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Une comédie d’espionnage

J’avais beaucoup aimé la série d’Olen Steinhauer qui se déroulait dans les pays du pacte de Varsovie. Puis, pour des raisons inconnues, même de moi, j’ai arrêté de le lire. Je reprends avec son nouveau roman traduit : A couteaux tirés.

SteinhauerHenry travaille à la CIA, en poste à Vienne. Celia, son ancienne maîtresse et collègue a quitté l’agence brusquement, cinq ans plus tôt et est maintenant mariée et mère au foyer en Californie. Elle est partie après un énorme fiasco : des terroristes avaient pris le contrôle d’un avion de ligne à son arrivée à l’aéroport, demandant la libération de prisonniers. Echec de la CIA, erreur des uns ou des autres, tous les passagers, terroristes compris étaient morts à bord.

Cinq ans plus tard l’enquête montre que quelqu’un, à l’agence de Vienne, était en contact avec eux. Qui ? C’est ce qu’Henry est chargé de découvrir. Il a fixé un rendez-vous à Celia, ils vont diner ensemble dans un restaurant à la mode de la côte californienne. Un diner aux allures romantiques, mais les couteaux pourraient être de sortie.

Je ne vais pas bouder mon plaisir. A couteaux tirés, qui se déroule quasiment uniquement dans le restaurant et est en grande partie constitué des dialogues entre les deux espions est un délicieux exercice de style. On ne s’ennuie pas une seconde, ça fuse, ça pétille … même si la révélation finale peut laisser un poil sceptique.

Mais c’est aussi là sa limite, si on compare à la série impressionnante qui a fait connaître Olen Steinhauer. On est loin, très loin de la puissance, de l’originalité et du souffle de romans comme Cher camarade, 36, boulevard Yalta ou La variante Istanbul. Alors forcément, j’ai été un peu déçu, j’en attendais plus.

Ceci dit, vous pouvez lire ce dernier roman comme un excellent divertissement, entre roman d’espionnage (pour l’histoire) et comédie américaine à l’ancienne (pour la vivacité des dialogues). De là à présenter l’auteur comme le digne héritier de John Le Carré comme on peut le lire en quatrième, il y a un pas que je me garderais de franchir … Du moins sur ce roman.

Olen Steinhauer / A couteaux tirés (All the old knives, 2015), Presses de la cité/Sang d’encres (2016), traduit de l’anglais (USA) par Sophie Dupont.

Un très bel hommage à Kipling

Je continue les découvertes avec un auteur à côté duquel j’étais complètement passé. Une chronique de Yan m’a convaincu d’essayer Le grand jeu de Percy Kemp.

KempDes terroristes aidés par l’inaction complice des services secrets britanniques ont jeté le monde dans le chaos. En faisant exploser une charge nucléaire dans un immense volcan aux US ils ont couvert le monde d’une nuage de cendres qui a tout bouleversé. Après un hiver de plus d’une année, tout le nord de la planète meurt de faim, la civilisation basée sur l’électricité s’est effondrée et le Brésil et l’Australie, beaucoup plus épargnés, sont en train de devenir les nouvelles grandes puissances.

C’est dans ces conditions qu’Harry Boone, ex espion de sa gracieuse majesté réfugié à Sydney est remis en service par son ancien chef qui lutte pour conserver la suprématie anglo-australienne face au Brésil, à la Chine qui lutte de toute ses forces, et même face aux US. Il s’agit de retrouver l’inventeur d’un procédé génial permettant de synthétiser quasiment sans énergie des protéines à partir d’algues. Celui qui lui mettra la main dessus tiendra l’avenir de l’humanité. Les chinois et les américains sont déjà sur sa piste, en Inde.

En Inde justement, Mick, douze ans, est un des rares rescapés après l’attaque d’Auroville, une utopie construite avant la catastrophe dans le sud du pays par des gens venus du monde entier. Une utopie qui arrivait à survivre, et a attiré la convoitise de pirates qui l’ont rasée. Après quelques centaines de kilomètres à travers le sud du pays, Mick dont les parents ont été tués dans l’attaque d’Auroville arrive à Cochin, où Boone doit débarquer. Les voilà partis pour « le grand jeu ».

