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Un western qui déménage

Un western de plus un ! Une assemblée de chacals de S. Craig Zahler.

ZahlerIls sont trois à recevoir une invitation à un mariage : Oswell Danford et son frère Godfrey paisibles ranchers de Virginie et Dicky Sterling, séducteur et joueur de New York. Ils sont invités par Jim Lingham dans le Montana. A priori rien d’alarmant.

Pourtant si. Des années plus tôt, les quatre hommes étaient le Gang du boxeur et ont pillé des banques dans le sud du pays. Jusqu’à un moment précis, un événement particulièrement atroce, suite auquel ils s’étaient séparés. Si Jim les invite, c’est que le passé violent auquel ils avaient tourné le dos est de retour. Et qu’il va falloir l’affronter une bonne fois pour toute.

Attention ça tâche ! Pour une fois, la quatrième de couverture qui en appelle à La horde sauvage et à Tarantino ne raconte pas n’importe quoi.

« L’exploit » de l’auteur, c’est d’arriver à manipuler autant d’outrance sans tomber dans le ridicule et le grand guignol. L’exercice est périlleux, et il aurait été facile de se casser la gueule ; mais là ça fonctionne.

Il ne faut certes pas être trop fine bouche, et ne pas s’évanouir devant les flots d’hémoglobine et une inventivité exceptionnellement morbide dans la saloperie. Mais si on se laisse prendre, la construction est parfaite. Dès le début on a un petit aperçu de la folie furieuse des méchants. Puis, lentement, la tension s’installe, on se familiarise avec les personnages, le suspense monte, monte, monte, vers une dernière partie de bouquin complètement cinglée qui ne déçoit pas.

On pourrait se demander ce que peut bien avoir l’auteur dans la tête pour inventer de telles horreurs. Ce à quoi il pourrait faire la réponse du grand Valerio Evangelisti lors d’une table ronde à Toulouse : C’est vous, les lecteurs, qui devraient vous demander ce que vous avez, vous. Vous qui payez pour lire ça.

Je vous laisse répondre … Pour ma part, je crois qu’il faut prendre tout ça au second degré, comme un Kill Bill du Far West.

  1. Craig Zahler / Une assemblée de chacals (A congregation of jackals, 2010), Gallmeister/Néonoire (2017), traduit de l’anglais (USA) par Janique Jouin-de Laurens.

Chris Offut réédité chez Gallmeister

Dernière réédition, après, promis, je me remets aux nouveautés. Un roman passé inaperçu, ou presque, lors de sa sortie dans la regrettée collection La Noire où Patrick Raynal publiait les bijoux qu’il découvrait mais qui ne cadraient pas avec la série noire : Le bon frère de Chris Offut.

Offut_01Dans les collines perdues du Kentucky, Virgil est satisfait de son sort. Il a un boulot, une cabane simple mais qui lui suffit, sa famille, et les bois qu’il connaît par cœur. Jusqu’au jour où Boyd, son grand frère, tête brûlée du coin est tué. Tout le monde connaît l’assassin, mais le shérif ne fera rien faute de preuve. Et tout le monde attend de Virgil qu’il applique la loi du talion. Aucun moyen pour lui d’échapper à cette vengeance qui, immanquablement, amènera une autre vengeance …

Pendant des semaines, Virgil va examiner toutes les options. Quoi qu’il fasse, sa vie tranquille dans les collines du Kentucky est terminée.

Chris Offut est un auteur rare, ses textes sont d’autant plus précieux. Je me souvenais de ce roman, et de nouvelles extraordinaires Kentucky Straight, également publiées dans la Noire. Et j’ai pris un immense plaisir à le relire.

Quelle puissance dans la description de ces mondes perdus, quelle humanité dans celle de ces habitants du Kentucky. On pense évidemment à Larry Brown ou Daniel Woodrell. C’est aussi dur, âpre et tendre à la fois. Une façon unique de décrire un monde rural, prolétaire, loin, très loin des grandes villes. Un monde où d’autres lois s’appliquent, un monde qui s’est inventé ses propres règles, un monde abandonné et ignoré par le reste du pays.

