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TPS, la decima.

C’est fait. Retour au calme après un week-end de folie. On peut dire qu’on a dignement fêté les 10 ans de Toulouse Polars du Sud. Ça va être compliqué d’en parler sans trop m’étaler mais allons-y, en respectant la chronologie.

Ça commençais très fort pour moi, avec une rencontre à la médiathèque de Montauban avec Joe R. Lansdale ! Des années que j’en rêvais, des années que Bruno de La Renaissance essayait. Sa persévérance a fini par payer, il était là. Une heure de rencontre rien que pour nous. Où on a appris que la grand-mère de Joe avait vu le show de Buffalo Bill, que ses parents avaient connu la grande dépression et que c’est leur voix qui résonne dans des romans comme Les marécages. Où on a pu constater que ce n’était pas un hasard s’il nous semblait percevoir une belle conscience politique subrepticement glissée sous l’humour de Hap et Leonard : Lansdale a travaillé dans des champs de roses et dans des usines de chaises en alu, il a refusé d’aller au Vietnam, il a participé aux luttes pour les droits civiques lui qui a connu les cinémas avec un étage pour les blancs et un pour les noirs. On a parlé de l’humour, des dialogues, de Huckleberry Finn … On a rencontré, deux passionnés qui avaient fait des centaines de kilomètres pour le rencontrer et lui remettre une superbe lito inspirée justement des marécages. D’ailleurs, si vous aimez les belles affiches et les polars américains, allez un peu voir l’arbre à bouteille (et oui, ils aiment Lansdale !).

On a eu droit ensuite à un repas assez surréaliste. Imaginez-vous dans un restaurant, avec Lansdale et son épouse, à parler polars, et à côté, un groupe de retraités normands auquel le restaurant proposait une animation : un « comique » déguisé en curé nous a fait ça, et après, et je vous jure, il a tombé la soutane, dessous il avait le maillot du Stade et on a eu droit à ça . C’était, comment dire … Etrange. Puis retour sur Toulouse en discutant de Comics, séries, films, bouquins, des westerns d’Elmore Leonard, de Craig Johnson … Bref le pied.

Samedi on attaquait fort avec une table ronde avec Tim Willocks, Martin Solares et Michael Mention sur la violence. Une rencontre comme je les aime : presque rien à faire sinon lancer la discussion, et ensuite laisser les auteurs discuter entre eux. J’avais déjà rencontré Tim Willocks lors de sa première venue à TPS, j’ai de nouveau été impressionné par la profondeur qu’il y a derrière ses bouquins qui pourraient sembler, à la première lecture, du pur divertissement. Et Martin Solares que l’on découvrait a été très émouvant en parlant de ce qui l’avait amené à écrire N’envoyez pas de fleurs.

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L’inauguration, c’est toujours pénible, mais on a eu le plaisir de récompenser Carlos Salem, prix Violeta Negra pour sa Decima au salon, et pour Attends-moi au ciel, et Eric Plamondon pour Taqawan, prix des chroniqueurs. L’occasion du coup, excellente, de nous trouver tous ensemble : Yan et Caroline, des habitués, avec qui (entre autres) on se partage les animations et tables rondes, Bruno qui vient toujours nous rendre une petite visite, et la bonne surprise de cette année, Cédric qui avait fait le déplacement et qui, en partie par la faute de Yan et moi, a peut-être dû payer un supplément voyage pour son retour. Merci à Laurence pour l’organisation du trophée, quelque part, sur la toile, doivent trainer des photos des chroniqueurs et du lauréat …

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Après, ce fut très dense, cavaler pour porter les bouquins pour les tables rondes, traduire la rencontre sur le polar ibérique (show très rodé entre des auteurs qui se connaissent et s’apprécient, avec Carlos en chef d’orchestre), souffler un peu en assistant à une table ronde menée de main de maître (pouf pouf) entre James Ellory, Joe Lansdale et Benjamin Withmer (putain, Withmer et Lansdale ensemble, l’occasion de faire ma groupie).

