avec tous ses précédents. Et c’est une grande réussite : L’année du lion.

MeyerUn virus a décimé 90 % de l’humanité. Dans une Afrique du Sud bien vide, Willem Storm et son jeune fils de 13 ans Nico cherchent un endroit où créer une communauté qui permettra à Willem de mettre en pratique ses idées humanistes.

Bien des années plus tard, Nico, formé à l’usage des armes par Domingo, raconte les trois premières années de la communauté d’Amanzi créée par son père. Ainsi que les circonstances de son assassinat, et la traque des tueurs qu’il a menée.

Qu’est-ce que ce bouquin fait du bien. Parce que ça faisait quand même un moment que le grand Deon Meyer ronronnait un peu. Après des débuts fracassants, dans les derniers je ne m’ennuyais jamais, mais je ne retrouvais pas l’enthousiasme du début.

Et là, avec ce changement de thématique, je le retrouve. Commençons par dézinguer la quatrième qui, avec une originalité confondante, évoque La route sous prétexte que c’est un roman post- apocalyptique et qu’il y a un père et son fils. Non, L’année du lion n’a rien, absolument rien à voir avec La route. Le point de départ de l’intrigue est le même : une catastrophe, un père et son fils, tout le reste n’a rien à voir. Et je ne fais pas ici de comparaison, ni en bien, ni en mal.

L’année du lion est, paradoxalement, autant une utopie qu’un récit post-apocalyptique. Car c’est bien à la reconstruction d’un monde bâti sur des bases plus saines, selon les convictions humanistes de Willem Storm que l’on assiste. Et comme Deon Meyer n’est pas naïf, cette construction se heurte à des très nombreuses résistances, dont la moindre est de résoudre des problèmes techniques.

Car dans ce monde post apocalyptique, tout n’a pas disparu, et surtout les connaissances persistent. Donc il est relativement facile de commencer à reconstruire des communautés. Mais il faut alors affronter l’avidité, le comportement charognard, ceux qui préfèrent prendre par la force ce qu’ils ne peuvent reconstruire, les religieux, les comportements individualistes … Il faut accepter de s’armer et de se défendre, voire d’attaquer.

Dit comme ça, ça fait un peu café du commerce, mais n’oublions pas que l’auteur est un grand conteur, et qu’il est ici au sommet de son art. Avec l’annonce, dès le départ, de l’assassinat du père, avec les regrets du fils (on saura pourquoi), avec son choix de raconter ces trois années comme des mémoires, il installe dès le début une tension qui va habiter le récit, faire tourner les pages toutes seules, et nous réserver, comme il sait si bien le faire, quelques beaux coups de théâtre.

Les scènes d’action sont, comme on s’en doute, particulièrement réussies, les personnages gagnent en épaisseur au fur et à mesure qu’on avance dans le récit, le suspense est parfaitement maîtrisé, l’idée de départ, classique, bien exploitée, et Deon Meyer s’y entend pour vous attraper dès la première page et ne plus vous lâcher jusqu’à la fin. Et mine de rien, vous ne pouvez vous empêcher de vous demander comment vous vous situez, par rapport à tel ou tel personnage, à telle ou telle réaction. Mais il faut lire le bouquin jusqu’à la dernière page pour comprendre complètement l’éventail de choix que propose l’auteur …

Un vrai plaisir intelligent, un roman à lire qui renouvelle son auteur.

Deon Meyer / L’année du lion (Koors, 2016), Seuil (2017), traduit de l’afrikaans et de l’anglais (Afrique du Sud) par Catherine du Toit et Marie-Caroline Aubert.

Un petit Deon Meyer, mais un Deon Meyer quand même !

Le dernier Deon Meyer se fait étriller partout sur les blogs. C’est vrai, En vrille est loin d’être son meilleur roman. C’est vrai on attend davantage de lui. Ceci dit, je ne me suis pas ennuyé une minute.

MeyerErnst Richter est un homme en vue au Cap. Du moins pour ceux qui s’intéressent à la rubrique people et aux nouvelles technologies. Il est le créateur et le propriétaire de « Alibi », une boite qui vend des faux alibis à tous ceux qui veulent tromper leur conjoint sans se faire attraper. Drôle, bronzé, sympathique, il est un modèle pour les uns, le diable pour d’autres.

