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Colin Niel de retour en Guyane

Après un détour du côté du massif central, Colin Niel est de retour en Guyane avec Sur le ciel effondré.

NielMaripasoula dans le Haut Maroni, au bord du fleuve frontière avec le Suriname. Angélique Blakaman, qui s’est illustrée par son courage en métropole y est revenue. La gendarme, avec sa rage et ses cicatrices n’a plus grand-chose à voir avec la petite fille qui y avait grandi.

Plus haut sur le fleuve, Tapwili Maloko est l’homme respecté de ce village Wayana. Il s’oppose à l’exploitation de ses terres par les orpailleurs, clandestins ou officiels. Un soir son fils de quinze ans disparait sans laisser de traces. Encore un suicide d’adolescent amérindien ?

A Cayenne, alors qu’un gang multiplie les attaques de maisons, Ben un jeune infirmier de retour d’une mission en Amazonie auprès des orpailleurs est tué lors du cambriolage de sa maison qui tourne mal. Le capitaine Anato, premier guyanais à atteindre ce grade, enquête sur cette affaire, quand il ne doit pas préparer la visite du ministre venu annoncer un tournant dans la politique d’exploitation du l’or en Amazonie française.

Et si tout était lié ?

On pourrait mettre en avant la quantité étonnante de faits, historiques, géographiques, sociologiques, ethniques que l’on découvre en lisant ce dernier roman de Colin Niel. Mais ce serait lui faire injure, et laisser croire au lecteur qu’il lire 500 pages de reportage (d’excellent reportage) sur la Guyane.

Or ce que le lecteur a entre les mains avec Sous le ciel effondré, c’est un très beau roman noir. Un polar à l’intrigue complexe et parfaitement maîtrisée, avec son suspense, ses moments de tension, de violence, ses coups de théâtres. Tout ce qui fait un polar qu’on ne peut lâcher.

Un polar avec des personnages auxquels on s’attache, des personnages qui ont tous leur côté sombre, et dont on comprend les ressorts, même si on ne les partage pas. Des personnages que l’on découvre pour certains, que l’on retrouve avec plaisir pour d’autres, des personnages vraiment incarnés.

Un polar avec un cadre superbement rendu, et certainement très dépaysant pour la majorité des lecteurs de Colin Niel. On ressent la chaleur, l’humidité, on entend les bruits de la forêt, en apprécie la sensation de fraicheur (relative) d’une brise le long du fleuve …

Et oui, en plus on apprend beaucoup de choses passionnantes, sans que jamais l’auteur ne nous lasse, sans que jamais il ne donne l’impression de réciter tout ce qu’il sait aux pauvres ignorants que nous sommes.

Alors oui, c’est un magnifique roman noir, passionnant, dépaysant, attachant. A lire donc.

Colin Niel / Sur le ciel effondré, Rouergue/Noir (2018).

Andrée Michaud bouleversante

J’avais découvert Andrée Michaud il y a deux ans avec Bondrée. Rivages a l’excellente idée de poursuivre la publication de ses romans avec Rivière tremblante.

MichaudUn jour d’été 1979, en plein orage, Michael Saint-Pierre, douze ans, disparait dans la forêt, au bord de la rivière, sous les yeux de son amie inséparable Marnie Duchamp. Marnie, gamine, n’a pas compris pourquoi son ami est parti en courant dans la forêt pour ne jamais revenir. Les habitants de la petite ville de Rivières-au-Tremble et les gendarmes, ont toujours cru qu’elle mentait. C’est pourquoi, dévastée, elle a quitté les lieux avec son père.

Trente ans plus tard, à la mort de ce père revenu habiter dans son village, elle décide de s’installer à Rivières-au-Tremble. Elle va y croiser Bill Richard, auteur de livres jeunesse, venu s’enterrer là par hasard, lui qui ne peut plus vivre en ville depuis que, trois ans auparavant, sa fille Billie a disparu à jamais entre l’école et son cours de danse.

