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Rendez-vous raté avec le commissaire Winter

Les vacances, c’est aussi l’occasion de donner une chance à des auteurs qu’on n’a pas pris le temps de lire pendant l’année. Un peu fatigué par la vague scandinave, je n’avais rien lu d’Ake Edwardson. J’ai essayé Marconi Park. Raté.

EdwardsonC’est le printemps à Göteborg. Les jours rallongent, mais le commissaire Winter est toujours dépressif et séparé de sa famille installée en Espagne. Il pourrait peut-être commencer à aller mieux, si l’on ne trouvait pas un cadavre, un sac plastique sur la tête, le cul nul et une lettre peinte sur un carton posé sur le corps. Voilà qui annonce de nouveaux morts. Qui ne tardent pas, un autre homme, du même âge, avec une autre lettre. Et cela va continuer, à Göteborg, et même à Stockholm.

Je ne sais pas s’il aurait fallu que je lise les volumes précédents, ou si je suis allergique à l’humour scandinave, ou si la vague du polar venu du froid continue à m’agacer, mais je me suis assez copieusement ennuyé. Comme j’ai vu que ce n’était pas le premier traduit, je me suis dit que la série avait peut-être un intérêt et je suis quand même allé au bout. Mais je n’y reviendrai plus.

Franchement, je ne vois pas ce que je pourrais trouver de positif à ce roman. Ce qui m’a le plus agacé, ce sont les dialogues monosyllabiques, complètement incompréhensibles pour le lecteur. Ils ne sonnent pas un caramel ! Personne ne parle comme ça, même les personnages ne peuvent pas se comprendre.

Ensuite j’ai bien vu qu’il y avait des moments où l’auteur faisait de l’humour. Mais là il doit y avoir une incompatibilité entre son sens de l’humour et le mien. J’ai trouvé ça lourd et pour tout dire triste. Comme quand quelqu’un essaie de faire des blagues et que personne ne rit. Gêné je fus comme dirait Camilleri.

Quand à l’histoire, elle est à la fois d’une banalité confondante, une vengeance vingt ans plus tard d’un gamin qui fut maltraité (je ne révèle pas grand chose, promis, on s’en doute dès le premier quart du bouquin), et en même temps pas vraiment traitée, pleine d’impasses, d’ellipses et de détails non résolus. Dernier machin qui me gène, on est dans du procédural, mais les flics semblent faire n’importe quoi, que ce soit dans leurs interrogatoires, leur méthode, ou la façon d’arriver à la solution de l’enquête.

Bref, complètement raté pour moi. Exit Edwardson.

Ake Edwardson / Marconi Park (Marconi Park, 2013), 10/18 (2017), traduit du suédois par Rémi Cassaigne.