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Impressions de TPS

C’est fini jusqu’à l’année prochaine ! Comme tous les ans, ce fut épuisant et enthousiasmant. Et comme tous les ans un grand merci à tous les bénévoles grâce à qui on a eu une tente, des bières, des repas, grâce à qui je n’ai eu à me préoccuper que de faire ce que je préfère : discuter avec les copains et les auteurs, animer des tables rondes et traduire.

Parmi les grandes satisfactions de cette année :

Une soirée avec Thomas Cook, avec une rencontre passionnante autour de ses bouquins, puis une belle soirée au restaurant à discuter de vin, de l’Espagne, des US, de Gavarnie, de ses ânes et de leur influence sur l’éducation des enfants ( ? Pour savoir, il fallait y être), de livres, de films … L’homme est aussi chaleureux que l’auteur talentueux, ce qui n’est pas peu dire. Moi qui l’avais à peine croisé lors de sa première participation à TPS, je me suis régalé.

Une autre rencontre en tête à tête le vendredi avec José Carlos Somoza. Là aussi pour la première fois l’occasion de prendre le temps de lui poser des questions sur son œuvre, sur l’étonnant processus de création d’un homme qui imagine des univers différents à chacun de ses romans. Et comme il a beaucoup d’humour, et la faconde des auteurs du sud, je crois que tout le monde s’est régalé. Un vrai plaisir.

Après, on rentrait « dans le dur ». Alors c’est vrai que, deux tables rondes samedi, un autre dimanche et trois traductions, ça crève, mais je n’aurais laissé ma place pour rien au monde.

J’ai été enchanté de pouvoir, enfin, échanger quelques mots avec Patrick Pécherot, Graham Hurley et Petros Markaris, des auteurs que j’adore lire, que j’avais hâte de rencontrer « en vrai ». Un plaisir à renouveler le plus souvent possible.

J’ai été tout aussi enchanté de découvrir des auteurs que je connaissais moins, mais dont j’avais entendu parler, ou dont j’avais lu le premier bouquin. Anne Bourrel, Thomas Bronnec, Paola Barbato, Benoit Minville (j’ai acheté deux bouquins jeunesse et j’attends sa série noire avec impatience !), les Bédéistes Keko et Altarriba (bientôt ici des nouvelles de leurs BD), Anibal Malvar, Zygmunt Miloswewski, Dominique Forma, Franck Bouysse et Christian Grenier que mes gamins lisent et que je croise de loin tous les ans à Scientilivre. J’espère bien qu’on les reverra à Toulouse, et que j’aurai un peu plus de temps pour boire un coup avec eux (ça fera beaucoup de coups !).

Le pied, bien entendu de revoir les habitués ou des auteurs que j’avais déjà croisé à Toulouse : Craig Johnson, toujours aussi adorable, les copains espagnols et argentins Victor del Arbol, Carlos Salem, Ernesto Mallo, Aro Sainz de la Masa, et les copains français, Michael Mention, Jérôme Leroy, Marc Fernandez, Aurélien Masson, et bien entendu Benoit Séverac, y a pas de raison, c’est pas parce qu’il est toulousain et qu’on peut se voir en dehors du festival que ce n’est pas un plaisir de boire une bière avec lui ! C’est sûr on a eu trop peu de temps pour parler bouquins, politique, copains, ciné …

L’occasion de tailler une bavette avec Yan qui proposera l’an prochain une conférence sur Dark Secret, les docteurs du polar qui sont aussi des fondus au noir, toujours aussi pointus dans leurs diagnostics (c’est drôle de voir les gens, ordonnance en main aller voir les auteurs) et avec les copains de TPS.

Et puis il y a eu les tables rondes … très beau dialogue entre Franck Bouysse et Craig Johnson. Ils nous ont parlé de taiseux, de la neige, de spiritualité, d’espace, de nature et d’écriture.

Paola Barbato, Ernesto Mallo et Petros Markaris ont montré que, malgré des thématiques très différentes, ils avaient beaucoup de points communs, beaucoup d’ambitions littéraires communes et des analyses différentes mais complémentaires et passionnantes sur la situation du monde et le rôle de l’écrivain.

La table française sur politique et polar avec Jérôme Leroy, Dominique Forma, Michael Mention et Thomas Bronnec a tenu ses promesses : animée, parfois très animée, passionnée et passionnante, souvent très drôle, a piece of cake comme disent les grands bretons pour l’animateur qui n’avait presque rien à faire, même pas ramener le débat sur le terrain littéraire, les auteurs le faisaient tout seul (ce qui n’est pas toujours le cas).