Et pour ceux qui croiraient à une unicité des grands espaces américains, le passage du Kentucky au Montana est superbement rendu. Deux univers complètement différents, dans leurs paysages, leurs climats et leurs populations. Différents dans leur rapport au reste du pays, différents dans leurs préjugés. La peinture des milices fascisantes et délirantes du Montana est saisissante, le terreau sur lequel elles poussent et la réaction instinctive mais manquant de mots de Virgil sont décrits de façon limpide.

C’est superbe, incroyablement humain, écrit au raz, non pas du bitume mais de la terre, c’est un bol d’air, de noirceur, d’amertume, de folie, de joie, c’est d’une empathie et d’une tendresse qui serrent la gorge, et c’est une putain de bonne histoire.

Merci messieurs Raynal et Gallmeister de nous permettre de lire et relire Chris Offut !

Chris Offut / Le bon frère (The good brother, 1997), Gallmeister/Totem (2016), traduit de l’anglais (USA) par Freddy Michalski.

Inégalable James Crumley

En déplacement une semaine pour le boulot, j’ai décidé de charger ma valise avec des rééditions, ou des bouquins que je n’avais pas eu le temps de lire. Et pour être certain de ne pas me tromper, je commence en relisant le magnifique et indispensable Fausse piste de James Crumley dans la réédition revue de chez Gallmeister illustrée par Chabouté.

couv rivireMilo, privé à Meriwether, Montana, est dans la merde. Il lui reste treize ans avant de pouvoir hériter de la fortune de ses parents, et sa principale source de revenu en tant que privé – les divorces – a disparu quand l’état a autorisé la séparation par consentement mutuel. Il ne lui reste plus que l’alcool avec ses potes poivrots du Mahoney’s.

Jusqu’à ce qu’Helen Duffy frappe à sa porte et lui demande de retrouver Raymond Duffy, son petit frère disparu depuis trois semaines. Un petit frère angélique. Helen est belle et semble perdue. Milo accepte, mais se rend vite compte que Raymond n’avait rien d’un ange, et qu’il plonge en eaux troubles.

Putain j’avais oublié comme c’était bon de lire Crumley ! Ca vous prend aux tripes, ça vous réchauffe le cœur et le ventre comme les verres que s’envoie Milo, ça vous secoue, ça vous mets les larmes aux yeux, ça vous donne envie de le serrer dans vos bras.

Il y en a eu depuis des privés alcolos, déglingués, rétifs à toute forme d’autorité. Aucun n’a l’humanité, l’empathie, la compassion, la tendresse, et en même temps la dent dure de Milo et son pote Sughrue (que l’on retrouvera bientôt j’espère).

Quels portraits de paumés, de perdus magnifiques, de mourants en sursis. Et quelle façon de dépeindre une vraie peau de vache, une saloperie intégrale ! Il n’y a pas de personnages comme ceux de Crumley. Il n’y a pas (ou très peu) d’auteurs qui vous décrive une noyade alcoolique comme lui. Il n’y en a pas (ou très peu, très très peu) capable de vous faire aimer à ce point des paumés qui, si vous les croisiez dans la rue, vous feraient, au mieux, changer de trottoir.

Le roman a déjà 40 ans, il n’a pas pris une ride, rien de ce qu’on a pu lire depuis ne l’a démodé ou affaibli. Il faut absolument lire James Crumley. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, cette réédition magnifique, agrémentée des dessins sobres et tout à fait dans l’esprit du texte est l’occasion immanquable de la faire. Pour ceux qui connaissent, inutile que j’insiste, ils se seront tous précipités.

James Crumley illustrations de Chabouté / Fausse piste (The wrong case, 1975), Gallmeister (2016), traduit de l’anglais (USA) par Jacques Mailhos.

Arg ! Déçu par James lee Burke!

Je rame un peu en ce début d’année … Et j’ai dû mal regarder la date de sortie du dernier James Lee Burke, du coup je l’ai lu trop tôt, et je vais en parler trop tôt (me semble-t-il). Pour en dire du mal en plus. Misère. Et oui, déçu par Lumière du monde.