Maintenant il est mort. A la suite d’une tempête il est retrouvé par hasard enterré sous le sable d’une dune alors que cela faisait trois semaines qu’il avait disparu. Les Hawks de Benny Griesel sont en charge de l’enquête. Un Benny qui, à la suite du suicide d’un collègue, a replongé dans l’alcool. Il va avoir besoin de toute l’aide de ses collègues pour sortir la tête de l’eau et trier, parmi les dizaines de personnes qui lui en veulent à mort qui a tué Ernst.

Donc, est-il vrai que ce dernier ouvrage n’est pas le meilleur de son auteur ? A mon avis oui. C’est un petit Deon Meyer. Comme 13 heures par exemple, et loin de la puissance et du souffle de L’âme du chasseur, des Soldats de l’aube ou de Lemmer l’invisible par exemple. Est-il indigne pour autant ? Toujours à mon avis, non.

Si je dois comparer à mes lectures récentes, j’ai passé avec Benny un aussi bon moment qu’avec Zack ou Viens avec moi. Alors c’est vrai j’attends plus de Deon Meyer, et je suis un peu déçu. Mais je ne me suis pas ennuyé pour autant.

Pour commencer, une bonne partie du roman se déroule dans le milieu du vin, milieu qui m’intéresse. Sa façon d’inclure dans le récit un panorama de l’évolution de cette industrie si particulière des années 70 à nos jours en Afrique du Sud est habile, et le récit n’en souffre pas.

Ensuite, qu’il soit en forme ou complètement sous l’eau comme ici, j’aime bien Benny, et j’aime le retrouver. Lui et ses collègues qui, roman après roman, témoignent des difficultés à construire un pays débarrassé des vieux réflexes de l’apartheid. Eux qui, grâce à l’auteur, affrontent les nouveaux défis, les nouvelles horreurs, et se réjouissent parfois des réussites du pays.

Et pour finir l’auteur est un bon artisan qui sait construire une intrigue.

Donc ce n’est pas le livre de l’année, ce n’est pas le meilleur de l’auteur, les amateurs de bière peuvent peut-être passer leur chemin, mais une fois de plus j’ai passé de bons moments de lecture avec Deon Meyer.

Deon Meyer / En vrille (Ikarus, 2015), Seuil (2016), traduit de l’afrikaans par George Lory.

Bilan très subjectif de Toulouse Polars du Sud

Et voilà, la sixième édition est bouclée. Alors quel bilan ?

Commençons par les regrets … Le premier, l’incontournable Carlos Salem qui nous est arrivé avec une crève d’enfer, qu’il a dû vouloir soigner à la bière et à la clope … résultat, vendredi soir direction l’hôpital où il est resté tout le week-end. Et un festival TPS sans Carlos, c’est plus tout à fait TPS.

Carlos, écoute les infirmières, soignes-toi bien et rendez-vous l’an prochain !

Ensuite quelques copains ne sont pas venus cette année. Comme je ne déplace pas dans les salons (pour cause d’emploi du temps surchargé), c’est l’occasion de les voir qui disparait. D’un autre côté, finalement, ça a permis de passer plus de temps avec ceux qui étaient là … et toc. Et puis comme moi aussi je sais être pute, tout le monde ne nous a pas manqué. Re-toc.

Dernière chose, j’en ai déjà causé ici, je regrette aussi un certain manque de curiosité lors des rencontres dans les librairies de la ville. Les occasions de découvrir, avec du temps et en tête à tête des auteurs comme Eric Maravélias ou Ayerdhal sont rares, dommage qu’aussi peu de lecteurs se soient déplacés dans la semaine.

Pis c’est tout.

Tout le reste, c’est du bonheur.

On commence par les prix, c’est Le matériel du tueur de Gianni Biondillo qui a eu le prix Violeta Negra. Est-ce que je suis content ? Oui !

La rencontre avec Deon Meyer, et le regret qu’il n’ait pas pu rester pour le week-end.

L’occasion de passer une soirée avec Eric Maravélias que je découvrais, et Ayerdhal dont je suis fan depuis … on va dire longtemps, bien longtemps. Je m’étais fixé comme objectif de faire acheter toute la pile de Rainbow Warriors, je n’ai pas eu assez le temps de trainer sous le chapiteau pour y arriver, mais c’était bien quand même.

La rencontre les Docteurs du Polars, je trouve l’idée géniale, et j’ai l’impression qu’ils ont prescrit à tour de bras, merci et à une prochaine.

Par contre une frustration : pas trouvé le temps d’échanger plus de deux mots avec Marc Fernandez, l’an prochain ? On se fait une animation à deux ?

