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Les flibustiers de la mer chimique

Je n’ai vu passer que des critiques enthousiastes du roman de Marguerite Imbert, Les flibustiers de la mer chimique, donc je me suis lancé.

Nous sommes dans un futur assez peu souriant. Une catastrophe (dont nous découvrirons la cause) a décimé l’humanité. La Terre et les océans sont abominablement pollués. L’humanité restante est la proie d’animaux qui ont mutés de façons à être encore plus agressifs et efficaces. Et bien entendu on a continué à se mettre sur la gueule.

Dans ce beau paysage nous allons suivre :

Ismaël, citoyen de Rome où règne une reine/prêtresse, naturaliste, parti sur un bateau qui a coulé, recueilli sur le Player Killer, le sous-marins d’une bande de flibustiers menés par un ado attardé, Jonathan. Et Alba, dernière représentante du clan des graffeurs, un clan qui s’est donné pour mission de mémoriser tout le savoir de l’humanité moribonde. Alba qui va être récupérée, de force, par Rome.

Et vous n’avez là qu’une partie de la galerie de personnages, tous plus allumés les uns que les autres, imaginés par Marguerite Imbert.

J’ai été moins emballé par ce roman que mes collègues qui en ont déjà parlé, tout en reconnaissant les qualités qu’ils évoquent.

Oui c’est joyeux (malgré la thématique), allumé, plein d’imagination, débordant d’énergie et de références à la culture populaire (ou pas, comme le prénom d’un des protagonistes). Oui ça brasse sans se prendre au sérieux quantités de thématiques, de la catastrophe écologique, à l’exercice du pouvoir, en passant par les méfaits d’une culture mal digérée ou le mépris de classe.

Mais justement, là où on peut être emballé par l’abondance, on peut aussi, et ça a été mon cas, trouver qu’il y en a trop, et que ce n’est pas assez creusé. Et c’est dans la façon de mener l’intrigue que cela m’a fait petit à petit fait sortir du texte, malgré le plaisir trouvé à certaines fulgurances. Tout est effleuré, des personnages arrivent d’on ne sait trop où, les motivations des personnages secondaires restent assez obscures, le déroulé des événements entre la catastrophe et le moment du récit complètement elliptique, sans explication même s’il y est fait de nombreuses, mais peu précises allusions.

Pour mon goût très personnel, il aurait fallu soit simplifier, soit prendre plus de temps.

Marguerite Imbert / Les flibustiers de la mer chimique, Albin Michel/Imaginaire (2022).