Deux deuils impossibles, qui vont se télescoper quand le Michael, onze ans, ne rentre pas d’une balade à vélo. Pour les habitants du village et pour des flics pressés, Marnie et Bill ne sont pas des victimes mais de potentiels bourreaux.

Autant avertir le lecteur tout de suite : Lecteur, si les seuls polars qui t’attirent sont ceux qui proposent une enquête trépidante, des investigations poussées, de l’action, du suspense et des coups de théâtre, passe ton chemin, Rivière tremblante n’est pas pour toi. Si par contre la plongée dans une âme humaine au bord du gouffre te tente, si tu aimes les ambiances brumeuses, les personnages hantés par leurs fantômes, tu peux te précipiter.

Oui ce roman est très lent, oui il restera des mystères. Mais que cette lecture vous prend aux tripes ! Plus de 350 pages à tenter de sortir du deuil, à essayer de trouver une raison de vivre, à s’enfoncer dans une tristesse insondable, à se débattre avec une culpabilité d’autant plus difficile à surpasser qu’elle ne s’appuie sur rien de tangible. Et tout à la fin, dans les toutes dernières lignes, Andrée Michaud arrive encore à vous émouvoir.

Je ne vous dirai pas que c’est une lecture aimable. Au-delà d’une nature envoutante et parfois terrifiante, le portrait qu’elle brosse de cette petite ville et de la police québécoise n’est guère flatteur. Mais surtout l’écriture toute en finesse, mais d’une grande force prend le lecteur à la gorge dès les premières pages pour ne plus le lâcher. Préparez vos mouchoirs, et plongez dans Rivière tremblante.

Andrée Michaud / Rivière tremblante, Rivages/Noir (2018).

Dégradation, une superbe découverte

Un nouveau venu anglais en cette rentrée au seuil : Benjamin Myers, Dégradation. Une vision bien noire des landes du nord de l’Angleterre.

MyersAu nord de l’Angleterre, un paysage rude, sillonné par les randonneurs l’été, vide l’hiver. Dans ce paysage, un bourg, et une jeune fille Melanie Muncy qui disparait, alors qu’elle était allée se promener avec son chien. Ses parents possèdent la plus belle propriété du village, mais ils n’y sont guère aimés. Alors que la neige menace de bloquer la vallée, seuls deux personnes vont s’intéresser à cette disparition : James Brindle, flic d’une unité d’élite chargée des crimes les plus horribles, maniaque, névrosé, incapable de se lier avec ses semblables, et Roddy Mace, ancien journaliste d’un tabloïd londonien qui est venu se perdre, ou se retrouver dans un petit journal du nord du pays.

Tout de suite les soupçons se portent sur Steven Rutter, un rustre qui vit à l’écart, dans une ferme qui tombe en ruine. Le suspect idéal, bestial, sale, inquiétant. Leur enquête va les mener beaucoup plus loin, et révéler que Steven Rutter n’est peut-être pas l’homme le plus dangereux de la région.

Qu’est-ce qui fait que ce roman est fascinant, alors qu’un autre, que l’on pourrait résumer de la même façon, ne sera qu’une bouillie insipide recyclant pour la centième, millième fois des recettes éculées ? Parce que des romans qui tournent autour de la disparition d’une jeune fille avec des enquêteurs atypiques, dans un environnement bien sale, il y en a des cartons.

Je pourrais répondre en deux mots : « l’écriture », et vous seriez en droit de me dire : c’est un peu court jeune homme (même si ça fait longtemps que je ne suis plus jeune). Donc je vais essayer de développer.

Pour commencer le culot de la construction : On sait très vite ce qu’il s’est passé, et qui est le coupable. L’auteur ne joue donc pas sur le suspense, et la disparition initiale n’est qu’un prétexte. Et pourtant il va y avoir quelques révélations en cours d’histoire, et même une fin assez ouverte d’une certaine façon.

