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Quelques comics

Un petit point sur les Comics que je continue à lire de temps en temps.

Je commence par une série dont j’ai parlé il y a pas mal de temps, Deadly Class de Rick Remember, Wes Craig et Jordan Boyd.

Deadly_Class_tome_5J’en étais resté au tome 4 qui se terminait en véritable coup de tonnerre, qui aurait pu marquer la fin de la série. Une fin très frustrante, mais une fin. Et bien sachez que les épisodes 5 et 6 semblent encore accélérer, si c’est possible. En fait, depuis le deux on est à fond. Et ça tient toujours la distance et le rythme. On suit ces rejetons de mafias, venus apprendre à être de parfaits assassins et surtout de parfaits fils de putes. On va découvrir de nouveaux arrivants, dont un métaleux ancien de la STASI, un comanche casse-bonbons, et toujours la tueuse Saya que l’on va apprendre à mieux connaître.

dc6C’est noir de chez noir, sanglant, et le scénariste a un talent certain pour les coups de théâtre. Seul problème, comme les autres volumes le 6 se termine sur un nouveau coup de Trafalgar qui va me laisser très énervé et très impatient de connaître la suite. Tout cela ne vous apprend pas grand-chose, mais il est très difficile, à partir du tome 2 de raconter quoi que ce soit de l’intrigue sans forcément dévoiler des éléments essentiels de l’histoire. Ce qui serait très vache pour ceux qui couvraient découvrir la série depuis le début. Donc faites-moi confiance, si vous aimez le rude, le sanglant, allez-y, c’est extrêmement addictif, et surtout ne lisez aucun résumé nulle part !

Deux nouveautés également :

J’avais découvert Ed Brubaker avec le magnifique Fondu au noir. Du coup, j’ai eu envie de démarrer une série au titre prometteur : Kill or be killed, où il est associé avec les mêmes complices : Sean Phillips (dessin) et Elizabeth Breitweiser (couleur).

KillDylan est un looser de la plus belle eau. Il rate tout, est amoureux d’une fille qui l’utilise comme confident de ses amours, merdouille dans ses études. Un soir il décide d’en finir, saute du haut du toit … Mais survit. Tout étonné il va se coucher. Mais rien n’est gratuit dans cette vie, et quelques instants plus tard il est réveillé par une ombre plus noire que la nuit. Une ombre qui l’a sauvé, et qui va exiger son prix : Une vie par mois. Tous les mois, Dylan devra tuer quelqu’un qui le mérite. Un moins plus tard, Dylan pourra vérifier qu’il n’a pas rêvé, et qu’il n’a plus le choix.

Avec un tel sujet, vous imaginez bien qu’on est de nouveau dans du très sombre. Une impression renforcée par des dessins et le choix d’une atmosphère qui en rajoutent une couche : Cela se passe essentiellement de nuit, en hiver, avec un temps aussi pourri que celui qu’on a actuellement. Pas beaucoup de couleurs claires, quelques flaques de lumière autour des lampadaires, tout est en harmonie. Un très bon départ qui, après un prologue qui cartonne, ralentit pour mettre en place les personnages tous assez torturés. Très prenant, et je suis curieux de voir où ça va aller.

Le dernier, c’est le beau cadeau de mes gamins pour mon anniversaire, cadeau il est vrai suggéré par mon vendeur préféré. C’est noir de chez noir, c’est tordu, c’est glauque, et pourtant c’est terriblement humain et on peut même y déceler une lueur d’espoir à la fin. C’est Starve de Brian Wood, Danijel Žeželj et Dave Stewart.

Starve 01Accrochez-vous, on va rester dans du pas très rigolo … Dans un futur pas forcément très lointain, les inégalités se sont encore creusées, le réchauffement climatique est là et bien là, au point que les étages inférieurs de certaines parties de New York sont sous l’eau, et la petite, toute petite portion de la population qui a accaparé la richesse est encore plus arrogante et indécente qu’aujourd’hui (je sais ça parait difficile).

Pour amuser ces humanistes, il faut toujours aller plus loin dans l’abjection. C’est ce qui a fait le succès de Starve, émission de téléréalité qui a poussé dans des limites inimaginables la saloperie des émissions existantes dans le domaine de la cuisine. Gavin Cruikshank, chef génial, a créé l’émission, avant de tout plaquer et d’aller se cacher quelque part en Asie, abandonnant, chaine, femme et enfants. Mais voilà, 3 ans plus tard, la chaine et son ex ont le bras long, et ont le moyen de l’obliger à revenir pour participer en tant que candidat. Pour des épreuves qui sont autant de provocations immondes dans un monde qui crève de faim. Coincé Gavin revient, bien décidé à tout faire exploser.

