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Moscou 61, excellent roman d’espionnage

Je n’avais pas vu passer Berlin 49 de Joseph Kanon, mais l’avis enthousiaste de Marc Villard qui le compare à John Le Carré m’a donné envie de découvrir ce Moscou 61.

KanonA la fin des années 40, Franck était l’un de ces américains partis en URSS. Convaincu par les services secrets soviétiques pendant la guerre d’Espagne, il avait fait carrière dans l’espionnage américain, avant de rejoindre Moscou lors d’une fuite rocambolesque.

Douze ans plus tard, son frère Simon devenu éditeur obtient une autorisation de visite à Moscou : Franck, avec l’aval du KGB, veut faire publier ses mémoires et lui demande d’être son éditeur et de venir travailler avec lui sur un texte qui soit acceptable à la fois par les soviétiques et les américains.

En ce printemps 61, Simon découvre un autre monde, un petit monde d’anglais et américains passés à l’Est, un monde de suspicion et de paranoïa. Un monde dans lequel son frère semble aussi à l’aise qu’un poisson dans l’eau. Mais surtout un monde de dupes : quels sont les véritables intérêts de Franck, du KGB et de la CIA ? Qui manipule qui ? Qui ment à qui ?

Excellente surprise et découverte que ce roman d’espionnage à l’ancienne.

Tout d’abord parce que l’histoire tient vraiment la route. Autant le début semble simple, autant la paranoïa ambiante est parfaitement distillée par l’auteur, au point que plus il avance, plus le lecteur doute de tout le monde. Le soupçon, l’idée de trahison qui hante tous les personnages vient contaminer le lecteur qui ne sait plus quoi penser jusqu’aux toutes dernières pages du livre. A ce titre, c’est une réussite exemplaire.

L’autre grand intérêt du roman est d’offrir une vision assez rare : Celle d’un américain bon teint qui découvre la réalité de l’ennemi en pleine guerre froide. Et c’est d’autant plus intéressant que l’auteur réussit à être complexe et à ne pas simplifier : je me répète mais on ressent le soupçon permanent, la tension, la surveillance et l’autocensure ; mais il donne aussi la parole à ces américains (et anglais) qui ont fait un choix par conviction, et qui pour certains ne le regrettent pas et continuent à l’assumer. Les soviétiques mis en scène ne sont pas des caricatures, et les services secrets, d’un côté comme de l’autre, sont bien décrits comme des machines de guerre qui n’ont aucun scrupule au moment de sacrifier tel ou tel pion pour gagner une partie.

Un très bon roman d’espionnage, instructif et passionnant à lire. Et un final qui en surprendra plus d’un.

Joseph Kanon / Moscou 61 (Defectors, 2017), Seuil/Cadre noir (2018), traduit de l’anglais (USA) par Lazare Bitoun.

La guerre est une ruse : un début magistral

Rentrée copieuse avec La guerre est une ruse (1° partie) de Frédéric Paulin chez Agullo. Un auteur que je découvre avec ce roman.

Paulin1992 à Alger. Le début d’une guerre qui ne dira jamais son nom mais va faire des centaines, des milliers de morts, en Algérie, mais également en France. A Alger l’armée à tout intérêt à ce que le chaos s’installe, pour avoir un prétexte pour rester au pouvoir, alors que les élections récentes donnent la majorité aux barbus du FIS.  En France, dans l’ombre, les hommes de Pasqua soutiennent les militaires. Pour cela, ils sont prêts à tout, quitte à infiltrer les rangs des barbus et du récent GIA et à multiplier les actes sanglants qui vont justifier les massacres de l’armée.

Au milieu du merdier, Tedj Benlazar, français qui a des origines algériennes est l’un des meilleurs agents de la DGSE à Alger. Il est sous les ordres du Vieux, Bellevue, un ancien qui voit ce qui s’annonce mais n’arrive pas à convaincre ses chefs qui ne veulent pas croire aux liens entre GIA et armée, et encore moins que certains politiques français soient au courant.

