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Bob Lee Swagger samouraï

Je continue avec mes chroniques en retard. Après une chronique un peu rose, retour de balancier pour un roman très poil aux pattes parfumé à la testostérone. Un roman que j’avais gardé pour l’avion de retour de vacances. Dans ces cas-là, quand on ne peut pas dormir, rien de tel qu’une bonne série B qui cartonne, fait tourner les pages et ne sollicite pas trop des méninges fatiguées. J’avais le bouquin parfait sous la main (c’est que je suis organisé comme garçon). Le 47° samouraï de Stephen Hunter.

HunterBob Lee Swagger, le sniper, le vétéran du Vietnam à caractère de cochon, fils Earl Lee Swagger autre héros de guerre, ayant participé à cinq débarquements dans différentes iles du Pacifique lors de la seconde guerre mondiale. Au fond de sa retraite de l’Idaho il est contacté par Philip Yano, militaire japonais de son âge : Son père a été tué en 1945 par le père de Bob sur l’île d’Iwo Jima et il est à la recherche du sabre qu’il portait ce jour là.

Bob Lee Swagger retrouve le sabre, et comme il a apprécié son interlocuteur décide de le lui porter en personne. Il ne se doute pas qu’il a entre les mains une pièce mythique qui attire toutes les convoitises et que certain sont prêts à tout pour le récupérer.

Je voulais une bonne série B qui cartonne, j’ai été servi. Si l’on passe sur certains détails de vraisemblance un poil gros, et en particulier sur ce brave Bob Lee qui est certes un guerrier hors du commun, mais qui apprend en une semaine à devenir un champion du maniement du katana … Si donc pour certains détails on accepte de mettre le cerveau en veille, on se régale.

De l’action en veux-tu en voilà, une histoire bien racontée, des scènes de baston toujours aussi efficaces. Une fois de plus Stephen Hunter fait le boulot. C’est ce qu’on lui demande, et c’est très bien comme ça.

Cerise sur le gâteau, j’ai bien aimé la postface où Hunter explique que oui, il s’est renseigné, mais que c’est une œuvre de fiction et que les râleurs de services et autres coupeurs de cheveux en douze (même avec un sabre), peuvent aller … râler ailleurs.

Stephen Hunter / Le 47° samouraï (The 47th samouraï, 2007), Folio/Policier (2013), traduit de l’américain par Guy Abadia.

Un Stephen Hunter, pour les vacances

Vacances, soleil, JO … Voilà qui n’incite pas forcément à attaquer une lecture dense et exigeante. Par contre, un bon thriller (il y en a, peu, mais il y en a) avec plein de muscles et de bastos, pourquoi pas. Et vous savez que dans ce cas, j’ai deux ou trois noms en réserve. Dont Stephen Hunter qui m’a régalé avec la réédition chez folio de Shooter.

Hunter_shooterAncien tireur d’élite au Vietnam Bob Lee Swagger vit seul dans ses montagnes, avec son chien et ses armes. Il ne veut plus avoir de liens avec le monde. Mais le monde vient le chercher. D’anciens militaires viennent le voir pour lui demander de les aider à protéger le Président et lui offrent la possibilité de se venger du sniper russe qui a tué son meilleur ami et mit fin à sa carrière, là-bas, au Vietnam. Bien que méfiant, Bob ne peut résister.

Il va se trouver pris dans piège, bouc émissaire, ennemi de toute l’Amérique, manipulé par une frange de la CIA. Mais ces hommes n’ont pas bien évalué à qui ils ont affaire, et les chasseurs vont devenir chassés …

Donc si vous avez besoin d’une petite récréation avec complot, testostérone, suspense, coups de théâtres et batailles, une bonne piste : Stephen Hunter et cette première apparition de Bob Lee Swagger.

Impeccable, bien écrit, histoire au cordeau, impossible de lâcher quand on a commencé. Ne nous mentons pas. Ce n’est pas la dénonciation de quelques-unes des saloperies de la CIA qui m’a attiré ici. C’est la certitude de trouver un roman écrit par un orfèvre, grand artisan à défaut d’être grand artiste, qui sait faire plaisir, et faire frémir son lecteur du début à la fin.

Rien de plus, mais c’est déjà énorme, surtout quand c’est ce que l’on cherche. Une parfaite lecture de détente.

Stephen Hunter / Shooter (Point of impact, 1993), Folio/ Policier (2012), traduit de l’américain par Elisabeth Luc.

Stephen Hunter, Le sniper

J’ai un aveu à vous faire. Je ne suis pas l’intellectuel cérébral et raffiné que vous imaginez. Dans ma folle jeunesse, il m’est arrivé de … jouer au rugby ! Et j’ai adoré ça. Surtout les quand, bien lancé, en planche, on découpe le gus d’en face qui vient de récupérer la chandelle ; ou qu’après un premier impact dans le gros d’en face, on sent les siens de gros, derrière, qui poussent, et que ça avance, ça avance et on finit par leur marche dessus. C’est bon !