Starve 02Le monde décrit est d’autant plus terrifiant qu’on n’en est vraiment pas loin, pas loin du tout, est-on même certain qu’on n’y est pas déjà ? Le dessin et la couleur sont en pleine adéquation avec le sujet, au point de pouvoir être rebutants si on ouvre Starve sans rentrer dans l’histoire. Sombres, traits comme flous, le glauque de la situation est accentué, et on se surprend à trouver à cette esthétique une sombre beauté. Et la charge sans pitié. Même si je n’ai jamais regardé ces programmes, j’imagine que le scénariste s’est contenté d’appuyer à peine le trait.

Malgré tout, dans ce monde désespérant, les auteurs nous offrent de temps en temps une lueur d’espoir, grâce entre autres au personnage lumineux de la fille de Gavin, et aux poches de résistance, ici et là. Et surtout, ils nous accrochent au point qu’on ne peut lâcher l’histoire, tant on est pris par les rebondissements, et surtout tant on s’attache à des personnages particulièrement bien construits. Une vraie réussite.

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Rick Remember (scénario), Wes Craig (dessin), Jordan Boyd (couleur) / Deadly Class, Urban comics (2017, 2018), traduit de l’anglais par Benjamin Rivière.

Ed Brubaker (scénario), Sean Phillips (dessin), Elizabeth Breitweiser (couleur) / Kill or be killed, Delcourt 2017, traduit de l’anglais par Jacques Collin.

Brian Wood (scénario), Danijel Žeželj (dessin), Dave Stewart (couleur) / Starve, Urban Comics (2017), traduit de l’anglais par Benjamin Rivière.

Quelques BD

Si j’ai été moins présent ces derniers temps c’est aussi que je me fais une overdose de comics.

Pour commencer, les nouvelles de chez nous, ou de l’autre côté de l’Atlantique m’ont donné envie de relire Transmetropolitan. Je sais je suis lourd, mais que voulez-vous, c’est un chef-d’œuvre, au même titre que La griffe du chien. Ni plus ni moins. J’ai tout relu c’est grandiose, c’est atrocement d’actualité, et je vous renvoie à ce que j’ai écrit là.

planetary-01Du coup j’ai eu envie de découvrir l’autre BD culte scénarisée par Warren Ellis, Planetary. Coup de chance, l’intégrale est sortie en deux volumes.

Jakita Wagner, le Batteur et Elijah Snow sont l’équipe Planetary. Trois agents dotés de pouvoirs spéciaux, chargés de découvrir ce qui se cache derrière les phénomènes paranormaux sur Terre. Ils vont, au fil de leur enquête, s’apercevoir qu’ils luttent en fait contre les Quatre, qui ont acquis un savoir scientifique hors norme dans les années 60. Et leurs aventures les amèneront à affronter, ou collaborer avec Wonder Woman, Batman ou … Sherlock Holmes et Dracula. Sans compter des fourmis géantes, ou des créatures venues des profondeurs.

J’avoue, j’ai eu un peu de mal à entrer dans la série, dont les épisodes sont asse

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z décousus. Mais les dessins, les décors, sont tellement beaux, que j’ai persévéré. Et même si ma culture comics est assez limitée, et si j’ai vu peu de films d’épouvante ou de SF des années d’or, mon petit vernis culturel est suffisant pour que je m’amuse aux références innombrables qui émaillent les différents épisodes.

Puis peu à peu, la magie opère, le puzzle se révèle, et c’est un véritable pied. Que c’est jouissif de voir apparaître telle ou telle référence, de voir les fils se relier, d’apprécier la beauté d’une pleine page. Certes, on n’a pas là la puissance de Transmetropolitan, mais le voyage est magnifique.

deadlyclass2Autre série que je découvre petit à petit : Deadly Class, de Rick Remember, Wes Craig et Jordan Boyd. Marcus Lopez, orphelin après la mort accidentelle de ses parents a vécu dans la rue. Il est sur le point de se suicider quand il est sauvé par une jeune fille, Saya, qui le fait entrer à l’académie des Arts Létaux, qui forme des assassins. Il va vite s’apercevoir que là aussi, les classes sociales existent, et qu’on n’est pas traité de la même façon si on vient de la mafia russe ou mexicaine, que si l’on est un orphelin.

Quatre albums sont déjà parus, qui se terminent sur une épreuve de passage en seconde année … sanglante.

C’est sec comme un coup de trique, sanglant, resserré et violent. Les dessins sont au diapason, une sorte de récit de vie académique ou étudiante où les relations entre les élèves sont un peu plus tendues et nerveuses que dans les collèges anglais ou chez Harry Potter … Très bien si on veut du nerveux bien noir, et je suis curieux de voir la suite, les auteurs ayant le chic pour vous laisser sur un superbe cliffhanger, ou sur de sacrés chocs.

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Warren Ellis (scénario), John Cassaday (dessin) / Planetary, Urban comics (2016, 2017), traduit de l’anglais par Alex Nilolavitch et Jérémy Manesse.

Rick Remember (scénario), Wes Craig (dessin), Jordan Boyd (couleur) / Deadly Class, Urban comics (2015, 2017), traduit de l’anglais par Benjamin Rivière.