De 1992 à 1995, Tedj, Bellevue, et des dizaines d’autres, algériens pris au piège entre l’armée et les islamistes, ou français vivants en Algérie vont être broyés par les magouilles de ceux qui veulent se maintenir coute que coute. Jusqu’à ce que le conflit arrive en France …

Excellent roman complexe sans être confus, documenté sans être pédant. L’auteur nous intéresse à des personnages incarnés, nous passionne pour un mécanisme compliqué et mortel, qui voit une poignée de pourritures déclencher un chaos mortel pour des milliers de personnes juste pour rester au pouvoir.

La grande force de l’auteur est d’arriver à ne jamais simplifier, à rendre la complexité d’une situation sans jamais sacrifier l’intrigue ou les personnages. Le lecteur est emporté par le souffle du roman, embarqué par la force romanesque de l’histoire, et n’est à aucun moment rebuté par la multitude des personnages, ou la complexité des situations.

C’est intelligent, fin, passionnant, prenant, un vrai roman d’espionnage français sans concession mais non sans humanité. Digne des meilleurs. J’attends la suite avec impatience.

Frédéric Paulin / La guerre est une ruse (1° partie), Agullo (2018).

Première apparition de Smiley

Les vacances permettent de piocher dans les piles des bouquins de poche qui trainent un peu partout dans la maison. La lecture récente du dernier roman de John le Carré m’a donné envie de découvrir une curiosité, la première apparitions de George Smiley : L’appel du mort.

LeCarréFolioSamuel Fennan, employé du Foreign Office, se suicide chez lui après avoir été interrogé par les services secrets suite à une lettre anonyme le dénonçant. George Smiley qui s’en était chargé ne comprend pas cette réaction. Leur entretien avait été cordial, et il l’avait rassuré, rien n’était retenu contre lui. Alors qu’il va présenter ses condoléances à la veuve, et tenter de comprendre le geste de Samuel, le téléphone sonne, et il intercepte un appel pour Fennan. Un appel étrange. Et quand on travaille dans les services secrets, tout ce qui est étrange est suspect.

Intéressant de voir la première apparition de Smiley, ce personnage emblématique de John le Carré, dans un roman qui est autant, sinon plus, un roman policier classique qu’un roman d’espionnage. En effet, plus qu’une manipulation complexe, ou qu’une partie d’échec à distance, nous assistons ici à une enquête policière, pour laquelle Smiley est secondé par un flic. Certes, ils s’avère que les victimes et les coupables sont des espions, mais le point de départ est très classique (un faux suicide) et l’accent est mis sur les fausses pistes et sur les indices qui permettent d’entrevoir, peu à peu, la vérité.

Intéressant également de voir ces premiers pas d’un auteur qui va devenir un maître, voir naître ses personnages, voir les premières frictions entre un George Smiley qui, bien que prêt à sacrifier beaucoup à l’efficacité se soucie du facteur humain, et une hiérarchie qui ne s’inquiète que des répercussions politique sur sa carrière. Intéressant de voir la mise en place de toute une mécanique de l’espionnage, qui atteindra son apogée dans les romans suivants.

Certes, ce n’est pas le meilleur Smiley, mais c’est la naissance d’un mythe. Mythe que l’auteur vient juste de ressusciter pour boucler plus de cinquante années d’une œuvre exceptionnelle. A suivre sans doute, cela m’ayant donné envie de reprendre la série dans l’ordre.

John Le Carré / L’appel du mort (Call for the dead, 1961), Folio/Policier (2015), traduit de l’anglais par Catherine Grégoire et Marcel Duhamel.

L’incroyable retour de George Smiley

Début 1990, certains esprits chagrins et hommes de peu de foi ont pu se demander si la source d’inspiration de l’immense John Le Carré n’allait pas se tarir avec la chute du mur. Cela fait maintenant presque 30 ans que le Maître répond, roman après roman, avec finesse, élégance et, n’ayons pas peur des mots, génie, à cette question. Dernière réponse éclatante en date L’héritage des espions qui a le culot et le talent de revenir à la grande époque de la guerre froide.

