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Roméo et Juliette version calabraise

Pour son troisième roman traduit en France, Gioacchino Criaco change de point de vue, mais pas de territoire. Avec La soie et le fusil, nous sommes toujours en Calabre.

criacoDans cette vallée calabraise, depuis la nuit des temps, deux familles s’affrontent, de part et d’autre du fleuve. Jusqu’à que l’eau emporte tout lors d’une inondation meurtrière. Suivant les flots ils se retrouvent tous à l’embouchure, travailleurs d’une plaine fertile mais qui appartient à un autre. La paix semble venue. Une paix dont profitent Julien et Agnese, jeunes gens fous amoureux.

Mais les rivalités renaissent vite, le père de Julien est tué par quelqu’un de la famille d’Agnese et le jeune homme, incarnation des récits sanglants de son grand-père, va prendre les armes et devenir un tueur sans pitié. Jusqu’à la prison, mais sans jamais perdre l’amour d’Agnese. A sa sortie, vingt ans plus tard, une vie paisible est-elle vraiment possible ?

Roméo et Juliette, c’est vieux comme le monde. Ça a été écrit, filmé, conté, joué des milliers de fois. Gioacchino Criaco nous prouve qu’on peut le faire une fois de plus. Si on sait y mettre sa patte.

Ici une terre qu’il aime de toute évidence, même s’il déplore la façon dont certains la traitent. Car même si une partie du roman se déroule à Milan, c’est bien cette vallée calabraise qui est au centre du roman. Une vallée magnifiquement décrite et symbolisée par les deux personnages principaux.

L’autre originalité du roman est de montrer comment on peut être aussi local, enraciné dans sa vallée, et en même temps universel. Car cette histoire de terre dure mais belle, de patrons qui tentent de mettre la main sur elle et sur les hommes qui l’habitent, cette histoire de groupes mafieux qui, sous couvert de protéger un peuple, ne font qu’aider ceux qui l’asservissent, Julien et Agnese la partagent avec un autre personnage rencontré, venu du sud de la Chine.

Cela pourrait être artificiel, mais l’auteur mêle naturellement les deux histoires, nous raconte les légendes des deux contrées, mêle passé mythique et présent en une trame qui emporte le lecteur. On lit à la fois un récit légendaire, et une histoire d’aujourd’hui, et on tremble, une fois de plus, pour ces Roméo et Juliette calabrais.

Ajoutons que Gioacchino Criaco nous offre un très bel hommage aux femmes de cette région qui, avec une patience, une résistance, un amour et une intelligence remarquables tissent leur toile année après année, siècle après siècle pour contrer la violence des hommes et arriver à installer paix et prospérité.

Gioacchino Criaco / La soie et le fusil (Il saltozoppo, 2015), Métailié (2018), traduit de l’italien par Serge Quadruppani.

Pas de cèpes pour Soneri

Au risque de me répéter, en ce moment, j’adore les polars italiens. En trois romans Valerio Varesi est devenu un habitué, un auteur dont on attend avec impatience chaque nouvelle traduction consacrée à son commissaire Soneri. Le dernier chez nous ? Les ombres de Montelupo.

VaresiCela devait être des vacances. Le commissaire Soneri a pris quelques jours, en novembre, pour retourner dans son village natal, arpenter les bois du Montelupo pour chercher des champignons, comme il le faisait avec son père. Mais dès son arrivée, au bar ou à l’auberge, à demi-mots, on lui fait comprendre que quelque chose ne va pas dans la famille Rodolfi.

Le père avait fait fortune après la guerre, dans la charcuterie. Il est d’ici, il parle le dialecte et marche dans les bois. Son entreprise fait plus ou moins vivre tout le village. Mais le fils … Le fils parle anglais, ne vient jamais, joue en bourse … Et surtout cela fait un moment qu’on ne le voit plus.

