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Boo et Junior sont de retour

On avait découvert Boo et Junior de l’américain Todd Robinson avec Cassandra. Ils reviennent dans Une affaire d’hommes.

RobinsonVous vous souvenez peut-être de Boo et Junior. Amis depuis l’orphelinat, baraqués, pas forcément très malins, ils sont videurs dans un bar un poil chaud. Et ils aiment ça. Quand la serveuse du bar en question leur demande d’aller intimider un homme qui les harcèle, elle et sa coturne, ils y vont avec enthousiasme. Avec plus d’enthousiasme que de discrétion.

Du coup quand le bonhomme est retrouvé mort, le crâne enfoncé, ils font des suspects parfaits. Boo va devoir enquêter, mettre les pieds dans un nid de vipères et remettre en cause quelques idées bien reçues pour les tirer d’affaire. Sans oublier de belles parties de castagne.

Entièrement d’accord avec ce qu’a écrit Yan il y a peu : C’est pas le prochain Nobel, mais on s’amuse bien.

Ce deuxième volume est bien dans la continuité du premier, et confirme que Todd Robinson continuera à plaire aux fans de Hap et Leonard de Joe Lansdale : Une intrigue prétexte, du rythme, des vannes pas forcément très fines mais drôles (du moins, elles me font rire), des durs à cuire, des bastons homériques, et, quand même, une certaine peinture de la société américaine, avec ici un focus sur l’homophobie ordinaire.

Et donc, pour en revenir au début, si on ne tient pas là un futur prix Nobel, je me suis bien amusé, et je lirai le prochain avec le même plaisir que j’ai éprouvé à lire les deux premiers. Longue vie à Boo et Junior.

Todd Robinson / Une affaire d’hommes (Rough trade, 2016), Gallmeister/Néo Noire (2017), traduit de l’anglais (USA) par Laurent Bury.

Très belle rentrée chez Néonoir

C’est la rentrée chez Gallmeister dans la collection Néonoir qui continue son sans faute avec Cassandra de Todd Robinson.

RobinsonBoo et Junior se connaissent depuis qu’ils sont gamins. Ils se sont rencontrés et soutenus à l’orphelinat, ne se sont plus quittés depuis. Aujourd’hui ils sont imposants : tatoués de partout, plus de deux cent kilos de barbaque, la violence à fleur de peau. Ils ont monté une entreprise de « sécurité » et travaillent en général comme videurs dans les bars de Boston (mais pas ceux des quartiers chics).

Jusqu’au jour où on vient les contacter pour rechercher une jeune adolescente qui a fugué. Plus étonnant, il s’agit de la fille du procureur de la ville, potentiel candidat à la mairie. Boo et Junior se demandent ce qui a bien pu leur valoir d’être ainsi choisis, eux qui n’ont pas l’habitude de frayer avec ce monde là.

Que c’est bon un polar comme ça ! Et qu’est-ce qu’on espère revoir un de ces jours Boo et Junior ! Parce que c’est un vrai pied tout du long.

Deux personnages à la Lansdale (presque aussi allumés que Hap et Leonard et à l’humour presque aussi fin), deux personnages comme on les aime, qui ont pris des coups, beaucoup de coups, ont gardé des cicatrices (pas toutes visibles) et avancent quand même, parfois un peu comme le fameux éléphant dans le magasin de porcelaine, mais avancent, sans renier leur histoire, toujours fidèles en amitié.

Le Boston des laissés pour compte, des paumés, des gamins qui fuguent, des adultes qui ont reçu le coup de trop, est magnifiquement décrit, sans pathos mais avec une immense empathie et une vraie tendresse pour ces êtres perdus.

Et pour ne rien gâcher, l’histoire est menée de main de maître, avec ce qu’il faut de suspense et de surprises. Une très belle façon de commencer la rentrée polar.

Todd Robinson / Cassandra (The hard bounce, 2013), Gallmeister/Néonoir (2015), traduit de l’anglais (USA) par Laurent Bury.