Archives de l’auteur : actudunoir

A propos actudunoir

Scientifique de formation, et de métier, passionné de polars.

Prix

A Mathematician (?)Le Prix Le Point du Polar européen a déjà fait la preuve d’un bon goût certain puisqu’il rejoint le mien, ceci dit en toute modestie !

Ont déjà été récompensés des auteurs comme Victor del Arbol, Hervé Le Corre, Petros Markaris, Giancarlo de Cataldo, John Harvey, Hannelore Cayre, ArnalMukherjeedur Indridason … Du beau monde en définitive.

Et bien ça continue avec cette année, l’excellent L’attaque du Calcutta-Darjeeling d’Abir Mukherjee.

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, la suite est annoncée pour début octobre : Les princes de Sambaltur.

Le code et la diva

Christian Grenier est bien connu des jeunes lecteurs. Avec Le code et la diva, il tente une incursion dans le roman policier adulte.

GrenierBloqué par une grève à La Réunion, Rémi Gémeaux ne peut décoller à temps pour assister aux funérailles de son père, Gérard. Quand il arrive enfin à Paris, il trouve son frère ainé Robert, très impatient de toucher sa part de l’héritage, très conséquent. Très impatient surtout de mettre la main sur le compte en bitcoins de leur père.

Problème : pour cela il faut en trouver la clé, et leur père ne leur en a jamais parlé. Il faudra que Rémi résolve une énigme musicale et retrouve la mystérieuse jeune femme qui est venue chanter lors des obsèques, alors de sinistres personnages tournent autour de Robert.

Comme toujours ceci est un avis personnel et subjectif : je trouve que Christian Grenier n’est pas vraiment passé au polar adulte et qu’il est resté sur une écriture de romans pour ados.

Les amateurs de jeu de piste, de références musicales (classique) et d’histoire à rebondissements pas traumatisante vont y trouver leur compte et sans doute se régaler à essayer de trouver le code avant le personnage, et se demander jusqu’au bout comment tout cela va se terminer.

Par contre pour l’amateur de roman noir qui prend un peu au tripes, vous fait douter, trembler ou rager, c’est bien trop sage et gentil. En étant de très mauvaise foi, mais avec un peu de vrai quand même, on pourrait dire qu’on a la version actualisée (préoccupation environnementales et recherches informatiques) et complexifiée d’un club des cinq : les gentils sont gentils, les méchants très méchants, pas de zones d’ombre, on ne tremble jamais pour les vrais gentils, on ne doute jamais. Du coup je me suis très peu ému.

C’est bien écrit, bien construit et mignon. Un roman qui aura forcément ses adeptes, de mon côté je préfère me faire un peu plus secouer.

Christian Grenier / Le code et la diva, Rouergue/Noir (2020).

Retour de service

Chez certains écrivains le talent, l’envie, l’énergie semblent inépuisables et insensibles à l’usure du temps. John Le Carré est de ceux-là. Retour de service le prouve une fois de plus.

LeCarréNat est un ancien des services secrets britanniques, il a roulé sa bosse et recruté des agents un peu partout en Europe, en commençant par Moscou. Mais aujourd’hui il semble que l’avenir ne lui réserve plus qu’un placard plus ou moins ennuyeux, à la tête d’un service de bras cassés, le Refuge qui dépend du département Russie. Au Refuge, seule Florence, jeune stagiaire impétueuse et idéaliste pourrait le réveiller de sa léthargie quand elle monte un dossier pour faire tomber un oligarque ukrainien pas vraiment net.

Heureusement il reste à Nat le soutien critique mais précieux de son épouse, avocate au service des droits de l’homme, et le badminton auquel il excelle. C’est en jouant qu’il rencontre un jeune homme Ed qui devient son adversaire attitré. Ed ne se confie guère sur son travail, mais expose sans filtre ses convictions : européen et germanophile, il hait le Brexit, Trump et Poutine.

Comment Nat pourrait-il deviner qu’il va tomber en pleine opération d’espionnage et de contre-espionnage, comme au bon vieux temps de son séjour à Moscou ?

Je vais commencer par enfoncer quelques portes ouvertes : John Le Carré est un génie, et son génie n’a disparu ni avec la disparition du mur, ni avec l’âge. Voilà c’est fait.

Ses intrigues sont toujours aussi cohérentes et tordues, son analyse du monde, de ses conflits, des jeux de pouvoir à l’intérieur du pays, des services, et entre puissances toujours subtile et éclairée, et en plus, par rapport à ses grands romans de la guerre froide (qui étaient déjà géniaux), il a gagné avec l’âge une légère distance et un humour so British qui, si c’était possible, augmentent encore l’immense plaisir que l’on éprouve à la lecture de ses romans.