Le Carré2017. Peter Guillam, franco-anglais ayant longtemps travaillé avec le légendaire George Smiley reçoit, dans la ferme bretonne où il s’est retiré, une convocation au siège londonien de l’espionnage anglais. Convocation polie, mais ferme, lui rappelant que la retraite qui lui est versée dépend de sa bonne volonté.

Sur place, Peter est assailli, moins poliment mais tout aussi fermement par des avocats qui le ramènent au début des années soixante, et à l’affaire Windfall, opération catastrophique ou manipulation géniale ? Seuls Peter et George (disparu) peuvent répondre. Des héritiers des victimes collatérales veulent porter plainte et sont soutenus par une partie du parlement. Peter se rend compte qu’il ferait un fusible parfait, mais refuse ce rôle, et refuse encore plus de révéler le fin mot de l’histoire.

Il va lui falloir se tirer seul d’affaire, et les jeunes avocats aux dents longues du service vont apprendre de quoi est capable un vieux qui a fait sa carrière au temps de la guerre froide.

Pour commencer un avertissement. L’héritage des espions reprend l’affaire de L’espion qui venait du froid en y apportant un éclairage nouveau. Donc, si vous connaissez déjà, allez-y les yeux fermés. Mais si vous décidez de lire les deux, dans l’ordre de préférence, ne lisez surtout pas la quatrième qui révèle la fin du roman précédent. Et pour finir cet avertissement, oui, le roman actuel peut se lire seul, il est juste encore plus émouvant si on a lu le précédent, publié quand même en …1963.

Quel putain de grand homme que ce John Le Carré. Comment à 87 ans, a-t-il cette capacité à revenir sur un roman vieux de plus de 50 ans, d’en reprendre l’intrigue et les personnages, et d’en faire un roman complètement nouveau, tout aussi passionnant que le premier qui est, au passage, l’un des romans d’espionnage les plus extraordinaire sur la guerre froide ?

Là où le premier était glaçant dans sa description de la mécanique de l’espionnage, où deux joueurs d’échecs s’affrontent à distance, sans apparente considération pour les pions, fous ou cavaliers sacrifiés pour les besoins de la partie, ce dernier opus est bouleversant dans la mise en lumière du facteur humain de l’histoire.

Tout amateur de l’auteur se doute bien que l’intrigue est ciselée. Et on prend un plaisir immense à retrouver la bande de George Smiley cinquante ans plus tard. De la voir affronter une bande de nouveaux venus très procéduriers, toujours soucieux de se protéger et de protéger les politiques en place.

Mais c’est surtout l’émotion qui vous prend aux tripes. Au moment où on commence à s’apercevoir que l’auteur parle de cet ancien roman, qui ne peut laisser indifférent, on se fait submerger. Et on apprécie d’autant plus le roman où il est autant question de testament que d’héritage, où l’auteur, au travers de ses personnages revient, avec une classe toute britannique, sur l’éternelle question de la fin et des moyens, et où, avec le recul de l’histoire il questionne la justesse des sacrifices considérés à l’époque comme normaux.

Ce qui est une façon de nous amener à nous poser des questions sur ce qui nous semble évident aujourd’hui, mais qui pourrait bien paraitre absurde ou barbare, dans quelques dizaines d’années.

Passionnant, bouleversant, intelligent, voilà donc le dernier roman en date d’un maître qui ne semble pas vieillir.

John Le Carré / L’héritage des espions (A legacy of spies, 2017), Le seuil (2018), traduit de l’anglais par Isabelle Perrin.

Le retour des tocards

Les lions sont morts, où l’on retrouve les tocards imaginés par l’anglais Mick Herron.

