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Contre les cons, Mémé.

Seule mémé Cornemuse a le pouvoir de nous consoler en ces jours :

« Parce que la vraie obscénité n’est pas dans le vocabulaire. Elle est dans la violence gratuite. Dans ces trous-du-cul qui nous font gober n’importe quoi pour s’en mettre plein les poches. Dans ce putain de monde où tout part en couilles, où les riches se pavanent sur le tas de pognon sans même jeter un regard à ceux qui crèvent la dalle. La grossièreté c’est pas causer comme un pilier de comptoir, mais c’est avoir un langage châtié et de foutre la planète en l’air en remplissant des piscines alors que des mômes crèvent de soif. » (Les vacances d’un serial killer).

« Alors si un jour tu vois un mirage qui te fait penser à un prince, change de trottoir, va au sex-shop et achète-toi un gode. T’auras moins d’emmerdes. » (Mémé goes to Hollywood)

« Tu t’appelles comment ?
Belette sautillante et vous ?
Gazelle pipeuse. » (Mémé goes to Hollywood)

Un peuple qui abrite Mémé en son sein est indestructible. Courage.

Le dernier bal de Mémé Cornemuse ?

Apparue dans Les vacances d’un serial killer, mémé Cornemuse est devenue une vraie star sous la plume de Nadine Monfils. Elle revient pour une dernière (vraiment dernière ?) aventure dans Maboul Kitchen.

Monfils-maboulMémé est à l’asile pour vieux siphonnés. Et elle s’y éclate. Du moins un moment. Mais elle finit par en partir avec un vieux beau qu’elle croit riche (et qui l’est quand même un peu), dont elle se débarrasse dès qu’elle l’a épousé, et qui a lui a légué un superbe manoir en Normandie, à Saint-Amand-Sur-Fion.

Châtelaine, pourquoi pas, mais mémé a une nouvelle idole, la mère de Stallone (92 ans), championne toutes catégories du ravalement de façade à grands coups de botox. Donc le manoir va devenir tour à tour chambre d’hôtes, bordel ou haut lieu de pèlerinage avec un seul but : ramasser du pognon pour aller à LA se faire transformer en nouvelle BB. ET tant pis s’il faut refroidir quelques clients récalcitrants.

Soit la série s’essouffle un peu, soit c’est moi qui commence à me lasser, mais j’ai été moins emballé cette fois. Rien de grave non plus. Peut-être l’effet de surprise qui se tasse.

Reste qu’il y a quand même de bons moments, que les interviews réelles de la mère Stallone qui ont remplacé les monologues de JCVD (si vous ne savez pas qui sait, relisez la série !) valent leurs pesants de cacahouètes, et que la mauvaise foi l’égoïsme et la méchanceté de mémé font toujours mouche.

Donc je ne me suis pas ennuyé, sans toutefois retrouver l’enthousiasme des débuts, et cela reste un très bon divertissement.

Nadine Monfils / Maboul kitchen, Belfond (2015).

Mém Cornemuse se marrie

Tant que je suis dans le bizarre, autant continuer, même si je change de style. En avant donc pour les aventures de la mamie la plus indigne de la littérature belge, et même de la littérature tout court. Vous avez deviné, il s’agit de la suite des aventures de Mémé Cornemuse, l’infâme vieille de Nadine Monfils, celle auprès de qui Carmen Cru et Tatie Danielle font figure de Pom Pom girls. Et cette fois, Mémé goes to Hollywood.

MonfilsCe n’est un secret pour personne, mémé en pince pour JCVD, le grand Jean-Claude, le belge le plus anglophone de Belgique. Mais son héros vit à Hollywood. Qu’à cela ne tienne, rien n’arrête une femme amoureuse et gare à quiconque se mettrait en travers de son chemin. On se doute bien que Cornemuse n’arrivera pas à L.A., mais avec mémé, ce n’est pas la destination qui compte, c’est le voyage.

Je ne vais pas prétendre qu’on a là une intrigue tricotée au millimètre, que le suspense vous scotchera à votre fauteuil ou que l’angoisse vous empêchera de dormir. Par contre c’est vous qui risquez d’empêcher votre voisin de lit / train / salle d’attente de dormir tranquille tant vous éclaterez de rire.