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Et pour finir retour en Méditerranée, avec Valerio Varesi, Mimmo Gangemi et Petros Markaris, qui eux aussi m’ont permis d’assurer l’animation en faisant le minimum anticipant les questions, et se répondant. Markaris très drôle nous a raconté la création de Kharitos, et on a fini (heure de l’apéro oblige) avec les recettes préférées de chacun. Pour Markaris, devinez, il suffit d’avoir lu ses bouquins.

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Dimanche matin, tout le monde sur le pont, pour une belle table ronde avec Thomas Cook et Anne Bourrel sur les secrets de famille. Table ronde animée par Corinne qui a su faire naitre une belle complicité entre les deux auteurs qui ne s’étaient jamais rencontrés. En regardant mes photos, hier soir, un peu fatigué, il m’est venu une idée aussi sotte que grenue … c’est moi où Thomas Cook (que j’adore, comme écrivain et comme personne) a un petit côté Maître Yoda ?

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Je n’ai pas pu tout voir, mais j’ai ensuite assisté à une magnifique table ronde entre Eric Plamondon, Richard Krawiec et David Joy, animée par Yan. David Joy en particulier, impressionnant de conviction et de clarté dans ses prises de paroles. Un sacré bonhomme et une belle table ronde émouvante, intelligente et drôle.

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Chapeau à Aurélie qui au long du week-end a traduit, Yana Vagner, Tim Willocks, Joe Lansdale, Roger Ellory, Thomas Cook, David Joy, Richard Krawiec, Zygmunt Milozewski et Arni Thorarinsson ! Et j’en ai peut-être oublié.

Pendant les quelques pause, quel plaisir de discuter avec Antoine Chainas, Sébastien Rutés ou Marin Ledun. Sans parler de R. M. Guera avec qui j’ai pu faire le fan de base, et me faire dédicacer un album ainsi qu’avec nos habitués BD Antonio Altarriba et Keko, à qui j’ai acheté Moi fou, suite du triptyque commencé avec l’excellent Moi, assassin.

Tout s’est terminé pour moi avec la 100° table ronde de l’année de Sébastien Gendron sur le thème de l’humour et du polar, c’est du moins ce que prétends Yan avec qui j’ai animé la table en duo. Et on n’était pas trop de deux pour maîtriser Jacki Schwartzmann, Sébastien Gendron en Carlos Salem.

Dimanche soir, gros coup de blues et de fatigue, mais aussi satisfaction. Un programme très très serré mais qui a tenu sans coup de Trafalgar, des auteurs et visiteurs (du moins ceux avec qui j’ai discuté), apparemment contents.

Je me suis régalé, et surtout un immense merci à tous, auteurs, visiteurs, et bénévoles qui ont fait tourner la grosse machine, s’occupant d’organiser la venue des uns et des autres, repas, logements, voyages, taxis, rendez-vous, contacts avec les écoles, médiathèques, collèges, ont monté le chapiteau, installé les bouquins, servi les repas, tenu le bar, l’accueil, gratté les subventions à droite et à gauche, monté des dossiers … Un an de boulot pour trois jours de festival, mais ça valait la peine. On souffle un peu, et on vous prépare celui de l’année prochaine.

TPS 2017, impressions

Ouf c’est fini, et merde c’est fini. Ouf parce qu’hier soir j’étais sur les rotules (comme bon nombre d’entre nous), et merde parce que c’était « trop bien » comme disent les jeunes.

_DSC0446TPS_350Trois jours (pour moi, d’autres avaient commencé deux jours avant), très denses, très fatigants, très drôles, très enthousiasmants. Dont il reste, comme d’habitude, des images éparses dont :

Une très belle matinée, vendredi, partagée avec Roger Martin et plus de 150 bibliothécaires et étudiants des métiers du livre à parler de polar américain (vaste programme). Ca devait être bien, parce qu’on n’a pas vu le temps passer, et que j’ai fini avec la frustration de ne pas avoir pu parler de tout ce que je voulais. Mais passionnant pour ce que j’ai appris des débuts du polar avec Roger, et pour les échanges ensuite autour de la table « polars américains » préparée par la librairie (il y a dû y avoir des cartes bleues qui ont chauffé).

