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A propos actudunoir

Scientifique de formation, et de métier, passionné de polars.

Les Annales du Disque-Monde 1 et 2

Chose promise, chose due. Les deux premiers volumes des Annales du Disque-Monde se suivent (c’est les seuls dans toutes la série). Voici donc La huitième couleur et Le huitième sortilège de Terry Pratchett.

TP-01Où nous allons faire connaissance du Disque-Monde, ce monde qui vogue dans l’espace, soutenu par quatre éléphants posés sur le dos de la grande tortue A’Tuin.

Dans ce monde Ankh-Morpok, La Ville, celle qui abrite l’Université de l’invisible, l’école des mages, mais aussi une multitude de guildes que nous apprendrons à connaître au fil des volumes. Une ville qui brûle au moment où on la découvre. Deux voleurs/barbares la regardent, et voient apparaître trois silhouettes : Rincevent, le sorcier le plus nul qui ne soit jamais passé par l’Université, Deux-Fleurs qu’il accompagne, un personnage inhabituel, le premier touriste du Disque-Monde, et Le bagage, une malle un peu spéciale, taillée dans du bois très magique, qui accompagne Deux-Fleurs partout où il va.

TP-02Pourquoi la ville brûle-t-elle ? Comment Rincevent, son protégé (protégé ?) et leur bagage, vont-ils croiser la route de dragons, mages, démons, sorciers ? Comment vont-ils éviter d’être noyés, envoyés par-dessus bord, sacrifiés à divers Dieux, lynchés par des foules ne colère ? Comment vont-ils rencontrer des personnages aussi mythiques que Cohen le Barbare (légende vivante, bien qu’âgé de 87 ans) et la Mort ? Et comment vont-ils sauver le monde ?

C’est tout cela, et bien d’autres choses que vous découvrirez dans ces deux premiers volumes.

Dans un des articles du recueil précédemment chroniqué, l’auteur le dit lui-même, les nouveaux lecteurs commencent généralement par ces deux romans, et ce ne sont pas les meilleurs de la série, loin s’en faut. Et c’est vrai. Le premier en particulier, s’il fait preuve déjà d’une belle imagination et d’un sens du loufoque avancé est loin d’avoir la densité et la finesse de ce qu’on pourra lire par la suite.

Foutraque, il ressemble un peu à un fourre-tout ce tous les poncifs de la fantazy, assaisonnés quand même à ce qui va devenir, au fil des romans, la fameuse « sauce Disque-Monde ». A savoir prendre systématiquement le contre-pied de ce à quoi on s’attend, sauf quand on s’attend au contre-pied parce que sinon ce n’est plus un contre-pied. Vous suivez ?

Et puis, on fait quand même connaissance de quelques personnages emblématiques de la suite : Rincevent, l’anti-héros parfait, le Bagage, seule malle qui vous regarde sans yeux, vous juge sans morale, et vous poursuit … avec plein de jambes, Cohen le Barbare, que l’on retrouvera, et surtout, surtout La Mort, un des meilleurs personnages de l’auteur.

Certaines de ses cibles à venir sont déjà identifiées : Dès le prologue du premier roman La huitième couleur TP donne une petite idée de sa grande révérence et du respect dans lequel il tient les religions.  Où va donc A’tuin dans son voyage dans l’espace ?

« Une théorie voulait qu’A’Tuini vienne de nulle part et poursuive sa route à une allure uniforme, ou à un train constant, vers nulle part, pour l’éternité. Cette théorie était populaire auprès des universitaires.

Une autre théorie, qui avait la faveur des plus religieux, affirmait qu’A’Tuin se traînait de l’origine vers l’Heure du Frai, comme toutes les étoiles du ciel, supportées elles aussi, bien évidemment, par des tortues géantes. Arrivées au but, elles s’accoupleraient une seule et unique fois, de façon brève mais passionnée, et de cette union torride naîtraient de nouvelles tortues, porteuses d’un nouvel arrangement de mondes. L’hypothèse avait reçu des plus respectueux le nom de Théorie de l’Attraction Universelle. Des autres, celui de la Grande Partouze. »

Pour ce qui est de l’admiration de TP pour les riches :

