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Un plaisir vintage

Avec Lovecraft Country, je découvre Matt Ruff, et j’ai bien aimé.

RuffNous sommes en 1954, aux USA. Atticus, jeune vétéran noir de la guerre de Corée, revient à Chicago après quelques temps passés dans le sud du pays. Il revient voir son père Montrose, son oncle George, fan comme lui de pulps de science-fiction, et est content de retrouver un quartier noir, où il sera un peu à l’abris de Jim Crow.

Mais en arrivant il s’aperçoit que Montrose a disparu, avec un mystérieux jeune blanc, ce qui ressemble très peu, mais vraiment très peu à son père, très à cheval sur les droits des noirs, et en général très critique envers quiconque oublie ce que les blancs leur font subir. Il ne sait pas qu’avec sa famille et ses amis ils vont se retrouver au milieu de la guerre entre plusieurs sociétés secrètes, adeptes d’une forme de magie. Une guerre de plus dans laquelle les gens de pouvoir vont vouloir les utiliser comme chair à canon. Mais Atticus, George, Montrose et leurs amis n’ont pas l’intention de se laisser manipuler.

Je ne dirais pas que c’est le roman de l’année, mais par contre c’est un livre qui se lit facilement, le sourire aux lèvres, tant il est réjouissant pour l’amateur de SF voulant retrouver un écho de l’émerveillement naïf des premiers pulps. C’est qu’on y trouve un peu de toutes les thématiques de l’époque : Le voyage dans l’espace, la découverte de nouvelles planètes avec leurs dangers, les maisons hantées, les société secrète voulant se rendre maître du monde en puisant savoir et énergie dans une autre dimension, les langues antiques pleine de pouvoir … Une vraie collection bien vintage et bien kitch, avec ce qu’il faut de retournements de situation, et de cliffhangers.

Et derrière tout ça, l’autre thématique aussi importante du roman : la situation des noirs, au nord comme au sud, à la ville comme à la campagne dans ses années 50. Racisme et ségrégation affichés dans le sud, difficulté, voire impossibilité d’acheter un logement dans la ville de Chicago et toute la panoplie du racisme revendiqué et triomphant. Un tableau qui donne toute sa dimension politique et sociale à un roman d’apparence de pur divertissement. Et qui est malheureusement tristement d’actualité.

Un vrai plaisir intelligent.

Matt Ruff / Lovecraft Country (Lovecraft Country, 2017), Presses de la cité (2019), traduit de l’anglais (USA) par Laurent Philibert-Caillat.

Un autre appel de la forêt

Une pincée de fantastique ne vous fait pas peur ? Vous gardez un souvenir ému de vos lectures enfantines de Jack London ? Sauvage de Jamey Bradbury est pour vous.

BradburyQuelque part en Alaska, Tracy 17 ans voit sa vie basculer. Depuis quelques années elle sait qu’elle est à part. Un talent naturel pour la traque et la chasse, un lien très fort avec les chiens de son père, grand coureur de courses de traineaux. Et parfois, cette faim si particulière …

Un jour en forêt, un homme lui tombe dessus, elle se défend, sort son couteau, et s’évanouit quand sa tête heurte une racine. Elle revient à elle, du sang sur ses vêtements, l’homme a disparu. Mais il réapparait peu après chez eux, blessé au ventre. Son père l’amène à l’hôpital. Tracy panique et veut absolument cacher ce qu’il s’est passé. Elle avait promis à sa mère, avant sa mort, de respecter absolument cette règle : « ne jamais faire saigner un humain ». A partir de là, tout va s’enchainer …

Autant le dire tout de suite, si vous êtes totalement allergique au fantastique ce roman n’est pas pour vous. Mais si ce n’est pas le cas, il serait dommage de passer à côté.

Roman d’apprentissage, roman de passage à l’âge adulte, roman de paysage aussi, avec de magnifiques pages sur la forêt, le froid, l’ivresse de la vitesse sur un traineau qui glisse sur la neige verglacée avec pour seul bruit le chuintement des patins et les pattes des chiens. Mais également roman noir avec une intrigue tenue mais qui vous réserve une ou deux grosses surprises. Roman sur l’héritage, sur l’amour familial, sur la différence aussi.