Jusqu’à ce qu’on découvre son cadavre, et que le père se suicide. La quiétude de Soneri, et la cueillette des champignons sont bien compromises et le tableau idyllique de son enfance va être mis à mal.

Dans un paysage imposant, étincelant dans la lumière froide de l’automne, ou caché par le brouillard, la cupidité, le mensonge, le secret et les rancœurs vont définitivement gâcher les vacances du commissaire, mais également le souvenir de son enfance, et le faire douter sur l’image qu’il gardait de son père.

Dans le village, l’arrivée massive de l’argent a fait voler en éclat une solidarité de façade, déjà bien mise à mal par les années de guerre, qui ont vu certains résister, et d’autres profiter. Voire faire les deux, histoire d’assurer ses arrières quoi qu’il arrive.

Paysage magnifiquement décrit, on se croit en balade avec Soneri dans ces bois, on débouche avec lui en plein ciel, on sent la neige qui arrive. Des personnages hors du commun, comme le père Rodolfi et son ennemi intime Le Maquisard, seul point fixe avec la montagne dans une société qui perd ses repères. Une intrigue savamment menée, qui nous perd dans les doutes et le brouillard avant que la lumière ne soit faite. Et une désolante mais ô combien réaliste peinture des dégâts causés par l’arrivée trop rapide d’une importante masse d’argent dans une communauté anciennement condamnée à la frugalité.

Et puis comme dit un personnage avec lequel je ne peux qu’être d’accord : « L’argent rend beau même ce qui est moche, bougonna l’aubergiste. Ça a toujours été de voyous, lança-t-il ensuite, plein de colère, sa voix brisée qui semblait masquer une plainte. Il faut bien l’être pour amasser autant d’argent, non ? »

Encore une très belle réussite de Valerio Varesi, pleine de nostalgie, de sensibilité et d’intelligence.

Valerio Varesi / Les ombres de Montelupo (Li ombre de Montelupo, 2005), Agullo (2018), traduit de l’italien par Sarah Amrani.

Ricciardi, encore et toujours

Les fans (dont je suis) l’attendent tous les ans avec impatience. Le commissaire Ricciardi de Maurizio de Giovanni est de retour dans Les Pâques du commissaire Ricciardi.

GiovanniNous sommes dans la semaine de Pâques, à Naples, en 1932. Tout le monde se prépare à rompre enfin le carême, chaque cuisinière pense à sa « pastiera », ce gâteau traditionnel napolitain qui se mange le dimanche de Pâques. Mais tout le monde n’est pas concerné par l’effervescence des préparatifs et la douceur du printemps qui arrive.

Vipera, la plus belle fille du bordel le Paradiso est retrouvée étouffée dans sa chambre. Le dernier client qui l’a quittée jure qu’elle était vivante à son départ, le suivant l’a trouvée morte. Pour les autorités fascistes de la ville, la mort d’une pute est beaucoup moins importante que la réouverture, discrète, d’un bordel où ils ont leurs habitudes. Mais vous connaissez le commissaire Ricciardi et son inséparable adjoint le brigadier Maione, tant que l’affaire ne sera pas résolue, ils ne lâcheront pas le morceau.

Passer de Dominique Manotti à Maurizio de Giovanni, je ne pouvais pas faire de plus grand écart stylistique. De l’écriture sèche, au bistouri de la grande dame qui met à jour les rouages qui font tourner le monde des affaires au lyrisme plein d’empathie du grand monsieur qui met à nue l’âme tourmentée de Ricciardi et de tout un peuple. De la rage froide et impuissante à la saudade, aux pleurs et aux larmes. Que le polar est divers, que le polar est bon !

