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Dune

Avant d’attaquer les livres de janvier j’ai voulu faire une expérience. La sortie prochaine d’une adaptation cinématographique m’a donné envie de relire Dune de Frank Herbert. Non sans une certaine appréhension. Ecrit en 1965, tenait-il toujours la distance ? Livre qui m’avait marqué, premier livre de SF que j’avais lu sur les conseils d’un copain pendant les vacances de Pâques de ma première année d’études en … 1983. Mais est-ce que le souvenir ébloui que j’en avais allait résister à une relecture presque 40 ans plus tard ? Je ne vais pas faire durer le suspense, c’est toujours génial.

Ce qu’il y a de bien quand on veut parler d’un classique parmi les classiques comme Dune, c’est que tout le monde en a entendu parler, et tout le monde sait, plus ou moins, ce qu’il raconte. Pas la peine donc de se casser trop la tête à faire un résumé.

Dune est donc la planète désertique où l’on récolte le produit le plus rare et le plus précieux de l’empire, l’épice, ingrédient indispensable aux voyages dans l’espace et à la Guilde qui a le monopole sur ces voyages. Dans une empire à la structure très médiévale, avec un empereur et des grandes maisons rivales, la planète qui se trouvait sous la coupe des Harkonnens qui, sont n’ayons pas peur des mots, d’authentiques fils de putes, va passer sous celle leur ennemi juré, le Duc Leto Atréides.

Bien qu’il sache que c’est un piège Leto accepte et sera assassiné. Son épouse Jessica et son fils Paul sauvent leurs peaux et fuient dans le désert. Là les Fremens, seul peuple qui survive dans ces lieux pour le moins inhospitaliers, les reconnaissent comme les sauveurs annoncés par la prophétie. Puis viendra, bien entendu, l’heure de la vengeance.

Tout le monde loue ce roman pour sa richesse et sa puissance, et tout le monde a raison, mais il ne faudrait pas que ces louanges soient contreproductifs et intimidants. Parce qu’en première impression, ce qui frappe, 40 ans après la première lecture, c’est le pur plaisir de lire une histoire exceptionnelle. Comme en ce lointain temps où j’étais jeune, j’ai été happé par le roman, dévorant les deux tomes de chez pocket en trois jours. Frank Herbert est un putain de raconteur d’histoires. Même en connaissant la fin, j’ai repris un immense plaisir à suivre les intrigues, les combats, les ruses, les paysages, les extraordinaires vers de sable. Et j’ai été emballé de nouveau par la cohérence du monde inventé sur cette planète, cohérence tournant autour du manque d’eau, qui sculpte le géographie, la langue, les coutumes, les croyances, les structures politiques … C’est un pied de lecture immense, donc allez-y sans crainte.

Et oui, ensuite, derrière une trame archi-classique de roman d’apprentissage et de vengeance, que de thématiques abordées, et surtout quelle actualité pour un roman écrit en 1965. Ecologie, utilisation de ressources rares, politique, religion, messianisme, jihad … Y a t’il un seul de ces thèmes qui soit démodé ? Plus qu’actuel Frank Herbert, visionnaire.

Comme je ne suis pas universitaire, et que mon ambition n’a jamais été d’analyser les œuvres (ce dont je suis bien incapable) mais de donner envie de les lire, je m’arrête là avec ces simples mots : lisez ou relisez Dune.

Frank Herbert / Dune, (Dune, 1965), Pocket (1970) traduit de l’anglais (USA) par Michel Demuth.