Deux choses m’ont frappé à la lecture de cet excellent roman. La première c’est la référence, évidente, à Kim de Kipling. Référence qui vient à l’esprit dès la lecture du résumé, et qui est assumée de façon ouverte par les personnages du roman qui s’y réfèrent souvent. La seconde, c’est quand j’ai cherché partout le titre original et le traducteur, tant j’étais persuadé que seul un anglais pouvait écrire un roman d’espionnage d’une telle qualité. Il est bien britannique (ouf !), mais il écrit en français.

Je découvre donc, enfin, Percy Kemp avec ce roman, et je suivrai attentivement les suivants ; je me suis régalé. Tout pour plaire. Ce très bel hommage à Kipling qui avait enchanté ma jeunesse est un roman riche et passionnant : roman d’aventure, roman d’espionnage, roman d’initiation, dystopie qui permet à l’auteur d’explorer les relations internationales dans un cadre où les rapports de forces auraient changé  …

Les personnages sont attachants, l’auteur raconte, décrit, sans porter de jugement marqué (au lecteur de se faire son opinion), les coups de théâtre ne manquent pas, et l’auteur sait parfaitement alterner les passages de pure aventure et les analyses géopolitiques sans que cela ne ralentisse jamais le récit.

Un vrai plaisir, original et intelligent. Bonne nouvelle, au vu du final très ouvert, il devrait y avoir une suite.

Percy Kemp / Le grand jeu, Seuil (2016).

Fallait pas réveiller le Condor

James Grady revient, et il revient avec un Condor qui est passé par Mad dogs : ça donne Les derniers jours du Condor.

les derniers jours du condor.inddLe légendaire Condor a disparu de la circulation pendant des années. Enfermé dans une clinique très spéciale qui traite les agents de la CIA qui ont complètement fondu les plombs. Depuis quelques semaines, il est de nouveau dehors. On lui a trouvé un travail sans risque, à la bibliothèque du Congrès, et deux collègues, Faye et Peter sont chargés de passer régulièrement vérifier s’il va bien et surtout s’il prend bien ses médicaments …

Un soir, en rentrant chez lui, Condor trouve Peter égorgé et crucifié à sa cheminée. L’histoire semble se répéter, des années plus tard. En moins de trente minutes il prend ses affaires et s’enfuit, échappant de peu à la police. Le voilà de nouveau traqué dans Washington, sans savoir sur qui il peut compter.

Il faudrait que je relise et revois les trois (ou six) jours du Condors pour voir ce qui a été repris ici (même si je me suis, quand même, rendu-compte que ce n’est sans doute pas un hasard si l’aide de Condor s’appelle Faye). Je me souviens par contre suffisamment bien de Mad Dogs, précédent roman traduit de James Grady pour voir qu’on est ici dans le même univers d’espionnage et de paranoïa.

Un domaine où l’auteur maîtrise totalement sa narration et son sujet. Le lecteur se fait complètement embarquer dans cette fuite démente (dans tous les sens du terme), où la folie et les troubles de mémoire du personnage central sont le reflet de la folie d’une époque et d’un système. Où la fuite en avant technologique commencée bien avant le 11 septembre, mais accentuée ensuite, devient la fuite d’un poulet sans tête, ou pire, la fuite d’un poulet … dont plus personne ne sait où se trouve sa tête !

C’est jouissif, c’est intelligent, il faut un peu s’accrocher au début, mais on est bien récompensé, et en bonus il y a quelques scènes d’anthologie. A lire donc. Les espions de James Grady ont pris des rides, se bourrent de cachetons mais n’ont rien perdu de leur patate !

James Grady / Les derniers jours du Condor (Last days of the Condor, 2015), Rivages/Thriller (2015), traduit de l’anglais (USA) par Hubert Tézenas.