« Toute la ville basse de Morpork était désormais la proie des flammes, et les citoyens plus riches et méritants d’Ankh, sur la rive opposée, affrontaient la situation avec courage en coupant frénétiquement les ponts. »

On fait connaissance avec l’Université des mages, qui sera par la suite une inépuisable source de joie, et fait penser très fort à pas mal d’assemblées professionnelles de mâles pas toujours très compétents :

« les huit sorciers les plus puissants du Disque-Monde se plaçaient aux angles d’un octogramme de cérémonie. Ils n’étaient probablement pas les plus puissants, à vrai dire, mais disposaient certainement de grands pouvoirs de survie, ce qui, dans un monde de magie livré à une compétition acharnée, revenait presque au même. »

Cohen

Et voilà un bon exemple de l’humour de l’auteur, qui moi me fait beaucoup rire : La Mort – qui est de sexe masculin comme tout lecteur du DM le sait – a été invoqué alors qu’il était en soirée, et les mages, polis et prudents, s’en séparent avec politesse :

« J’espère que c’est une bonne soirée

– POUR LE MOMENT OUI, dit la Mort d’un ton égal. A MON AVIS L’AMBIANCE VA VITE RETOMBER À MINUIT.

– Pourquoi ?

– PARCE QU’ILS S’IMAGINENT QU’À CETTE HEURE-LÀ JE VAIS RETIRER MON MASQUE. »

Et cet exemple de dialogue :

« Oui, mais enfin, c’est chez moi, vous comprenez ?

– Non, fit le boutiquier, pas vraiment. Moi, je dis toujours que chez soi, c’est là où on accroche son chapeau.

– Euh … non, intervint DeuxFleurs, toujours désireux d’éclairer ses semblables. Là où on accroche son chapeau, c’est un porte-chapeaux. Chez soi c’est … »

Ajoutez une description hilarante et très juste du premier touriste, d’un commerçant qui préfigure … vous verrez quoi, celle glaçante d’un mouvement de fanatiques qui fait froid dans le dos, et vous avez deux bouquins qui annoncent le génie à venir.

Terry Pratchett / La huitième couleur (The color of magic, 1983), L’atalante/La dentelle du cygne (1993), / Le huitième sortilège (The light fantastic, 1986), L’atalante/La dentelle du cygne (1993) traduits de l’anglais par Patrick Couton.

Sir Terry Pratchett

Ceux qui suivent ce blog depuis quelques temps savent que j’étais, je suis et je serai toujours un admirateur inconditionnel du regretté Terry Pratchett. C’est pourquoi je ne pouvais pas passer à côté du recueil d’articles et de discours Lapsus Clavis.

lapsusClaviMaket.inddTerry Pratchett était un auteur très drôle, dotée d’un sens de l’observation aussi aigu que son imagination. Mais c’était aussi, et certains ne s’en sont pas aperçu, un auteur en colère. Et c’était surtout un auteur qui aimait les gens.

C’est ce que dit beaucoup mieux que moi Neil Gaiman qui a écrit la préface, et ce qui apparait de façon directe dans ce recueil où il est question de l’école, des émotions de lecture, du travail d’écriture, de la fantasy, des bibliothèques, du mépris de la critique officielle pour la fantasy, (tient chez nos amis anglo-saxons aussi ?), mépris inversement proportionnel à l’engouement du public, des orangs-outans, de la place des femmes dans la fantasy, de la colère, de l’injustice, de la maladie, du droit à mourir dans la dignité …

Autant de thèmes que l’on pourra retrouver tout au long des géniales Annales du Disque-Monde, autant de confirmations de toute l’admiration, de tout le respect que j’ai pu développer pour ce génie que je n’ai malheureusement jamais pu rencontrer. Mais dont finalement, semble-t-il, j’avais une assez bonne idée rien qu’en lisant ses livres.

Comme c’est du Terry Pratchett c’est drôle, c’est juste et c’est sensible. On y apprend comment est né le Disque-Monde, on a la confirmation de son insatiable curiosité pour tout, son respect pour tous ceux qui s’efforcent de vivre dignement, quelles que soient les difficultés qu’ils affrontent, son moins grand respect pour ceux qui abusent de leurs pouvoirs …

Bref, c’est indispensable pour tout fan, même si ce n’est évidemment pas ce livre que je conseillerais à ceux qui ont encore l’immense bonheur d’avoir toute son œuvre à découvrir.

