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Le plateau version Laurence Biberfeld

Dernièrement, les auteurs de polar français nous parlent de la campagne et de ses habitants. La dernière en date est Laurence Biberfeld avec Sous la neige, nos pas.

BiberfeldDans les années 80, un hameau, sur un plateau à plus de 1000 mètres d’altitude en Lozère. Une jeune institutrice venue de région parisienne débarque avec sa fille qu’elle élève seule. Elle s’aperçoit vite que tous dans le village la surveillent, mais sans la juger. Une façon de la protéger dans un pays rude qui peut s’avérer fatal pour ceux qui ne le connaissent pas.

Mais le danger pourrait venir d’ailleurs, de son ancienne vie, de vieilles relations avec des dealers, ou de Vanessa qu’elle avait recueillie chez elle, avant, et qui a replongé dans la drogue et revient la voir. Des dangers que ses voisins ne connaissent pas, eux qui savent composer avec l’isolement, le froid, la tempête et la neige.

Les hauteurs perdues du centre de la France inspirent les auteurs français. Après Franck Bouysse et Colin Niel, Laurence Biberfeld à son tour nous offre un très beau roman.

Ses descriptions de la nature et des habitants de ce village sont justes et belles. On sent la dureté de la vie l’hiver, le froid, le vent, mais on sent également l’incroyable beauté de l’arrivée du printemps.

Elle décrit très bien la solidarité obligée de ces coins perdus, sans tomber dans l’angélisme ou une peinture naïve. On n’est pas ici chez le « bon paysan », et elle ne passe pas sous silence la rudesse et l’exploitation dégueulasse de certains plus faibles ou plus vulnérables, ici comme à la ville.

Et pour couronner le tout, l’intrigue bien menée réserve quelques surprises … A lire donc.

Laurence Biberfeld / Sous la neige, nos pas, La Manufacture des livres/ Territori (2017).

Poulpe à la sauce Biberfeld.

Souvent on prend un poulpe pour se détendre, entre deux pavés bien denses. On ressent le besoin d’une lecture agréable et relativement facile. Comme une bière bien fraiche après une longue rando au soleil. Avec On ne badine pas avec les morts, de Laurence Biberfeld, c’est raté.

Karen a été retrouvée torturée et assassinée dans son petit appartement parisien. Et c’est maintenant son fils, quatorze ans, accusé du meurtre, qui se pend dans sa cellule. Le poulpe ne croit pas un instant à cette version. Il a bien sûr raison. Le voilà donc parti sur les traces d’un drôle de journal, qui va le balader de Vienne à New York en passant par Tel Aviv, sur les traces de l’histoire du mouvement sioniste. Pendant ce temps, Pedro renoue avec son passé, Chéryl se rase la tête, et un mystérieux individu suit Gabriel partout pour lui casser la gueule …

C’est donc du sérieux ce poulpe. Multiplicité des personnages, densité des moments historiques évoqués, sérieux de la documentation … C’est un poulpe de haute densité, plutôt un calamar géant des profondeurs. Et qui demande donc un minimum de concentration. Ce qui n’empêche pas Laurence Biberfeld de pimenter son discours fort intéressant de quelques superbes dégustations de bières (ça donne soif), de scènes de tatanages réjouissantes, et d’un humour jouant très bien sur le comique de répétition.

On y apprend à apprécier le baume au camphre, on découvre de très nombreuses bières, on sourit souvent. Apprendre en s’amusant un bon programme non ?

Laurence Biberfeld / On ne badine pas avec les morts, Baleine/Poulpe (2009).