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La frontière

Quelques jours sans nouvelles, j’étais plongé dans un des monuments de cet automne, la conclusion de la magistrale trilogue de Don Winslow : La frontière.

WinslowA la fin de Cartel Art Keller reste vivre au Mexique, auprès de Martisol, son épouse. Jusqu’à ce que le sénateur O’Brien vienne lui proposer de reprendre la guerre contre la drogue, avec de nouveaux pouvoirs : ni plus ni moins que la direction de la DEA.

Dans le même temps, côté mexicain, la disparition mystérieuse d’Adan Barrera a laissé un vide. Un vide qu’ils sont nombreux à vouloir combler et les morts recommencent à s’accumuler de Tijuana à El Paso. Ce qui n’empêche pas les différents groupes de continuer à faire transiter la drogue, avec un retour en force de l’héroïne, une héroïne améliorée. Les overdoses se multiplient à New York et dans tout les US.

Alors qu’Art tente de changer la politique de l’agence pour s’attaquer aux finances du trafic avec l’aide de chef de la brigade anti drogue de New York, les élections nationales approchent, dans lesquelles un candidat très à droite le critique avec de plus en plus de virulence sur les réseaux sociaux.

On a déjà lu plus de 1500 pages de l’histoire d’Art Keller et de la relation entre le trafic de drogue, les US et le Mexique, et on en redemande ! En voilà plus de 800 de plus toujours aussi fascinantes, passionnantes, bouleversantes, rageantes …

Cette fois Don Winslow s’attaque à l’origine du trafic de drogue, une origine qui ne se situe pas sur le sol mexicain, mais sur le sol américain.

« Il est tentant de penser que les causes de l’épidémie d’héroïne sont au Mexique, car il est focalisé sur la prohibition, mais la véritable source est ici même, et dans une multitude d’autres villes, petites et grandes.

Les opiacés sont une réponse à la douleur.

La douleur physique, émotionnelle, économique.

Il a les trois devant les yeux. »

Et quitte à se faire des amis aux US après s’en être fait au Mexique :

« Tu montes la garde sur le Rio Grande, se dit-il, et tu essayes de repousser le flot d’héroïne avec un balai, pendant que des milliardaires délocalisent des boulots à l’étranger, ferment des usines et des villes, tuent les espoirs et les rêves, répandent la douleur.

Et ils viennent te dire : arrêtez l’épidémie d’héroïne. 

Quelle est la différence entre un directeur de fonds spéculatifs et le chef d’un cartel ?

La Wharton Business School. »

Quand à ce qu’il pense de nouveau président US, qui dans le roman succède à Obama et s’appelle John Dennison :

« En se réveillant le lendemain de l’élection, Keller se dit qu’il ne comprend plus son pays. (…)

Car son pays a voté pour un raciste, un fasciste, un gangster, un être narcissique qui se pavane et fanfaronne. Un homme qui se vante d’agresser les femmes, qui se moque d’un handicapé, qui copine avec des dictateurs.

Un menteur avéré. »

Tout cela c’est pour le fond. Et il y a la force romanesque le souffle, la puissance du récit où l’on retrouve avec beaucoup de plaisir certains personnages de La griffe du chien, où on en découvre de nouveaux. Où on passe des « hijos » les héritiers des cartels, violents, immatures, qui se vantent sur les réseaux sociaux et postent des vidéos où on les voit torturer et tuer leurs ennemis aux flics new yorkais en écho à Corruption, en passant par les arcanes du pouvoir à Washington, ou les gamins vivant sur les tas d’ordure au Guatemala.

Plus que jamais ici le polar tranche au travers de toute la société, des lieux de pouvoir, financier ou politique, jusqu’à ceux qui vivent ou survivent dans les rues. C’est magistral. Je pourrait continuer longtemps, pour évoquer les différentes thématiques abordées, les épisodes réels de la guerre qui se déroule au Mexique que l’on reconnaît, les personnages auxquels on s’attache, mais il suffit de dire : LISEZ-LE.

Et si La frontière peut se lire indépendamment, il serait impardonnable de ne pas lire les trois, qui offrent une fresque pleine de sang, de fureur, de rage et d’émotions, une fresque magistrale qui éclaire toute l’histoire de ce que les media appellent la guerre contre la drogue.

Don Winslow  / La frontière (The boarder, 2019), Harper Collins / Noir (2019), traduit de l’anglais (USA) par Jean Esch.

Seules les proies s’enfuient

Troisième volume, toujours excellent, des aventures de Sullivan Carter de l’américain Neely Tucker : Seules les proies s’enfuient.

TuckerSullivan Carter, déjà rencontré dans La voie des morts et A l’ombre du pouvoir est toujours journaliste au Washington Post, de retour au pays après avoir failli mourir sous les bombes en Bosnie. En ce mois d’août il se trouve par hasard au Capitole quand un homme rentre, tue huit personnes avant de planter deux pics à glace dans les yeux du représentant de l’Oklahoma.

