Le retour de la Tour Thomas

Les vacances sont là pour s’amuser (aussi). Peut-on s’amuser comme un petit fou avec un pavé de pas loin de 900 pages ? Oui, si on choisit Agent double de Daniel O’Malley.

OmalleySi vous suivez ce blog depuis au moins deux ans, vous vous souvenez de Myfanwy Alice Thomas, dite la Tour Thomas, cadre de la Checquy, cette organisation très secrète, regroupant tout ce que le royaume de sa Très Gracieuse Majesté compte de sujets ayant des pouvoirs un poil surprenants. Une organisation en charge de la protection du Royaume contre toute manifestation hostile de surnaturel.

Et contre l’abomination suprême, les Greffeurs, cette société tout aussi secrète de scientifiques surdoués qui, depuis le XVII° siècle a pris des années, des décennies, voire des siècles d’avance sur le reste de l’humanité en termes de manipulations génétiques.

Or voilà que, sur l’impulsion de la Tour Thomas et de Ernst Grootvader, le chef des Greffeurs (depuis la naissance de cette société) les deux entités ont entamé des pourparlers pour signer une paix durable et unir leurs forces. Pour la première fois de l’histoire, une délégation vient du continent pour finaliser le traité (l’anti Brexit du bizarre en quelque sorte).

Mais les Greffeurs ont des secrets, dont un qui va se révéler ennuyeux : une autre force, les Antagonistes, semble décidée à empêcher la paix à tout prix, et a commencé à s’attaquer aux eux sur le continent. Et ils semblent les avoir suivis au Royaume-Unis … Du boulot en perspective pour la Checquy.

Pour le précédent ouvrage j’avais titré : « Un vrai bonbon british ». Là avec 900 pages, c’est plutôt un paquet de bonbons, mais l’esprit reste le même.

Je ne me suis pas ennuyé un instant. L’histoire est pleine de renversements et de coups de théâtre et l’auteur ne recule devant rien, faisant preuve d’une imagination absolument délirante, tout en restant parfaitement cohérent.

Ne pensez pas pour autant que les personnages sont bâclés. Au contraire, dans cette galerie de monstres tous plus extravagants les uns que les autres, Daniel O’Malley évite l’écueil qui consisterait à ne les définir que par leurs pouvoirs et s’attache à creuser les personnalités, forces et faiblesse de chacun, jusqu’à nous les rendre particulièrement attachants … ou agaçants.

Et puis, ingrédient essentiel de ce second roman (comme du premier), il y a l’humour. La description au scalpel d’un trou du cul très content de lui, la distance so british dans le compte rendu des grands événements protocolaires du royaume, et le chaud-froid toujours surprenant entre des mots d’esprits très « tasse de thé » suivis sans préavis par un humour plus style baston quand ça commence à chauffer et que les boites à gifles, naturelles ou non, sont ouvertes. Pour simplifier, disons que l’auteur manie avec brio le saut assez périlleux de l’humour Sir Alec Guinness à l’humour Terminator ou Men in Black.

Bref, chaudement recommandé à tous ceux qui ont envie de s’amuser, à condition d’accepter l’intrusion de poissons géants téléguidés ou de monstres verts extrêmement agressifs et rapides.

Daniel O’Malley / Agent double (Stiletto, 2016), Super 8 (2017), traduit de l’anglais (Australie) par Valérie Le Plouhinec.

2 réflexions au sujet de « Le retour de la Tour Thomas »

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