BurkeDave Robicheaux, sa famille et son pote Clete Purcel sont dans le Montana, dans le ranch de leur ami écrivain Albert Hollister. Pour se reposer … Mais quand Dave et Clete sont quelque part, y a-t-il un repos possible ? D’autant que Gretchen, la fille de Clete, ancienne tueuse de la mafia reconvertie au cinéma les a rejoint.

Alafair (la fille de Dave) a l’impression d’être suivie, Gretchen a des problèmes avec un flic local, Clete et Dave s’asticotent avec un magnat du pétrole qui possède un ranch dans la région … Et Dave est persuadé qu’Asa Surette, un psychopathe qu’Alafair avait interviewé en prison et que tout le monde croit mort est dans le coin. C’est reparti.

Qu’est-ce qui fait que j’aime tant les romans de James Lee Burke ? Ses personnages, le lyrisme de ses descriptions, ses rages et ses indignations, ses affreux bigger than life qui arrivent à nous inquiéter, le souffle qui les anime … Alors pourquoi cette fois ça ne marche pas ? Les personnages sont là, les descriptions des beautés du Montana aussi, la rage et l’indignation sont toujours présentes …

Mais le souffle n’y est pas. Du coup ça tourne en rond. Les situations se répètent, on les a déjà vues dans les autres romans, mais là on n’est plus emporté. La rage et l’indignation, sans le souffle, tombent à plat, et tournent même, par moment, au radotage. J’avoue que j’ai même sauté quelques paragraphes de dissertation sur Le Mal … Dave et Clete aussi tournent en rond, se répètent … Heureusement la jeune génération (Alafair et Gretchen) est là pour dynamiser un peu tout ça.

Et comme le souffle n’est pas là, je suis sensible à des « défauts » qui peut-être (je dis bien peut-être) ont été emportés, dans d’autres romans, par l’enthousiasme. Du mou dans l’intrigue, des personnages secondaires dont on se demande un peu ce qu’ils font là, des incohérences dans l’action et les motivations des personnages secondaires ou même des « héros » (mais pourquoi et comment Gretchen ne descend pas l’affreux quand elle en a l’occasion bordel de Dieu ?).

Tout ça peut paraitre très méchant et critique. Parce que finalement, je suis quand même allé au bout des plus de 600 pages (même en sautant donc quelques passages), parce que malgré ces défauts l’auteur a toujours un savoir-faire qui fait tourner les pages pour voir comment tout cela va se terminer, parce qu’il y a encore des pages superbes sur le Montana, parce qu’on ne peut lâcher Dave et Clete au milieu du gué.

Mais j’attends beaucoup, beaucoup mieux de James Lee Burke. Et je ne vois pas bien à qui conseiller ce bouquin, sinon aux fans absolus qui veulent TOUT lire de leur auteur fétiche. Pour les autres, mieux vaut éviter une désillusion, et pour ceux qui ne connaissent pas encore, pitié, ne commencez pas par celui-ci !

James Lee Burke / Lumière du monde (Light of the world, 2013), Rivages/Thriller (2016), traduit de l’anglais (USA) par Christophe Mercier.

Kim Zupan, un nouveau chez Gallmeister.

C’est parti pour 2015. Je commence avec une nouveauté toute fraiche : Nouvel auteur, premier roman. C’est chez Gallmeister, c’est de Kim Zupan : Les arpenteurs.

ZupanUne petite ville quelque part dans le Montana. John Gload était tueur. On ne saura guère comment il vendait ses services, ni comment il en est arrivé là. Il a plus de soixante ans et il s’est fait arrêter. Il attend son procès dans la prison de cette petite ville. Val Millimaki est le plus jeune adjoint du shérif. A ce titre c’est lui qui va devoir assurer les gardes de nuit à la prison. Petit à petit, un étrange dialogue se noue entre le vieux tueur et le jeune homme. Un dialogue et un début d’amitié ? Ou de fascination ?