_DSC0452_351Une heure magique avec Gianni Biondillo devant un public malheureusement très, très clairsemé à la médiathèque de Cabanis. Je vous cause très bientôt de son dernier roman Le charme des sirènes, très gros coup de cœur de ce mois-ci. L’homme est aussi drôle, humain, chaleureux, inventif … que ses bouquins et ses personnages. Et chapeau à l’incroyable traductrice qui arrivait à rendre cette truculence, quand elle pouvait reprendre son souffle entre deux fous rires.

Le plaisir de rencontrer pour la première fois des auteurs dont j’ai aimé les bouquins, et de pouvoir discuter (pas assez longtemps, mais quand même) avec eux : Cloé Medhi, Philippe Huet, Andrée Michaud, Andreu Martin, Santiago Roncagliolo, Hannelore Cayre

_DSC0464_353Omar Hasan, très à l’aise dans son rôle de président du jury, souriant et content de son expérience, décernant donc le prix Violeta Negra à Valerio Varesi pour Le fleuve des brumes.

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_DSC0459_352La table ronde des italiens, à laquelle j’ai assisté en pointillés, et qui m’a valu quelques éclats de rire supplémentaires.

Une belle rencontre avec Todd Robinson, aussi impressionnant, drôle, tonitruant et sympathique que ses deux personnages. Todd Robinson qui ne quittera jamais son boulot de videur et de barman, car il ne saurait plus quoi raconter et qui assure que tout (ou presque) dans ses livres est vrai.

José Muñoz, légende vivante, aussi poétique à l’oral, avec sa voix envoutante que lorsqu’il dessine.

Retrouver les copains, le grand Jean-Hugues Oppel, Carlos Salem, Maïté Bernard, et tous les autres … les toubibs du polar et la bande de l’Indic, Yan le voisin, revoir, enfin Claude Amoz.

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Une table ronde un peu inhabituelle, sans thématique, mais pas sans intérêt entre deux écrivains que tout semble opposer et que pourtant, beaucoup de chose rassemble : Hervé Le Corre et DOA. Je me suis régalé à l’animer, et surtout à écouter tant ils se sont très bien passé de moi, et je crois que le public a apprécié.

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Hugues Pagan en pleine forme dès 10h30 du matin, pour un échange passionnant avec Claude Amoz et Jean-Hugues Oppel.

Hannelore Cayre beaucoup plus latino-américaine qu’on l’imaginait, au diapason de Carlos Salem et Santiago Roncagliolo, et ceux qui fréquentent les rencontres polar savent qu’il faut du répondant pour être au diapason des auteurs latinos !

_DSC0493_357Andrée Michaud qui, selon ses propres paroles, s’est trouvé comme un jeune frère en la personne d’Augustin Martinez, l’auteur de Monteperdido. Là encore, de beaux échanges entre deux auteurs qui ne s’étaient jamais rencontrés. Je me suis régalé, le public a eu l’air d’apprécier.

_DSC0496_358Bien entendu, il y a eu des couacs, des imprévus, de la fatigue, mais l’équipe est comme un groupe de musiciens qui se connaissent, quand une structure déraille, on écoute et on s’adapte, et le public ne s’aperçoit (presque) de rien.

Alors merci aux auteurs, merci à tous ceux qui ont courus pendant une semaine, organisé, géré les changements de dernière minute, accompagné les auteurs ici et là, accueilli le public, à ceux qui nous ont nourris et abreuvés, à ceux qui ont porté des piles de bouquins … et à tous ceux qui sont venu nous voir.

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Pour conclure comme en CM2, il y a bien longtemps : « et nous sommes rentrés, fatigués mais contents d’avoir passé un si beau week-end ». A l’année prochaine.