On a bien bossé avec Yan, avec peut-être une première : l’animation à deux d’une table ronde. Je me suis régalé, ça permet de dégager des thématiques en discutant, et si les deux animateurs jouent le jeu, il me semble que cela met encore plus les auteurs au centre du débat et efface davantage les animateurs. L’exercice a une limite bien entendu, je connais quelques animateurs (et même sous la torture je ne donnerai pas les noms) qui parlent déjà tellement qu’à deux ils n’ont plus besoin d’auteurs … Mais là, je crois que ça a bien fonctionné.

Plaisir de croiser quelques copains auteurs, avec la frustration d’avoir passé trop peu de temps avec eux : Benoit Séverac, Maïté Bernard, Michael Mention, Cristina Fallaras, Victor del Arbol, Serge Quadruppani, et plaisir tout aussi grand d’en rencontrer de nouveaux, Rafael Reig (même si je n’avais pas été entièrement conquis par son bouquin), et Lorenzo Lunar, un véritable plaisir, chaleureux, drôle, passionnant, bon client au bar … A vous donner envie de prendre tout de suite le billet pour Santa Clara.

Frustration de ne pas avoir pris le temps de dire à Jacques Mailhos qui était de passage mon admiration pour son travail … Mais voilà, quand on ne traîne ni à Lyon, ni à Paris on ne reconnaît pas vite les gens qui comptent vraiment, et après c’est trop tard. J’espère me rattraper l’an prochain.

En ce qui concerne les tables rondes, je n’ai pas pu tout voir, mais toutes celles auxquelles j’ai assisté étaient d’un excellent niveau :

Ca a été chaud entre Cristina Fallaras, Rafael Reig et Marie Van Moere sur « et les enfants dans tout ça », c’est parti d’emblée avec Rafael disant que l’enfance était une invention de la société, Cristina et Marie lui sont tombé sur le poil, j’ai un peu ramé pour traduire et Yan pour ramener le débat sur le terrain littéraire, mais au moins on ne s’est pas ennuyé !

Dimanche matin, j’étais censé co-animer une table ronde entre Gianni Biondillo et Gioacchino Criaco avec … Serge Quadruppani. Mais je ne suis pas inconscient ! Donc j’ai présenté les protagonistes, et j’ai laissé faire celui qui sait. Ce fut passionnant, drôle, pertinent, enjoué, du fond, beaucoup d’informations et d’émotion et toujours avec un talent de conteur très latin. Du coup j’ai promis à Gioacchino Criaco que, maintenant que je comprends un tout petit peu mieux la situation calabraise j’allais relire Les âmes mortes qui m’avait un laissé sur le bord du chemin malgré d’évidentes qualités.

L’après-midi j’animais avec Yan la table ronde qui me semblait la plus risquée : Les brûlures de l’histoire avec Gianni Biondillo, Victor del Arbol et François Médéline. La plus risquée parce que trois langues (donc traductions multiples à assurer), parce que les bouquins étaient très différents, et parce que la thématique choisie pour les relier pouvait sembler un peu tirée par les cheveux. Et là, sans doute la meilleure surprise du salon, tout fonctionne. Des auteurs qui se répondent sans qu’on ait à intervenir, des vraies correspondances dans les thèmes et les discours, mais aussi des différences qui relançaient la discussion. Beaucoup d’émotion, des rires, de l’intelligence et trois auteurs qui, toujours, ont ramené la thématique à leur rôle d’écrivain, à l’importance de la fiction à côté du travail des historiens. Vraiment la table ronde dont rêve tout animateur.

On a terminé en beauté, avec Lorenzo Lunar présenté par Victor del Arbol. Rencontre qui, en cette fin de festival m’a conforté dans mes certitudes : organisateurs de salons et de rencontres, si vous voulez réussir votre coup, invitez des latins. Italiens, espagnols, argentins, cubains … c’est un vrai bonheur. Une heure sous le charme, au moins pour les spectateurs. Comme j’étais à la traduction, et que je commençais à fatiguer, j’ai un peu ramé, me suis mélangé les pinceaux et pris les pieds dans plusieurs tapis, mais Lorenzo et Victor étaient tellement expressifs et leur enthousiasme communicatif que je suis certain que tout le monde a compris. Une heure cubaine donc, avec une déclaration d’amour de Lorenzo à son quartier, le plus populaire de Santa Clara. Et un hommage appuyé à Leonardo Padura dont l’arrivée dans la littérature est, selon lui, l’événement culturel le plus important des trente dernières années à Cuba.

