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Rendez-vous à Gibraltar

Parmi les manque de ma culture polar, il y a la trilogie écossaise de Peter May. Je la lirai un jour, promis. En attendant, j’ai lu son dernier, Rendez-vous à Gibraltar.

MayCristina, flic à Marviña, du côté de Malaga, est appelée une nuit pour une intrusion dans la villa habitée par un britannique. Elle ne sait pas alors que l’intervention va entrainer la mort d’une personne, et le danger pour toute sa famille.

Elle ne sait pas non plus qu’elle va rencontrer John Mackenzie, flic écossais que ses chefs détestent venu chez elle prendre en charge un truand recherché au Royaume Unis.

Je ne me suis pas ennuyé, mais il n’y a pas non plus de quoi crier au génie.

Pour commencer le titre français est trompeur, et mis à part la toute fin, rien ne se déroule à Gibraltar, donc vous n’apprendrez rien sur cet étrange bout de caillou anglais en pleine péninsule ibérique.

L’intrigue est plutôt bien menée, le sud de l’Andalousie joliment décrit, avec ses beautés, sa chaleur écrasante et ses carcasses d’immeubles jamais terminés suite à la crise qui a frappé l’Espagne. L’inspecteur écossais avec sa mauvaise humeur et son franc parler amène de l’humour dans le roman. Mais l’ensemble est très sage, avec quelques longueurs parfois larmoyantes, dont une histoire d’amour un poil mièvre.

Gentil sans plus donc.

Peter May / Rendez-vous à Gibraltar, (A silent death, 2020), Rouergue/Noir (2020) traduit de l’anglais (Ecosse) par Ariane Bataille.

A la découverte de Peter May

Peter May est un habitué de Toulouse Polars du Sud, je l’y ai croisé maintes fois, et je n’avais encore jamais lu aucun de ses romans. J’ai commencé à remédier à ce manque avec son dernier : L’île du serment.

May-sermentSur l’île d’Entrée, à l’est du Canada, dans une province francophone, vivent une poignée de plus en plus réduite d’anglophones d’origine celtique. James Cowell, l’homme le plus riche de l’île est assassiné une nuit, et sa femme Kirsty est la première suspecte. Comme il faut parler anglais lors des interrogatoires, Sime Mackenzie est embarqué dans l’enquête par ses collègues de la division des homicides de Montréal. La première fois qu’il rencontre Kirsty, Sime a l’impression de la connaître, et malgré les faits qui l’accusent la croit innocente. Dans le même temps, Sime qui déprime et ne peut plus dormir commence à faire des rêves éveillés qui lui font revivre les histoires de sa grand-mère qui leur lisait les carnets de leur ancêtre, expulsé de force de l’île de Lewis en Ecosse et envoyé au Canada.

Découverte de Peter May pour moi donc. Et je ne suis pas déçu. Ce n’est pas la révélation de l’année, mais un bon polar, bien écrit, avec des personnages intéressants et surtout un lieu, ou plutôt ici deux lieux étonnants.

Si on peut trouver le prétexte policier et la résolution de l’enquête un peu tirés par les cheveux, la force du roman vient des épisodes du passé et de la description de la vie dans les îles écossaises dans la deuxième moitié du XIX° siècle. On est là en plein roman noir social, digne héritier des Dickens et Zola.

La vie quotidienne et actuelle dans les îles, finalement assez semblables quoique fort éloignées de l’est du Canada est aussi très bien décrite. Et le suspense, finalement, vient plus des aventures des personnages du XIX°, et du mystère de leurs liens avec les personnages actuels qu’à la résolution de l’enquête sur le meurtre.

Au final, un polar solide avec un beau décor et une belle ambiance et des personnages intéressants.

Peter May / L’île du serment (Entry island, 2014), Rouergue/Noir (2014), traduit de l’anglais (Ecosse) par Jean-René Dastugue.