Plongez vous dans les remous du Brexit et de la présidence Trump, vus par un espion désabusé. Et constatez comme tous ses lecteurs : John Le Carré est un génie, et son génie n’a disparu ni avec la disparition du mur, ni avec l’âge.

John Le Carré / Retour de service, (Agent running in the field, 2019), Seuil (2020) traduit de l’anglais par Isabelle Perrin.

Le disparu de Larvik

Eux aussi deviennent des habitués, William Listing, le flic et sa fille Line, journaliste, du norvégien Jørn Lier Horst. Ils reviennent dans Le disparu de Larvik.

HorstL’été est arrivé à Larvik. Côté commissariat, cela fait 6 mois que l’enquête sur la disparition de Jens Hummel, chauffeur de taxi piétine. Côté famille, Line Listing a quitté son boulot de journaliste pour venir s’installer près de son père, en attendant d’accoucher de sa petite fille.

Elle croise par hasard une ancienne copine d’école qui revient elle aussi dans sa ville d’origine, suite à la mort de son grand-père, Frank Mandt, ancien trafiquant d’alcool puis de drogue jamais arrêté. L’ouverture d’un coffre dans le sous-sol de sa maison va contribuer à ébranler la routine de la petite ville.

Jørn Lier Horst c’est pas rock and roll, c’est pas latin, on est dans le solide et le confort la qualité scandinave. Alors si vous recherchez les chocs de lecture, l’originalité totale, le bruit et la fureur, vous pouvez éviter. Par contre si comme moi, de temps en temps, vous aimez vous plonger dans une bonne histoire, racontée en prenant son temps, avec une belle attention accordée aux personnages et une intrigue qui colle au quotidien d’un flic de petite ville, vous pouvez y aller sans hésitation.

L’auteur continue son histoire familiale, décrit une société norvégienne un peu endormie mais non exempte de truands, de trafics, de meurtre, de policiers plus ou moins borderline, comme partout ailleurs finalement, même si les enjeux ici semblent bien minces si l’on vient de lire … Don Winslow par exemple.

Ou comment les polars révèlent l’universel tout en mettant en lumière ce que chaque société a  d’original. Du bon travail d’artisan, solide et plaisant.

Jørn Lier Horst / Le disparu de Larvik, (Blindgang, 2015), Série Noire (2020) traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier.

Aux vagabonds l’immensité

C’est la période des romans historiques, après Marseille 73, voici Aux vagabonds l’immensité de Pierre Hanot.

HanotMetz juillet 1961. Le FLN s’organise pour frapper aussi en France. Le 1° RCP, régiment de paras, des durs de durs, vient d’être rapatrié manu militari à Metz, pour cause de tentative de coup d’état en Algérie. Rage, frustration, rancœur, un mélange explosif si les bicots s’avisent de les provoquer.

Le 23 juillet, ça explose, c’est la « nuit des paras ». Avec la complicité ou le consentement silencieux de la police et d’une partie de la population.

Récit court, concentré sur quelques journées et éclaté sur une multitude de personnages. L’avantage est que ça donne une multiplicité de points de vue. L’inconvénient est que chaque personnage n’est là que pour son apport à cette fameuse nuit, à peine une silhouette avec une fonction à remplir.

En peu de temps on prend connaissance de l’événement, l’information est là, c’est vif, mais pour moi l’émotion est totalement absente. En ne créant aucun lien entre le lecteur et les personnages, l’auteur s’interdit ce levier extrêmement puissant de la littérature : nous faire vivre d’autres vies dans notre chair, comme si nous y étions. Ici, pour moi, l’émotion était totalement absente.

Aux vagabonds l’immensité répond très certainement à ce que voulait faire l’auteur, et satisfera sans doute certains lecteurs. De mon côté, je demande autre chose à un roman et je reste sur ma faim.

Pierre Hanot / Aux vagabonds l’immensité, la manufacture des livres (2020).

Le pacte de l’étrange

Heureusement qu’un lecteur attentif m’a signalé la sortie d’un nouveau Charlie Parker, pas le saxophoniste bien entendu, mais le privé de John Connolly : Le pacte de l’étrange.

ConnollyCela commence de façon on ne peut plus classique : Charlie Parker est contacté par l’agent Ross du FBI pour retrouver un privé qui bossait pour lui, Jaycob Eyklund, disparu depuis quelques jours. Mais quand Charlie Parker et ses deux amis Angel et Louis se mêlent d’une affaire, elle reste rarement classique.