Je ne terminerai pas sans un coup de chapeau appuyé à tous ceux qui ont trimé toute l’année, dans des conditions pas faciles, parfois contre vents et marées, et à tous ceux qui ont couru partout toute la semaine, et encore plus ce week-end pour que tout se passe bien. Et tout c’est très bien passé, et dans la bonne humeur s’il vous plait. Hier soir, j’ai vu beaucoup de valoches sous les yeux, beaucoup de bâillements, mais aussi beaucoup de sourires. Et les futs de bière étaient à sec, et si ça c’est pas un signe !

Merci à tous et rendez-vous l’année prochaine.

Rencontre avec Deon Meyer

Deon Meyer était donc à la librairie Ombres Blanches hier en fin d’après-midi, devant une foule innombrable ! Bon, sans doute nombrable, mais il y a avait beaucoup de monde et pas mal de gens debout.

DM Ombres 01

Première constatation, à l’image d’une grande majorité de ses collègues américains, Deon Meyer est beaucoup plus à l’aise quand il parle de ses personnages et de son écriture que quand on le questionne sur ses opinions.

Mais c’est aussi comme cela qu’il parle de son pays.

La culpabilité que ressent Benny Griessel est celle que ressentent les gens de sa génération, celle d’avoir vécu longtemps sous un régime inacceptable. La liberté, l’énergie, la confiance en lui d’un personnage comme Tyrone sont ceux de cette nouvelle génération (à laquelle appartiennent les enfants de l’auteur) qui n’a connu que le nouveau régime, et qui n’a pas la double honte d’avoir, même passivement, cautionné l’apartheid et d’avoir en conséquence été les parias du monde.

Ces personnages qu’il invente sont une autre famille pour lui, une famille avec laquelle il passe finalement plus de temps qu’avec quiconque. Du coup, chaque fois qu’il les laisse, il commence à se faire du souci pour eux … Alors oui, on reverra Griessel et Mbali, par contre Tyrone ne devrait pas revenir.

Ces personnages d’ailleurs s’invitent de leur propre chef dans ses histoires. Il n’avait au départ jamais envisagé que Thobela et Griessel se rencontrent, ou Lemmer et Joubert. Ce sont eux qui se sont invités, malgré lui, dans l’histoire en cours.

Au cours de la discussion, une chose ressort quand même : Quoiqu’on dise sur les problèmes, réels, de l’Afrique du Sud, l’apartheid est bel est bien terminé, et si la démocratie qu’il a qualifiée de système compliqué et même bordélique ne résout pas tout, loin s’en faut (sinon, il serait au chômage), s’il existe mille raisons de se haïr ou de se trucider en Afrique du Sud, les lignes de séparation ne sont plus raciales mais économiques. Ce ne sont plus les noirs contre les blancs, mais les riches contre les pauvres. Et comme dans ses romans, comme dans la police qu’il décrit, les gens ont appris à travailler ensemble. Ce qui est une grande amélioration si on compare à la situation qu’il a connue jeune.

Pour en finir, on a parlé un peu écriture et travail de la langue, ou plutôt des langues en l’occurrence. Il écrit pour donner envie au lecteur de tourner les pages. C’est presque ce qu’il revendique le plus avec sa tendresse pour ses personnages.

Et il écrit de plus en plus dans une langue en pleine évolution : Il y a onze langues officielles en Afrique du Sud. Donc si les parties descriptives sont « purement » en afrikaans, les dialogues, eux, se doivent de respecter la pratique de la rue, à savoir un mélange permanent de deux ou trois langues, anglais, afrikaans, zoulou, xhosa etc … Un mélange qui, il en est persuadé, donnera dans quelques décennies une nouvelle langue.

Reste la difficulté pour ses traducteurs de rendre cette richesse et cette diversité sans perdre le lecteur (d’où le glossaire en fin de bouquin).

Voilà, c’est très résumé, très partiel auquel il manque un grand remerciement : Benoit Séverac a été impérial à la traduction.

J’arrive trop tard pour annoncer les rendez-vous de ce soir, mais sachez juste que :

Jeudi j’animerai la rencontre avec Eric Maravélias à Ombres Blanches et Ian Manook sera à Escalire (à Escalquens)

Vendredi je serai à Bédéciné avec Ayerdhal, Philippe Georget sera à Série B, et la première table ronde, autour des serial-killers aura lieu à La renaissance.

Et on attend beaucoup de monde à La Renaissance tout le week-end.