Ensuite les personnages. Et deux en particulier : James Brindle est exceptionnel. Et cela parce que Benjamin Myers ne se contente pas de nous dire qu’il est maniaque. Il nous fait rentrer dans sa tête, nous perturbe avec ses tics et ses tocs, arrive même à rendre attachant un individu que l’on trouverait insupportable en vrai. Et que dire de Steven Rutter ? Immonde, bestial, vivant dans une misère culturelle, émotionnelle, sanitaire incroyables, mais qui prend chair, que l’on comprend petit à petit, et surtout, qui est absolument crédible et incarné, à l’inverse de certains croquemitaines et autres serial killers sensés nous effrayer. Rutter est effrayant, mais plus que ça, il est pathétique et émouvant. Le voilà le véritable tour de force, ce qui donne une force incomparable à Dégradation. D’autant plus que tous les personnages secondaires sont réussis, jusqu’aux ombres menaçantes que l’on devine au second plan.

Ajoutez à cela la description d’une société sous la coupe de quelques mâles dominants immondes, dignes de Ted Lewis (si vous ne connaissez pas Ted Lewis, qui a inspiré des auteurs comme Robin Cook ou David Peace, précipitez-vous) et des descriptions de paysages époustouflantes.

Touillez, laissez mijoter, et vous avez un superbe roman noir, étouffant et émouvant, un diamant noir qui vous laissera des images, des scènes et des gens gravés dans la mémoire.

Benjamin Myers / Dégradation (Turning blue, 2016), seuil/cadre noir (2018), traduit de l’anglais par Isabelle Maillet.

Polar, pêche et Montana

Je ne vous ai pas abandonné, et je ne suis pas planté devant des matchs de foot. Mais entre les barbecues du beau temps enfin arrivé, la musique, les soirées qui se prolongent, le brevet, le BAC … Plus quelques BD dont je vous parlerai d’ici peu promis, mon rythme de lecture a pris une claque. Nez en moins, un petit tour à la pêche avec Meurtres sur la Madison de Keith McCafferty.

McCaffertyLa Madison en question, c’est une rivière à truites dans le Montana. Des guides de pêche, quelques touristes très fortunés et des pêcheurs locaux. Et une drôle de pêche pour le client de Rainbow Sam : un cadavre tout boursouflé. Voilà une enquête qui sort de l’ordinaire pour la shérif Martha Ettinger.

Une enquête qui va lui faire croiser la route de Sean Stranahan, venu se réfugier dans l’ouest encore sauvage après une rupture douloureuse. Il survit en peignant et en louant ses services de Privé. C’est cela qui va le mettre en relation avec la très troublante Velvet Lafayette, chanteuse de bastringue, qui recherche son frère. Tout est en place, la pêche peut commencer.

« Le début d’une nouvelle série merveilleusement divertissante » lit-on en quatrième, signé Craig Johnson. Bon, ce n’est pas complètement faux, mais disons que notre cowboy préféré s’emballe peut-être un peu.

C’est divertissant, Keith McCafferty vient prendre une place laissée vacante par la bien trop rapide mort de William G. Tapply ou l’absence de nouveau roman de Jim Tenuto. Son récit est frais, on a sa dose de grands espaces, de belles descriptions de rivières au lever et au coucher de soleil, des truites bondissantes, du suspense et une intrigue qui tient la route et réserve quelques surprises.

Et la description du commerce du tourisme nature du Montana est intéressante.

Ensuite est-ce merveilleusement divertissant, je n’irai pas jusque là. L’auteur a un peu de mal à prendre à son compte les clichés rebattus du polar, qui marchent toujours, mais qui manquent ici un peu d’épaisseur, à commencer par la femme fatale et le privé au grand cœur qui va tomber dans ses filets, en sachant parfaitement ce qu’il risque. Et ça manque de force, de méchanceté, de niaque. Peut-être aussi le (ou les à vous de voir) méchant est-il un peu faiblard.

Toujours est-il que j’ai passé un bon moment, et que j’espère que la suite aura un peu plus de force pour être digne des louanges de grand Craig.

Keith McCafferty / Meurtres sur la Madison (The royal wulff murders, 2012), Gallmeister (2018), traduit de l’anglais (USA) par Janique Jouin-de Laurens.