Les arpenteurs n’est pas un roman facile. C’est un roman lent, centré sur des personnages pas forcément aimables, et qui met en scène des relations et des sentiments qui peuvent être dérangeants. Donc si vous avez encore un peu mal à la tête et envie d’un bouquin dont les pages tournent toutes seules, mettez-le de côté le temps de récupérer.

Mais Les arpenteurs est un roman assez envoutant quand on lui donne sa chance. Un roman qui rend particulièrement palpable le malaise dû à l’insomnie (tient, comme le Peter May, L’île du serment, ils dorment jamais les auteurs de polar ?).

Un roman qui sans jamais présenter le tueur autrement que … comme un tueur, efficace mais sans la moindre empathie pour ses victimes quelles qu’elles soient, et sans la moindre glamour à la mode style serial killer super intelligent ou charismatique, arrive à faire sentir comment un homme « normal » et même faisant plutôt partie des « gentils » peut se sentir lié à lui.

Un roman qui fait voir le reflet du soleil sur une rivière ou une peau, sentir la rage ou la fatigue, entendre les branches qui crissent contre un toit.

Un roman qui sait dire le minimum, faire beaucoup d’impasses, et pourtant rester clair et compréhensible.

Un roman qui dresse le portrait saisissant de ce tueur, vieil homme parfois pathétique, souvent effrayant, sans jamais en faire ni un surhomme, ni le Mal incarné … Juste un homme qui n’accepte pas d’obstacle à ses désirs (au demeurant assez limités) et pour qui la vie humaine semble ne pas avoir de valeur. Un portrait troublant car marquant et en même temps difficile à saisir.

Et heureusement, un roman éclairé par quelques traits d’humour absurde, pas de quoi se tenir les côtes, juste ce qu’il faut pour égayer une atmosphère pas nécessairement pesante, mais étrange et angoissante.

Bref un roman fort intéressant une fois que vous serez remis des excès des fêtes.

Kim Zupan / Les arpenteurs (The ploughmen, 2014), Gallmeister (2014), traduit de l’anglais (USA) par Laura Derajinski.

Dave Robicheaux dans le Montana

Ce que j’ai dit il y a quelques jours sur Charlie Parker et John Connolly est, bien entendu, aussi vrai pour Dave Robicheaux de James Lee Burke. Je suis toujours enchanté de le retrouver. Toujours. Que ce soit chez lui à New Iberia, ou en vadrouille dans le Montana comme c’est le cas dans Swan Peak.

BurkeDave Robicheaux, son épouse et son copain le remuant Clete Purcel ne se remettent pas d’avoir vu leur ville engloutie sous les eaux de Katrina. Encore moins de l’abandon de leur Louisiane par le pays, et des déchainements de violences qui ont succédés à la catastrophe naturelle. Ils pensent pouvoir se reposer dans le Montana où ils sont logés chez un ami. Mais avec eux la violence n’est jamais très loin. Elle les rattrape quand Clete tombe sur deux vieilles connaissances, deux truands qui bossent maintenant pour la famille la plus riche du coin. Sans le vouloir (ou presque) Clete et Dave se retrouvent à piétiner les plates-bandes de personnages peu recommandables, alors que dans un même temps des étudiants sont torturés à mort dans les environs. Les vacances sont terminées, définitivement terminées …

Que dire qui n’ait déjà été dit ? Que James Lee Burke est aussi émouvant, lyrique et poète quand il décrit une rivière des Rocheuses qu’un bayou de Louisiane ? Que plus ça va plus on aime Dave Robicheaux et Clete Purcel (qui prend de plus en plus d’importance dans ses romans, et c’est tant mieux) ? Que ses intrigues sont riches, complexes et néanmoins limpides ? Que sa rage contre ceux qui exploitent les faibles et détruisent le pays est intacte, qu’ils soient mafieux, vieilles familles aristocratiques du sud ou, comme ici, parvenus du pétrole ? Qu’il n’a pas son pareil pour décrire les explosions de violence de ses personnages ? Qu’il aime son pays et ses habitants les plus humbles ? Tout a déjà été dit, James Lee Burke est un des géants de la littérature américaine, il le confirme roman après roman. Ce dernier ne fait pas exception.