Une dernière fois merci Sir Terry, merci mille fois à l’indispensable Patrick Couton qui a traduit de si magistrale façon tous ses romans.

Du coup j’ai décidé de commencer ce que je voulais faire depuis longtemps : Reprendre toutes les Annales dans l’ordre, me marrer une fois de plus, et noter scrupuleusement toutes les formules magiques qui m’ont tant fait rire.

Terry Pratchett / Lapsus Clavis (A slip of the keyboard, 2014), L’atalante/La dentelle du cygne (2017), traduit de l’anglais par Patrick Couton.

Cette fois je n’accroche pas à Somoza

Je suis habituellement fan des romans complètement décalés de José Carlos Somoza. Mais là, avec Le mystère Croatoan, je n’ai pas accroché.

SomozaLes anciens collaborateurs et les proches du professeur Carlos Mandel, spécialiste du comportement animal, reçoivent tous un même email mystérieux : une seul mot « Croatoan ». Problème : Carlos Mandel s’est suicidé deux ans auparavant après une longue période de dépression. Dans le même temps, le monde devient fou, des manifestations éclatent partout, les animaux envahissent les villes, les gens commencent à s’entretuer …

Carmela Garces, une de ses anciennes élèves, Nicolas et Fatima, deux de ses anciens amants et quelques autres vont alors converger vers le centre d’étude de son ancien groupe, en pleine forêt, pour tenter de comprendre et de survivre. S’il n’est pas trop tard.

Le roman commence bien, très bien même, avec un mystère complet qui s’épaissit, avec la façon typique de l’auteur de faire monter le suspense et de laisser le lecteur pantelant à la fin de chaque chapitre. Tous les amateurs de José Carlos Somoza le savent, de La caverne aux idées à La dame numéro 13, en passant par La théorie des cordes et Clara et la pénombre, l’auteur a le chic pour planter des situations qui semblent absolument inextricables, des mystères impossibles à résoudre, des impossibilités dont il ne pourra se tirer que par une pirouette trop incohérente … Et pourtant, à la fin, il vous retourne comme une crêpe en rassemblant des pièces qui semblaient pourtant venir de multiples puzzles différents. Et ça marche.

Sauf que là non. Du moins pour moi.

Dans un premier temps, l’accumulation des scènes gore qui fonctionnait très bien dans La dame numéro 13 par exemple, et le mystère qui semble de plus en plus inexplicable (presque autant que dans La caverne aux idées), au lieu de faire monter l’angoisse, l’excitation et l’attente ont fini par me lasser.

Mais surtout l’explication, qui arrive un peu tôt à mon goût, m’a semblée complètement vaseuse. Et pourtant, je suis prêt à croire (le temps d’un roman) à des muses immortelles et amorales poussant les poètes à écrire les vers les plus beaux, mais aussi les plus puissants. Je suis tout aussi prêt à croire en la possibilité de « coincer » quelqu’un dans un état de rage totale. Ou même à la possibilité de manipuler complètement les sentiments de quelqu’un à partir de la connaissance des pièces de Shakespeare. Donc je ne cherche pas qu’un livre colle à la réalité, et les éléments de fantazy, fantastique ou SF ne me dérangent pas. Mais là je ne crois pas un instant, même pas un instant de lecture, à l’explication du roman. Et du coup, tout tombe à plat. Et un si beau soufflet qui tombe à plat c’est terrible.

Donc une bonne première moitié, qui excite la curiosité comme il sait si bien le faire, et ensuite une curiosité déçue, avec une frustration à la hauteur de l’attente créée. Mais ce n’est que mon avis, et j’attends les vôtres.

José Carlos Somoza / Le mystère Croatoan (Croatoan, 2015), Actes Sud/Actes Noirs (2017), traduit de l’espagnol par Marianne Millon.

Une belle découverte pour commencer

C’est Lionel Besnier, rencontré à l’époque où il dirigeait la collection Folio Policier qui a attiré mon attention sur ce roman au titre étrange que je n’aurais surement pas lu autrement : Taqawan d’Eric Plamondon. Et il aurait été bien dommage que je le rate.

