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De nouveaux personnages toulousains

Christophe Guillaumot a beau être toulousain, et faire partie de l’équipe organisatrice de TPS, je n’avais encore jamais lu aucun de ses romans. C’est maintenant chose faite avec La chance du perdant.

GuillaumotRenato, dit le Kanak, forme avec Six, l’inspecteur Jérôme Cussac, la brigade des jeux toulousaine. Un géant aux paluches intimidantes, et un jeune inspecteur. Pas la priorité de la commissaire Séverine Bachelier.

Jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent qu’il y a un nombre inquiétant de suicides étrangement imaginatifs parmi les joueurs compulsifs qui fréquentent les cercles de jeux de Samuel Gotthi, le grand boss de la région. Ils commencent alors à se demander si quelque chose de bien sinistre n’est pas à l’œuvre.

Comme Yan et Fondu au noir , je ne vais pas vous dire qu’on a là le polar de l’année, mais la lecture est agréable et mérite le détour.

Côté défauts qui pourraient être corrigés, à mon avis, par la suite : J’ai trouvé des maladresses d’écriture, en particulier certains dialogues, surtout entre amis ou collègues, qui ne fonctionnent pas bien (trop propres grammaticalement). Ensuite l’auteur ne fait pas assez confiance à son lecteur pour comprendre tout seul ce que pensent les personnages, ou le pourquoi de leurs actions. Cela donne côté un peu sage et explicatif à la narration.

Mais pour le reste, rien à redire. L’enquête, classique, est bien menée. J’ai eu peur un instant d’avoir un retournement avec un Deus Ex Machina, que nenni, je me suis fait avoir, et la fin est assez ouverte pour être intéressante, cohérente, et sans happy end forcé.

Les personnages sont bien, on espère qu’ils seront creusés par la suite, Kanak, son collègue, l’équipe de bras cassés regroupée autour d’eux.

Et surtout, les à côté de l’histoire policière apportent un vrai plus : Le décor du centre de tri des déchets, le personnage de May, l’artiste des rues, tout ce que l’on apprend (du moins ce que j’apprends) sur le jeu en ligne, avec des paris sur tout et n’importe quoi, et puis, quand même, la découverte du Loto Bouse, là j’avoue j’en reste sans voix.

Un roman perfectible mais agréable. On attend la suite.

Christophe Guillaumot / La chance du perdant, Liana Levi (2017).

TPS 2017, impressions

Ouf c’est fini, et merde c’est fini. Ouf parce qu’hier soir j’étais sur les rotules (comme bon nombre d’entre nous), et merde parce que c’était « trop bien » comme disent les jeunes.

_DSC0446TPS_350Trois jours (pour moi, d’autres avaient commencé deux jours avant), très denses, très fatigants, très drôles, très enthousiasmants. Dont il reste, comme d’habitude, des images éparses dont :

Une très belle matinée, vendredi, partagée avec Roger Martin et plus de 150 bibliothécaires et étudiants des métiers du livre à parler de polar américain (vaste programme). Ca devait être bien, parce qu’on n’a pas vu le temps passer, et que j’ai fini avec la frustration de ne pas avoir pu parler de tout ce que je voulais. Mais passionnant pour ce que j’ai appris des débuts du polar avec Roger, et pour les échanges ensuite autour de la table « polars américains » préparée par la librairie (il y a dû y avoir des cartes bleues qui ont chauffé).

_DSC0452_351Une heure magique avec Gianni Biondillo devant un public malheureusement très, très clairsemé à la médiathèque de Cabanis. Je vous cause très bientôt de son dernier roman Le charme des sirènes, très gros coup de cœur de ce mois-ci. L’homme est aussi drôle, humain, chaleureux, inventif … que ses bouquins et ses personnages. Et chapeau à l’incroyable traductrice qui arrivait à rendre cette truculence, quand elle pouvait reprendre son souffle entre deux fous rires.

