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Les chiens et la charrue

Fin provisoire du cycle de Syffe de Patrick K. Dewdney en attendant qu’il publie la suite : Les chiens et la charrue.

Encore une fois, difficile de faire un résumé de ce troisième volume sans rien déflorer de ce qu’il se passe dans les deux premiers … Syffe se trouve en ce début de troisième volume dans un piètre état psychologique. Devenu une épave, il traine dans les bouges, et se fait mettre régulièrement dehors. Il est sauvé de la déchéance finale par l’Ecailleuse, une contrebandière du fleuve. Il fera un bout de chemin avec elle et son compagnon avant de devoir faire valoir au seigneur de Corjoue la dette que ce dernier avait contractée envers lui.

Avec un tel appui, la situation de Syffe va considérablement s’améliorer, même si servir un seigneur, aussi aimable soit-il en apparence, ne le satisfait guère. Il se fera des amis, retrouvera une très vieille connaissance, renouera avec d’anciennes terreurs et mènera ses compagnons à la guerre.

Pour ceux qui auraient trouvé que les deux premiers étaient trop contemplatifs mais auraient quand même poursuivi, il se passe plus de choses dans ce troisième volume, de l’action, des batailles, des intrigues, des mystères et des retrouvailles. Cela se termine même sur un superbe cliffhanger. Et damned il va falloir attendre la suite !

L’histoire continue, au bout de plus de 2000 pages, à tenir le lecteur en haleine, et comme c’est toujours passionnant, intelligent, subtil et réfléchi j’attends la suite avec une véritable impatience.

Patrick K. Dewdney / Les chiens et la charrue, Au Diable Vauvert (2021).

La peste et la vigne

Comme prévu, j’ai poursuivi le cycle de Syffe de Patrick K. Dewdney avec le second tome, La peste et la vigne.

Sans trop révéler de secrets, disons qu’à la fin du premier tome le pauvre Syffe était dans une situation peu réjouissante. C’est donc là qu’on le retrouve au début du second tome, esclave dans des mines. Son évasion, son errance dans la montagne, son passage chez un peuple caché puis son engagement comme mercenaire pour finir par quelques révélations sur ses rêves et sa nature profonde, voilà qui va constituer ce second tome.

Difficile de résumer 700 pages d’un roman initiatique qui se poursuit. Ici, peut-être plus que dans le premier, il faut dire que les lecteurs qui attendent de l’action et des rebondissements toutes les pages risquent d’être déçus. Peu de grands événements dans la première moitié du roman, mais si vous avez adhéré au premier volume et que vous êtes, comme moi, devenu accro à Syffe, cela ne vous dérangera pas de le suivre dans sa découverte de nouveaux horizons.

C’est toujours complexe, intelligent, porté par une belle écriture et le lecteur aura beaucoup de plaisir à suivre Syffe, le voir grandir et se sortir de situations toujours plus complexes. Toute la deuxième partie est plus mouvementée et portée par un mystère sur les rêves du personnage. Certains points seront éclaircis, beaucoup restent dans l’ombre, donc on attend la suite avec impatience. Ca tombe bien le troisième volume est aussi publié. A bientôt pour de nouvelles aventures.

Patrick K. Dewdney / La peste et la vigne, Folio/SF (2021).

L’enfant de poussière

Je me souviens d’avoir lu un polar de Patrick K. Dewdney, et de ne pas avoir été convaincu. J’ai cependant écouté les avis de libraires et de lecteurs qui me disaient que sa série de fantazy était très bonne, et j’ai lu L’enfant de poussière. Ils avaient raison, c’est très très bon.

Syffe vit avec trois amis de son âge (huit ans), dans une ferme près de la ville frontière de Corne-Brune. Une veuve qui s’occupe d’eux (s’occuper est un bien grand mot) en échange d’un peu d’argent. Syffe, Merle, Cardou et Brindille dont ils sont tous un peu amoureux vivent libres comme l’air, entre la ferme, les rues de la ville et le campement des clans de « barbares » qui viennent là l’été échanger les peaux qu’ils ont tuées pendant l’hiver dans les forêts qui s’étendent au-delà de Corne-Brune.

La mort d’un roi, loin de là, ne devrait pas trop changer leur quotidien. Et pourtant, peu à peu, les événements vont se précipiter et Syffe se retrouvera pris dans un tourbillon étourdissant, vivra des aventures inattendues et voyagera bien loin de Corne-Brune.

Du classique dans la forme, on est dans le roman d’apprentissage. Mais classique ne veut pas inintéressant, loin, très loin de là. Quand vous ouvrez L’enfant de poussière, vous plongez, sans le savoir dans une saga qui risque de prendre pas mal de votre temps. Déjà trois volumes, le premier de 700 pages. Et si vous recherchez une fantazy ou tout n’est pas blanc ou noir, ou les nuances sont possibles, où il n’y a pas des batailles et des mages qui lancent du feu à toutes les pages, n’hésitez pas une seconde, plongez.

C’est intelligent, fin, l’auteur prend le temps, n’hésite pas à mettre en scène des personnages complexes, avec leurs côtés sombres et lumineux, traite du libre arbitre, de la religion, du racisme … entre autres. Et le tout « simplement » en racontant une histoire, en la racontant merveilleusement bien. J’ai retrouvé le bonheur du « il était une fois », et je me suis retrouvé dans cette situation où il vous tarde, tout le temps, de trouver un moment libre pour retrouver les personnages.

Vais-je acheter les deux volumes suivants ? Of course. Les vacances vont être bien occupées avec Syffe.

Patrick K. Dewdney / L’enfant de poussière, Folio/SF (2021).