Habitué aux zones de guerre, au lieu de s’enfuir Carter est allé au plus près du tueur, et a pu entendre un appel qu’il a passé aux forces de l’ordre, où il dit s’appeler Terry Running Waters avant de disparaître. Un sacré scoop pour le seul journaliste sur place. Mais alors que la chasse à l’homme s’organise, Terry Waters contacte Carter et demande à lui parler. Et Sullivan se met à enquêter, pas certain que l’enquête fédérale se dirige du bon côté.

En introduction, je ne peux que répéter ici ce que j’écrivais au sujet des deux premiers volumes. Sans être révolutionnaire, de l’excellent travail comme les bons écrivains américains savent si bien le faire.

Un personnage qui prend de l’épaisseur, que l’on a plaisir à suivre. Un personnage fragile mais extrêmement entêté, dans la plus pure tradition hard boiled. La description passionnante de la vie d’un grand journal vue de l’intérieur. Qui sonne terriblement juste, ce qui n’est guère étonnant quand on sait que l’auteur est journaliste, correspondant à l’étranger du Washington Post. Et une enquête une fois de plus parfaitement menée, avec une scène d’ouverture impressionnante, quelques morceaux de bravoure, et un suspens maîtrisé.

Ensuite chaque roman développe une thématique particulière. Que je ne peux pas révéler ici pour ne pas dévoiler un des ressorts de l’histoire, mais sachez que c’est passionnant, et qu’on se fait un peu secouer.

Donc un troisième épisode qui confirme que la série fait définitivement partie de celles que je suivrai avec impatience dans les années à venir. Et qui est à découvrir absolument, tant il me semble que cet auteur n’a pas eu chez nous le succès qu’il mérite.

Neely Tucker / Seules les proies s’enfuient (Only the hunted run, 2016), Série Noire (2019), traduit de l’anglais (USA) par Sébastien Raizer.

Retour gagnant pour Sully Carter

On avait découvert Neely Tucker avec La voix des morts. Il reprend son personnage de journaliste mal embouché dans A l’ombre du pouvoir et confirme son talent.

TuckerSully Carter est journaliste au Washington Post. Ancien reporter de guerre, blessé en Bosnie, il couvre les faits divers en tentant d’oublier les horreurs qu’il a vues et vécues. A priori, la découverte, dans le Potomac, du cadavre d’un jeune noir à dreadlocks tué d’une balle dans la tête n’a malheureusement rien d’extraordinaire.

Mais il s’avère que le jeune homme, Billy Ellison était le fils d’une des familles les plus influentes de la ville, une des quatre ou cinq plus importantes de la bourgeoisie noire. Une fois de plus, Sully va devoir marcher sur des œufs, et vérifier plutôt deux fois qu’une les informations que son journal peut publier sur un monde qui sait parfaitement faire appel aux avocats les plus procéduriers et influents de la capitale.

Que voilà un excellent polar, classique dans sa structure comme on les aime.

Un personnage récurrent (et qu’on reverra j’espère) dans la droite lignée de ses dignes prédécesseurs, comme on en a vu des dizaines, preuve que quand un auteur donne de la chair à un cliché, ça marche à tous les coups. Sully Carter est le prototype du héros de roman noir, fragilisé dans sa chair et son âme par un passé qui le fait souffrir, caractère de cochon, réfractaire à toute forme d’autorité arbitraire, têtu comme une mule, qui ne lâche jamais une affaire commencée quelles que soient les pressions, méchant comme une teigne avec les pourris, et, cerise sur le gâteau, capable de réparties cinglantes. Comme Salvo Montalbano, Harry Hole, John Rebus, Rocco Schiavone, Jack Taylor, Douglas Brodie … Classique, mais terriblement efficace quand c’est bien mené, et avec Neely Tucker c’est très bien mené.

Une enquête qui permet de découvrir une ville dans tous ses aspects. Ici Washington et son passé esclavagiste, mais aussi les arcanes du pouvoir, d’un certain pouvoir : lobbyistes et presse. Là aussi classique, mais très bien mené et passionnant.

En comme l’auteur est journaliste, la description de la vie d’un grand journal de l’intérieur est extraordinaire. Les scènes de discutions entre Sully et le management du journal pour vérifier si un article est attaquable ou non, publiable ou non, sonnent terriblement vrai et sont passionnantes.

Bref, la série Sully Carter continue, pour le meilleur et j’attends avec impatience la suite.

On peut juste regretter de ne voir parler dans les media que de la suite pathétique d’une série scandinave à succès qui est à Neely Tucker ce que l’eau tiède est au bourbon, ou le rosé pamplemousse au Vosne-Romanée …

Neely Tucker / A l’ombre du pouvoir (Murder D. C., 2015), Série Noire (2017), traduit de l’anglais (USA) par Alexandra Maillard.