PlamondonNous sommes au Québec, en 1981. Plus de trois cent policiers viennent de rentrer en force dans la réserve des indiens mig’maq. Les fauves sont lâchés, les coups pleuvent, les matraques fracassent cranes et côtes, une vingtaine de prisonniers sont embarqués. Leur tort ? Refuser les quotas de pêches de saumons que le gouvernement québécois veut leur imposer, eux qui ont de tout temps sans jamais mettre l’espèce en péril.

Une répression brutale qui va entraîner la démission d’un garde-chasse, la disparition d’une adolescente, et bien d’autres événements, plus violents les uns que les autres.

Quel beau roman qui prouve qu’il n’est pas indispensable d’écrire un pavé pour raconter une histoire, créer des personnages, planter un décor et émouvoir le lecteur. Car Eric Plamondon réussit parfaitement tout cela en moins de 200 pages.

Les chapitres courts passent d’un personnage à l’autre, reviennent sur le passé plus ou moins récent, racontent des légendes ou des histoires indiennes, parlent de l’hiver canadien, de l’odeur de la neige, de l’importance du saumon dans le monde. Et tout cela semble couler de source, facile, évident.

C’est plein de poésie mais aussi de violence, la situation des indiens, méprisés par tous, pions dans les luttes de pouvoir entre le Québec et le gouvernement fédéral est décrite avec précision, clarté, empathie mais aucun misérabilisme.

Le rythme est bon, on enchaine naturellement entre le récit présent, et des épisodes passés, voire des informations n’ayant (en apparence), aucun rapport avec l’histoire, mais qui à l’arrivée complètent le tableau. Et cela sans jamais tomber dans la démonstration ni le plaidoyer.

Un très beau roman, juste, sur une situation que nous connaissons mal ici. Un roman qui se lit tout seul, avec un véritable plaisir de lecture au premier degré, et que l’on referme en se sentant plus intelligent. Une belle réussite à ne pas manquer.

Eric Plamondon / Taqawan, Quidam éditeur (2018).

Une SF très légère

Pas encore envie de me plonger dans la rentrée polar. Donc j’ai pioché sur les tables d’une de mes librairies préférées un peu de SF. Malheureusement, la grande Kti Martin n’étant pas là, j’y suis allé au hasard, me fiant à la bonne réputation de l’auteur Andreas Eschbach. Pioche très moyenne avec Aquamarine.

EschbachNous sommes au milieu du XXII° siècle Australie. Il y a eu des changements, beaucoup de changements. Entre autres, certaines communautés sont revenues en arrière interdisant toute manipulation génétique ou toute augmentation technologique des êtres humains. Saha Leeds, 16 ans, vit avec sa tante dans une de ces enclaves néo-traditionalistes.

Malheureusement pour elle, dans cette petite ville où tout tourne autour de l’océan, elle sait depuis toute petite qu’elle doit absolument tenir loin de l’eau. Souffre-douleur du lycée et de sa star Carilja, elle essaie de se faire oublier, jusqu’au jour où la peste des lieux, aidée de ses admirateurs la pousse dans le bassin se trouvant à l’entrée du lycée. Saha manque se noyer, mais commence aussi à faire des découvertes qui vont bouleverser ce qu’elle sait d’elle même, et son avenir.

Pour résumer très rapidement mon avis, je ne me suis pas ennuyé, du moins pas trop, ça se lit vite, mais c’est léger. Le personnage principal et le lieu de l’action sont plutôt bien campés, l’intrigue suit un cours assez prévisible, même les quelques surprises ne sont pas complètement renversantes.

Mais ce qu’il me manque surtout, venant d’un auteur aussi reconnu, c’est un minimum de profondeur dans la description du contexte : On reste très centrés sur la petite communauté, rien des événements qui ont conduit à la situation actuelle n’est décrit, les interactions avec l’extérieur, les relations entre les différentes classes sociales ne sont vues que très rapidement, et seulement au travers du regard assez superficiel de l’héroïne …

Bref, pour mon goût, cela manquait de densité, tout juste un bon roman de vacances quand on est fatigué, ou de voyage en avion. Mais peut-être ne suis-je pas le public visé. Je vais passer le bouquin à ma fille de quatorze ans, on verra ce qu’elle en pense. En particulier la description des relations entre les ados du bouquin va sans doute la passionner plus que moi. A suivre … Si elle le lit.