Le plaisir de rencontrer pour la première fois des auteurs dont j’ai aimé les bouquins, et de pouvoir discuter (pas assez longtemps, mais quand même) avec eux : Cloé Medhi, Philippe Huet, Andrée Michaud, Andreu Martin, Santiago Roncagliolo, Hannelore Cayre

_DSC0464_353Omar Hasan, très à l’aise dans son rôle de président du jury, souriant et content de son expérience, décernant donc le prix Violeta Negra à Valerio Varesi pour Le fleuve des brumes.

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_DSC0459_352La table ronde des italiens, à laquelle j’ai assisté en pointillés, et qui m’a valu quelques éclats de rire supplémentaires.

Une belle rencontre avec Todd Robinson, aussi impressionnant, drôle, tonitruant et sympathique que ses deux personnages. Todd Robinson qui ne quittera jamais son boulot de videur et de barman, car il ne saurait plus quoi raconter et qui assure que tout (ou presque) dans ses livres est vrai.

José Muñoz, légende vivante, aussi poétique à l’oral, avec sa voix envoutante que lorsqu’il dessine.

Retrouver les copains, le grand Jean-Hugues Oppel, Carlos Salem, Maïté Bernard, et tous les autres … les toubibs du polar et la bande de l’Indic, Yan le voisin, revoir, enfin Claude Amoz.

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Une table ronde un peu inhabituelle, sans thématique, mais pas sans intérêt entre deux écrivains que tout semble opposer et que pourtant, beaucoup de chose rassemble : Hervé Le Corre et DOA. Je me suis régalé à l’animer, et surtout à écouter tant ils se sont très bien passé de moi, et je crois que le public a apprécié.

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Hugues Pagan en pleine forme dès 10h30 du matin, pour un échange passionnant avec Claude Amoz et Jean-Hugues Oppel.

Hannelore Cayre beaucoup plus latino-américaine qu’on l’imaginait, au diapason de Carlos Salem et Santiago Roncagliolo, et ceux qui fréquentent les rencontres polar savent qu’il faut du répondant pour être au diapason des auteurs latinos !

_DSC0493_357Andrée Michaud qui, selon ses propres paroles, s’est trouvé comme un jeune frère en la personne d’Augustin Martinez, l’auteur de Monteperdido. Là encore, de beaux échanges entre deux auteurs qui ne s’étaient jamais rencontrés. Je me suis régalé, le public a eu l’air d’apprécier.

_DSC0496_358Bien entendu, il y a eu des couacs, des imprévus, de la fatigue, mais l’équipe est comme un groupe de musiciens qui se connaissent, quand une structure déraille, on écoute et on s’adapte, et le public ne s’aperçoit (presque) de rien.

Alors merci aux auteurs, merci à tous ceux qui ont courus pendant une semaine, organisé, géré les changements de dernière minute, accompagné les auteurs ici et là, accueilli le public, à ceux qui nous ont nourris et abreuvés, à ceux qui ont porté des piles de bouquins … et à tous ceux qui sont venu nous voir.

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Pour conclure comme en CM2, il y a bien longtemps : « et nous sommes rentrés, fatigués mais contents d’avoir passé un si beau week-end ». A l’année prochaine.

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PS. Petit jeu, reconnaissez-vous tout le monde sur les photos (attention il y a des pièges) ?

Toulouse Polars du Sud 9°

Affiche-TPS2017

Pour la 9° année, le week-end du 6 au 8 octobre sera noir à Toulouse avec le festival Toulouse Polars du Sud.

Dès mercredi dans les librairies, les médiathèques et les CE, sans compter les collèges et les lycées (mais là, ce n’est pas ouvert au public), vous pourrez rencontrer un peu plus d’une cinquantaine d’auteurs.

Je ne vous détaille pas tout le programme, vous avez tout là.

Sachez quand même, si vous suivez ce blog que vous pourrez discuter avec une belle collection d’auteurs dont vous avez entendu parler ici.