En plus, l’auteur que je n’ai jamais rencontré (puisqu’il ne prend jamais l’avion et que je ne suis pas allé le voir chez lui) est un mec bien. Du moins si j’en crois les interviews diverses et variées lues ou entendues ici et là.

Attention, il y a des mecs très bien qui écrivent comme des pieds. Donc ce n’est pas un argument. Mais quand comme Monsieur Burke on écrit superbement, et qu’en plus on est un gars en or, ça donne encore plus envie d’aimer les livres et les personnages.

Vivement le prochain, et pourvu que ça dure éternellement.

James Lee Burke / Swan peak (Swan peak, 2008), Rivages/Thriller (2012), traduit de l’américain par Christophe Mercier.

Grands espaces en petit format.

Vous ne le savez peut-être pas, mais les éditions Gallmeister qui ont en très peu de temps trouvé les faveurs du public (et ce n’est que justice) lancent cette rentrée une collection de poche. C’est une excellente chose, leurs livres n’étant, jusqu’à présent, disponible qu’en grand (et très beau) format. Les amateurs de grands espaces, qui veulent quand même veiller à la santé de leur porte-monnaie vont maintenant pouvoir les acheter au prix du poche. Pour ma part, j’en profite pour vous « refiler » cette note, écrite sans doute pour bibliosurf, avant que je ne tienne ce blog. Rivière de sang de Jim Tenuto est annoncée en poche début octobre.

Dahlgren Wallace a été joueur de football pro, puis Marine pendant la première guerre d’Irak. De retour au pays, il ne cherche qu’une chose : la tranquillité. C’est pourquoi il accepte immédiatement quand le richissime Fred Lather lui propose de s’occuper de la pêche dans les eaux du ranch qu’il vient d’acheter dans le Montana. Tout ce que Dahlgren a à faire c’est de servir de guide de pêche aux invités de Fred, tout aussi richissimes que lui.

Tout irait pour le mieux si Lather ne s’était pas mis tout le monde à dos dans le Montana : les autres éleveurs parce qu’il n’est pas du coin et s’est mis en tête d’élever des bisons ; les chasseurs et pêcheurs à qui il interdit l’accès à ses terres ; des protecteurs des animaux particulièrement violents ; une milice d’extrême droite parce qu’il ne veut pas leur céder des terres qu’ils convoitent. Quand un de ses invités se fait descendre pendant qu’il pêche, s’est la curée, et Wallace se retrouve au centre du tourbillon

Il y a décidément, aux USA, à côté du polar urbain, un polar des grands espaces. Avec C. J. Box et son garde forestier qui commence à être reconnu, Steve Hamilton dans le Michigan découvert récemment, voici Jim Tenuto qui nous amène à la pêche à la truite dans le Montana (depuis, bien entendu, il y a aussi eu William Tapply et Craig Jonhson …).

Le personnage principal, même s’il est guide de pêche au lieu d’être privé, est un grand classique du genre : ancien soldat, dur à cuire pur et dur, qui encaisse, balance des vannes mêmes pendant qu’on le tabasse, et réserve quelques chiens de sa chienne à ceux qui lui marchent sur les pieds. L’intrigue est également assez classique. Ceci dit c’est bien fait, bien écrit, avec du rythme, de l’humour, et on n’est pas amateur de polar si on n’aime pas, de temps en temps, retrouver certains repères.

Ce qui est moins classique c’est le décor somptueux, le superbes pages sur la pêche, et la description grinçante et plutôt drôle que quelques allumés pas piqués des vers, qui ne dépareraient pas chez le grand Carl Hiaasen. Entre les milices d’extrême droite et les terroristes défenseurs des animaux, voilà quelques spécimens de la plus belle eau.

Un auteur à découvrir donc en poche dans quelques jours si vous l’aviez raté à sa première sortie. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, on apprend sur le site de son éditeur que l’écriture d’un second volume est en cours. De quoi nous consoler (un peu), de la disparition de Stoney Calhoun.

Jim Tenuto / Rivière de sang  (Blood atonement, 2005), Gallmeister (2006/2010), traduit de l’américain par Jacques Mailhos.