Salem-Somoza a aussi tenu ses promesses ! Un vrai feu d’artifice, épuisant à traduire, rien à faire pour modérer. Très intéressant et réfléchi, tout en étant très drôle. Et on a appris qu’on a échappé au pire pour certaines couvertures des bouquins de Carlos. Quant à Somoza, en bon ex psychiatre qu’il n’a jamais vraiment été, il a conclue en posant un diagnostic sur les maladies mentales dont ils souffrent tous les deux.

Sur les deux dernières tables, polar et histoire, puis la ville personnage de polar, la fatigue arrivant, difficile de profiter pleinement des échanges tout en traduisant Victor del Arbol, puis Anibal Malvar et Aro Sainz de la Masa. Mais les échanges avec Patrick Pécherot, Zygmunt Miloswewski d’un côté et Graham Hurley de l’autre ont eu l’air de bien fonctionner, et les spectateurs avaient l’air contents. Moi j’étais juste un peu fatigué.

Pour finir, la grosse satisfaction, et c’est quand même pour ça qu’on bosse, c’était de voir des auteurs contents, des bénévoles comblés par la foule se pressant devant les tables, les copains venus dire bonjour qui repartaient avec des poches débordantes de bouquins et qui venaient dire « c’était super », et les grands sourires de tous (juste sous les valises sous les yeux injectés de sang).

Bref un très bon cru, on se repose quelques jours et on attaque la préparation de l’année prochaine qui sera encore mieux, n’en doutons pas.

Et pour ça, il va falloir que je retrouve du temps pour lire.

Toulouse polars du Sud 7° édition

Je sais que vous passez tous vos soirées devant votre télévision pour regarder le Rrrrrrrrrrrrrrrrrruby, mais la semaine prochaine il va falloir faire une pause, surtout si vous habitez la région toulousaine.

TPSParce que Toulouse Polars du Sud revient, pour sa 7° édition.

Tous les rendez-vous à Toulouse et dans la région sont sur le site de l’association.

En plus des auteurs invités, vous pourrez rencontrer, entre autres, l’ami Yan, les docteurs du polar … et ma pomme. Comme chaque année, toujours un peu plus que les années précédentes il y aura moult animations (ça a d’ailleurs déjà commencé), et pour ma part j’officierai dans un certain nombre de rencontres et tables rondes :

A Ombres Blanches le mercredi 7 à 18h30 pour Thomas H. Cook, une rencontre à ne pas manquer tant l’homme est passionnant et agréable.

Toujours à Ombres Blanches, vendredi 9 à 16h30 avec José Carlos Somoza, là non plus on ne devrait pas s’ennuyer.

Ensuite au forum de la Librairie de la Renaissance où les auteurs seront présents du vendredi au dimanche, des tables rondes et des interviews en tête à tête.

Samedi matin, cela vaudra le coup de se lever « tôt » pour venir écouter Petros Markaris, Ernesto Mallo et Paola Barbato qui nous parleront du polar face à la crise (des sous, des valeurs, de tout), ce sera à 10h00. Restez ensuite pour savoir qui gagnera le prix Violeta Negra cette année. Il sera remis juste après la table ronde, lors de l’ouverture du festival, et si mes informations sont exactes, Juliette présidente du jury le remettra en personne.

L’après-midi on causera Nature Writing versus Polar campagnard avec Craig Johnson et Franck Bouysse.

Et pour finir l’après-midi le polar s’invitera en politique (ou l’inverse) avec Jérôme Leroy, Michael Mention, Dominique Forma et Thomas Bronnec.

Dimanche matin, je vous conseille pour une fois de rater la messe, ou d’y aller tôt, je vais animer (s’ils me laissent en placer une) une table ronde entre Carlos Salem et José Carlos Somoza. Pas la peine de penser à un sujet, ils causeront de ce qu’ils veulent. N’hésitez pas à vous lever à temps pour être là à 10h30.

L’après-midi, ce sera repos pour moi, mais pas pour tout le monde :

A 15h00, Victor del Arbol, Patrick Pécherot et Zygmunt Miloszewski causeront histoire et polar.

Et pour finir, Graham Hurley, un peu remis de l’élimination de l’Angleterre par l’Australie viendra débattre avec Aro Sainz de la Masa et Anibal Malvar de la ville comme personnage de polar à 16h30.

A bientôt ?

Rencontre avec Pascal Dessaint

Après la rencontre avec Victor del Arbol, belle rencontre avec Pascal Dessaint à propos de son dernier roman : Le chemin s’arrêtera là.