Et un personnage de Tracy inoubliable pour lequel on se prend peu à peu d’affection, même si elle de fait pas grand-chose pour se rendre aimable. Un personnage unique qui, peu à peu, apprend à se connaître en même temps que le lecteur la découvre dans toute sa complexité et sa différence.

Un récit lyrique, émouvant qui se termine sur de belles pages très humaines pleines de nostalgie qui laissent un sentiment indélébile de douce tristesse.

Jamey Bradbury / Sauvage (The wild inside, 2018), Gallmeister (2019), traduit de l’anglais (USA) par Jacques Mailhos.

Des nouvelles de John Connolly

Les habitués savent que j’aime beaucoup John Connolly. Alors je n’allais certainement pas manquer son recueil de nouvelles : Musique nocturne.

ConnollyUn recueil de nouvelles donc, qui contient aussi une novella (le texte central), et une nouvelle déjà éditée dans collection de nouvelles d’Ombres Noires qui, me semble-t-il, a cessé de publier. Un recueil où il explore un genre qui lui tient à cœur : le fantastique.

Prière d’achever : un homme encore jeune vit de peu, au milieu de ses livres. Un jour il assiste par hasard au suicide d’une jeune femme qui, étrangement, va lui sembler familier. Et l’amènera à découvrir une bibliothèque singulière. Un vrai bonbon que cette nouvelle, absolument délicieuse, un plaisir pour tout amateur de livres, voir ce que j’en disais lors de sa première publication.

Le sang de l’agneau : Quelque part en Irlande une jeune fille accomplit des miracles. Alerté le Vatican envoie trois représentants pour enquêter … Illustration parfaite de ce que dit l’auteur à la fin du recueil. Quand on écrit de l’horreur, mieux vaut faire court, cela permet juste regarder dans l’ombre, derrière le rideau, sans tout voir. Le lecteur imagine le reste, et hurle ….

Un rêve d’hiver : deux pages pour une histoire de fantômes mélancolique.

Lamia : Une jeune femme vit l’enfer. Violée lors d’une soirée, elle a porté plainte, mais son agresseur n’a pas été condamné, au bénéfice du doute. Depuis elle doit même le croiser régulièrement dans la petite ville où elle vit et c’est elle qui reçoit menaces et insultes. Jusqu’à ce qu’elle trouve dans sa boite aux lettres une carte, avec une adresse et ceci : « Je peux vous aider ». Une histoire de vengeance horrible et horrifique, qui montre que l’on peut écrire de l’horreur, faire frissonner et s’intéresser aux victimes.

Le roi creux : Un conte, un roi, une reine, une menace contre le royaume. Pour moi la moins réussie des nouvelles du recueil.

Les enfants du docteur Lyall : Dans le Londres à moitié détruit par les bombardements allemands, deux petits malfrats profitent du chaos pour piller les morts, les mourants et les quartiers détruits. Jusqu’au jour où ils ont la mauvaise idée de s’attaquer à une maison intacte, où ne semble vivre qu’une vieille inoffensive. Mais est-elle vraiment seule dans la maison ? Impeccable montée de l’horreur, et superbe utilisation d’un décor très particulier. Pour ceux qui en doutent encore, la preuve que l’auteur est aussi efficace dans le récit court, que dans ses romans de la série Charlie Parker.

L’atlas fracturé : Pièce centrale du recueil, novella de 150 pages. Comme dans Prière d’achever, c’est un livre qui est au centre du récit découpé en cinq parties, qui semblent disjointes au début, mais qui finalement forment un puzzle complet à la toute dernière page. Un livre maudit, un livre meurtrier, un livre bien pire que ça … Horreur parfaitement maîtrisée dans un récit qui va du XVI° siècle aux lendemains de la première guerre mondiale, et met en miroir l’horreur fantastique imaginée par l’auteur, et celle du carnage de la guerre qui, comme le livre, a changé le monde. Sombre et magistral.