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PS. Petit jeu, reconnaissez-vous tout le monde sur les photos (attention il y a des pièges) ?

Toulouse Polars du Sud 9°

Affiche-TPS2017

Pour la 9° année, le week-end du 6 au 8 octobre sera noir à Toulouse avec le festival Toulouse Polars du Sud.

Dès mercredi dans les librairies, les médiathèques et les CE, sans compter les collèges et les lycées (mais là, ce n’est pas ouvert au public), vous pourrez rencontrer un peu plus d’une cinquantaine d’auteurs.

Je ne vous détaille pas tout le programme, vous avez tout là.

Sachez quand même, si vous suivez ce blog que vous pourrez discuter avec une belle collection d’auteurs dont vous avez entendu parler ici.

Cayre  Robinson  Varesi  doa

En vrac, et de façon non exhaustive, Todd Robinson et Sara Gran from US, Andrée Michaud la québécoise, notre invité fétiche l’argentin Carlos Salem, pour la première fois l’auteur péruvien Santiago Roncagliolo, les espagnols Agustin Martinez et Andreu Martin, une  belle brochette d’auteurs italiens qui seront présentés par une pointure : Carlo Lucarelli, Gianni Biondillo et Valerio Varesi présentés par Serge Quadruppani (dont le dernier roman sort juste à temps pour le festival), le roumain Bogdan Teodorescu

lucarelli  Salem  bondree.indd Roncagliolo

Sans oublier, bien entendu côté français, Hugues Pagan, Jean-Hugues Oppel, Claude Amoz, Maïté Bernard, Hervé le Corre, DOA, Hannelore Cayre, Philippe Huet, Cloé Medhi … Et bien d’autres.

sinnerPour les amateurs de BD en noir et blanc, une légende sera avec nous José Muñoz, dessinateur du mythique Alack Sinner créé avec son compère Carlos Sampayo.

Vous aurez aussi l’occasion de croiser quelques amateurs de polar que vous connaissez peut-être comme Yan de encore du noir, les docteurs du polar … ou ma pomme.

HasanPlus inhabituel, vous pourrez aussi y croiser une ancien Puma, ancien joueur du Stade Toulousain, chanteur lyrique, et président , cette année, du prix Violeta Negra : Omar Hasan, qui avec le jury a choisi cette année … Mais ça vous ne le saurez que samedi matin, lors de l’inauguration.

 

Bref une semaine bien dense, et un week-end de folie. On se voit au bar ?

TPS saison 8 c’est fini.

Pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le festival j’étais un peu moins présent sur place cette année mais … Mais j’y étais quand même un peu.

Rencontre le jeudi dans la magnifique médiathèque de Montauban, avec des lecteurs qui semblaient fort pointus sur le polar italien (j’ai vu beaucoup de hochement de têtes) et surtout découverte d’un homme derrière un auteur Sandro Bonvissuto, romain jusqu’au bout des ongles, charmeur, passionnant, conteur, capable en quelques gestes de faire sentir en VO la différence entre le dialecte romain et l’italien académique, et je ne parle pas de ses variations sur le Vaffanculo ! Je pense qu’aucune des personnes présentes ne l’oubliera.

Vendredi, à Ombres Blanches, rencontre très émouvante avec Xiaolong Qiu à propos de son roman le plus personnel, Il était une fois l’inspecteur Chen. Un grand moment de sincérité, d’émotion, d’histoire et d’humour avec un grand monsieur. Qui a éclairé toute son œuvre.

Samedi, très peu présent, j’ai quand même eu la chance d’assister (pour traduire Victor) à une rencontre de haut vol entre Dominique Manotti, Hervé le Corre et Victor del Arbol, magistralement menée par l’ami Yan, magistralement car il a laissé la parole aux auteurs, se contentant de relancer au besoin (c’est à dire pas souvent). Je déteste les animateurs de débats qui parlent plus que leurs invités et en profitent pour étaler péniblement leur « science », là on était à l’opposé, les trois auteurs une fois lancés n’avaient plus besoin de personne, et c’est très bien comme ça. Un vrai régal, les raisons d’écrire, les espoirs et désespoirs des uns et des autres, ils ont parlé d’Histoire et d’histoires, de mythes, de politiques, de littérature, de mensonges et de silences. Fallait vraiment y être.