HerronSouvenez-vous de La maison des tocards. Là où le MI5 parque ceux qui ont raté, où ceux qui sont tombés en disgrâce, qui ne plaisent pas au pouvoir en place. Toujours sous la houlette de l’infect Jackson Lamb. Seuls les tocards s’intéressent à ce qui ressemble à un fait divers : la mort par crise cardiaque, dans un bus, de Dickie Bowe, minable, alcoolique, au bout du rouleau.

Mais Jackson se souvient de l’époque où, comme lui, Dickie Bowe arpentait les rue de Berlin. Un espion, de seconde, voire troisième catégorie, mais un espion. Alors que faisait-il dans ce bus, sans portefeuille, sans argent, lui qui ne quittait plus jamais Londres. Quand il met la main sur son téléphone, Lamb tombe sur un message qui fait remonter, immédiatement, les grands jours de la guerre froide. Mais quel sens aurait de nos jours une opération d’agents russes à la mode KGB des années 70 ?

Une fois de plus, on vérifie que les britanniques sont les rois du roman d’espionnage. Même quand leurs personnages sont, comme ici, les recalés, ceux dont le MI5 ne veut plus, pour de bonnes, ou de mauvaises raisons.

Premier plaisir de ce roman, et non des moindres, on se fait complètement embarquer dans cette histoire pleine d’ombres, de pièges et de faux-semblants. L’auteur est un malin, qui nous laisse nous dépêtrer de cette mélasse, alors que l’insupportable Jackson Lamb a souvent quelques longueurs d’avance sur nous. Et c’est normal, après tout lui a une vie d’expérience de manipulations, alors que nous ne sommes que de gentils naïfs. Un grand plaisir de lecture donc.

On retrouve un humour très british, capable de passer du plus fin au plus trivial (tient tient, comme le O’Malley qui m’a lui aussi enchanté dernièrement), et des personnages qui ont de la chair et que l’on se prend à aimer ou détester, quitte à changer d’avis quelques pages plus loin tant ils sont complexes et changeant, comme de vraies personnes (et ça nous change des monolithes ordinaires de la production tout venant). Le plaisir en est décuplé.

Cerise sur le gâteau, l’auteur glisse quelques réflexions, sans en avoir l’air, sur la puissance incontrôlée de la City et le pouvoir du fric. A lire donc, en espérant que ce n’est que le début d’une longue série.

Mick Herron / Les lions sont morts (Dead lions, 2013), Actes Sud/Actes Noirs (2017), traduit de l’anglais par Samuel Sfez.

Une comédie d’espionnage

J’avais beaucoup aimé la série d’Olen Steinhauer qui se déroulait dans les pays du pacte de Varsovie. Puis, pour des raisons inconnues, même de moi, j’ai arrêté de le lire. Je reprends avec son nouveau roman traduit : A couteaux tirés.

SteinhauerHenry travaille à la CIA, en poste à Vienne. Celia, son ancienne maîtresse et collègue a quitté l’agence brusquement, cinq ans plus tôt et est maintenant mariée et mère au foyer en Californie. Elle est partie après un énorme fiasco : des terroristes avaient pris le contrôle d’un avion de ligne à son arrivée à l’aéroport, demandant la libération de prisonniers. Echec de la CIA, erreur des uns ou des autres, tous les passagers, terroristes compris étaient morts à bord.

Cinq ans plus tard l’enquête montre que quelqu’un, à l’agence de Vienne, était en contact avec eux. Qui ? C’est ce qu’Henry est chargé de découvrir. Il a fixé un rendez-vous à Celia, ils vont diner ensemble dans un restaurant à la mode de la côte californienne. Un diner aux allures romantiques, mais les couteaux pourraient être de sortie.

Je ne vais pas bouder mon plaisir. A couteaux tirés, qui se déroule quasiment uniquement dans le restaurant et est en grande partie constitué des dialogues entre les deux espions est un délicieux exercice de style. On ne s’ennuie pas une seconde, ça fuse, ça pétille … même si la révélation finale peut laisser un poil sceptique.