Razorshins : A l’époque de la prohibition, quelque part dans le Maine, un convoi de truands ramenant du whisky canadien est contraint par une tempête de neige de chercher refuge dans une ferme isolée. L’un des malfrats, un tueur envoyé par le parrain pour s’assurer qu’on ne le vole pas ne veut pas céder au paysan et à ses collègues qui lui conseillent, par mauvais temps et pleine lune, de sacrifier une bouteille, en cas … Belle histoire qui permet de concilier le récit fantastique avec ce classique du polar originel : l’histoire de mafia et de prohibition.

A propos de La dissection d’un inconnu (1637) de Frans Mier : Variation macabre toute en finesse autour d’un tableau représentant une scène de dissection. Ou comment faire naitre l’horreur en quelques pages autour d’une image comme on en trouve dans tous nos livres d’histoire.

Fantômes : Une belle histoire d’amour et de fantômes autour d’un homme à la fin de sa vie, inconsolable après la mort de son épouse.

Lazare : La version John Connolly de la résurrection de Lazare. Où l’on voit que, s’il a eu une éducation religieuse traditionnelle en bon irlandais, ses histoires diffèrent un peu de la version habituelle …

Holmes contre Holmes : Nous revoilà dans la bibliothèque spéciale de Prière d’achever. Avec, comme son titre l’indique, l’un de ses plus prestigieux locataire. Difficile d’en dire plus sur cette nouvelle sans en révéler trop sur la première … Virtuose et délicieux hommage qu’adoreront les fans du plus grand détective du monde.

Je vis ici : où John Connolly se raconte. Son amour des livres, ses influences littéraires et cinématographiques, les moteurs de son écriture, sa passion pour l’horreur et le policier, avec une mention spéciale à Ed McBain et le 87° district (je savais que c’était forcément un homme de goût !) … le tout avec un humour que l’on perçoit dans certains dialogues de ses romans ou dans ses livres pour ados. Passionnant pour tout fan, et de quoi rendre fan ceux qui ne connaîtraient pas.

En bref, tout le talent de conteur du maître du polar avec un soupçon de fantastique, dans un domaine où on le connait peu. Très recommandable même pour quelqu’un comme moi qui ne suis généralement pas du trop fan d’horreur, Lovecraft, King et les autres ne sont pas mes auteurs de chevet, loin de là.

John Connolly / Musique nocturne (Night music, 2015), Presses de la Cité / Sang d’encre (2019), traduit de l’anglais (Irlande) par Jacques Martinache et Pierre Brévignon.

Un privé singulier

Autre lecture de vacances, conseillée par Kti de Bédéciné : l’intégrale de Nightside de Simon R. Green.

Green.pngJohn Taylor est détective privé. Comme il se doit, il dort dans le canapé pourri qu’il a dans son bureau londonien et ne roule pas sur l’or. Comme il se doit également, tout commence par l’arrivée d’une blonde élégante dans son bureau. Une blonde qui lui demande de retrouver sa fille Cathy disparue.

Jusque là, rien de nouveau. Ce qui change c’est que la dernière fois qu’elle a été vue, Cathy entrait dans le Nighside. Un quartier très peu connu de Londres, son côté caché, sombre, où toutes les perversions sont possibles, ou la magie côtoie la science, où l’on peut croiser toutes sortes de créatures.

Cela faisait cinq ans que John avait quitté le Nightside, son quartier d’origine, où de puissants personnages veulent sa peau, et il s’était bien juré de ne pas y retourner. Mais la cliente a des arguments sonnants et trébuchants, John est à sec, et surtout, surtout, quand on a vécu dans le Nightside, tout le reste paraît bien fade. Et puis John a un pouvoir spécial, celui de trouver tout ce qu’il veut, et dans le Nightside, il est quelqu’un. Quelqu’un de recherché mais aussi quelqu’un de craint.

