Archives du mot-clé Jean-Christophe Rufin

Aurel Timescu du Quai d’Orsay

Les habitués de Toulouse Polars du Sud l’ont peut-être déjà vu, le parrain de la prochaine édition sera un académicien et oui ma chère. Jean-Christophe Rufin. Du coup j’ai lu ses trois polars que je n’aurais sans doute pas ouvert sinon. Et j’aurais eu bien tort de me priver de ce plaisir. Coup sur coup donc, avec voracité et délice, Le suspendu de Conakry, Les trois femmes du consul et Le flambeur de la Caspienne.

Rufin01Aurel Timescu est une véritable calamité, une patate chaude que les consulats se repassent en cherchant le naïf ou le petit jeune qui va l’accueillir. Petit, moche, timide avec les femmes, spécialiste des accoutrements improbables, pianiste émérite, amateur de vin blanc, il a connu la Roumanie de Ceausescu, et vous découvrirez comment il a finit au Quai d’Orsay … Il n’aime pas travailler, a un vrai talent pour ne rien faire, mais se réveille quand une énigme intéressante se présente, même et surtout quand on lui demande de ne pas s’en mêler.

Rufin02C’est ainsi qu’il va découvrir qui a laissé un français suspendu au mât de son bateau à Conakry, démêler un étrange assassinat sur la côte du Mozambique, et découvrir comment, peu avant son arrivée, la femme de l’ambassadeur n’est pas morte d’un accident en Azerbaïdjan, près de la frontière iranienne. Toujours avec son style très particulier, et toujours en mettant les pieds là où ses supérieurs préfèreraient qu’il ne les mettent pas.

Rufin03Trois romans courts absolument délicieux. Ce ne sont pas les romans de l’année, ce n’est pas du noir qui vous secoue et vous retourne les tripes. Par contre c’est vif, il n’y a pas un mot de trop, c’est drôle dans la description des lieux, des consulats que l’auteur connait parfaitement. C’est fin quand cela met en lumière leurs travers et ceux du personnel du quai d’Orsay. Le trait n’est jamais forcé, toujours juste, très souvent drôle.

D’une aventure à l’autre Jean-Christophe Rufin a réussi à ne pas se répéter, à varier les entames, les relations entre Aurel et ses supérieurs, et on s’attache beaucoup à ce petit bonhomme plus complexe et émouvant qu’il n’apparait au premier abord.
De vrais bons bouquins, à lire sourire aux lèvres, pour un moment de plaisir sans arrière pensée mais non sans intelligence.

Jean-Christophe Rufin / Le suspendu de Conakry, Les trois femmes du consul et Le flambeur de la Caspienne, Flammarion (2018, 2019, 2020).