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Rouge blanc bleu

« Enfin le parfait roman post 11 septembre » lit-on sur le rabat de Rouge blanc bleu de Lea Carpenter. Je ne suis pas certain que ce genre d’exagération serve vraiment le roman.

CarpentierAnna avait tout pour être heureuse. Un père génial qu’elle adore, qui travaille dans la banque. Elle est sur le point de se marier avec un autre homme tout aussi génial, riche, producteur des rock stars, qui l’adule. La veille de la cérémonie, son père meurt tué dans une avalanche, près du chalet en Suisse où elle devait se marier. Et quelques mois plus tard, un homme l’approche, lui révèle que son père travaillait pour la CIA, et lui donne une clé USB. La vie d’Anna finit de basculer.

Tous les personnages du roman sont extraordinaires, beaux, cultivés, intelligents, sophistiqués. Tous mènent des vies hors du commun. En parfaite adéquation, l’écriture et la construction du roman sont belles, intelligentes et sophistiquées.

Mais, car vous sentez bien qu’il y a un mais, tout cela me fait penser à ces photos que l’on voit dans les magazines de décoration. On voit des pièces superbes, des cuisines parfaitement équipées, des jardins éblouissants … Où personne n’a jamais mis les pieds, où il n’y a aucune vie, aucune odeur, pas la moindre trace du merdier que l’on sème invariablement dans un endroit où il fait bon vivre. Aucune humanité pour résumer.

Ce roman m’a fait la même impression. Si je dois me livrer à un exercice purement intellectuel, je fais des maths avec mes gamins, ou d’essaie de résoudre un problème au boulot, et aussi étonnant que cela puisse paraître j’aime ça. Quand je lis, j’écoute de la musique ou je regarde une photo j’ai besoin d’être ému. Là rien, froid, distant, certainement très beau, mais je me suis ennuyé.

Donc le parfait roman post-11 septembre, mais pour ceux qui aiment les bouquins de déco.

Lea Carpenter / Rouge blanc bleu, (Revolver, 2016), Gallmeister (2019) traduit de l’anglais par (USA) Anatole Pons-Remaux.