Pas de cèpes pour Soneri

Au risque de me répéter, en ce moment, j’adore les polars italiens. En trois romans Valerio Varesi est devenu un habitué, un auteur dont on attend avec impatience chaque nouvelle traduction consacrée à son commissaire Soneri. Le dernier chez nous ? Les ombres de Montelupo.

VaresiCela devait être des vacances. Le commissaire Soneri a pris quelques jours, en novembre, pour retourner dans son village natal, arpenter les bois du Montelupo pour chercher des champignons, comme il le faisait avec son père. Mais dès son arrivée, au bar ou à l’auberge, à demi-mots, on lui fait comprendre que quelque chose ne va pas dans la famille Rodolfi.

Le père avait fait fortune après la guerre, dans la charcuterie. Il est d’ici, il parle le dialecte et marche dans les bois. Son entreprise fait plus ou moins vivre tout le village. Mais le fils … Le fils parle anglais, ne vient jamais, joue en bourse … Et surtout cela fait un moment qu’on ne le voit plus.

Jusqu’à ce qu’on découvre son cadavre, et que le père se suicide. La quiétude de Soneri, et la cueillette des champignons sont bien compromises et le tableau idyllique de son enfance va être mis à mal.

Dans un paysage imposant, étincelant dans la lumière froide de l’automne, ou caché par le brouillard, la cupidité, le mensonge, le secret et les rancœurs vont définitivement gâcher les vacances du commissaire, mais également le souvenir de son enfance, et le faire douter sur l’image qu’il gardait de son père.

Dans le village, l’arrivée massive de l’argent a fait voler en éclat une solidarité de façade, déjà bien mise à mal par les années de guerre, qui ont vu certains résister, et d’autres profiter. Voire faire les deux, histoire d’assurer ses arrières quoi qu’il arrive.

Paysage magnifiquement décrit, on se croit en balade avec Soneri dans ces bois, on débouche avec lui en plein ciel, on sent la neige qui arrive. Des personnages hors du commun, comme le père Rodolfi et son ennemi intime Le Maquisard, seul point fixe avec la montagne dans une société qui perd ses repères. Une intrigue savamment menée, qui nous perd dans les doutes et le brouillard avant que la lumière ne soit faite. Et une désolante mais ô combien réaliste peinture des dégâts causés par l’arrivée trop rapide d’une importante masse d’argent dans une communauté anciennement condamnée à la frugalité.

Et puis comme dit un personnage avec lequel je ne peux qu’être d’accord : « L’argent rend beau même ce qui est moche, bougonna l’aubergiste. Ça a toujours été de voyous, lança-t-il ensuite, plein de colère, sa voix brisée qui semblait masquer une plainte. Il faut bien l’être pour amasser autant d’argent, non ? »

Encore une très belle réussite de Valerio Varesi, pleine de nostalgie, de sensibilité et d’intelligence.

Valerio Varesi / Les ombres de Montelupo (Li ombre de Montelupo, 2005), Agullo (2018), traduit de l’italien par Sarah Amrani.

Walt, les bisons et le charbon

Le Craig Johnson du printemps est là. Il s’appelle Tout autre nom.

JohnsonL’hiver s’abat sur le Wyoming. Walt Longmire s’apprête à rentrer en hibernation quand son mentor, l’ancien shérif Lucian Connally lui demande de l’aide. Dans le comté voisin Gerald Holman, flic incorruptible, s’est suicidé sans laisser aucune explication. Le problème est qu’il s’est tiré deux balles dans la tête.

Sur place, Walt, Lucian et Vic Moretti qui est revenue de convalescence vont découvrir que lors de la dernière année trois femmes seules ont disparu dans le coin. Et que Gerald enquêtait sur ces disparitions. Une fois de plus Walt va se retrouver à patauger dans la neige, le vent et le brouillard.

Comment se renouveler dans la continuité ? Pour l’instant Craig Johnson a trouvé la manière.

