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Le jardin

On ne peut pas dire que les polars coréens traduits en français courent les rues. J’étais donc content de lire Le jardin de Hye-Young Pyun. Mais je suis resté de marbre.

PyunOgui se réveille à l’hôpital. Paralysé et incapable de parler. Son dernier souvenir, l’accident de voiture. Il apprend que son épouse est morte sur le coup. Alors qu’il revient à la vie, la seule personne à venir le voir régulièrement est sa belle-mère avec qui ses relations n’étaient pas mauvaises, mais distantes.

Une fois de retour chez lui, c’est elle qui va devoir s’occuper de lui, tâche qu’elle réalise avec un dévouement qui fait l’admiration de tous, jusqu’à ce que, petit à petit …

J’ai vu ici et là des critiques enthousiastes, qui toutes notaient la distance, le ton froid de l’auteur. J’avoue que c’est ça, en premier lieu, qui m’a complètement laissé en dehors du roman. On a beau être censé être dans la tête du narrateur qui vit quand même des choses assez éprouvantes, c’est tellement distancié, il y a un tel manque d’émotion, de quelque émotion que ce soit (peur, colère, amour, envie …) dans la description du quotidien ou dans les flashbacks qui décrivent sa vie d’avant que je me foutais complètement de ce qui pouvait lui arriver. Qui de plus est très prévisible.

Là aussi il y a quelque chose qui m’a laissé complètement en dehors du bouquin, c’est que si on a quelques surprises, petites, dans les révélations de ce qu’était la vie de Ogui avant l’accident, on voit venir le dénouement de loin. Et donc aucun suspense, aucune tension, aucune émotion pour moi, ni peur, ni effroi, rien.

Si vous voulez flipper, mais vraiment flipper, avec quelqu’un qui se trouve complètement aux mains de celui ou celle qui le soigne, je ne saurais trop conseiller Misery bien entendu, que j’imagine tout le monde a au moins vu au cinéma, mais surtout le génial et moins connu Côté jardin d’Alain Monnier qui, je vous le garantis, va vous mettre autrement les tripes à l’envers.

Hye-Young Pyun / Le jardin (The Hole, 2016), Rivages/Noir (2019), traduit du coréen par Lim Yeong-Hee et Lucie Modde.