Cayre  Robinson  Varesi  doa

En vrac, et de façon non exhaustive, Todd Robinson et Sara Gran from US, Andrée Michaud la québécoise, notre invité fétiche l’argentin Carlos Salem, pour la première fois l’auteur péruvien Santiago Roncagliolo, les espagnols Agustin Martinez et Andreu Martin, une  belle brochette d’auteurs italiens qui seront présentés par une pointure : Carlo Lucarelli, Gianni Biondillo et Valerio Varesi présentés par Serge Quadruppani (dont le dernier roman sort juste à temps pour le festival), le roumain Bogdan Teodorescu

lucarelli  Salem  bondree.indd Roncagliolo

Sans oublier, bien entendu côté français, Hugues Pagan, Jean-Hugues Oppel, Claude Amoz, Maïté Bernard, Hervé le Corre, DOA, Hannelore Cayre, Philippe Huet, Cloé Medhi … Et bien d’autres.

sinnerPour les amateurs de BD en noir et blanc, une légende sera avec nous José Muñoz, dessinateur du mythique Alack Sinner créé avec son compère Carlos Sampayo.

Vous aurez aussi l’occasion de croiser quelques amateurs de polar que vous connaissez peut-être comme Yan de encore du noir, les docteurs du polar … ou ma pomme.

HasanPlus inhabituel, vous pourrez aussi y croiser une ancien Puma, ancien joueur du Stade Toulousain, chanteur lyrique, et président , cette année, du prix Violeta Negra : Omar Hasan, qui avec le jury a choisi cette année … Mais ça vous ne le saurez que samedi matin, lors de l’inauguration.

 

Bref une semaine bien dense, et un week-end de folie. On se voit au bar ?

TPS saison 8 c’est fini.

Pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le festival j’étais un peu moins présent sur place cette année mais … Mais j’y étais quand même un peu.

Rencontre le jeudi dans la magnifique médiathèque de Montauban, avec des lecteurs qui semblaient fort pointus sur le polar italien (j’ai vu beaucoup de hochement de têtes) et surtout découverte d’un homme derrière un auteur Sandro Bonvissuto, romain jusqu’au bout des ongles, charmeur, passionnant, conteur, capable en quelques gestes de faire sentir en VO la différence entre le dialecte romain et l’italien académique, et je ne parle pas de ses variations sur le Vaffanculo ! Je pense qu’aucune des personnes présentes ne l’oubliera.

Vendredi, à Ombres Blanches, rencontre très émouvante avec Xiaolong Qiu à propos de son roman le plus personnel, Il était une fois l’inspecteur Chen. Un grand moment de sincérité, d’émotion, d’histoire et d’humour avec un grand monsieur. Qui a éclairé toute son œuvre.

Samedi, très peu présent, j’ai quand même eu la chance d’assister (pour traduire Victor) à une rencontre de haut vol entre Dominique Manotti, Hervé le Corre et Victor del Arbol, magistralement menée par l’ami Yan, magistralement car il a laissé la parole aux auteurs, se contentant de relancer au besoin (c’est à dire pas souvent). Je déteste les animateurs de débats qui parlent plus que leurs invités et en profitent pour étaler péniblement leur « science », là on était à l’opposé, les trois auteurs une fois lancés n’avaient plus besoin de personne, et c’est très bien comme ça. Un vrai régal, les raisons d’écrire, les espoirs et désespoirs des uns et des autres, ils ont parlé d’Histoire et d’histoires, de mythes, de politiques, de littérature, de mensonges et de silences. Fallait vraiment y être.

Samedi, j’ai raté tout le reste …

Dimanche deux tartes à la crème, c’est à dire de débats qui peuvent se transformer en catastrophes, ou en vrais plaisirs, selon la confection de la tarte et de la crème !

Le matin, le polar rural avec Anne Bourrel, Franck Bouysse, Patrick Delperdange et Benoît Minville. Et devinez quoi ? Tarte à la crème parfaite ! Une pâte croustillante, une crème moelleuse comme il faut, pas trop sucrée. Des peurs, de la colère, de l’empathie, une réflexion sur l’écriture, sur ce que chacun veut faire passer, sur les références … Du bonheur.