HunterTout ça pour dire que parfois, un bon coup de testostérone c’est bon ! Et quand je recherche une montée d’adrénaline littéraire, je vais voir du côté des grands artisans américains de la baston. Et je me régale. Comme ces jours-ci, avec Le sniper de Stephen Hunter.

Quatre anciens activistes des mouvements contre la guerre du Vietnam sont abattus coup sur coup par un tireur lointain. Deux jours plus tard, Carl Hitchcock, ancien sniper au Vietnam qui déprimait se suicide. Chez lui, toutes les traces de la folie et les biographies des quatre victimes. Affaire réglée. Sauf que tout parait trop facile à Nick Memphis, en charge de l’enquête pour le FBI. Il demande à un vieil associé, l’ancien sniper Bob Lee Swagger de passer les faits en revue … Et bientôt Bob trouve le détail qui cloche. Sans se douter qu’il met alors le pied dans un nid de serpents et, qu’une fois de plus, il va devoir se battre pour sa vie.

C’est vrai, Bob n’est pas le genre de héros que l’on croise généralement dans les polars chroniqués ici. Ancien tueur, grand amateur d’armes, fier de son combat au Vietnam, individualiste … Le vrai loup solitaire pour reprendre une expression à la mode. Mais un homme que l’on ne peut s’empêcher de respecter, et même d’aimer. Parce qu’il est aussi honnête, fidèle à ses valeurs et en amitié, incorruptible, inoxydable … En résumé, le grand Clint dans sa grande époque.

Et quel putain de talent de conteur que celui de Stephen Hunter. Dès les premières lignes vous ne pouvez plus lâcher le bouquin. Et il se permet un final d’anthologie, un final tellement gonflé qu’on en reste baba. Un vrai bon grand moment de plaisir.

En parlant de Clint, je le verrai bien adapter ce genre de romans, avec, par exemple, Tommy Lee Jones en Swagger …

Stephen Hunter / Le sniper (I, sniper, 2009), le Rocher (2012), traduit de l’américain par Elisabeth Luc.

Castagne à tous les étages

Douces jeunes filles, amateurs de poésie et de finesses passez votre chemin. Cette note est à l’usage exclusifs des amateurs d’Hommes de l’ouest (ou du sud en l’occurrence), de héros avec poil aux pattes, flingues et, excusez le terme, couilles au cul ! Et oui, à l’instar d’une boisson désormais mythique, Stephen Hunter c’est pour les hommes, et dans Sept contre Thebes il y a aussi de la pomme !

1951, comté de Thebes, Mississipi. Ce qui fut un comté perdu et déshérité est devenu la prison pour noirs la plus crainte d’un sud resté très fortement raciste. C’est ce que va découvrir à ses dépends l’avocat Sam Vincent, parti enquêter sur la disparition d’un homme, qui se retrouve en danger de mort, dans les mains d’hommes coupés du reste du pays. Heureusement, avant de partir, il avait averti Earl Swagger, vétéran de la guerre du pacifique, guerrier dans l’âme, qui arrive à organiser son évasion. Mais pour réussir, il est obligé de se laisser prendre, et se retrouve aux mains d’hommes protégés par les plus hautes instances de l’état qui vont le torturer pour lui faire dire qui l’envoie. Earl s’en sort de justesse et n’a alors plus qu’une idée en tête : réunir les meilleurs tireurs du pays pour détruire Thebes.

De temps en temps, l’homme, aussi cultivé et raffiné soit-il (c’est tout moi ça), a besoin de sa dose de testostérone pure sans aditifs. Je n’en suis pas plus fier que ça, mais je n’en ai pas non plus honte. Et dans ce cas, tant qu’à faire, autant prendre les meilleurs. Un western de Eastwood, ou, pour la lecture, un polar de Stephen Hunter.

Ses thrillers regorgent de héros surarmés, de castagne et de suspense. Tout ce qu’il faut pour passer 500 pages survoltées, à tourner les pages avec délice (car cet auteur est un sacré raconteur d’histoires), en se disant qu’il ne faut peut-être pas trop se pencher sur les opinions du bonhomme, mais que l’un dans l’autre, de temps en temps, c’est quand même bon. Et que ses salopars étant de vraies ordures, on est bien content quand, dans un paroxysme d’explosions, de coups de feu et de coups de lattes ils finissent par se faire dessouder !

Certes, ce n’est pas de la grande littérature, et ce n’est pas d’une finesse à toute épreuve, mais de temps en temps, ça fait du bien. En prime, mais ce n’est pas pour ça qu’on le lit, cela rend bien le racisme ordinaire et assumé d’une époque. Après cette bonne dose de PAN !, BOUM ! et CROUNCH !, on peut retourner à Mozart.

Stephen Hunter / Sept contre Thebes  (Pale horse coming, 2001), Editions du Rocher/Thriller (2007). Traduction de l’américain par Elisabeth Luc.