Espionnage à l’américaine

Encore un rattrapage en attendant le flot de la rentrée. Un roman d’espionnage, Le moineau rouge de l’américain Jason Matthews.

MatthewsLa guerre froide est finie mais entre les USA et la Russie de Poutine ce n’est quand même pas le grand amour. Nate Nash est un des nombreux agents en poste à Moscou. Il a ceci de particulier qu’il est l’agent traitant de MARBRE, une taupe très haut placée au sein du renseignement russe qui renseigne la CIA depuis presque quinze ans. Lors d’un contact, MARBRE est à deux doigts d’être arrêté et Nate Nash est identifié par les services russes.

Il est alors muté à Helsinki ou le SVR, héritier du KGB envoie la très belle Dominika Erogova, ancienne danseuse, étoile montante du service pour le piéger. Mais dans ce jeu ou chacun a ses intérêts, d’un côté comme de l’autre, et où les masques sont nombreux, au final, qui va tromper qui ?

Jason Matthews étant un ancien de la CIA qui se met à écrire un roman d’espionnage, on ne pouvait pas éviter la référence à John le Carré. Autant s’en débarrasser tout de suite, Matthews n’est pas Le Carré. Il lui manque la distance et l’œil critique de son génial ainé, cette capacité à décrire un monde complexe sans prendre pour acquis que l’on est forcément dans le « bon camp ». Chez Matthews, pas de doute, même s’il y a des brebis galeuses et des imbéciles côté américain, le bon droit est dans leur camp.

Ceci étant dit, et cette réserve exprimée, ensuite ça marche du feu de Dieu. L’auteur a un réel talent pour camper ses personnages, tisser son intrigue et embarquer un lecteur dans un tourbillon de coups de théâtres, traîtrises et retournements de situation avec un sens de la construction et du suspense impressionnants, surtout si l’on considère que c’est un premier roman. Une fois commencé, impossible de lâcher ce moineau.

D’autant plus impossible que la connaissance du terrain et de la réalité de l’auteur lui évite les chausse-trappes à la James Bond qui pourraient faire ricaner le lecteur. Non, ça sonne juste, les personnages sont incarnés, et on frémit d’un bout à l’autre.

Un excellent divertissement.

Jason Matthews / Le moineau rouge (Red sparrow, 2013), Cherche Midi (2015), traduit de l’anglais (USA) par Hubert Tézenas.

Un Stuart Neville historique

Stuart Neville laisse de côté son flic irlandais, Jack Lennon. Avec Ratlines, il revient sur le passé récent, et pas toujours reluisant de l’Irlande.

RATLINES.indd1963, trois anciens nazis qui ont trouvé refuge en Irlande sont trouvés assassinés. Une affaire qui embête beaucoup le gouvernement, peu fier de ses sympathies l’Allemagne hitlérienne, à la veille de la visite du Président Kennedy. Sur le dernier cadavre, un message est adressé au colonel Otto Skorzeny, ancien commando d’Hitler, qui vit très bien à Dublin, invité par les plus grandes fortunes du pays. Le ministre de la justice, ami d’Otto, charge Albert Ryan, des services secrets irlandais, qui a combattu avec les anglais durant la guerre, de faire la lumière sur cette affaire de la manière la plus discrète possible.

Ryan va se retrouver face à des choix douloureux, entre les ordres qu’on lui donne et l’horreur que lui inspire la personne qui tire les ficelles de son ministre. Et il n’a pas encore conscience du nid de serpents qui l’attend.

J’ai beaucoup aimé, vraiment beaucoup les premiers romans de Stuart Neville traduits en français. Et j’avais très envie d’être aussi enthousiaste avec ce dernier. Et puis non.

Le fond historique est passionnant et j’y ai appris quantité de choses. Pas que les nazis étaient des affreux, ça on le sait. Je savais aussi vaguement que, partant de l’imbécillité trop répandue disant que « l’ennemi de mon ennemi est mon ami » certains irlandais avaient eu des sympathies pour l’Allemagne hitlérienne juste parce qu’ils étaient en guerre contre les anglais. Mais je ne savais pas que c’était à ce point, que des filières pour extrader les nazis étaient passées par l’Irlande, que certains personnage peu recommandables y étaient restés. Je ne connaissais pas non plus le lien avec les bretons bretonnants … Bref passionnant historiquement.