PS. Appel au peuple : Il y a eu des photos de faites, si je peux en récupérer une ou deux pour illustrer …

Deon Meyer, Kobra

Ce fut un peu juste (il vient de sortir), mais j’ai terminé le dernier Deon Meyer, Kobra, juste avant la rencontre de mardi.

Meyer-KobraDans une maison d’hôte luxueuse, au cœur d’un domaine viticole proche du Cap, trois hommes ont été abattus, avec une efficacité qui ne laisse aucun doute sur le professionnalisme du tueur. Sur les douilles laissées sur place, un cobra gravé. Deux des victimes travaillaient pour Body Armour, une agence de sécurité haut de gamme. Ils étaient censés protéger un citoyen britannique qui a disparu. Très vite les services secrets s’en mêlent. Entre les tueurs qui cherchent quelque chose, Benny Griessel, de la brigade des Hawks et les barbouzes la course poursuite commence.

OK, ce n’est peut-être pas le meilleur Deon Meyer. Mais qu’est-ce que je me suis régalé ! Un sacré sens du rythme, avec un final, modèle de construction (que certains trouveront sans doute trop cinématographique) mais, finalement, quel mal y a-t-il à se faire du bien ? Oui Deon Meyer maîtrise parfaitement toutes les ficelles de son métier. Et il en joue de façon virtuose.

Derrière l’exercice de style parfaitement réalisé, une fois de plus, la réalité sud-africaine, avec des restes de culpabilité (comme celle de Benny), un pays où les couleurs et les langues se mélangent de plus en plus, un pays totalement ouvert sur le monde, après la période de boycott dû à l’apartheid. Un ouverture, pour le meilleur et pour le pire, et surtout le pire ici, vu qu’on est dans un polar, et qu’on se focalise sur ce qui ne va pas : l’argent sale qui pourrit tout, au Cap comme ailleurs.

Un pays également qui est sorti de l’état de grâce politique post apartheid, où la corruption, les sales jeux du pouvoir et la confiscation des moyens de l’état au profit d’intérêt personnels (entre autres) sont de plus en plus visibles. Mais avec une réaction, toujours vive, de ceux qui ont combattu et qui croient encore à certaines valeurs. Un pays complexe et attachant que l’auteur dépeint dans toute sa diversité.

Vivement mardi soir qu’on en cause de vive voix …

Deon Meyer / Kobra (Kobra, 2013), Seuil/Policiers (2014), traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Estelle Roudet.

Rencontres toulousaines.

C’est la rentrée, cela n’aura échappé à personne. Et je suis plongé dans un pavé de plus (la rentrée est pavée de pavés plouf, plouf). Le dernier Padura, dense et passionnant (et dense …).

Ceci dit, pour les toulousains, entre fin septembre et début octobre, si vous voulez m’éviter il va falloir faire attention, je serai partout !

Jeudi 25 septembre, à partir de 20h (modification d’horaire), j’aurai l’immense plaisir et honneur d’animer la rencontre avec Leonardo Padura (justement) à Ombres Blanches.

La semaine suivante, mardi 30 septembre, rebelote, pour une rencontre avec Aro Sáinz de la Maza, à propos de son roman Le bourreau de Gaudí (que je n’ai pas encore lu …), toujours à Ombres Blanches, toujours à 18h00.

Dimanche 5 octobre à 15h00, dans le cadre de La Novela, je serai dans les jardins Raymond VI (du côté du musée des abattoirs) pour causer avec ceux qui viendront de Ville et Polar.

Ensuite c’est Toulouse Polars du Sud qui démarre. Avec cette année une nouveauté (entre autres) : l’ouverture à peine esquissée l’année dernière vers les librairies de l’hyper centre-ville s’accentue, et s’accentue en beauté. Les auteurs seront dans toutes les librairies indépendantes durant la semaine du 6 au 11 octobre, et pour ma part j’animerai trois rencontres :

  • Mardi 7 octobre à partir de 18h00, Deon Meyer sera à Ombres Blanches. Profitez-en, il ne pourra pas rester pour le week-end, victime d’une tournée européenne très fournie.
  • Jeudi 9 octobre, toujours à partir de 18h00, toujours à Ombres Blanches, ce sera Eric Maravélias. L’occasion de rencontrer cet auteur dont Aurélien Masson nous avait dit le plus grand bien lors de sa venue à Toulouse (et il avait bien raison).
  • Vendredi 10 octobre, à partir de 16h30-17h00, Ayerdhal sera à la librairie Bédéciné.
  • Et Eric Maravélias et Ayerdhal restent le week-end et seront en très bonne compagnie (Pierre Lemaître, Yasmina Khadra, Serge Quadruppani, Gianni Biondillo, Carlos Salem, Lorenzo Lunar, Stéphanie Benson, Cristina Fallaras, Michael Mention etc …) à la librairie de La Renaissance.