Alors c’est parti, à la recherche de Cathy. Puis, excusez du peu, pour les autres aventures, la recherche du graal impie, qui va le voir assailli par les anges et les démons. Il croisera le Juif errant, toutes sortes de magiciens, vampires et autres zombies, des truands sans âges, Merlin … La seule qu’il ne croisera pas, c’est sa mère que beaucoup semble craindre, et que lui n’a jamais connue …

Je ne vais pas vous dire que c’est la trilogie de l’année, ou de la décennie. Mais je me suis bien amusé. L’auteur connaît ses classiques, sait utiliser les clichés du polar et en particulier ceux du détective privé, et s’en amuser tout en les respectant. Il multiplie les clins d’œil, le seul objet plus recherché que le Graal étant … le faucon maltais, par exemple, et ne recule ensuite devant aucune extravagance dans la création de son Nightside et de ses habitants.

Quelques coups de griffes à certaines caractéristiques qui ressemblent un peu à notre propre monde, et on a trois courts romans qui se lisent avec le sourire.

Reste une frustration. Il y a 12 romans en anglais, et seulement les trois premiers sont traduits en français. Du coup un certain nombre de questions posées restent sans réponse à la fin des trois romans, des pistes ouvertes ne se referment pas. A quand la suite des traductions ?

Excellente lecture de vacances pour ceux qui aiment le mélange des genres.

Simon R. Green / Nightside : Vieux démons (Something from the nightside, 2003) – L’envers vaut l’endroit (Agenst of light and darkness, 2003) – La complainte du rossignol (Bightingale’s lament, 2004), Bragelonne (2018), traduit de l’anglais par Grégory Bouet.

Hommage critique à Lovecraft

Cela faisait un moment que je n’avais pas lu de novellas de l’excellente collection « Une heure lumière » du Bélial. Et comme j’ai commencé à voir de bons échos de La ballade de Black Tom de Victor Lavalle, j’ai plongé.

LavalleCharles Thomas Tester est un musicien à peine médiocre de Harlem. Autant dire que dans son quartier, ce n’est pas la musique qui va le tirer d’affaire. Mais c’est aussi un charmeur et un malin, et il n’a pas son pareil pour arnaquer les pigeons.

Jusqu’au jour où il porte un étrange grimoire chez une vieille femme dans le Queens, un endroit où très rares sont les noirs dans le métro … Plus étrange, en rentrant il tombe sur un excentrique prêt à le payer 500 dollars pour venir jouer à une soirée privée. Tom sent bien que quelque chose cloche, mais comment résister à une telle somme ? Il ne sait pas qu’il va déclencher des évènements à même d’engloutir la ville.

« A H.P. Lovecraft, avec tous mes sentiments contradictoires. », c’est la dédicace. Et elle résume bien le roman. Victor Lavalle écrit un hommage, à la manière du maître, invoquant le grand Chtulhu, tout en prenant le contrepied du racisme revendiqué du maître de l’horreur.

Et il le fait de façon fine et intelligente. On ne peut bien évidemment pas dévoiler la fin, mais elle est particulièrement bien trouvée et étonnante. Un vrai plaisir de voir comment il reprend les mythes créés par le grand ancien, tout en les modifiant subtilement pour les assaisonner à sa sauce. L’angoisse monte subrepticement et le final prend complètement le lecteur à contre-pied.

Un petit bijou, et en prime l’esthétique de cette collection est superbe.

Victor Lavalle / La ballade de Black Tom (The ballad of Black Tom, 2016), Le Bélial/Une heure lumière (2018), traduit de l’anglais (USA) par Benoît Domis.

Un ranger à Montauban

J’aime bien le mélange des genres, je suis fan de John Connolly, alors je n’allais pas passer à côté d’un roman métis écrit par deux voisins, qui se déroule à deux pas de chez moi. C’est Wazházhe de Hervé Jubert et Benoit Séverac.

SeveracJubertBranle-bas de combat à Laprade, petit village proche de Montauban. Jack Marmont, Ranger de l’Oklahoma, colosse de plus de deux mètres, représentant du conseil des sages des indiens Osages, arrive pour prendre possession d’une petite clairière cédée à son peuple par le village en signe d’amitié entre les peuples occitans et Osages.  Etrange don … lié à la venue, deux siècles auparavant, d’un groupe d’indiens de ce peuple du côté de Montauban.

Les néo-ruraux sont aux anges, les chasseurs du coin furax qu’on refile de la terre à un étranger, à moitié bougnoule, au sens large du terme. Bref, le merdier pour le maire qui espère en finir rapidement.