De roman en roman on découvre les traditions populaires, sociales et culinaires de Naples avec un plaisir sans cesse renouvelé. De roman en roman, on suit la gorge serrée les vies du tourmenté Ricciardi, du généreux Maione et de sa famille si pleine de vie, de Rosa qui veille sur son protégé, de Livia et Enrica, si différentes, mais amoureuses du même homme, du docteur Bruno Modo, bienfaiteur des quartiers populaires, qui se met en danger car il ne sait pas taire ce qu’il pense du pouvoir fasciste …

Une des grandes forces des romans de la série est de décrire le fascisme sans discours, sans dramatisation, vu par des personnages qui se désintéressent (presque) totalement de la politique, mais qui, peu à peu, vont être confrontés sans le chercher à sa brutalité, sa violence arbitraire, sa bêtise crasse. C’est particulièrement fort dans ce nouveau roman. Sans dénonciation, sans plaidoyer, la charge n’en est que plus efficace et plus terrible. Maurizio De Giovanni frappe au cœur autant qu’à la tête, sans jamais faire dans le larmoyant, sans effets putassiers, en s’adressant à l’humanité du lecteur.

Du grand art.

Maurizio de Giovanni / Les Pâques du commissaire Ricciardi (Vipera, 2012), Rivages (2018), traduit de l’italien par Odile Rousseau.

Rocco Schiavone en pleine déprime

Vous avez sans doute remarqué que j’aime les personnages récurrents, et que j’ai un faible particulier pour les italiens. Dont l’acide Rocco Schiavone d’Antonio Manzini qui revient dans Un homme seul.

ManziniNous sommes juste à la suite de Maudit printemps. Donc ceux qui pensent le lire bientôt, arrêtez là la lecture de cette chronique, et surtout ne lisez pas, par hasard, le résumé en quatrième de couverture.

C’est bon ? Il ne reste plus que ceux qui ont lu les trois premiers romans ?

 

 

Bien. Rocco est en pleine déprime dans ces montagnes du Val d’Aoste qu’il déteste. Le printemps qui arrive ne peut le sortir de l’horreur. Adele, la fiancée de Seba, un de ses meilleurs amis a été tuée, à sa place, dans son appartement où elle était venue pleurer la relation difficile avec Seba. Et même s’il a fait la lumière sur une sombre affaire de corruption dans laquelle trempait la ‘ndrangheta, il reste des zones d’ombre.

Alors Rocco se terre dans une pension sordide et ne met plus les pieds au bureau. Jusqu’à ce qu’un des malfrats qu’il a contribué à faire arrêter soit tué en prison. Et qu’il décide qu’Adele doit être vengée. Alors il va se remettre au boulot, pour finir le travail, et pour retrouver qui pouvait lui en vouloir au point de venir le tuer.

Donc je confirme, impossible de lire Un homme seul si on n’a pas lu Maudit printemps, car ce nouveau roman en est la suite directe.

Ceci dit, on retrouve tout ce qu’on aime dans cette série romano-alpine. Romaine car Rocco est, et reste, totalement romain, malgré ses quelques mois en Val d’Aoste, et malgré les plaisirs qu’il commence, à son corps défendant, à éprouver à se trouver au cœur d’une nature qui revit avec le printemps. Et alpine, ben parce qu’il est dans les Alpes.

Rocco tel qu’en lui-même, mauvais comme une teigne quand on l’embête, fidèle en amitié, la langue acérée, et parfois, quand on s’y attend le moins, le cœur sur la main. Il est méchant, attentif, drôle, humain, sans pitié … Excessif en tout, dans ses qualités comme dans ses défauts.

Les personnages secondaires prennent de l’importance, avec en particulier un duo d’imbéciles qui offrent un pendant nordique très convainquant à l’incontournable Catarella sicilien du Maître.

Rocco et Antonio Manzini continuent à combattre les imbéciles, ceux qui croient que leur argent les met à l’abris de la loi, les pourris et ceux qui aiment faire souffrir leurs semblables, surtout quand le semblable est plus faible. Et s’il faut pour cela faire quelques entorses à la loi, qu’à cela ne tienne.

Bref, j’adore Rocco Schiavone et sa bande, et il me tarde déjà de les retrouver.