Je vous reparlerai bien entendu de tout ça au fur et à mesure des rencontres, mais vous pouvez commencer à cocher les dates dans vos agendas.

7 jours, Deon Meyer

Depuis son tout premier roman traduit en France, je suis un inconditionnel de Deon Meyer. Certains de ses livres sont de pures merveilles de divertissement, comme 13 heures, d’autres ont en plus une profondeur et une qualité d’analyse et de description de la société sud-africaine qui le haussent au niveau des plus grands. Tous, toujours, m’ont fait passer d’excellents moments de lecture. C’est une fois de plus le cas avec 7 jours.

MeyerPanique chez les flics du Cap. Quelqu’un les menace par mail des pires représailles s’ils n’arrêtent pas de protéger le meurtrier d’une jeune avocate, Hanneke Sloet. Le problème est que la police ne protège personne et a plus ou moins abandonné l’affaire, faute de trouver la moindre piste à laquelle se raccrocher. Ce ne serait pas trop grave si l’allumé ne menaçait pas de tirer sur un policier par jour de retard pris par la traque du meurtrier. Et surtout s’il ne commençait pas à mettre ses menaces à exécution. C’est là que la panique gagne.

Alors que la recherche du tireur commence, Benny Griessel est chargé de reprendre l’enquête sur la mort d’Hanneke depuis le début. Pauvre Benny, empêtré dans sa lutte contre l’alcoolisme, son divorce, le désert de sa vie privée et ses doutes grandissant sur sa capacité à mener quoi que ce soit à bien. Pauvre Benny incapable de se dépatouiller dans la jungle des réseaux sociaux, des avocats d’affaire et de leurs montages sophistiqués … Et en train de tomber amoureux de la belle chanteuse rencontrée lors d’une précédente enquête.

Deon Meyer n’a pas un seul héros récurrent, mais quelques personnages que l’on retrouve, d’un roman à l’autre. Cette fois c’est Benny Griessel, dans la continuité de 13 heures, qui a le rôle principal. Un personnage qui prend peu à peu de l’épaisseur, et qui apprend à travailler avec ses nouveaux collègues. Un personnage de roman noir pur et dur, en plein doute, paumé dans sa vie, paumé dans un métier auquel il a l’impression de ne plus rien comprendre. Et autour de lui, comme chez les plus grands du roman procédural, une galerie de personnages secondaires se met en place, tranquillement mais très efficacement.

Rien que pour ça, et pour la maîtrise parfaite du tempo et du suspense de Deon Meyer, 7 jours vaut le déplacement.

Cerise sur le gâteau, 7 jours n’est pas seulement un excellent divertissement, parfaitement écrit et construit. C’est aussi le portrait d’un pays en permanente évolution, un pays contrasté, où on trouve pêle-mêle des gens débarrassés de l’héritage de l’apartheid, des gens qui se souviennent et ressentent honte ou envie de revanche, mais aussi quelques ilots d’un racisme primaire et viscéral qui semble venir d’une époque révolue.

Un pays où certains des anciens combattants ont su très bien tirer leur épingle du jeu, et abuser de leurs nouveaux privilèges, un pays de frustrations, de corruption et de violence. Mais également un pays qui donne enfin leur chance à des pans entiers de la population, un pays où les institutions fonctionnent, tant bien que mal, mais fonctionnent. Au final, un pays dont l’auteur est fier, à juste titre et qu’il défend très bien, sans aveuglement, mais avec enthousiasme, empathie et talent.

Deon Meyer / 7 jours (Seven days, 2012), Seuil/Policiers (2013), traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Estelle Roudet.

Deon Meyer, A la trace.

Le début d’année est très riche. Et parmi les livres à ne rater sous aucun prétexte, le dernier Deon Meyer, A la trace, un pavé (plus de 700 pages) qui risque de vous faire passer quelques moments de fébrilité, de ceux où vous essayez vainement de vous débarrasser d’un pote, d’un parent, d’un collègue … qui vous empêchent de vous replonger dans le bouquin en cours. Tout ça pour être désolés quand vous le terminez.

