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Rien que pour le plaisir

C’est vraiment les vacances, et je me suis accordé ce qui est pour moi une véritable friandise, un roman de Pierre Pevel : Haut-Royaume 2 – L’héritier.

PevelSi vous avez lu le premier roman de la série (Le chevalier), vous savez que le Haut-Royaume est dans une mauvaise posture. Le roi se meurt, la reine complote, le Chevalier Lorn a été sorti de l’enfer pour recréer la Garde d’Onyx et … Mais je ne vous dirai pas comment se termine le premier volume, si vous ne l’avez pas lu, ce serait cruel.

C’est donc dans un Haut-Royaume au bord de l’implosion que la Reine va faire déclencher une guerre avec la ville la plus riche et la plus indépendante, juste pour servir ses intérêts. Le Prince Alan, ami d’enfance de Lorn a pris la tête de la garde d’Onyx, et rien ne semble pouvoir empêcher les choses d’aller de mal en pis. Mais les plans du Dragon du Destin ne sont pas toujours faciles à suivre pour les hommes.

Comme le premier volume, ce second est totalement addictif. Dès que vous avez lu la première page, vous êtes pris dans un tourbillon de complots, de coups de théâtre, de batailles, de duels à l’épée, de magie … Et chaque fin de chapitre appelle, irrésistiblement la suite.

Pierre Pevel est un conteur magistral, tous ses lecteurs le savent, ils vous attrape et ne vous lâche plus. Ce qui est cruel, c’est qu’il va falloir maintenant attendre e troisième volume. En attendant, si vous voulez du suspense, du panache, de l’action, de la magie, de la baston et de l’émotion, lisez Pierre Pevel.

Pierre Pevel Haut-Royaume 2 – L’héritier , Bragelonne/Milady (2016).

Un Pierre Pevel, pour le plaisir

J’aime beaucoup les sagas de Pierre Pevel. Je n’ai lu tous ses bouquins, mais la série du Chevalier de Wielstadt et celle des Lames du cardinal sont, à mon goût, parmi les meilleures de la fantazy actuelle. Et je m’étais gardé, pour l’été, le démarrage d’une autre : Haut-Royaume, le chevalier.

PevelLe Haut-Royaume va mal : Le roi se meurt, isolé dans sa citadelle pendant que la Reine et son premier ministre préparent la cession d’un des joyaux du Royaume à l’ennemi juré Yrgaärd. Tout ça pour récupérer un argent qui fait cruellement défaut et permettrait de lutter contre l’opposition interne et la rébellion qui gronde.

Une seule solution : libérer Lorn Askariàn, emprisonné depuis trois ans dans la sinistre forteresse de Dalroth, une forteresse dont on ne sort généralement que mort, ou rendu fou par la souffrance et le désespoir. Lorn a résisté et accepte la mission confiée par le roi. Mais l’homme qui ressort a changé, et il a ses buts propres : se venger de ceux qui l’ont trahi et fait enfermer dans cet enfer.

Que c’est bon une histoire comme ça quand c’est aussi bien raconté ! On redevient un minot, on tourne les pages, émerveillé, ravi par les coups de théâtres, les batailles, les trahisons, les poursuites et les sauvetages inespérés. On est d’autant plus émerveillé que Pierre Pevel, écrit pour des enfants qui ont grandi, et qui acceptent, et même adorent, qu’il n’y ait pas de manichéisme.

Pas de chevalier blanc, pas de lutte du bien contre le mal, des luttes de pouvoir, des pourris, des êtres qui ont des défauts, qui bataillent, qui souffrent, qui luttent autant contre eux-mêmes que contre les autres. Dans la lignée des fantazy sombres pour adultes comme La Compagnie Noire ou, toute proportion gardée, Le trône de fer (on a ici moins d’ampleur et de complexité), un vrai régal pour l’amateur de noir qui aime aussi se plonger dans un univers imaginaire.

Ne me reste plus qu’à attendre, avec impatience, la sortie de la suite en poche …

Pierre Pevel / Haut-Royaume, le chevalier, Bragelonne/Milady (2015).

Les lames du cardinal, suite et fin.

Voici la conclusion d’une magnifique trilogie : après Les lames du Cardinal et sa suite L’alchimiste des ombres, Pierre Pével conclue en beauté avec Le dragon des Arcanes.

Les lames avaient réussi à stopper l’Alchimiste, un puissant dragon au centre d’une intrigue visant la Reine de France. Mais un énorme dragon noir est venu le tuer soufflant sa prison, et tuant dans le même temps Almadès, le second de la Fargue, Capitaine des Lames. Depuis c’est l’hécatombe : Agnès est faite prisonnière par les Châtelaines (l’ordre des sœurs qui lutte en première ligne contre les dragons), Leprat est reparti chez les Mousquetaires du Roi de Monsieur de Tréville, Ballardieu a été laissé pour mort du côté du Mont-Saint-Michel, et le Cardinal de Richelieu soutient de moins en moins ses Lames. Une situation d’autant plus préoccupante que dans l’ombre les Arcanes, sous loge de la puissante Griffe Noire, préparent la destruction de Paris.

Si comme moi vous gardez un souvenir ému des romans du grand Dumas, si d’Artagnan, Athos et les autres font partie de votre panthéon littéraire, si vous vibrez encore au bruit des lames qui s’entrechoquent … Cette trilogie est pour vous.