Samedi, j’ai raté tout le reste …

Dimanche deux tartes à la crème, c’est à dire de débats qui peuvent se transformer en catastrophes, ou en vrais plaisirs, selon la confection de la tarte et de la crème !

Le matin, le polar rural avec Anne Bourrel, Franck Bouysse, Patrick Delperdange et Benoît Minville. Et devinez quoi ? Tarte à la crème parfaite ! Une pâte croustillante, une crème moelleuse comme il faut, pas trop sucrée. Des peurs, de la colère, de l’empathie, une réflexion sur l’écriture, sur ce que chacun veut faire passer, sur les références … Du bonheur.

L’après-midi, deuxième tarte … Le polar et la ville ! Barcelone d’Aro Sainz de la Masa, Santiago du Chili de Boris Quercia et Lagos de Leye Adenle. On a un peu moins entendu parler de littérature, mais on a appris beaucoup de choses sur ces trois villes, on a compris le titre du dernier Quercia (Tant de chiens), vu l’envers du décor barcelonais, touché du doigt l’immensité, la diversité de Lagos …

Dernière table ronde, succès assuré, salle pleine, avec Rosa Montero et Carlos Salem. Est-il nécessaire de dire que ce fut un feu d’artifice ? Le sujet, là aussi était bateau (comme tous les sujets de table ronde), sur le mélange des genres. Me croirez-vous si je vous dis qu’ils ont réussi à parler dans la même heure de la Bible, de la mythologie au service du stockage des déchets nucléaires, de la télé poubelle, de l’amour et du désir, de Richard Gere et de tango, d’Opus Dei et de d’Ursula K. Le Guin … Et de tant d’autres choses ? Vous me croirez forcément si vous avez lu Rosa Montero et Carlos Salem et vous regretterez de ne pas avoir été là, et vous aurez raison !

Sinon, la bière était bonne, les copains étaient là, c’était trop court, on est vannés, bon retour à tous et vivement l’an prochain !

 

Toulouse Polars du Sud, huitième.

Comme je l’écrivais récemment, la grande semaine de Toulouse Polars du Sud arrive. Vous avez toutes les infos sur le site.

Je serai présent une partie du temps, et pas seulement à Toulouse.

Jeudi 6 octobre à Montauban à 18h00, à la médiathèque avec Sandro Bonvissuto, on parlera du polar italien en général, et de son livre en particulier.

Vendredi 7, à 16h30 rencontre avec Qiu Xiaolong à Ombres Blanches, et pour les amateurs de très bonne BD, Altarriba, Kim et Keko seront à la librairie Ellipse.

Sinon, allez voir le programme vous verrez qu’il sera facile de croiser Carlos Salem, Victor del Arbol, Boris Quercia, Arni Thorarinsson, Dominique Manotti etc … toute la semaine.

Le week-end ils seront tous à la librairie de la Renaissance, vous y êtes attendus nombreux pour, entre autres,

Une table ronde le samedi à 10h00 avec Dominique Manotti, Hervé Le Corre et Victor del Arbol.

Un entretien samedi à 14h30 avec Donald Ray Pollock

Une table ronde le dimanche à 10h30 avec Franck Bouysse, Benoît Minville, Patrick Delperdange et Anne Bourrel

Une table ronde le dimanche à 14h00 avec Leye Adenle, Boris Quercia et Aro Sainz de la Masa

Et une conclusion le dimanche à 16h30 avec Carlos Salem et Rosa Montero

Plus tout le reste, allez donc sur le site voir le programme complet.