Continuité des personnages bien entendu, que l’on retrouve avec un immense plaisir. Continuité dans la qualité des dialogues, toujours aussi mordants et drôles, surtout quand l’Ours ou Vic sont de la partie. Continuité du décor, avec une nature toujours présente, et ici une nature d’autant plus présente qu’en hiver elle devient rapidement mortelle. Continuité dans les visions de Walt qui, une fois de plus va risquer sa peau, se retrouver au bord du gouffre, et avoir les visions que ses lecteurs connaissent bien.

Et renouvellement parce que d’autres thèmes sont abordés, parce que, d’une façon ou d’une autre, le décor change quand même. Il est ici question de responsabilité, de culpabilité (mais je ne peux pas en dire plus sans dévoiler le fin mot de l’intrigue). Et surtout, notre shérif préféré va, dans l’espace de quelques jours, se trouver confronté à la nature la plus sauvage, ce qui va l’amener à essayer d’imiter le bison en colère (sans succès d’après Standing Bear) et être mis en danger par le symbole de l’Amérique industrielle dans ce qu’elle a de plus déshumanisé. Le tout au détour de deux scènes d’anthologie.

J’espère que vous n’avez rien compris mais que votre curiosité est piquée, et que vous allez vous précipiter sur ce nouveau Walt Longmire. Alors vous verrez que j’ai raison.

Craig Johnson / Tout autre nom (Any other name, 2014), Gallmeister (2018), traduit de l’anglais (USA) par Sophie Aslanides.

Les histoires d’amour finissent …

Je continue à découvrir les polars français de ce début d’année avec Simple mortelle de Lilian Bathelot.

BathelotNicole est en route vers son premier poste d’institutrice dans un village paumé de l’Aude. Un nouveau départ dans la vie terne de cette mère de famille divorcée et dont les enfants sont partis. Alors qu’elle est bloquée par un orage monstrueux sur la petite route qui l’amène à destination elle tombe sur Louis, qui semble l’attendre sur le bord du chemin, indifférent aux trombes d’eau.

Louis, qui vit dans une ferme isolée et fait un peu de tout dans le village. Entre eux, le coup de foudre. Peu à peu Nicole va découvrir le passé de son amant, et ses activités contre la construction d’un barrage. Ailleurs, de gros intérêts financiers et la raison d’état pourraient bien mettre la vie de Louis en grand danger.

Je ne sais pas si c’est le temps maussade, le hasard des sorties ou le virus de la grogne, mais je continue à rouméguer. Alors que le roman de Lilian Bathelot est accueilli avec enthousiasme ici et là, je suis resté mitigé.

Certes c’est une belle histoire d’amour. Oui ça part plutôt bien avec une belle scène d’orage et une construction intrigante. Mais arrivé à peu près à la moitié, j’ai commencé à m’ennuyer, à relire des BD, à avancer lentement et même à sauter quelques passages.

Je ne saurais mettre exactement le doigt sur ce qui m’a fait décrocher, malgré quelques pistes.

Tout d’abord, les deux personnages principaux sont trop parfaits. Aucun défaut, beaux, amoureux, intelligents, justes jusque dans leurs plus petites actions. Au bout d’un moment, j’en arrive à m’en désintéresser.

Ensuite, les personnages secondaires, qui sont ceux qui font avancer l’action, ne sont qu’à peine esquissés. Et du coup sont assez caricaturaux. On ne peut ni les aimer ni les détester. Comme disait tonton Alfred, pour réussir un polar, il faut réussir le méchant. Là il est fantomatique.

Et pour finir, si le démarrage fait souffler la tempête, tomber des trombes d’eau, marteler la grêle, après je trouve que le souffle tombe, malgré les plus belles pages, celles qui concernent les balades dans la montagne audoise.

Voilà, ça me désole, mais je me suis un peu ennuyé. Alors c’est moi docteur ou c’est le bouquin ? Je suis preneur de vos diagnostics.

Lilian Bathelot / Simple mortelle, La manufacture des livres (2018).