Andreas Eschbach / Aquamarine (Aquamarin, 2015), L’Atalante/La dentelle du cygne (2017), traduit de l’allemand par Claire Duval.

Philippe Huet, début de la série havraise

Plus que ma première lecture de 2018, il s’agit ici de ma dernière de 2017 qui a un peu trainé, pour cause de festivités. J’avais raté Les quais de la colère de Philippe Huet à sa sortie, j’ai profité de sa venue à Toulouse Polars du Sud pour rattraper ce retard.

HuetLe Havre 1910. Sur les quais les navires à vapeur remplacent les voiliers, et les tout puissants maîtres charbonniers de la ville règnent en fournisseurs incontournables de la denrée première. A l’autre bout de l’échelle sociale, les dockers du charbon sont la lie du port : épuisés, ivrognes, malades de respirer les vapeurs de charbon, sales et puants, personne ne s’occupe d’eux, et ils meurent dans leur coin entre deux cuites dans les pires bouges du port.

Jusqu’à l’arrivée de Jules Durand, dit le curé, un anarchiste buveur d’eau, qui, peu à peu, va les organiser et leur rendre une fierté pour enfin pouvoir affronter les maîtres. Des patrons qui bien entendu ne vont pas permettre une telle atteinte à leur toute-puissance et vont tout tenter pour faire tomber Jules Durand.

Même si j’ai un peu moins aimé ce premier roman de la série que le dernier (Le feu aux poudres), je pourrais pour cette première chronique de 2018 recopier mon article passé. On est dans le grand roman noir social et historique à la Hervé Le Corre, Patrick Pécherot ou … Emile Zola. Sur un fond que l’on sent très documenté de réalité historique, on est au ras du charbon, dans les bouges ou les salons très stricts de la haute bourgeoisie havraise.

On passe d’une salle misérable où s’entassent les charbonniers puants, ivres et révoltés, à la morgue insupportable des maîtres. On croise des noms que l’on connaît parce qu’on les voit sur nos plaques de rues, comme René Coty ou Aristide Briand, ou croise des journalistes et des hommes de main, on déjeune dans une auberge qui se souvient encore de Maupassant …

Et surtout on voit comment les puissances de l’argent ont détruit un homme qui, à ma connaissance, n’a pas, lui, de rue à son nom, alors qu’il l’aurait amplement mérité.

Mais comme dit le dicton, ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire. Heureusement que Philippe Huet donne vie et voix, le temps d’un beau roman, à l’un des vaincus.

Philippe Huet / Les quais de la colère, Albin Michel (2005).

Bonne année malgré tout

Les années se suivent, et malheureusement se ressemblent.

Les fanas sorciers de toutes les chapelles continuent, au mieux à vouloir nous imposer leur façon de vivre, au pire, leur façon de mourir. Un éditorialiste du figaro et un chanteur qui n’a rien inventé mais planqué son fric en Suisse et soutenu de grands hommes politiques comme le nain ont été élevés au rang de héros nationaux.

Nos politiciens (et ceux d’ailleurs) continuent à présenter un retour vers les conditions de travail du début du siècle dernier comme un progrès. Les gens se recroquevillent de plus en plus dans leur pays, leur région, leur ville, leur quartier, leur famille … Bref ça chie dans la colle.

Donc les choses étant ce qu’elles sont, et non ce que l’on voudrait qu’elles fussent, je vous souhaite à tous beaucoup de bonnes lectures, à partager avec ceux qui savent les apprécier, d’excellents moments avec vos proches, famille, amis, collègues … des fou-rires, des moments de convivialité autour d’une bière, d’un thé, d’un coup de rouge, d’un armagnac … près du feu, en fasse de la mer, dans un bon fauteuil, au sommet d’un montagne, au bord d’une rivière …

Bref, je vous souhaite, le plus possible, d’arriver à faire abstraction des cons pour passer de bons moments.

Bises à tous et bonne année.

Sinon, promis, bientôt je reparle bouquins, mais là je viens de passer quelques jours avec des copains perdu de vue depuis longtemps, et entre les ballades, les repas, les tchatches ou les parties de cartes jusqu’à tard dans la nuit, je n’ai pas trop eu le temps de lire.