Par contre j’ai eu un peu de mal avec la partie littéraire : Une intrigue parfois tirée par les cheveux, et surtout, je ne suis pas parvenu à m’intéresser aux personnages qui m’ont semblé manquer singulièrement de chair, d’émotions et de tripes. Seul le ministre irlandais corrompu et tordu m’a bien plu, seul ce personnage est un peu complexe. Les autres sont vraiment trop rapidement esquissés ou même trop caricaturaux à mon goût.

Alors certes, comme le fond est très intéressant, j’ai lu le roman sans déplaisir, mais j’aurai aimé être beaucoup plus enthousiaste. Comme si l’auteur avait été trop centré sur la réalité historique pour donner vie aux personnages inventés et soigner son intrigue. Dommage.

Stuart Neville / Ratlines (Ratlines, 2013), Rivages/Thriller (2015), traduit de l’anglais (Irlande) par Fabienne Duvigneau.

Henry Porter

Je n’ai pas grand-chose sur Henry Porter qui est apparu, assez récemment, sur la scène des grands écrivains d’espionnage. On peut aller sur son site, mais on n’y trouve que peu de renseignements biographiques (il vit à Londres, est écrivain et journaliste, il écrit dans l’observer).

Je n’ai même pas lu tous ses romans traduits, seulement deux, mais ils m’ont marqué, par leur construction, leur intelligence et leur suspense. Tout pour faire d’Henry Porter le digne héritier du grand Le Carré.

Nom de code : Axiom day commence à Londres, à 19h30. Stan Lindow, irlandais, récemment revenu pour prendre un poste à l’Imperial College après une brillante carrière au MIT attend son frère Eammon dans Clarence Street quand le bus qui approchait explose. Aussitôt c’est l’enfer. Stan est blessé et amené à l’hôpital. Au moment de sortir, il est embarqué par deux policiers, et apprend avec stupéfaction qu’il est considéré comme suspect. Interrogé sans relâche, il ne craque pas, mais apprend qu’Eammon qui était dans le bus est très grièvement blessé, et est soupçonné d’être son complice. Le commissaire Foyle, en charge de l’enquête, est presque sûr que les deux frères sont innocents, et après la garde à vue réglementaire, fait libérer Stan. Mais Foyle est aussitôt désavoué par sa hiérarchie, et les services secrets font pression pour le faire évincer. Pourquoi ? Qu’est-ce qui pousse tous ces hauts personnages à insister sur la culpabilité d’un innocent ? Qui protège t’ils ainsi ? Quel secret inavouable ?

Tout est réussit dans ce pavé qui se lit d’une traite, de préférence pendant les vacances pour ne pas devoir perdre du temps au travail : Les personnages sont très convaincants, bien construits, complexes, humains, avec leurs forces, leurs faiblesses, leurs ambitions, leur noblesse mais aussi leurs côtés moins ragoûtants. Le contexte est bien rendu, autour de la question irlandaise, et des difficultés qu’il y a à construire la paix, après tant d’années de guerre, et d’enchaînement aveugle attentat / répression. Pour finir, la construction prend son temps, met bien les choses en place, accroche le lecteur, pour accélérer et finir en apothéose dans un suspense parfait qui empêche de lâcher le bouquin une fois entré dans la dernière ligne droite.

