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Fondation foudroyée

Dernier Fondation avant la rentrée (la suite attendra), Fondation foudroyée, toujours d’Isaac Asimov.

Pour ceux qui ne savent pas du tout de quoi ça cause, je vous renvoie à mes précédentes chroniques … Nous sommes donc arrivés à un statu quo. La première fondation a prospéré, il s’est déjà passé 500 ans depuis la chute de l’empire, donc nous sommes à mi-chemin de l’arrivée d’un nouvel empire d’après les calculs de Seldom. Dans l’ombre, la seconde fondation tire les ficelles. 

Mais de nouveaux affrontements se profilent à l’horizon. A la seconde fondation un esprit plus affuté que les autres s’aperçoit que quelque chose de bizarre dans les calculs pourrait être dû à une troisième force. Et dans le plus grand secret, la première fondation n’a pas oublié qu’il existe peut-être une seconde fondation qui les manipule, quelque part dans la galaxie. Deux hommes vont être au centre d’un nouveau bouleversement et de nouvelles révélations.

L’époque à bien changé ! Pas celle du roman, mais celle à laquelle il a été écrit. Nous sommes maintenant dans les années 80 et cela se sent. Asimov a maintenant une sacrée œuvre derrière lui. Il est passé au format long, cette fois nous suivons une seule trame de cinq cent pages. L’écologie, ou du moins une forme d’écologie apparaît, et nous avons des femmes avec des rôles centraux, et surtout des rôles de pouvoir. 

Toujours très habile dans sa construction de l’histoire, il donne ici plus de chair aux différents personnages, continue à passionner le lecteur avec cette histoire en apparence fort lointaine, varie les thématiques et les points de vue, et amorce un lien avec une autre de ses grandes sagas.

Toujours un plaisir donc, reste à voir quand je vais trouver le temps de lire Terre et Fondation qui conclue la série.

Isaac Asimov / Fondation foudroyée, (Foundation edge, 1982), Denoël/Présence du futur (1984) traduit de l’anglais (USA) par Jean Bonnefoy.

Seconde fondation

Je continue la série Fondation, avec Seconde fondation, toujours d’Isaac Asimov.

Pour le contexte, je vous laisse vous reporter à la chronique sur les deux premiers volumes. Nous en avons maintenant fini avec la montée en puissance de la Première Fondation, elle a été mise à mal par un Mutant, le Mulet, je ne vous dirai pas comment, si vous comptez vous lancer dans la série.

Et maintenant apparaît la Seconde Fondation créée par Hari Seldom, celle qui avait à peine été évoquée auparavant, et qui va venir sur le devant de la scène. Elle affrontera le Mulet, puis on verra se mettre en place la rivalité entre les deux Fondations.

Les personnages commencent à prendre de l’épaisseur, les femmes sont un peu plus présentes, mais les rôles restent encore très très marqués. Ceci dit le talent de conteur d’Asimov fait merveille, même si là aussi le souvenir que j’avais gardé de l’histoire m’a empêché d’être surpris par quelques uns des coups de théâtre qui sont savamment distillés.

Bref j’ai continué avec plaisir, et je verrai si j’ai le temps d’attaquer les deux derniers romans, plus conséquents que ceux-ci. Je continue à conseiller pour qui voudrait une lecture de vacances divertissante, tout en découvrant un des monuments de la SF du XX°.

Isaac Asimov / Seconde fondation, (Second Foundation, 1953), Denoël/Présence du futur (1966) traduit de l’anglais (USA) par Pierre Billon.

Relecture de l’été : Fondation

Je profite de l’été pour tenter une relecture. Celle d’un cycle qui m’avait marqué quand j’avais commencé à lire de la SF. Fondation et Fondation et empire d’Isaac Asimov.

Pour ceux, s’il y en a, qui n’ont jamais entendu parler de ce monument de la SF, un petit résumé …

Nous sommes dans très très longtemps (j’y reviendrai). L’humanité c’est répandu dans la galaxie et a fondé un empire qui semble éternel. Pourtant, sur Trantor, capitale de l’empire, un homme sait qu’il est sur le point de s’effondrer. Il s’appelle Hari Seldom, c’est un psychohistorien, une science qui permet de prévoir le futur en appliquant les mathématiques statistiques aux êtres humains, quand ils sont en très grand nombre, comme on peut le faire en physique statistique avec les atomes. Il a calculé que l’empire était sur le déclin, qu’il allait s’effondrer, et que des milliers d’années de barbarie allaient s’ensuivre.

C’est inévitable. Mais pour réduire les temps obscurs, il y a une solution. Créer une Fondation qui rassemble les meilleurs scientifiques, la mettre le plus loin possible de Trantor, dans un des bras de la galaxie. De là viendra un nouvel empire qui réduira fortement la période de chaos. Dans cette Fondation, une crypte, où Hari Seldom apparaitra en hologramme pour guider ses héritiers lors de crises qu’il a calculées.

Voilà pour la trame. Fondation et Fondation et empire sont constitués de nouvelles et d’un court roman retraçant les premiers siècles de la Fondation, sa création, ses crises, son expansion jusqu’aux heurts avec les restes d’un empire mourant et à la première crise non prévue par Seldom.

J’avoue que je ne sais pas trop dire pourquoi j’ai pris autant de plaisir à relire ces deux romans, et pourquoi je lirai sans doute les suivants, alors que … j’allais dire j’y ai vu tant de « défauts ». Mais ce ne sont pas des défauts, plutôt des faits révélateurs de l’époque de l’écriture de ce début de cycle (fin des années 40, début 50). C’est fascinant de voir comment un récit censé se dérouler dans des dizaines de millénaires parle de son époque.

Pour commencer, le plus marquant pour un lecteur actuel, c’est le rôle des femmes. Il faut attendre la deuxième moitié du second tome pour en voir une qui ait un rôle important. Avant aucune (je passe sur deux silhouettes de potiches). On croise des scientifiques, des politiques, des marchands (qui ont un rôle important dans l’expansion de Fondation), des équipages de vaisseaux spatiaux, pas une femme. Et la première qui a un vrai personnage, va être importante dans le roman essentiellement parce qu’elle fait preuve d’empathie. Quand on pense à Dune, écrit moins de 15 ans plus tard on mesure l’évolution de l’époque, ou la différence de mentalité des deux auteurs.

Ensuite, pour des romans se déroulant dans un très très lointain futur, il n’y a aucune invention d’un quelconque système politique un peu innovant. Soit on a des royaumes/empires/dictatures, soit des sociétés marchandes plus ou moins démocratiques. Avec en filigrane une mise en avant et une glorification du commerce sans contrainte comme vecteur d’évolution. Pas le moindre souci d’écologie, les ressources sont infinies. Ça aussi, c’est très représentatif d’une époque. Là aussi, la comparaison avec Dune est frappante.

Et pourtant, malgré des personnages souvent réduits à leur seule fonction de faire avancer l’histoire, ça se lit tout seul, le sourire aux lèvres, impatient de voir apparaitre le fantôme de Seldom venu expliquer les raisons de la crise. Ça doit être ça le miracle des grands classiques.

Isaac Asimov / Fondation et Fondation et empire, (Foundation, 1951 et Foundation and empire, 1952), Denoël/Présence du futur (1957 et 1966) traduit de l’anglais (USA) par Jean Rosenthal.