Archives du mot-clé Jérémie Guez

Les âmes sous les néons

Cela faisait un bon moment que l’on n’avait plus de nouvelles de Jérémie Guez. Il revient avec Les âmes sous les néons. Retour gagnant.

Son mari Lars vient de se faire tuer, une balle dans la tête. Elle se retrouve seule avec son fils, bébé. Quand il vient la voir en lui disant qu’il doit lui parler, elle découvre un homme dur, qui a promis au défunt de s’occuper d’elle. Dans le même temps elle voit ce qu’elle n’a pas voulu savoir avant, Lars gagnait son argent grâce à un réseau de prostitution et au blanchiment d’argent.

Ceux qui ont tué son mari, aidé par son avocat qui est à leur solde, veulent tout lui racheter, et l’arnaquer. D’après l’homme, la seule solution pour conserver un bon train de vie est de reprendre les choses en main. Il est prêt à l’aider le temps nécessaire.

L’ami Yan sur son blog résume parfaitement le ressenti à la lecture de ce nouveau roman de Jérémie Guez : « Il est facile de se rater en essayant de faire un « grand roman », beaucoup plus difficile de réussir une vraie bonne série B. » S’il n’a pas cherché à écrire un grand roman, l’auteur a ici réussit la série B parfaite.

Nerveuse, pas une ligne de trop, tout ce qui est écrit est nécessaire à l’avancée de l’action ou à la compréhension des motifs des personnages. Car série B ne veut pas dire que les deux personnages principaux ne sont que des archétypes ou des silhouettes. Même s’ils sont construits au départ sur des clichés, ils trouvent au fil des pages leur originalité, prennent l’épaisseur qui va amener le lecteur à s’intéresser à eux, et pas seulement à leur sort à la fin du roman. Ce qui ne veut pas dire qu’ils paraissent forcément aimables ou sympathiques.

Sec, terriblement efficace mais loin d’être sans âme, une excellente série B.

Jérémie Guez / Les âmes sous les néons, La Tengo (2021).

Boxe et polar avec Jérémie Guez

Boxe et polar, une fois de plus mariés. Par Jérémie Guez dans Balancé dans les cordes. Un beau combat qui se termine par un KO.

guezTony doit son salut à la boxe. Pas de père, une mère qui boit, fume et tapine, les cités de la zone parisienne … c’est grâce à la boxe qu’il a pu ne pas sombrer. Et même s’élever puisqu’il est à quelques jours de livrer son premier combat professionnel. Malheureusement, quand on vit sur le fil du rasoir le moindre faux pas est fatal. Quand un dealer tabasse sa mère, Tony va voir le caïd du nord parisien et lui demande son aide pour la venger. Le doigt dans l’engrenage, le faux pas fatal qui entame une descente aux enfers.

Passons sur quelques coquilles tellement hénaurmes que je les ai vues (moi qui ai tendance à lire un peu vite et à passer sur ces « détails »).

Boxe, banlieue, pègre et polar. C’est classique, et ça marche si c’est bien mené. Et ici c’est bien mené. Une histoire classique qui sert de prétexte à la description d’un milieu et d’un môme qui tente de s’en sortir. Description âpre d’une situation difficile qui ne cache rien de la misère sans jamais tomber dans l’apitoiement ou l’angélisme.

Un bon polar qui se lit avec intérêt et plaisir, agrémenté de morceaux de bravoures bien maîtrisés et d’une écriture particulièrement resserrée et adaptée dans les scènes de boxe. Que demander de plus ?

Jérémie Guez / Balancé dans les cordes, La Tengo (2012).