Archives du mot-clé Mar del Plata

Perro Lascano, 3° épisode

A la lecture de L’aiguille dans la botte de foin, personne n’aurait parié sur la longévité de Perro Lascano, le flic d’Ernesto Mallo. Et pourtant, le revoilà, pour notre plus grand bonheur, dans ce troisième volume : Les hommes t’ont fait du mal.

Mallo-Hommes-MalPerro Lascano est mis à la retraite. Et le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est guère regretté par ses collègues. Dur d’être honnête dans la police argentine … Alors qu’il se morfond dans son appartement, il est contacté par une riche cousine dont il ignorait l’existence : Sa fille avec qui elle avait coupé les ponts est morte, assassinée à Mar del Plata, et elle veut maintenant retrouver sa petite fille, bébé, qui a disparu. Une enquête qui va mener Perro au cœur de la corruption de la classe politique et de la police argentines. Une corruption qui permet aux hommes d’exploiter la misère, et d’exercer leur pouvoir sur les plus faibles : les femmes, pauvres.

Perro Lascano et Ernesto Mallo égaux à eux-mêmes. Une intrigue minimaliste qui sert de prétexte à la peinture d’une société argentine complètement gangrenée par la corruption.

On retrouve la rage de Lascano (qui est celle de son créateur), son indignation, on retrouve des faibles exploités, trompés, tués … ici, comme souvent, les plus faibles sont les femmes pauvres, victimes de pourritures associées au gratin de la police et de la politique.

Ernesto Mallo se fait plaisir (et nous fait plaisir) : quelques-unes des pires pourritures finissent par payer, mais il ne se fait aucune illusion, les vrais commanditaires, ceux qui ont le pouvoir qui compte s’en tirent, et pour quelques pauvres gamines sauvées, tant d’autres tomberont.

Tout cela, par la force d’une écriture sans fioritures, aux ellipses parfaitement maîtrisées et sans jamais tomber dans la démonstration ou la dénonciation militante. Un dialogue entre deux affreux en dit plus long, en trois lignes, que des pages de développements et d’indignation vertueuse.

Et heureusement, de temps en temps, quelques rayons de soleil et d’humanité qui permettent de ne pas désespérer complètement.

A lire, comme les deux précédents épisodes.

Ernesto Mallo / Les hommes t’ont fait du mal (Los hombres te han hecho mal, 2011), Rivages/Noir (2014), traduit de l’espagnol (Argentine) par Olivier Hamilton.