MeyerMilla, mère au foyer dans une famille aisée décide de plaquer un mari et un fils qui la méprisent. Elle trouve un travail de rédactrice à l’Agence de Renseignement Présidentielle au moment où celle-ci commence à s’intéresser de très près à l’agitation soudaine d’un groupe d’extrémistes liés à Al-Qaïda.

Lemmer, garde du corps privé de l’agence Body Armour est recruté pour accompagner le transport, soi-disant sans surprise, de deux rhinocéros noirs du Zimbabwe à une réserve privée en Afrique du Sud.

Mat Joubert vient de démissionner de la police du Cap et est entré dans la grosse agence de privés montée par un ex collègue. Sa première mission consiste à retrouver un homme, employé sans histoire de la compagnie de bus municipale, qui a disparu depuis quatre mois sans laisser la moindre trace.

Mais quel est donc le lien entre ces trois histoires ? Et que vient faire Lukas Beker, archéologue, dans cette mélasse ? Cela, seul Deon Meyer le sait …

Plus de 700 pages et pas une baisse de rythme, pas un moment de trop. Deon Meyer au sommet de son art qui convoque ici quelques-uns de ses anciens personnages pour ce thriller impeccable. Et c’est un des grands plaisirs de ce roman que de retrouver Mat Joubert de Jusqu’au dernier, Lemmer de Lemmer l’invisible, et même d’entendre évoquer Griessel du Pic du Diable et de 13 heures. C’est d’ailleurs un bon indicateur de la qualité d’un auteur, cette capacité à créer des personnages qu’on est tellement content de retrouver.

Une histoire excellente et des personnages attachants, voilà une bonne base. Mais comme souvent chez Deon Meyer, son roman offre encore plus. En plus de prendre un plaisir immense à l’intrigue, le lecteur voyage, apprend à connaître un pays contrasté, passe d’une banlieue chic au racisme feutré (pas trop feutré) à un parc en pleine nature, suit une enquête des services secrets après avoir roulé dans la brousse avec deux rhino à l’arrière du camion, lit des rapports de documentalistes pour suivre ensuite une scène d’action millimétrée … Le tout en toute fluidité, sans jamais donner l’impression de forcer le trait ou de faire quelque chose de difficile. Et pourtant, cela doit l’être, difficile, d’amener tout cela de façon en apparence aussi naturelle.

Au final, on a une image sociale, historique, économique, géographique, géopolitique, criminelle et politique du pays, alors qu’on a eu l’impression, tout le temps, de lire un thriller tiré au cordeau. Chapeau l’artiste !

Deon Meyer / A la trace (Spoor, 2010), Seuil/Policiers (2012), traduit de l’afrikaans par Marin Dorst.

Rencontre avec Deon Meyer.

La toute première impression, quand on rencontre Deon Meyer, est qu’on a affaire à deuxième ligne Springbok. Et dès qu’il sourit et commence à parler on se dit que ce deuxième ligne est aussi adorable qu’impressionnant. Au bout de quelques phrases, on sait qu’en plus il est aussi passionnant que ses bouquins.

D’emblée il tient à mettre les choses au point : Il n’est pas un écrivain, juste un raconteur d’histoires. Les écrivains sont les gens qui reçoivent des prix, lui, il insiste, ne fait que raconter des histoires. Inutile donc de lui demander s’il est le témoin ou le porte parole d’une époque ou d’un pays … Il raconte des histoires.

Mais, un fois qu’on a compris cela (et qui est un position commune à presque tous les auteurs anglo-saxons, totalement opposée à celle de beaucoup d’auteurs latins, qu’ils soient français, italiens ou hispaniques) on pose les bonnes questions et on arrive … au même résultat.

Donc Deon Meyer est un raconteur d’histoires, mais aussi, et peut-être surtout, un créateur de personnages. Et s’il nous torture, nous lecteurs, en n’écrivant pas de séries où l’on puisse, justement, suivre ces personnages, c’est qu’il les aime trop. Après ce qu’il leur fait subir dans ses livres, il ne trouverait pas correct de les refaire souffrir de nouveau dans le suivant. Alors il invente un nouveau personnage. Mais ses « vieux amis » sont là en guest stars, tout d’abord parce qu’il les connait bien et les a, sans effort, sous la main et sous la plume, et aussi pour les avoir à l’œil et s’assurer qu’il ne se mettront pas trop dans le pétrin (c’est qu’ils ont tous tendance à plonger dans les emmerdes dès qu’il cesse de les surveiller).

