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La fabrique des lendemains

Fin du break SF avec un superbe recueil de nouvelles : La fabrique des lendemains de Rich Larson.

Petite introduction : s’il n’y a pas de titre en VO, ni de date de parution, c’est que ce recueil est le fait des excellentes éditions du Belial. Un beau travail d’édition qui a consisté à aller lire les quelques 200 nouvelles écrites par ce jeune auteur, né au Niger, ayant vécu un peu partout, pour sélectionner et faire traduire les 28 qui composent ce recueil.

Je ne vais pas vous faire un résumé nouvelle par nouvelle, je suis trop fainéant. Sachez que le recueil fait preuve d’une belle cohérence et qu’à part une nouvelle que je n’ai pas apprécié (ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas bonne), je me suis régalé d’un bout à l’autre.

Bon nombre d’entre elles se déroulent dans un monde futur commun. La majorité nous parlent d’une humanité augmentée, soit biologiquement pour une nouvelle, plus généralement de façon électronique et informatique, à base de port et de vies virtuelles.

Dans tous les cas le monde décrit fait bien peu envie, et, malheureusement, semble un (in)digne prolongement du nôtre : les plus pauvres y sont obligés de vendre ou louer leur temps ou leurs corps pour le plaisir des plus riches, ou pour effectuer des travaux que personne d’autre ne veut faire. A leurs risques et périls bien entendu.

Toutes sont extrêmement bien construites, avec un sens consommé de la chute.

Le format court n’empêche absolument pas l’émotion, et à ce titre, la première nouvelle Indolore, et la dernière Faire du manège sont bouleversantes. L’auteur explore toute sortes d’altérité, de l’IA à une chimpanzé, met en scène une multitude de formes d’injustices plus révoltantes et malheureusement plus plausibles les unes que les autres, le tout avec une écriture d’une inventivité et d’une liberté totales, tout en étant toujours parfaitement compréhensible (à ce propos, il faut tirer son chapeau au traducteur).

Sans oublier deux nouvelles assez drôles, qui tranchent avec les thématiques du recueil, l’une en forme d’hommage souriant aux men in black, l’autre se déroulant sur la lune qui vous prendra complètement à contrepied dans la dernière phrase.

Bref, à moins d’être totalement allergique à la SF et aux nouvelles, un recueil à lire absolument.

Rich Larson / La fabrique des lendemains, Le Belial (2020) traduit de l’anglais (Canada) par Pierre-Paul Durastanti.