Un roman qui nait avant tout d’un lieu paradoxal, La digue du Braek à Dunkerque.

Un lieu paradoxal parce qu’on y trouve de l’industrie lourde (très lourde) plus ou moins arrêtée, plus ou moins en fonctionnement, côtoyant des pêcheurs du dimanche, des baigneurs et une nature qui regagne du terrain. Tout cela concentré au même endroit.

Un lieu et des gens en souffrance, des gens qu’on a pressés puis jetés, des gens à qui on a dit qu’ils ne servaient plus à rien, des gens qui n’attendent plus rien, n’espèrent plus rien.

Un roman qui s’est nourri de la vie de Pascal Dessaint, de son adolescence, de ses prises de consciences écologiques et sociales, de son envie de donner la parole à des gens qui ont complètement « disparu » du paysage et sont venu s’échouer là.

Et malgré la profonde noirceur du constat et du roman, on a aussi parlé d’espoir. L’espoir des petits résultats obtenus par ceux qui luttent toujours, pour préserver un coin de nature, pour ouvrir une librairie, pour rêver. Un espoir incarné dans son roman par les plus jeunes (comme dans Les derniers jours d’un homme), un tout petit espoir, une toute petite lumière que vous ne percevrez que si vous allez au bout du roman.

Une belle rencontre.

Rencontre avec Victor del Arbol

Belle rencontre hier soir avec Victor del Arbol pour parler de son excellent dernier roman Toutes les vagues de l’océan.

Comme souvent avec des auteurs hispanophones, le gentil modérateur n’a pas besoin de poser trop de questions, par contre le traducteur (en l’occurrence la traductrice) a du boulot ! Et comme souvent aussi, ce fut passionnant.

On a beaucoup parlé des mythes politiques et historiques du XX° siècle, de la nécessité pour ces mythes et cette histoire de construire des héros, et de la différence entre l’image de ce héros et la réalité, de la perte d’humanité qu’impose la construction de cette image parfaite.

On a parlé d’un certain sentiment d’infériorité de personnages et de personnes (nous en fait !) né après les grands événements historiques de la première moitié du XX° par rapport à leur parents : Qui suis-je, moi qui ai une vie « calme et tranquille », par rapport à ce père, cet oncle qui a été résistant, combattant républicain, obstacle au nazisme … Et comment, une fois venu le temps de la réflexion, les héros ne sont pas toujours ceux qu’on croit. Comment arriver à rester fidèle à ses valeurs, comment résister à certaines pressions et compromissions, comment vivre une vie tout simplement digne peut se révéler plus héroïque que certaines vie qui ont été transformées en légendes.

On a parlé de résistance, de refus de ce qui est présenté comme inéluctable qui l’est sans doute au niveau collectif … jusqu’au moment, peut-être, ou chacun, individuellement dit NON. On a touné autour du titre espagnol plus explicite sur ce sujet (Un millions de gouttes) : certes mon action n’est qu’une goutte dans l’océan, mais qu’est-ce que l’océan sinon l’ensemble de millions de gouttes ?

On a aussi parlé de douleur, de perte d’espoir, et de l’amour comme une force qui redonne cet espoir mais en même temps fragilise.

On a parlé de l’opposition entre Igor et Elias, deux faces d’une même violence, l’un assumant totalement son emploi de la force (c’est la seule valeur qu’il reconnaît), l’autre maquillant sa violence sous un vernis de civilisation ou de justifications politiques.

On a parlé de bourreaux et de victimes, on a parlé des silences, des difficultés à communiquer, à connaître même ses proches …

C’est passé beaucoup trop vite, il m’est resté plein de questions à poser, on a continué devant une bière, on continuera en octobre pendant Toulouse Polars du Sud ! Et avec grand plaisir tant Victor del Arbol est aussi passionnant à l’oral qu’à l’écrit. Un vrai bonheur pour les animateurs.

Rencontres toulousaines

Grosse actualité polar pour les toulousains dans les jours à venir. Comme je l’annonçais il y a peu :

Jeudi prochain (26 févier), à 18h00, rencontre avec Victor del Arbol à Ombres Blanches, j’assurerai (ou j’essaierai d’assurer) l’animation.

Deux jours plus tard, le samedi 28 février, toujours à Ombres Blanches, à partir de 17h00, ce sera une rencontre avec Pascal Dessaint, toujours animée par ma pomme.

Et pour ceux qui ne voudraient pas aller en centre ville, Pascal Dessaint sera également à Escalquens à la librairie Escalire le jeudi 5 mars à partir de 19h00.