Sauf que Jack Marmont déclare qu’il ne peut accepter le don en l’état, qu’il doit attendre en signe, et qu’il s’éternise. Sauf aussi qu’une gamine de 10 ans est enlevée, et que les antis y voient, forcément, la patte du bronzé. La situation devient donc tendue, pour le pauvre maire, mais également pour Claire Tourment, chef de la brigade de gendarmerie locale, chargée de l’enquête. Quand en plus un cadavre vieux de plus de 200 ans s’en mêle …

Je ne vais pas vous dire que c’est le polar de l’année. Mais j’ai passé un bon moment de lecture. Autant avertir le lecteur, il faut accepter un mélange de fantastique et de polar. Si on refuse, le temps d’un bouquin, d’imaginer qu’une entité morte depuis un bon moment peut continuer à emmerder les vivants, il vaut mieux passer son chemin.

Mais si ça ne vous dérange pas, allez-y. L’intrigue est bien menée, en évitant le piège qui consisterait à faire avancer la résolution de l’intrigue par des révélations venues d’ailleurs (risque dès qu’on accepte l’intrusion du fantastique). Les personnages sont attachants et bien campés, des plus sympas aux plus cons (et il y en a des deux sortes). Les auteurs évitent le manichéisme et acceptent la complexité. Et j’ai découvert avec beaucoup d’intérêt cette venue, il y a bien longtemps, de trois indiens Osages du côté de Montauban. Ont-ils bien fait de quitter Montauban ? Il vous faudra lire le roman pour le savoir.

Une dernière confidence, qui peut servir aux auteurs qui voudraient que je porte un regard indulgent sur leurs romans : Chaque fois qu’un roman met en scène un FBI (Fucking Big Indian) comme dit Craig Johnson je pense immédiatement à Vol au-dessus d’un nid de coucou et il m’est sympathique. Ça a encore marché ici.

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Hervé Jubert et Benoit Séverac / Wazházhe, Le Passage (2018).

John Conolly toujours impeccable

Ce n’est pas un mystère pour les fidèles du blog, j’adore les enquêtes de Charlie Parker, le privé créé par l’irlandais John Connolly. La dernière en date Le temps des tourments est toujours aussi bien.

ConnollyJerome Burnel était un homme ordinaire. Puis, par hasard, parce qu’il se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment et qu’il a eu de la chance, il est devenu un héros. Pour ensuite devenir un paria quand on a découvert chez lui et sur son ordinateur des photos à caractère pédophile.

Plus tard, en sortant de prison, il prend contact avec Charlie Parker. Il veut que celui-ci démontre son innocence, c’est tout ce qu’il lui reste car il est persuadé que ceux qui l’ont piégé vont venir le chercher et le tuer. Le privé et ses deux amis peu recommandables, Louis et Angel sont plutôt convaincus de la sincérité de l’homme.

Quand il disparait quelques jours après leur rencontre ils décident d’enquêter. Une enquête qui va les mener vers le sud, vers l’Entaille, une communauté anachronique en Virginie occidentale.

Que dire que je n’ai déjà dit pour parler de ce quatorzième volet des enquêtes de Charlie Parker ? Compliqué …

Moi qui ne suis pas particulièrement fana des purs thrillers, j’aurais tendance à dire aux amateurs que, tant qu’à lire du thriller, autant lire du très haut de gamme. Avec une vraie écriture, avec un parti pris audacieux d’inclure du fantastique sans jamais s’en servir pour faire avancer l’intrigue, avec des personnages hors norme (Charlie, Louis, Angel et les deux monstrueux frères Falci), avec de l’humour et une noirceur terrible, avec des affreux toujours superbement réussis, avec un auteur qui est un conteur magnifique …

Lisez John Connolly en résumé. Le temps des tourments a beau être un pavé, plus long que les précédents, il se dévore, Parker évolue, on commence à entrevoir un rôle que pourrait jouer sa fille Samantha, on se régale, et on attend la suite avec impatience.

John Connolly / Le temps des tourments (A time of torment, 2016), Presses de la Cité (2018), traduit de l’anglais (Irlande) par Jacques Martichade.