Thobela, le magnifique guerrier de L’âme du chasseur est un cas à part. Ce n’est pas sa faute s’il l’a lui a fait subir les pires avanies dans deux romans consécutifs, c’était une exigence de son éditeur anglais … Ce personnage, il l’a rencontré dans une aéroport, grand gaillard noir lisant les résultats du rugby à côté de lui. En discutant, il découvrit qu’il avait appris à jouer au rugby … en URSS, en formation pour la branche armée de l’ANC. L’histoire lui plut, il l’a tournée, retournée, jusqu’à créer Thobela.

A la question de la situation du polar dans son pays, voilà ce qu’il répond. Il n’y avait pas de polar en Afrique du Sud pendant l’apartheid. Parce que tout roman critiquant le régime aurait été censuré, et parce qu’il était impossible de mettre en scène un flic, alors qu’il était au service d’un état qu’il a qualifié de Evil. Et aussi parce qu’on considérait que les « good persons » ne lisait pas ce genre de livres. Heureusement dit-il avec un grand sourire, il n’était pas « so good » et il a lu essentiellement du polar. Et c’est donc ce qu’il a ensuite écrit, sans même le savoir, jusqu’à ce qu’un critique écrive que son roman en était un (de polar), et un excellent en plus.

Et petit à petit, on en est venu au fond, même s’il se défend d’être un auteur à thèse. Oui le passé est très présent dans ses romans, oui les crimes du présent plongent leurs racines dans le passé ségrégationniste, parce que de tels traumatismes ne s’effacent d’un coup de baguette magique. Et effectivement, ce passé est moins important dans le dernier roman, 13 heures, parce que les jeunes générations l’oublient de plus en plus. Si les gens de son âge sont à jamais marqués par l’apartheid, c’est quelque chose d’incompréhensible pour ses enfants qui vont dans des écoles « mixtes » et ont des copains de toutes les ethnies et de toutes les couleurs de peau, sans même s’en rendre compte.

Pour rendre compte de la diversité de son pays, il est très heureux d’être écrivain, ce qui lui permet de se mettre dans la peau de personnages d’origines, d’idées et de motivations variées pour ne pas dire antagonistes et de tenter ainsi de comprendre les divers points de vue. Si en plus il arrive à rendre cette complexité (et c’est bien le cas), il est comblé.

Oui, son pays et sa ville sont très présents dans ses romans, mais ce n’est pas un intention. C’est juste que ses personnages, comme lui, comme tous les Sud-Africains (toutes races confondues) aiment profondément leur pays et en sont très fiers. Cet amour et cette fierté (malgré tous les problèmes qu’il ne minimise pas) sont naturellement là dans ses romans.

Pour en revenir à 13 heures, il nous a avoué avec un grand sourire que s’il avait fait de Benny le superviseur de jeunes flics c’est, d’une part, parce que c’est une réalité dans un pays où une poignée de flics expérimentés doit former toute une génération de jeunes sans expérience, et surtout qu’il savait qu’il allait détester ce boulot …

Il a ensuite remercié sa traductrice Estelle Roudet, présente dans la salle, pour l’excellence de son travail, qui l’a obligé, a-t-il dit, à apprendre l’afrikaner, le zoulou et le xhosa, pour pouvoir traduire ses bouquins.

En conclusion d’un peu plus d’une heure de rencontre, il nous a tous exhortés à venir dans son pays, à le visiter, insistant sur la fait qu’il écrit des romans policiers, que ses livres ne sont pas le miroir de la réalité du pays, mais un prisme déformant. Il nous a surtout demandé de ne pas trop croire la presse européenne qui transforme le meurtre « banal » d’un illuminé raciste mais totalement isolé dans le pays qui ne payait pas ses ouvriers en début de guerre raciale, mais n’écrit pas une ligne sur les soirées de fête qui ont suivi, dans Soweto, la victoire d’une équipe sud Africaine dans le Super 14 (c’est du rugby). Des soirées de fête qui ont vu les supporters blancs afrikaners faire la bringue, dans Soweto, avec les habitants du township le plus symbolique de l’ancien régime. Comme il le dit « Good news is no news ».

Voilà, vous aurez compris que ce fut une très belle rencontre, avec un écrivain (ou raconteur d’histoires) adorable et passionnant, et que je commence à regarder le prix des billets pour Le Cap …

Et merci au marathon des mots et à Pascal Dessaint de m’avoir permis de le rencontrer.