Début d’une nouvelle série à Washington

Dernière série noire 2015, La voie des morts de l’américain Neely Tucker conclut bien l’année des 70 bougies.

TuckerWashington DC est en ébullition. La fille d’un juge promis à un siège à la cour suprême est retrouvée, morte, dans une benne à ordure derrière une petite épicerie. Quelques minutes avant, la jeune fille avait été embêtée par trois jeunes noirs alors qu’elle achetait des bricoles. Trois jeunes qui font des suspects idéaux.

Le journaliste Sully Carter, ancien correspondant de guerre qui noie ses souvenirs dans le bourbon est rapidement sur les lieux, et il a des doutes. Les trois suspects sont trop beaux pour être vrais. Et d’autres jeunes femmes ont disparu dans le coin. Mais elles n’étaient ni blanches, ni filles de juges. Personne ne s’en est inquiété.

Voilà un polar solide et efficace, un beau travail d’artisan comme savent les faire nos amis américains. Rien de révolutionnaire ni de génial, mais une intrigue qui fonctionne, un personnage principal cliché mais crédible et sympathique, un milieu journalistique que l’auteur connait parfaitement et dans lequel il sait nous immerger, des personnages secondaires qui ont de l’épaisseur …

Et à partir de là, la description sans fard d’une ville, Washington, de ses quartiers, de ses habitants, de ses injustices, de ses bars, de ses rues …

Ca marche comme une belle machine parfaitement huilée, et si on n’est pas au niveau des meilleurs Pelecanos (référence incontournable dès qu’on parle de Washington), on a ici un roman solide, qui se lit avec beaucoup de plaisir. Cerise sur le gâteau, la fin est assez ouverte pour laisser la place à une suite et, qui sait, à une série dans laquelle on retrouvera avec beaucoup de plaisir ce caractère de cochon de Sully Carter.

Neely Tucker / La voie des morts (The ways of the dead, 2014), Série Noire (2015), traduit de l’anglais (USA) par Alexandra Maillard.

Fallait pas réveiller le Condor

James Grady revient, et il revient avec un Condor qui est passé par Mad dogs : ça donne Les derniers jours du Condor.

les derniers jours du condor.inddLe légendaire Condor a disparu de la circulation pendant des années. Enfermé dans une clinique très spéciale qui traite les agents de la CIA qui ont complètement fondu les plombs. Depuis quelques semaines, il est de nouveau dehors. On lui a trouvé un travail sans risque, à la bibliothèque du Congrès, et deux collègues, Faye et Peter sont chargés de passer régulièrement vérifier s’il va bien et surtout s’il prend bien ses médicaments …

Un soir, en rentrant chez lui, Condor trouve Peter égorgé et crucifié à sa cheminée. L’histoire semble se répéter, des années plus tard. En moins de trente minutes il prend ses affaires et s’enfuit, échappant de peu à la police. Le voilà de nouveau traqué dans Washington, sans savoir sur qui il peut compter.

Il faudrait que je relise et revois les trois (ou six) jours du Condors pour voir ce qui a été repris ici (même si je me suis, quand même, rendu-compte que ce n’est sans doute pas un hasard si l’aide de Condor s’appelle Faye). Je me souviens par contre suffisamment bien de Mad Dogs, précédent roman traduit de James Grady pour voir qu’on est ici dans le même univers d’espionnage et de paranoïa.

Un domaine où l’auteur maîtrise totalement sa narration et son sujet. Le lecteur se fait complètement embarquer dans cette fuite démente (dans tous les sens du terme), où la folie et les troubles de mémoire du personnage central sont le reflet de la folie d’une époque et d’un système. Où la fuite en avant technologique commencée bien avant le 11 septembre, mais accentuée ensuite, devient la fuite d’un poulet sans tête, ou pire, la fuite d’un poulet … dont plus personne ne sait où se trouve sa tête !

C’est jouissif, c’est intelligent, il faut un peu s’accrocher au début, mais on est bien récompensé, et en bonus il y a quelques scènes d’anthologie. A lire donc. Les espions de James Grady ont pris des rides, se bourrent de cachetons mais n’ont rien perdu de leur patate !

James Grady / Les derniers jours du Condor (Last days of the Condor, 2015), Rivages/Thriller (2015), traduit de l’anglais (USA) par Hubert Tézenas.

Un petit Pelecanos

J’avoue que cela fait quelque temps que je ne m’enthousiasme pas autant pour les romans de Georges Pelecanos que du temps des séries Nick Stefanos, Peter Karas ou Derek Strange. Mais j’y prends quand même plaisir. C’est pourquoi je ne lâche pas. J’ai donc lu le dernier Red Fury, toujours avec plaisir, mais toujours sans m’enthousiasmer.