 

A noter qu’on peut se poser des questions sur la cohérence politique et littéraire d’un joli télescopage … Je ne veux pas polémiquer, c’est pas mon genre, mais le mercredi 5 octobre, à la librairie Privat, la rencontre avec Marin Ledun prévue à 17h45 sera précédée par une rencontre avec … Devinez qui ? Qui va bien en termes de message et de valeurs avec Marin ?

Vous ne devinez pas ?

Sarko ! En personne. Auront-ils un public en commun ? Les flics venus pour assurer le service d’ordre du premier resteront-ils pour le second ? Moi j’y serai pas, mais j’espère que vous me raconterez …

 

Bilan très subjectif de Toulouse Polars du Sud

Et voilà, la sixième édition est bouclée. Alors quel bilan ?

Commençons par les regrets … Le premier, l’incontournable Carlos Salem qui nous est arrivé avec une crève d’enfer, qu’il a dû vouloir soigner à la bière et à la clope … résultat, vendredi soir direction l’hôpital où il est resté tout le week-end. Et un festival TPS sans Carlos, c’est plus tout à fait TPS.

Carlos, écoute les infirmières, soignes-toi bien et rendez-vous l’an prochain !

Ensuite quelques copains ne sont pas venus cette année. Comme je ne déplace pas dans les salons (pour cause d’emploi du temps surchargé), c’est l’occasion de les voir qui disparait. D’un autre côté, finalement, ça a permis de passer plus de temps avec ceux qui étaient là … et toc. Et puis comme moi aussi je sais être pute, tout le monde ne nous a pas manqué. Re-toc.

Dernière chose, j’en ai déjà causé ici, je regrette aussi un certain manque de curiosité lors des rencontres dans les librairies de la ville. Les occasions de découvrir, avec du temps et en tête à tête des auteurs comme Eric Maravélias ou Ayerdhal sont rares, dommage qu’aussi peu de lecteurs se soient déplacés dans la semaine.

Pis c’est tout.

Tout le reste, c’est du bonheur.

On commence par les prix, c’est Le matériel du tueur de Gianni Biondillo qui a eu le prix Violeta Negra. Est-ce que je suis content ? Oui !

La rencontre avec Deon Meyer, et le regret qu’il n’ait pas pu rester pour le week-end.

L’occasion de passer une soirée avec Eric Maravélias que je découvrais, et Ayerdhal dont je suis fan depuis … on va dire longtemps, bien longtemps. Je m’étais fixé comme objectif de faire acheter toute la pile de Rainbow Warriors, je n’ai pas eu assez le temps de trainer sous le chapiteau pour y arriver, mais c’était bien quand même.

La rencontre les Docteurs du Polars, je trouve l’idée géniale, et j’ai l’impression qu’ils ont prescrit à tour de bras, merci et à une prochaine.

Par contre une frustration : pas trouvé le temps d’échanger plus de deux mots avec Marc Fernandez, l’an prochain ? On se fait une animation à deux ?

On a bien bossé avec Yan, avec peut-être une première : l’animation à deux d’une table ronde. Je me suis régalé, ça permet de dégager des thématiques en discutant, et si les deux animateurs jouent le jeu, il me semble que cela met encore plus les auteurs au centre du débat et efface davantage les animateurs. L’exercice a une limite bien entendu, je connais quelques animateurs (et même sous la torture je ne donnerai pas les noms) qui parlent déjà tellement qu’à deux ils n’ont plus besoin d’auteurs … Mais là, je crois que ça a bien fonctionné.

Plaisir de croiser quelques copains auteurs, avec la frustration d’avoir passé trop peu de temps avec eux : Benoit Séverac, Maïté Bernard, Michael Mention, Cristina Fallaras, Victor del Arbol, Serge Quadruppani, et plaisir tout aussi grand d’en rencontrer de nouveaux, Rafael Reig (même si je n’avais pas été entièrement conquis par son bouquin), et Lorenzo Lunar, un véritable plaisir, chaleureux, drôle, passionnant, bon client au bar … A vous donner envie de prendre tout de suite le billet pour Santa Clara.

