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Rencontre avec Pascal Dessaint

Après la rencontre avec Victor del Arbol, belle rencontre avec Pascal Dessaint à propos de son dernier roman : Le chemin s’arrêtera là.

Un roman qui nait avant tout d’un lieu paradoxal, La digue du Braek à Dunkerque.

Un lieu paradoxal parce qu’on y trouve de l’industrie lourde (très lourde) plus ou moins arrêtée, plus ou moins en fonctionnement, côtoyant des pêcheurs du dimanche, des baigneurs et une nature qui regagne du terrain. Tout cela concentré au même endroit.

Un lieu et des gens en souffrance, des gens qu’on a pressés puis jetés, des gens à qui on a dit qu’ils ne servaient plus à rien, des gens qui n’attendent plus rien, n’espèrent plus rien.

Un roman qui s’est nourri de la vie de Pascal Dessaint, de son adolescence, de ses prises de consciences écologiques et sociales, de son envie de donner la parole à des gens qui ont complètement « disparu » du paysage et sont venu s’échouer là.

Et malgré la profonde noirceur du constat et du roman, on a aussi parlé d’espoir. L’espoir des petits résultats obtenus par ceux qui luttent toujours, pour préserver un coin de nature, pour ouvrir une librairie, pour rêver. Un espoir incarné dans son roman par les plus jeunes (comme dans Les derniers jours d’un homme), un tout petit espoir, une toute petite lumière que vous ne percevrez que si vous allez au bout du roman.

Une belle rencontre.

Rencontre avec Victor del Arbol

Belle rencontre hier soir avec Victor del Arbol pour parler de son excellent dernier roman Toutes les vagues de l’océan.

Comme souvent avec des auteurs hispanophones, le gentil modérateur n’a pas besoin de poser trop de questions, par contre le traducteur (en l’occurrence la traductrice) a du boulot ! Et comme souvent aussi, ce fut passionnant.

On a beaucoup parlé des mythes politiques et historiques du XX° siècle, de la nécessité pour ces mythes et cette histoire de construire des héros, et de la différence entre l’image de ce héros et la réalité, de la perte d’humanité qu’impose la construction de cette image parfaite.

On a parlé d’un certain sentiment d’infériorité de personnages et de personnes (nous en fait !) né après les grands événements historiques de la première moitié du XX° par rapport à leur parents : Qui suis-je, moi qui ai une vie « calme et tranquille », par rapport à ce père, cet oncle qui a été résistant, combattant républicain, obstacle au nazisme … Et comment, une fois venu le temps de la réflexion, les héros ne sont pas toujours ceux qu’on croit. Comment arriver à rester fidèle à ses valeurs, comment résister à certaines pressions et compromissions, comment vivre une vie tout simplement digne peut se révéler plus héroïque que certaines vie qui ont été transformées en légendes.

On a parlé de résistance, de refus de ce qui est présenté comme inéluctable qui l’est sans doute au niveau collectif … jusqu’au moment, peut-être, ou chacun, individuellement dit NON. On a touné autour du titre espagnol plus explicite sur ce sujet (Un millions de gouttes) : certes mon action n’est qu’une goutte dans l’océan, mais qu’est-ce que l’océan sinon l’ensemble de millions de gouttes ?

On a aussi parlé de douleur, de perte d’espoir, et de l’amour comme une force qui redonne cet espoir mais en même temps fragilise.

On a parlé de l’opposition entre Igor et Elias, deux faces d’une même violence, l’un assumant totalement son emploi de la force (c’est la seule valeur qu’il reconnaît), l’autre maquillant sa violence sous un vernis de civilisation ou de justifications politiques.

On a parlé de bourreaux et de victimes, on a parlé des silences, des difficultés à communiquer, à connaître même ses proches …

C’est passé beaucoup trop vite, il m’est resté plein de questions à poser, on a continué devant une bière, on continuera en octobre pendant Toulouse Polars du Sud ! Et avec grand plaisir tant Victor del Arbol est aussi passionnant à l’oral qu’à l’écrit. Un vrai bonheur pour les animateurs.

Rencontres toulousaines

Grosse actualité polar pour les toulousains dans les jours à venir. Comme je l’annonçais il y a peu :

Jeudi prochain (26 févier), à 18h00, rencontre avec Victor del Arbol à Ombres Blanches, j’assurerai (ou j’essaierai d’assurer) l’animation.

Deux jours plus tard, le samedi 28 février, toujours à Ombres Blanches, à partir de 17h00, ce sera une rencontre avec Pascal Dessaint, toujours animée par ma pomme.

Et pour ceux qui ne voudraient pas aller en centre ville, Pascal Dessaint sera également à Escalquens à la librairie Escalire le jeudi 5 mars à partir de 19h00.

Rencontre avec Ayerdhal chez Bédéciné

TPS c’est fini. Lessivé je suis comme dirait Montalbano. Je vous en cause demain. En attendant, un tout petit résumé de la rencontre avec Ayerdhal le vendredi soir.

Fin d’après-midi, vendredi, avec Ayerdhal chez Kti Martin, la Maîtresse de bédéciné. Un vrai régal.

Petite soucis pour moi, je devais être dans l’assemblée celui qui connaissais le moins l’auteur … mais bon, je ne me suis pas dégonflé.

On a causé de Rainbow Warriors, de Bastards (et c’est rude si on ne veut pas déflorer l’intrigue), de Cybione (ça ne nous rajeunit pas), de Transparence.

On a causé de politique (sans blague ?), de son admiration pour les différents gouvernements en place, de sa passion pour la CIA et du courage du PS … Non je déconne.

On a parlé de SF et Thriller, d’écriture, de New York, des faux-culs des nations unies, des copains qu’il met dans les livres, de comment, avec l’âge et la maturité il devient gentil avec ses personnages.

On a parlé d’utopie, de Jean-Claude Dunyach, de comment le passage au thriller a changé son écriture.

Bref on a passé un excellent moment et on a bu le cocktail (même sans alcool) de Kti.

Et si voulez en savoir plus, tant pis, il fallait venir. Demain soir mon bilan très subjectif de TPS sixième saison.

Rencontre avec Eric Maravélias

Deuxième soirée TPS à Ombres Blanches. Avec Eric Maravélias. Malheureusement les toulousains ne s’étaient pas déplacés, très peu de monde. Ils ont eu tord.

J’ai découvert avec bonheur un auteur chaleureux, intéressant, mais ce qui est plus important pour un animateur de débats, j’ai découvert un conteur. Et oui, c’est ça qui compte face à un public, c’est là que les latinos sont imbattables, et que Maravélias se débrouille très bien. Il sait raconter.

Raconter la galère, l’horreur, raconter l’espérance, les rêves déçus, raconter les chutes et rechutes, mais aussi chaque fois qu’il s’est relevé. Raconter la solitude, la maladie, raconter l’amour et le manque d’amour. Raconter les auteurs qu’il aime et admire. Raconter l’arrivée de l’héroïne, raconter ses ravages. Raconter les aventures éditoriales. Raconter la poésie d’un paysage urbain et industriel la nuit, sous la pluie. Raconter le manque, la mort des potes, et pourtant, malgré tout, la joie d’être là et d’avoir vécu tout ça.

Et puis l’émotion, la franchise brute face à un public peu nombreux mais visiblement très ému.

Autant de choses difficiles à rendre, dans un bref compte-rendu, mais qui font que tout le monde, à une moment ou à un autre, a eu la gorge serré, et que ce fut une très belle rencontre.

Une fois de plus les absents ont eu tort …