Antonio Manzini / Un homme seul (Era di maggio, 2015), Denoël/Sueurs froides (2018), traduit de l’italien par Samuel Sfez.

Une réédition de Massimo Carlotto

Je savais bien que je n’avais pas lu tous les Massimo Carlotto traduits, la réédition de La vérité de l’alligator me permet de combler un oubli.

CarlottoMarco Buratti, dit l’Alligator, ex prisonnier, ex chanteur de blues, est devenu privé, de façon totalement non officielle. Personne ne sait où il habite, mais tous ceux qui comptent savent dans quels bars de Padoue le trouver.

C’est au début d’un concert de blues qu’une avocate vient le voir. Son client, Alberto Magagnin, en conditionnelle, n’est pas rentré en prison à la fin de la journée. Elle voudrait que Marco le trouve avant la police pour lui éviter de prolonger son séjour en taule.

Ancien junkie, toujours sur le point de plonger, il avait été condamné pour meurtre. Lui a toujours clamé son innocence. Les premières recherches de Marco le font buter sur un cadavre : une femme avec qui Alberto semblait avoir une liaison. Un meurtre qui ressemble beaucoup à celui pour lequel il avait été condamné. Voilà qui n’arrange pas ses affaires. D’autant que l’enquête de l’alligator va aller fouiller du côté d’une caste intouchable dans la ville.

Autant le dire tout de suite, ce n’est pas le meilleur Carlotto. D’ailleurs pour moi le meilleur Carlotto, c’est un petit texte qui vous laisse sur le cul : Rien, plus rien au monde.

Ceci dit, c’est bien troussé, l’enquête tient la route, l’alligator est un personnage de héros hard boiled bien à la limite comme on les aime d’autant plus crédible que Massimo Carlotto a fait de la prison et sait de quoi il cause. Donc on ne s’ennuie pas.

La peinture du milieu de la petite délinquance est humaine sans préjugés, sans prêche et sans illusion, et celle de la haute société de ce nord de l’Italie sans pitié. A découvrir donc.

Massimo Carlotto / La vérité de l’alligator (La verità dell’ alligatore, 1995), Folio/Policier (2017), traduit de l’italien par Arlette Lauterbach.

Ferraro de Milan, nouveau personnage culte.

J’avais déjà beaucoup aimé Le matériel du tueur de Gianni Biondillo, qui d’ailleurs avait gagné le prix Violeta Negra il y a quelques années. Et j’ai adoré, coup de cœur absolu, le dernier, Le charme des sirènes.

BiondilloSi vous avez lu Le matériel du tueur, vous vous souvenez sans doute de l’inspecteur Ferraro de Milan. Il mène une vie « tranquille », aussi tranquille que possible avec un chef arriviste, une fille ado, et des amis d’enfance dans le Quarto Oggiaro, le quartier … compliqué de Milan.

Elle va devenir beaucoup moins tranquille quand, bien contre son gré, il est affecté à l’enquête sur l’assassinat d’une top model pendant le grand défilé de mode de la gloire locale et internationale, Varaldi. Hargneux, décidé à haïr tout le monde, il déboule dans ce grand monde milanais comme un chien enragé.

Ailleurs, beaucoup plus au sud, Oreste dit Moustache, clodo depuis toujours décide de revenir mourir dans son quartier, le Quarto Oggiaro de Milan. Sur sa route il va rencontrer Aïcha, gamine échouée récemment sur une plage italienne à la recherche de son grand frère installé à Milan, et croiser la route d’un vrai sale con.

Et tout ce monde se retrouvera, peut-être, à Milan.

Comment dire à quel point je me suis régalé avec ce roman ? Dès le premier chapitre, la première scène, plusieurs éclats de rire. Si vous ne me croyez pas, entrez dans une librairie ou une bibliothèque, ouvrez le bouquin et lisez pourquoi il ne faut jamais réveiller Mimmo, l’Animal.