Si Mémé n’est ni Sherlock ni Miss Marple elle est la championne toutes catégories en vannes qui tuent, mauvaise foi, méchanceté et énergie. Quelle rigolade, quelle galerie de personnages tous plus absurdes les uns que les autres !

Et au milieu de cette absurdité, quelques phrases qui font bien plaisir. Petit florilège :

« La vraie vulgarité, c’est pas de causer comme une marchand de loques, mais de débiter des âneries en étant contre le mariage pour tous. »

Conseil de mémé à une gamine qui rêve du Prince Charmant :

« Alors si un jour tu vois un mirage qui te fait penser à un prince, change de trottoir, va au sex-shop et achète-toi un gode. T’auras moins d’emmerdes. »

et pour finir ce dialogue définitif avec un scout pris en stop :

  • « Tu t’appelles comment ?
  • Belette sautillante et vous ?
  • Gazelle pipeuse. »

On pourrait en remplir des pages. Et c’est d’ailleurs ce que fait Nadine Monfils !

Nadine Monfils / Mémé goes to Hollywood, Belfond (2014).

Mémé Cornemuse Présidente !

Depuis que je l’ai découverte, par hasard, dans Les vacances d’un serial killer, je suis devenu accro à Mémé Cornemuse. C’est donc avec un sourire d’anticipation que j’ai ouvert La vieille qui voulait tuer le bon dieu, le dernier roman de Nadine Monfils.

MonfilsMémé est concierge à Pandore, cette ville imaginaire qui se trouve quelque part du côté de la Belgique. Elle est toujours fan d’Annie Cordy et de Jean-Claude Van Damme (JCVD pour les intimes dont elle estime faire partie). Et elle a un casse en vue qui lui permettra de devenir riche et de convoler, avec JCVD justement. Manque de bol, ce soir-là, Ginette (une des locataires de l’immeuble) s’envoie en l’air hors mariage pour la première fois. Et en rentrant plus tard que d’habitude, elle retrouve son mari (qui est un gros con) égorgé, mains et kiki coupés. Or avec le casse en préparation mémé n’a aucun intérêt à voir la police débarquer, donc il va falloir se débrouiller sans appeler les flics …

Non ce n’est pas sérieux. Non ce n’est même pas recommandable pour les jeunes esprits malléables (quoi que …). Non ce n’est pas politiquement correct. Non on n’y apprend rien sur le trésor des templiers ni sur l’élection du Pape. Non on n’y trouve pas une analyse poussée de l’état du monde en général, de la Belgique en particulier (quoi que …). Non ce n’est pas réaliste. Non Mémé n’est pas gentille. D’ailleurs, ici, personne n’est gentil. Non, non et non.

Par contre, qu’est-ce qu’on rigole ! Et le pire, c’est que ce machin foutraque tient la route !

Ya vraiment pas de justice, dire qu’il y en a des qui s’emmerdent à faire des recherches pendant des années, des qui écrivent des plans sur 300 pages, des qui prennent des airs constipés, inspirés pour expliquer d’un air torturé que l’écriture se fait dans la douleur, mais qu’ils ont un message à faire passer merde kôa …

Je suis presque certain que Nadine Monfils ne fait aucune recherche, n’a aucun plan, et surtout, je suis prêt à parier qu’elle s’amuse comme un folle à écrire ces horreurs. Au moins autant que nous, lecteurs à les lire. Ya pas de justice je vous dis.

Nadine Monfils / La vieille qui voulait tuer le bon dieu, Belfond (2013).

Mémé Cornemuse et la petite fêlée aux allumettes.

Avant de revenir vers du noir qui attaque le ciboulot, j’avais encore besoin d’un peu de vacances. Ca tombe bien, l’abominable mémé Cornemuse de Nadine Monfils est de retour dans La petite fêlée aux allumettes. Rien de tel pour vous dérouiller les zygomatiques.

Dans une ville imaginaire de contes de fées (de ceux qui se terminent par le môme bouloté par l’ogre), un cinglé sème les cadavres de petites filles. Les mises en scène ont un rapport avec les contes.