L’après-midi, deuxième tarte … Le polar et la ville ! Barcelone d’Aro Sainz de la Masa, Santiago du Chili de Boris Quercia et Lagos de Leye Adenle. On a un peu moins entendu parler de littérature, mais on a appris beaucoup de choses sur ces trois villes, on a compris le titre du dernier Quercia (Tant de chiens), vu l’envers du décor barcelonais, touché du doigt l’immensité, la diversité de Lagos …

Dernière table ronde, succès assuré, salle pleine, avec Rosa Montero et Carlos Salem. Est-il nécessaire de dire que ce fut un feu d’artifice ? Le sujet, là aussi était bateau (comme tous les sujets de table ronde), sur le mélange des genres. Me croirez-vous si je vous dis qu’ils ont réussi à parler dans la même heure de la Bible, de la mythologie au service du stockage des déchets nucléaires, de la télé poubelle, de l’amour et du désir, de Richard Gere et de tango, d’Opus Dei et de d’Ursula K. Le Guin … Et de tant d’autres choses ? Vous me croirez forcément si vous avez lu Rosa Montero et Carlos Salem et vous regretterez de ne pas avoir été là, et vous aurez raison !

Sinon, la bière était bonne, les copains étaient là, c’était trop court, on est vannés, bon retour à tous et vivement l’an prochain !

 

Toulouse Polars du Sud, huitième.

Comme je l’écrivais récemment, la grande semaine de Toulouse Polars du Sud arrive. Vous avez toutes les infos sur le site.

Je serai présent une partie du temps, et pas seulement à Toulouse.

Jeudi 6 octobre à Montauban à 18h00, à la médiathèque avec Sandro Bonvissuto, on parlera du polar italien en général, et de son livre en particulier.

Vendredi 7, à 16h30 rencontre avec Qiu Xiaolong à Ombres Blanches, et pour les amateurs de très bonne BD, Altarriba, Kim et Keko seront à la librairie Ellipse.

Sinon, allez voir le programme vous verrez qu’il sera facile de croiser Carlos Salem, Victor del Arbol, Boris Quercia, Arni Thorarinsson, Dominique Manotti etc … toute la semaine.

Le week-end ils seront tous à la librairie de la Renaissance, vous y êtes attendus nombreux pour, entre autres,

Une table ronde le samedi à 10h00 avec Dominique Manotti, Hervé Le Corre et Victor del Arbol.

Un entretien samedi à 14h30 avec Donald Ray Pollock

Une table ronde le dimanche à 10h30 avec Franck Bouysse, Benoît Minville, Patrick Delperdange et Anne Bourrel

Une table ronde le dimanche à 14h00 avec Leye Adenle, Boris Quercia et Aro Sainz de la Masa

Et une conclusion le dimanche à 16h30 avec Carlos Salem et Rosa Montero

Plus tout le reste, allez donc sur le site voir le programme complet.

 

A noter qu’on peut se poser des questions sur la cohérence politique et littéraire d’un joli télescopage … Je ne veux pas polémiquer, c’est pas mon genre, mais le mercredi 5 octobre, à la librairie Privat, la rencontre avec Marin Ledun prévue à 17h45 sera précédée par une rencontre avec … Devinez qui ? Qui va bien en termes de message et de valeurs avec Marin ?

Vous ne devinez pas ?

Sarko ! En personne. Auront-ils un public en commun ? Les flics venus pour assurer le service d’ordre du premier resteront-ils pour le second ? Moi j’y serai pas, mais j’espère que vous me raconterez …

 

Que ne peut-on faire à Guy Novès ?

On ne peut pas faire ça à Guy Novès. Difficile de ne pas intriguer l’amateur de rugby, le toulousain, et que dire de l’amateur de rugby toulousain ? C’est signé Benoit Séverac.