Frustration de ne pas avoir pris le temps de dire à Jacques Mailhos qui était de passage mon admiration pour son travail … Mais voilà, quand on ne traîne ni à Lyon, ni à Paris on ne reconnaît pas vite les gens qui comptent vraiment, et après c’est trop tard. J’espère me rattraper l’an prochain.

En ce qui concerne les tables rondes, je n’ai pas pu tout voir, mais toutes celles auxquelles j’ai assisté étaient d’un excellent niveau :

Ca a été chaud entre Cristina Fallaras, Rafael Reig et Marie Van Moere sur « et les enfants dans tout ça », c’est parti d’emblée avec Rafael disant que l’enfance était une invention de la société, Cristina et Marie lui sont tombé sur le poil, j’ai un peu ramé pour traduire et Yan pour ramener le débat sur le terrain littéraire, mais au moins on ne s’est pas ennuyé !

Dimanche matin, j’étais censé co-animer une table ronde entre Gianni Biondillo et Gioacchino Criaco avec … Serge Quadruppani. Mais je ne suis pas inconscient ! Donc j’ai présenté les protagonistes, et j’ai laissé faire celui qui sait. Ce fut passionnant, drôle, pertinent, enjoué, du fond, beaucoup d’informations et d’émotion et toujours avec un talent de conteur très latin. Du coup j’ai promis à Gioacchino Criaco que, maintenant que je comprends un tout petit peu mieux la situation calabraise j’allais relire Les âmes mortes qui m’avait un laissé sur le bord du chemin malgré d’évidentes qualités.

L’après-midi j’animais avec Yan la table ronde qui me semblait la plus risquée : Les brûlures de l’histoire avec Gianni Biondillo, Victor del Arbol et François Médéline. La plus risquée parce que trois langues (donc traductions multiples à assurer), parce que les bouquins étaient très différents, et parce que la thématique choisie pour les relier pouvait sembler un peu tirée par les cheveux. Et là, sans doute la meilleure surprise du salon, tout fonctionne. Des auteurs qui se répondent sans qu’on ait à intervenir, des vraies correspondances dans les thèmes et les discours, mais aussi des différences qui relançaient la discussion. Beaucoup d’émotion, des rires, de l’intelligence et trois auteurs qui, toujours, ont ramené la thématique à leur rôle d’écrivain, à l’importance de la fiction à côté du travail des historiens. Vraiment la table ronde dont rêve tout animateur.

On a terminé en beauté, avec Lorenzo Lunar présenté par Victor del Arbol. Rencontre qui, en cette fin de festival m’a conforté dans mes certitudes : organisateurs de salons et de rencontres, si vous voulez réussir votre coup, invitez des latins. Italiens, espagnols, argentins, cubains … c’est un vrai bonheur. Une heure sous le charme, au moins pour les spectateurs. Comme j’étais à la traduction, et que je commençais à fatiguer, j’ai un peu ramé, me suis mélangé les pinceaux et pris les pieds dans plusieurs tapis, mais Lorenzo et Victor étaient tellement expressifs et leur enthousiasme communicatif que je suis certain que tout le monde a compris. Une heure cubaine donc, avec une déclaration d’amour de Lorenzo à son quartier, le plus populaire de Santa Clara. Et un hommage appuyé à Leonardo Padura dont l’arrivée dans la littérature est, selon lui, l’événement culturel le plus important des trente dernières années à Cuba.

Je ne terminerai pas sans un coup de chapeau appuyé à tous ceux qui ont trimé toute l’année, dans des conditions pas faciles, parfois contre vents et marées, et à tous ceux qui ont couru partout toute la semaine, et encore plus ce week-end pour que tout se passe bien. Et tout c’est très bien passé, et dans la bonne humeur s’il vous plait. Hier soir, j’ai vu beaucoup de valoches sous les yeux, beaucoup de bâillements, mais aussi beaucoup de sourires. Et les futs de bière étaient à sec, et si ça c’est pas un signe !

Merci à tous et rendez-vous l’année prochaine.