PelecanosNous sommes en 1972 à Washington. Derek Strange, jeune homme noir, a quitté la police pour ouvrir son agence de détective privé.

Robert Lee Jones, dit Red a décidé de faire parler de lui dans toute la ville. Accompagnée de sa poule Coco, un maquerelle flamboyante il tue, kidnappe et arnaque minables et puissants sans se soucier des conséquences.

Rapidement Frank Vaughn, « Molosse », flic blanc à l’ancienne et ex partenaire de Strange est sur ses traces. Derek aussi qui doit récupérer une bague volée par Red à une de ses clientes. Ils croiseront la route de deux mafieux newyorkais eux aussi victimes, par ricochet, des dégâts causés par Red. 1972, une année qui restera dans la mémoire des habitants du quartier comme celle de Red Fury.

De toute évidence George Pelecanos s’est fait plaisir en ressuscitant le Washington du début des années 70, celui qu’il a déjà mis en scène dans les premiers romans consacrés à Dimitri Karras et Marcus Clay (King Suckerman), ou même, si ma mémoire est bonne, les tout premiers Nick Stefanos, quand celui-ci est encore vendeur dans un magasin d’électronique. Il fait aussi référence au très bon Hard Revolution, où Derek Strange est flic. Bref, Pelecanos s’offre un coup de nostalgie. C’est le côté le plus agréable pour les fans qui connaissent toute son œuvre. Cela et son art, qui ne se dément pas, pour récréer une époque en quelques phrases : musique, films, fringues, mentalités, paysage urbain … tout est sobrement mais efficacement évoqué.

Si c’était l’œuvre d’un autre on s’en contenterait sans doute. Là, comme on compare forcément aux chefs-d’œuvre que sont Un nommé Peter Karras, King Suckerman ou Anacostia River Blues, sans parler de Hard revolution ou Blanc comme neige … ça fait un peu léger.

Par rapport à ces romans, cela manque de profondeur, de souffle, de puissance. Comme l’animal a du métier on ne s’ennuie pas et c’est plaisant. Mais on attend beaucoup plus de monsieur George Pelecanos. A lire pour les fans. Et pour les nouveaux venus, si ça vous a plu, précipitez-vous sur les romans précités et attendez-vous à une belle claque !

George Pelecanos / Red Fury (What it was, 2012), Calmann-Lévy (2015), traduit de l’anglais (USA) par Denis Beneich.

Le retour de Spero Lucas

Dans Le double portrait, George Pelecanos reprend le personnage de Spero Lucas apparu dans Une balade dans la nuit. Et ça marche, la série prend corps. 

PelecanosSpero Lucas, ancien de la guerre d’Irak, n’a pas repris ses études. En rentrant, il s’est établi comme privé. Quand il ne travaille par pour un avocat, il s’est spécialisé, en marge de la loi, dans la récupération d’objets volés, contre 40 % de leur valeur. Alors que l’enquête sur les éventuelles zones d’ombre sur un meurtre ne l’occupe pas trop, il accepte de rechercher pour Grace Kinkaid le tableau qui lui a été volé par un ancien amant qui s’est révélé être un prédateur sexuel. Spero est méthodique et doué dans son travail, il retrouve vite le voleur qui s’est associé avec deux autres truands. Reste maintenant à récupérer le tableau sans faire trop de casse … Ou pas.

Je suis d’accord avec l’ami Yan, les quelques chapitres consacrés à la « romance » de Spero ne sont pas ce qu’il y a de plus inoubliable dans l’œuvre de George Pelecanos.

But, et comme disait je ne sais qui, « everything before but is bullshit », mais donc, je suis beaucoup moins sévère que lui et je trouve que la série prend corps.

Dans son style caractéristique, à plat, sans effet revendiqué, avec une écriture qui semble très neutre et très naturelle (ce qui relève au moins de l’artisanat de très haute volée), Pelecanos poursuit sa chronique de Washington. Il reste le témoin de son évolution, du changement des quartiers, des mentalités, de l’arrivée des vétérans des nouvelles guerres, de l’installation de nouveaux arrivants, de l’intégration d’autres …

Et ceci sans jamais sembler faire autre chose que raconter des histoires, au travers de personnages qui prennent corps et chair. A ce titre Spero Lucas est vraiment intéressant avec ses zones d’ombres, son refus de reconnaître ses traumatismes, sa violence assumée.

Comme avec le 87° district de McBain, je suis persuadé que les historiens auront dans l’œuvre de Pelecanos autant, sinon plus de matière pour comprendre notre époque à Washington que dans les archives des journaux ou dans les études universitaires. Et ce sera certainement beaucoup plus agréable à lire.

George Pelecanos / Le double portrait (The double, 2013), Calmann-lévy (2014), traduit de l’américain par Mireille Vignol.