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La denrière BD de 2014

Il y a de très beaux cadeaux de Noël. Little tulip signé Boucq et Charyn en fait partie. C’est le dernier mot de l’année 2014, après on accueille les copains et on fait chauffer le tire-bouchon ! A l’année prochaine.

Boucq-charynDans les années 70 Paul est un des tatoueurs les plus doués de New York. Pas bavard, mais un magicien du dessin qui aide parfois la police à réaliser des portraits robots à partir des descriptions des témoins. Dans une autre vie, Paul était Pavel, tatoueur d’un des chefs de gangs les plus redoutés du goulag. Quelque part dans les rues, Bad Santa, un taré qui viole et égorge les femmes, sévit …

Superbe scénario, avec des allers retours entre présent et passé parfaitement maîtrisés. Scénario superbe autant dans son évocation du goulag que dans celle du New-York dans années 70. Avec de très belles réflexions sur l’art du dessin. Et ce qu’il faut de fantastique et de rêve pour pimenter l’histoire policière.

Le dessin de Boucq est magnifique, passant des ocres et oranges aux bleus du froid, avec une mention spéciale pour sa façon de rendre les yeux, immenses, du gamin qui découvre la violence et l’injustice.

Un très beau cadeau à se faire sans remord dès le début de 2015 si on l’a laissé passer en 2014.

Boucq (dessin) et Charyn (scénario) / Little tulip, Lombard/Signé (2014), traduit de l’anglais par Jeanne Guyon.

Charyn à Bruxelles

Après le pavé de Pierre Bordage, une friandise belge signée Jérôme Charyn : A la mort subite.

CharynSidney Holden est un tueur à gage à la retraite. Il coule des jours paisibles à Paris où il est venu prendre sa retraite. Mais voilà qu’au moment où ses ressources sont à sec, une lettre d’engagement lui arrive, lui demandant d’aller à Bruxelles, où la chambre habituelle de son père l’attend. Un nouveau contrat ? Et surtout la possibilité de découvrir qui était ce père qu’il ne connaissait finalement pas si bien, et qui sait, d’en savoir plus sur sa mère, française, morte quand il était gamin.

Une friandise belge donc pour le plus européen des auteurs de polars américain. Un joli texte, tout en nostalgie et en mélancolie, avec quelques éclats d’absurde et d’humour. Un texte qui se lit avec un sourire triste aux lèvres et qui donne envie d’aller faire un tour à Bruxelles, boire une (ou plusieurs) bières et manger un waterzooi. Très appréciable, même pour ceux qui, comme moi, ne connaissent pas la ville, certainement délectable pour les habitués.

Une longue nouvelle, agrémentée de photos de Michel Casterman qui, si elles ne sont pas spectaculaires, sont bien dans la tonalité du texte.

Jérome Charyn (photos de Michel Casterman) / A la mort subite (At the sudden death cafe, 2007), le Castor astral (2014), traduit de l’américain par Marc Chénetier.