Et les éclats de rire vont se multiplier au fil des pages. Le regard de Ferraro (et de Biondillo bien sûr) sur le milieu, très artificiel de la mode est sans pitié, sans concession, mais également sans méchanceté gratuite. Il sait y voir la beauté, les souffrance, la fierté du travail  bien fait, la férocité des rapports humains, le ridicule et l’affectation, les préjugés (les siens en premier). C’est criant de vérité, et c’est l’illustration permanente de l’existence de deux villes de Milan qui ne se côtoient jamais, ou presque. Celle des riches et de l’ostentation, et celle de Mimmo, de Ferraro, des familles qui ne trouvent pas de logement, des quartiers où le racisme et l’extrême droite reprennent du poil de la bête.

Tout cela en nous faisant rire, en nous émouvant, avec des dialogues magnifiques, et un regard d’une justesse absolue. Ne serait-ce que pour les scènes entre Ferraro et sa fille, lisez le bouquin, j’ai eu l’impression que Biondillo était venu chez moi, sans que je m’en aperçoive, pour filmer puis retranscrire les discussions avec la mienne !

Certes j’avais deviné avant la dernière page le fin mot de l’histoire, mais ce n’est pas grave, pas grave du tout, tant jusqu’à la dernière ligne ce diable d’auteur m’a amusé, mais aussi ému profondément.

Pour résumer, c’est un livre drôle, émouvant, intelligent, pertinent et indispensable. Et si vous en avez l’occasion, ne ratez surtout pas l’occasion de rencontrer l’auteur, il est absolument extraordinaire à l’oral.

Gianni Biondillo / Le charme des sirènes (L’incanto delle sirene, 2015), Métailié (2017), traduit de l’italien par Serge Quadruppani.

Printemps froid en Val d’Aoste

Ils sont très forts ces auteurs de polar italiens. Noirceur, justesse de ton, humour … C’est encore le cas avec ce troisième volet des aventures de Rocco Schiavone d’Antonio Manzini : Maudit printemps.

ManziniChiara, lycéenne, fille d’une famille d’industriels du Val d’Aoste ne répond plus au téléphone et ne vient plus au lycée. C’est une sa meilleure amie qui alerte Rocco Schiavone alors que les parents n’ont rien signalé. C’est donc de façon non officielle que notre peu conventionnel policier commence une enquête qui va mettre à jour bien des magouilles. Alors que lui continue à bousiller ses Clarks, et que les souvenirs de sa vie romaine ne le laissent jamais en paix.

Je persiste et signe, ils sont très forts ces italiens. Ils font partie de ces rares auteurs, avec, dans un style d’humour plus désespéré, les irlandais, à réussir à décrire la noirceur totale d’une situation et d’un pays tout en gardant le sens de l’humour et en faisant sourire, voire rire, leur lecteur.

Parce qu’elle est sacrément noire la situation de Rocco, ses fantômes, ceux qui s’acharnent sur lui, et ses pauvres chaussures ruinées paire après paire. Et il est rude Rocco avec ceux qui s’approchent de lui. Il faut accepter de se faire salement secouer pour prétendre à son amitié. Quant à ceux qui veulent s’opposer à lui, ils ont intérêt à avoir la couenne dure.

Et pourtant, plus ça va plus on l’aime, plus on s’attache à ce personnage tout en paradoxes et en faiblesses, qui souffre et cache sa peine sous des dehors d’ours. On aime son intégrité, sa cohérence avec ses valeurs et ses discours, sa façon de privilégier l’humain par rapport à la loi.

Et on finit aussi par aimer son Val d’Aoste, malgré la pluie, la neige de mai, le froid, les habitants qui se surveillent tous …

Un beau personnage, que l’on suivra, on l’espère bien longtemps.

Antonio Manzini / Maudit printemps (Non è stagione, 2015), Denoël/Sueurs froides (2017), traduit de l’italien par Samuel Sfez.