Severac-NovesAdrien Golivat est journaliste à France Bleue Toulouse. A défaut de mieux, lui qui se rêvait grand journaliste et se retrouve coincé là. Quand il reçoit une photo montrant l’ouvreur emblématique du stade en compagnie d’une prostituée, il se dit qu’il ne mange pas de ce pain-là. Mais quand l’expéditrice de la photo, qui milite farouchement pour l’interdiction de la prostitution, est assassinée chez elle, il se demande s’il y a un lien. Et s’il y a quelque chose de pourri au Stade Toulousain, et pourquoi pas à la mairie.

Evacuons tout de suite le problème récurrent de ce format qu’est la novella : le prix. Difficile de convaincre à quelqu’un de claquer 12 euros pour une demi-heure de lecture … Mais c’est le même problème avec toutes les collections actuelles qui publient ce format. Alors il reste la solution du cadeau, ou des bibliothèques …

Ceci dit, on passe une bonne demi-heure. Ne serait-ce que parce que la phrase « On ne peut pas faire ça à Guy Novès » résonne forcément, et qu’on est fort curieux de voir ce qu’on ne peut pas lui faire, et si on va le lui faire ou non. Et sur un texte court, un bon titre et une bonne accroche qui excite la curiosité, c’est la moitié du travail de fait.

L’autre moitié répond aux attentes : Bonne intrigue, une visite dans les locaux d’une radio locale, un coup d’œil à la forteresse qu’est un club de sport professionnel vitrine d’une ville, un bon rythme, et une résolution qui marche.

Et si vous voulez savoir ce que Guy Novès fait dans cette galère, va falloir le lire …

Benoit Séverac / On ne peut pas faire ça à Guy Novès, Court Circuit (2016).

Benoit Séverac revient chez les adultes

Depuis quelques années, mis à part un Poulpe, il avait délaissé les vieux pour écrire pour les jeunes. Benoit Séverac nous revient (à nous les vieux) avec Le chien arabe.

SeveracSergine Ollard est vétérinaire dans une clinique des Izards. Juste à côté des barres livrées aux bandes de frappes qui contrôlent le trafic de drogue de la zone. Une nuit, alors qu’elle est de permanence, elle enfreint toutes les règles en accompagnant une ado, Samia, dans les caves des immeubles récupérer un chien qui semble sur le point de mourir.

Quand elle s’aperçoit qu’il a l’estomac bourré de sachets de drogue, elle se rend compte qu’elle a mis les pieds dans une sale affaire, sans se douter qu’elle va jouer le rôle du fameux éléphant dans le magasin de porcelaine et débarquer au milieu d’une guerre entre trafiquants et islamistes.

Voilà un bon roman qui aurait pu être mieux, qui aurait pu être un grand roman.

Parce que tout y est : la thématique bien entendu, brulante (même si c’est l’affaire Merah qui semble avoir été le déclencheur, et pas les attentats récents). Une thématique qu’il traite en trouvant un angle assez original, avec cette pauvre véto qui met ses grands pieds dans le plat, sans avoir la moindre idée du terrain sur lequel elle s’aventure.

La description du quartier, les difficultés des habitants, les jeux troubles des différentes entités de la police … Cela aussi est bien décrit.

Alors que manque-t-il ? C’est difficile à cerner. J’aurais aimé trembler davantage, sentir la montée de la folie assassine, ressentir plus la trouille de la gamine, la saloperie de ceux qui manipulent, la panique de la véto. Si je devais résumer je dirais qu’à mon goût c’est trop gentil et sage, que le lecteur s’en tire à trop bon compte pour un tel sujet.

Alors peut-être Benoit Séverac a-t-il gardé quelque chose de son écriture pour les jeunes, une réticence à secouer et à prendre aux tripes, quitte à mettre mal à l’aise. Mais sur un tel sujet, cela me manque et enlève à ce bon roman la force qu’il aurait pu (dû ?) avoir.

Reste Sergine avec toute sa maladresse et son impuissance, Sergine secouée et agressée par les uns, engueulée par les autres, Sergine qui à force d’obstination finit par faire, un tout petit peu, bouger les choses ; juste parce qu’elle refuse la fatalité. A méditer.

Benoit Séverac / Le chien arabe, La Manufacture des livres (2016).