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Séries : The killing

Je suis obligé de commencer cette chronique par un aveu … Comme il est devenu très difficile, voire impossible de faire du sport avec les copains, et que l’absence de douches sur mon lieu de travail m’interdit d’y aller à vélo, j’ai été réduit, en dernière extrémité, et la honte au front, à faire du vélo d’appartement. Et comme pédaler sur un machin qui ne bouge pas est aussi ennuyeux que la dernière autofiction à la mode dans les cercles littéraires français, j’en profite pour regarder des séries sur ma tablette.

J’ai exclu d’emblée The Wire, beaucoup trop génial pour être regardé ainsi en transpirant, sur un petit écran. Donc, suivant les conseils ici donnés, j’ai attaqué et vu la première saison de The Killing. J’avoue avoir du mal à comprendre l’enthousiasme qui a l’air général, et je ne parle même pas d’un commentaire d’une journal anglais qui titrait « le nouveau the wire » ! Franchement, c’est quand même un robinet d’eau tiède, du niveau de très moyen, tout juste moyen Millenium.

Si j’ai tenu, c’est pour savoir quand même à la fin qui a tué la pauvre gamine qui se fait trucider au début. Et parce que les épisodes durent à peu près le temps que je veux passer sur ce vélo. Mais sinon, franchement … Je ne vais pas lister tout ce qui me parait lourdingue là-dedans, mais allons-y quand même.

La mère de la victime qui devrait nous crever le cœur n’arrive qu’à être exaspérante ou ridicule. Elle a, sur cette série, une seule expression : les yeux grands ouverts comme si elle avait un problème avec ses lentilles de contact, je ne peux que lui conseiller de changer de marque, ou de s’humidifier les yeux, ou de mettre des lunettes. Le père lui c’est yeux plissés, cigarette au bec et sourcils froncés.

Les flics sont aussi fins et subtils qu’un taureau excité par le chiffon rouge. Dès qu’il pensent avoir un suspect, ils foncent, l’arrêtent à grands renforts de pub, pour s’apercevoir au bout d’une demi-journée qu’ils se sont plantés. Alors que ça arrive une fois, passe, mais là c’est 5 ou 6 fois au moins au long des 20 épisodes. Idem pour le politicien qui, dès qu’il croit qu’on l’a trahi jette le traitre comme une vieille merde, pour s’apercevoir à l’épisode d’après qu’il s’est planté. Mais il se replante pareil ou coup d’après. Courbe d’apprentissage plate.

Pour bien nous faire comprendre que c’est une histoire lourde, soit il pleut, soit il fait nuit. Alors sur un film, à durée limitée OK. Mais là ça se déroule sur 20 jours et 20 épisodes, alors quand même …

La musique est lourdement insistante, soulignant bien quand il y a un danger potentiel, au cas où le spectateur, un peu con, ne s’en soit pas aperçu. Et je veux bien qu’on rende hommage à feu Colombo avec Sarah Lund, l’enquêtrice, qui systématiquement sur les lieux où il y a un indice est sur le point de partir avant de réfléchir et de revenir trouver l’indice, mais une fois OK, deux fois OK … A chaque fois l’effet de surprise ou suspense s’émousse un peu.

Pour finir, les personnages ici n’existent que tant qu’ils font avancer l’intrigue, puis en s’en désintéresse totalement, comme ce pauvre prof soupçonné au début. Et je ne me suis attaché à personne.

A la décharge de cette série danoise que je trouve donc au mieux très moyenne, en parallèle, sur une bonne télévision, je regarde The Wire. J’attaque avec impatience et angoisse la dernière saison. Impatience parce que c’est génial et que j’ai hâte de retrouver toute la bande, angoisse parce que c’est bientôt fini. Alors oui, la comparaison est dévastatrice et fait paraître cette série policière bien fade et fabriquée à coup de ficelles trop visibles.