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La cavale de Jaxie Clackton

C’est visiblement le huitième roman traduit de l’australien Tim Winton, mais c’est avec La cavale de Jaxie Clackton que je le découvre.

Depuis la mort de sa mère, Jaxie Clackton vit seul avec son père, une brute alcoolique qui le tabasse. Quand un soir il le retrouve écrasé sous sa voiture, le cric ayant lâché, comme il a peur qu’on l’accuse du meurtre, il part à pied, vers l’intérieur, le bush australien. A moitié mort de soif il tombera sur un étrange ermite, Fintan MacGillis, ancien prêtre irlandais qui vit là on ne sait pourquoi.

Une étrange cohabitation va se nouer entre deux personnes qui, chacune, se méfie de l’autre mais en a également besoin.

Rien à redire sur la forme, le roman est bien écrit, avec les mots d’un narrateur adolescent rude, méfiant, sans éducation. Rien à redire non plus sur le décor de ce désert australien joliment évoqué, dans sa dureté mais également dans ses beautés.

Malgré cela, si j’ai lu ce roman sans ennui ni déplaisir, j’avoue que je n’en retire pas de grande émotion, et surtout que je n’ai pas vu où voulait en venir l’auteur. En partie sans doute parce que l’auteur ne résout jamais le mystère Fintan MacGillis : Qu’a-t-il fait pour se retrouver là depuis son Irlande natale ? Qui l’y a mis ? Qui le ravitaille ? Quels crimes expie-t-il ? On ne le saura pas, c’est dommage, un peu mystère oui, là pour moi il y en a trop.  Et est-ce une conséquence ? à la fin même le destin de Jaxie m’importait peu.

Pour résumer, c’est bien fait, mais pourquoi ? Peut-être y a-t-il des références pour les lecteurs australiens ou anglophones qui m’ont échappé.

Tim Winton / La cavale de Jaxie Clackton, (The sepherd’s hut, 2018), La Noire (2021) traduit de l’anglais (Australie) par Jean Esch.