Empire state, pour sa part, traite du terrorisme islamiste. Malgré la vigilance des services secrets anglais, un conseiller spécial du président des Etats-Unis est assassiné lors de son arrivée à Londres où il devait rencontrer le premier ministre. Au même moment, à l’aéroport d’Heathrow, Isis Herrick, chargée de la filature d’un libraire musulman, remarque un étrange manège parfaitement coordonné, qui conduit à un échange d’identité entre une douzaine de passagers. Immédiatement, une cellule de crise se met en place, craignant que quelque chose de très gros ne se prépare …

Henry Porter confirme ici qu’il est bien un des très grands du roman d’espionnage, dans la lignée de l’incontournable John Le Carré. En plus de cinq cent pages, il réussit à passionner le lecteur pris dans un suspense implacable, à décortiquer le fonctionnement des services secrets occidentaux, noyés dans la technologie et les quantités inextricables de données qu’ils recueillent, gangrenés par les rivalités internes, et à décrire de façon extrêmement documentée et crédible la nébuleuse du terrorisme islamiste, ses méthodes, ses réseaux financiers, ses façons de préparer ses gros coups … Il se montre aussi à l’aise dans les scènes d’actions spectaculaires, que dans la description du travail routinier d’espion, et donne à ses personnages une vraie épaisseur. Ils sont humains, complexes, parfois tenaillés par le doute, non exempts de faiblesses et de failles, bref extrêmement attachants. Un autre réussite éclatante.

Il y a deux autres romans d’Henry Porter traduits en français (Une vie d’espion et Brandebourg).

Nom de code : Axiom Day  (Remembrance Day, 1999) Folio policier (2005). Traduit de l’anglais par Jean-François Chaix. Empire state (Empire state, 2003) Folio policier (2007). Traduit de l’anglais par Jean-François Chaix.

Une (légère) anticipation de Henry Porter

J’ai déjà dit tout le bien que je pensais de Henry Porter, digne héritier du grand John Le Carré. Et même si je ne suis pas systématiquement ses sorties, je le lis avec grand plaisir dès qu’il m’en tombe un sous les yeux. Le dernier en date Lumière de fin, est atypique mais excellent.

PorterDavid Eyam, brillant élève à Oxford, recruté par les services secrets anglais a connu une carrière toute aussi brillante que son cursus. Jusqu’aux plus proches cercles du pouvoir, avant de tomber en disgrâce et de partir s’enterrer dans la campagne anglaise. Les quelques amis qu’il a encore sont donc choqués d’apprendre, avec un bon mois de retard, sa mort « accidentelle » dans un attentat en Colombie. La plus surprise est Kate Lockhart, ex agente des mêmes services, amie proche de Eyam, aujourd’hui avocate dans un grand bureau à New York qui hérite de tous ses biens. En rentrant elle découvre un pays changé, où tous sont surveillés de près, surtout les anciens amis de David. Sa mort gênerait-elle le pouvoir ?

Un roman atypique donc, car il se déroule dans un futur proche, très proche, trop proche même d’après l’auteur que je cite dans sa postface :

« Les Britanniques sont aujourd’hui plus surveillés que n’importe quel autre peuple à l’Ouest, voire dans le monde entier. Nous avons plus de caméras de surveillance que toute l’Europe réunie. Elles infestent non seulement les rues et les centres commerciaux, mais aussi les restaurants, les cinémas et les pubs (…)

Les gens sont surveillés tout le temps. Les voyages sur la route sont maintenant suivis par des caméras adaptées de façon à pouvoir lire les plaques d’immatriculation des véhicules, et les données de n’importe quel déplacement sont conservées pendant cinq ans ».

C’est cette dérive vers une société orwellienne qu’Henry Porter décrit ici. Avec tout son talent de maître du roman d’espionnage. L’intrigue est solidement construite et, si elle demande un peu d’attention au démarrage, on est rapidement pris dans la nasse. Une nasse subtilement futuriste, au point qu’on met un moment à se demander à quelle époque se déroule le roman, et encore un peu plus à se dire qu’on doit être dans un futur très proche. Ce qui fait d’autant plus froid dans le dos.

Ne reste plus au lecteur français, glacé par cette vision d’un demain possible, qu’à se demander s’il n’y a que chez les grands bretons que ces choses là puissent arriver …

Henry Porter / Lumière de fin (The dying light, 2009), J’ai Lu (2012), traduit de l’anglais par Raymond Clarinard.