Mais c’est aussi là sa limite, si on compare à la série impressionnante qui a fait connaître Olen Steinhauer. On est loin, très loin de la puissance, de l’originalité et du souffle de romans comme Cher camarade, 36, boulevard Yalta ou La variante Istanbul. Alors forcément, j’ai été un peu déçu, j’en attendais plus.

Ceci dit, vous pouvez lire ce dernier roman comme un excellent divertissement, entre roman d’espionnage (pour l’histoire) et comédie américaine à l’ancienne (pour la vivacité des dialogues). De là à présenter l’auteur comme le digne héritier de John Le Carré comme on peut le lire en quatrième, il y a un pas que je me garderais de franchir … Du moins sur ce roman.

Olen Steinhauer / A couteaux tirés (All the old knives, 2015), Presses de la cité/Sang d’encres (2016), traduit de l’anglais (USA) par Sophie Dupont.

Un très bel hommage à Kipling

Je continue les découvertes avec un auteur à côté duquel j’étais complètement passé. Une chronique de Yan m’a convaincu d’essayer Le grand jeu de Percy Kemp.

KempDes terroristes aidés par l’inaction complice des services secrets britanniques ont jeté le monde dans le chaos. En faisant exploser une charge nucléaire dans un immense volcan aux US ils ont couvert le monde d’une nuage de cendres qui a tout bouleversé. Après un hiver de plus d’une année, tout le nord de la planète meurt de faim, la civilisation basée sur l’électricité s’est effondrée et le Brésil et l’Australie, beaucoup plus épargnés, sont en train de devenir les nouvelles grandes puissances.

C’est dans ces conditions qu’Harry Boone, ex espion de sa gracieuse majesté réfugié à Sydney est remis en service par son ancien chef qui lutte pour conserver la suprématie anglo-australienne face au Brésil, à la Chine qui lutte de toute ses forces, et même face aux US. Il s’agit de retrouver l’inventeur d’un procédé génial permettant de synthétiser quasiment sans énergie des protéines à partir d’algues. Celui qui lui mettra la main dessus tiendra l’avenir de l’humanité. Les chinois et les américains sont déjà sur sa piste, en Inde.

En Inde justement, Mick, douze ans, est un des rares rescapés après l’attaque d’Auroville, une utopie construite avant la catastrophe dans le sud du pays par des gens venus du monde entier. Une utopie qui arrivait à survivre, et a attiré la convoitise de pirates qui l’ont rasée. Après quelques centaines de kilomètres à travers le sud du pays, Mick dont les parents ont été tués dans l’attaque d’Auroville arrive à Cochin, où Boone doit débarquer. Les voilà partis pour « le grand jeu ».

Deux choses m’ont frappé à la lecture de cet excellent roman. La première c’est la référence, évidente, à Kim de Kipling. Référence qui vient à l’esprit dès la lecture du résumé, et qui est assumée de façon ouverte par les personnages du roman qui s’y réfèrent souvent. La seconde, c’est quand j’ai cherché partout le titre original et le traducteur, tant j’étais persuadé que seul un anglais pouvait écrire un roman d’espionnage d’une telle qualité. Il est bien britannique (ouf !), mais il écrit en français.

Je découvre donc, enfin, Percy Kemp avec ce roman, et je suivrai attentivement les suivants ; je me suis régalé. Tout pour plaire. Ce très bel hommage à Kipling qui avait enchanté ma jeunesse est un roman riche et passionnant : roman d’aventure, roman d’espionnage, roman d’initiation, dystopie qui permet à l’auteur d’explorer les relations internationales dans un cadre où les rapports de forces auraient changé  …

Les personnages sont attachants, l’auteur raconte, décrit, sans porter de jugement marqué (au lecteur de se faire son opinion), les coups de théâtre ne manquent pas, et l’auteur sait parfaitement alterner les passages de pure aventure et les analyses géopolitiques sans que cela ne ralentisse jamais le récit.

Un vrai plaisir, original et intelligent. Bonne nouvelle, au vu du final très ouvert, il devrait y avoir une suite.

Percy Kemp / Le grand jeu, Seuil (2016).