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Féroce

Dernière novella de l’année pour la collection Equinox des Arènes : Les féroces de Jedidiah Ayres.

AyresQuelque part dans le désert mexicain, pas trop loin de la frontière avec les US, une bourgade Politoville. Politoville n’est pas une vraie ville. C’est une sorte de mélange de camp de repos et de prison pour le « invités » du senior Polito, qui doit être un parrain local (on ne sait pas exactement). On y trouve une cantina où officie Ramon, des putes (les Marias) amenées là de force, et les invités sont en général des truands qui ont plus ou moins travaillé pour le parrain.

Le plus malin d’entre eux finit par s’apercevoir qu’il est coincé là jusqu’à ce qu’il ait dépensé, à la cantina et avec les putes, tout ce qu’il avait gagné en travaillant pour le parrain. Tout pourrait continuer, si le malin en question ne décidait pas de s’enfuir, avec sa Maria, non sans avoir au préalable défoncé la tête de Ramon. Le début d’une révolte sanglante de toutes les Marias.

Une centaine de pages, sèches comme des coups de triques, avec leur lot de violences, de crasse, de misère et de chaleur étouffante. La construction est originale, et c’est trop court pour qu’on se lasse.

Mais c’est également trop court pour qu’on s’intéresse vraiment à un personnage ou un autre, ou pour laisser le temps d’installer une tension avant l’explosion. On a donc essentiellement une succession de scènes choc, habilement reliées (même si on ne comprend pas forcément au début comment tout cela s’enchaine) dans un final qui complète le puzzle.

C’est bien fait, mais comme je ne me sens pas concerné ni touché par l’histoire d’aucun des protagonistes, ce sera sans doute très vite oublié.

Jedidiah Ayres / Les féroces (Fierce bitches, ???), Les arènes/Aquinox (2018), traduit de l’anglais (USA) par Antoine Chainas.