Dans la même ville Nake, survit en dealant. Chaque fois qu’elle craque une allumette elle voit un cadavre … Et découvre quelques jours plus tard qu’elle a eu une vision du futur meurtre du cinglé.

Sur les traces du tueur, l’inspecteur Cooper et son étrange collection et Michou, son adjoint, flic le jour, drag queen la nuit.

Pas loin de là mémé Cornemuse, fan d’Annie Cordy et amoureuse de Jean-Claude Van Damme, la culotte en ébullition, le gosier à sec, prête à refroidir illico tout malotru qui lui manque un tantinet de respect.

Le décor est planté, en piste !

Ne cherchez pas ici une enquête réaliste, des pistes et fausses pistes, des experts de la police scientifique. Ca c’est pour les polars US, pas pour les polars belges complètement allumés. Ici vous avez droit aux citations de Jean-Claude Van-Damme (JCVD pour les intimes dont mémé), aux délires ô combien réjouissants de mémé Cornemuse, à la poésie surréaliste et à la gouaille de Nadine Monfils.

Putain c’est bon ! Et puis j’adore la mémé, celle qui aime la castagne, mais pas que. Vive mémé Cornemuse !

Nadine Monfils / La petite fêlée aux allumettes, Belfond (2012).

Les vacances de Monsieur Destrooper

Vous connaissez peut-être Que tal ? la chanson de Juliette … Et vous avez peut-être aussi vu Tatie Danielle ? Ben tout ça, à côté de la mamie de Nadine Monfils dans Les vacances d’un serial killer, c’est de la gnognotte !

Comme tous les ans la famille Destrooper part à la plage. Alfonse, le roi des boulettes sauce lapin (faudra lire pour savoir ce que c’est) a réservé dans une superbe pension avec vue sur la mer (la mer du nord, certes, mais la mer quand même). Josette, sa douce, a acheté un nouveau bikini et un magnifique chapeau. Steven et Lourdes, les deux ados, s’emmerdent déjà à l’arrière, mais comptent filmer leurs vacances pour passer le temps. Et la mémé (la mère de Josette) est dans la caravane (avec géraniums en plastique), bien décidée à haïr la plage mais à vampiriser le premier maître nageur qui se présente.

Dès les premiers kilomètres, les choses se présentent mal : Josette se fait piquer son sac avec tout l’argent de la famille par un motard et à la station service suivante, Steven et Lourdes qui aiment filmer en douce dans les toilettes, s’aperçoivent qu’ils ont des images d’un cadavre égorgé. Celui du motard justement …

Amateurs d’intrigues ficelées, de style tout en dentelle et de dialogues de haute volée philosophiques … laissez tomber, ce roman n’est pas pour vous. Si au contraire la folie, le mauvais goût assumé et manié avec truculence vous plaisent, si Affreux, sales et méchants est un de vos films préférés, n’hésitez pas une seconde, bienvenue au casse-pipe réjouissant de Nadine Monfils.

C’est qu’on ne s’ennuie pas avec la famille Destrooper. Pas un pour rattraper l’autre, et la pire, c’est bien entendu la mémé, ignoble, mal polie, sans scrupules mais pas sans libido … Elle est géniale.

Et puis, elle les aime bien ses paumés Nadine Monfils. Elle se moque, elle en rit mais elle les aime. Car comme le dit, quittant son nez de clown l’espace de quelques lignes : « Parce que la vraie obscénité n’est pas dans le vocabulaire. Elle est dans la violence gratuite. Dans ces trous-du-cul qui nous font gober n’importe quoi pour s’en mettre plein les poches. Dans ce putain de monde où tout part en couilles, où les riches se pavanent sur le tas de pognon sans même jeter un regard à ceux qui crèvent la dalle. La grossièreté c’est pas causer comme un pilier de comptoir, mais c’est avoir un langage châtié et de foutre la planète en l’air en remplissant des piscines alors que des mômes crèvent de soif. »

Voilà, c’est dit. Et ça n’empêche pas de se marrer durant tout le bouquin.

Nadine Monfils / Les vacances d’un serial killer, Belfond (2011).