D’autant plus que Pierre Pével sait conclure et ne tire pas sur la corde pour pondre des volumes et des volumes. Et quelle brillantissime conclusion pour cette superbe série.

Une reconstitution minutieuse, alliée à une imagination puissante et originale, le plaisir toujours intact de croiser, au détour d’une page, Athos, D’Artagnan, Monsieur de Tréville et même l’infâme Rochefort, un cocktail parfaitement dosé d’hommage aux romans et aux films de cape et épée et de fantasy noire et débridée mais totalement cohérente … Des complots, des mystères, des retournements de situation, et des combats magnifiquement décrits.

Et mâtin quel final ! comme ils disaient (presque) chez Pilote. On ne peut pas reprocher à Pierre Pével de manquer de générosité. On en prend plein les mirettes, les narines, les oreilles. Paris en flammes, les hordes sauvages lâchées dans la ville, du sang, du feu, des larmes, du panache, de la magie. Tudieu quel pied.

Alors faites-moi confiance, sortez des coffres les chapeaux à plumes, huilez vos lames et un pour tous, tous pour un avec les Lames de la Fargue !

Pierre Pével / Le dragon des arcanes (Les lames du Cardinal III), Bragelonne (2010).

Le retour des Lames du Cardinal

J’ai déjà dit ici même le plus grand bien de Pierre Pevel et des Lames du Cardinal. J’en attendais la suite avec impatience. La voici avec L’alchimiste des ombres.

Le règne de Louis XIII se poursuit, malgré les guerres qui se préparent, l’hostilité de l’Espagne et les nombreux complots contre le roi, et surtout son premier ministre le cardinal de Richelieu. Parmi les ennemis les plus dangereux du royaume, la Griffe Noire. Cette société secrète sert les dragons, une race très ancienne, qui contrôle toute la cour espagnole, et est pour l’instant tenue en échec en France.

En cette année 1633, La Fargue et les Lames du Cardinal, une demi douzaine d’hommes et de femmes regroupant les meilleurs escrimeurs de France doivent rencontrer une aventurière italienne qui prétend avoir des documents prouvant qu’un complot contre le trône de France est en cours. Les Lames auront fort à faire contre un adversaire redoutable que La Fargue connaît bien. Un dragon connut sous sa forme humaine comme l’alchimiste des Ombres.

Une fois de plus du grand, très grand spectacle. Combats, complots, magie, suspense … Comme chez le grand Dumas à qui il est rendu hommage. Sans jamais tomber dans le pastiche, avec un vrai talent et une bien belle écriture.

Pierre Pevel maintient dans ce second volet des Lames du Cardinal tout l’intérêt du premier roman, et confirme que l’on peut, aujourd’hui, écrire un roman de cape et épée fascinant.

On sent derrière l’apparence facilité de l’écriture toute une recherche et une grande érudition parfaitement digérées, qui enrichissent le récit et lui donnent de la chair. On sent la puanteur parisienne, on voit les ruelles, les enseignes, on croit aux fêtes des Grands du royaume … Tout sonne vrai, solide. Le fantastique vient pimenter la sauce, apporte une dimension supplémentaire, un métissage fort bien venu.

Avec cette nouvelle série, Pierre Pevel confirme entièrement le talent que lui connaissent ceux qui ont déjà lu et apprécié sa série consacrée à Wielstadt. Et comme une bonheur n’arrive jamais seul,  de toute évidence, il y a une suite !

 Pierre Pevel / L’alchimiste des Ombres, Bragelone (2009).

Les lames de Pierre Pevel

imagination et panache avec Les lames du Cardinal de Pierre Pevel.

1633, Paris. Le Cardinal de Richelieu décide de réunir de nouveau les meilleures lames du royaume, sous le commandement du capitaine La Fargue. Il s’agit une fois de plus de combattre l’Espagne et ceux qui en ont pris le contrôle, les dragons. Redoutables adversaires, venus du fond des temps, ils ont forme humaine mais pratiquent une magie puissante et sont sur le point d’installer une loge en France. La Fargue se méfie de Richelieu qui l’a déjà lâché par le passé mais accepte tout de même de réunir à nouveau ce qu’il reste de sa petite armée : les épées et les esprits les plus acérés de France. Les lames du Cardinal reprennent du service, gare à ceux qui se mettront en travers de leur chemin.

Pierre Pevel est un formidable conteur, les lecteurs de la série consacrée au Chevalier de Wielstadt le savent. Les lames du cardinal fait preuve des mêmes qualités. A commencer par sa marque de fabrique : l’évocation érudite d’une époque historique pimentée d’éléments de fantazy. Là où la série de Wiesltadt était un polar fantastique, les lames du Cardinal sont un brillantissime hommage aux romans de cape et épée, et en particulier à maître Dumas. Du panache, de l’action à revendre, du rythme, et le plaisir sans égal de croiser au détour d’une page, Athos, Richelieu, l’infâme Rochefort ou le Capitaine de Tréville. Que du bonheur pour un retour magique vers des lectures qui ont enchanté mon enfance.

En digne héritier du maître, Pierre Pevel reprend les codes des romans de cape et épée, mais n’est pas pour autant un simple copieur. Il a son style, son écriture, sa façon de mêler érudition, action et quelques pincées de fantazy, bien sombre, qui viennent pimenter le récit. Ultime bonheur, la fin très ouverte laisse grande ouverte la porte à une suite.

Pierre Pevel / Les lames du Cardinal (Bragelonne, 2007)