C’est comme ça qu’il va se retrouver sur le traces d’une étrange communauté vieille d’un peu plus de deux siècles, les Frères. Une communauté très secrète qui aurait pas mal de disparitions et de meurtres à son actif. Ajoutez des mafieux, Rachel, son ex, qui ne veut plus qu’il voit leur fille Sam ;  la vie de Charlie Parker continue à être compliquée.

Les habitués le savent, je suis fan de cette série Charlie Parker. J’aime le mélange des genres avec sa pointe de fantastique, j’aime son humour, j’adore les personnages, et j’aime le talent de conteur de l’auteur.

Une fois de plus, je n’ai pas été déçu. Même si ce n’est pas le meilleur de la série, la faute peut-être à des adversaires un peu plus faibles que d’habitude, qui font qu’on ne tremble guère pour Parker et ses deux acolytes, cela reste le très haut de gamme du divertissement.

Un peu plus de fantastique que parfois, toujours l’habileté de l’auteur qui arrive à mêler du surnaturel à ses histoires, mais sans jamais s’en servir pour faire avancer l’intrigue, des personnages secondaires aussi passionnants que le trio infernal, et beaucoup d’empathie, de suspense et d’émotion dans la description des relations entre Charlie, son ex, et leur fille qui, on le sent, va prendre de plus en plus d’importance dans la suite.

A lire donc pour les fans, mais attention pour ceux qui voudraient la découvrir, c’est une série qu’il faut impérativement commencer par le début si l’on ne veut pas passer à côté de beaucoup de détails.

John Connolly / Le pacte de l’étrange, (A game of ghosts, 2017), Presses de la cité/Sang d’encre (2020) traduit de l’anglais (Irlande) par Jacques Martichade.

La faiblesse du maillon

Cela faisait 10 ans que l’on n’avait pas de nouvelles littéraires d’Eric Halphen. Revoilà le juge écrivain avec La faiblesse du maillon.

HalphenNous sommes en période de préparation d’élection présidentielle. Le boss, n’appartenant à aucun parti mène une campagne qui enthousiaste certains que les droites et gauche classiques ont déçu. Gustave est un des jeunes loups de la garde rapprochée du boss. Il espère bien que la victoire à venir lui ouvrira un avenir radieux. Sa compagne, Olivia, commissaire de police se trouve sur les traces d’un trafiquant qui échappe à la police française depuis quelque temps.

Alors que tout semble aller pour le mieux pour le couple, le petit grain de sable … Gustave commence à recevoir des SMS anonymes menaçant de révéler certains faits de son passé. Quelqu’un qui lui en veut ? Une façon de torpiller la campagne du boss ? Puis c’est au tour d’Olivia de déraper.

J’aurais aimé écrire qu’en 10 ans Eric Halphen n’avait pas perdu la main, mais malheureusement, je trouve que ça traine, ça traine cette faiblesse du maillon.

A son crédit, l’auteur connait très bien le milieu qu’il décrit, les procédures, les lenteurs, les lieux, les moments de joie, les moments de doute. Aussi bien côté justice que côté flic. Les moments qui mettent en scène le juge Jonas Barth que l’on retrouve avec plaisir sont les plus réussi du roman. Avec les moments de déambulation dans une ville de Paris que l’auteur aime et décrit fort bien.

Mais pour le reste, ça traine, et j’ai ramé.

Tout d’abord, contrairement à Eric Halphen qui, on se souvient, avait apporté son soutien à un candidat qui me fait penser au Sourire de de Transmetropolitan, je ne ressens aucune fascination (et c’est peu de le dire) pour notre Président, et tous les chapitres consacrés à sa campagne m’ont très vite ennuyé.

Mais ce n’est pas le plus grave, j’aurais pu les lire en diagonale. Malheureusement l’intrigue aussi se traine. Elle est alambiquée, fait preuve de complexité, promet beaucoup, fait monter un suspens et un mystère qui au final font pschitt, avec une résolution qui ne m’a pas du tout convaincu.

Et j’ai eu l’impression que l’auteur ne savait pas quelle thématique, et quels personnages creuser, comme s’il n’avait pas su choisir et parler de tout. Un peu de campagne électorale, un peu de rôle des réseaux sociaux, un peu de féminisme, un peu d’extrême droite, un peu de corruption, un peu d’Olivia, un peu de Jonas …

Mais rien à fond, ce qui crée de la frustration et m’a fait décrocher en cours de lecture. Le tout allié à une intrigue peu convaincante donne, pour moi, un retour raté.

Eric Halphen / La faiblesse du maillon, Rivages/Noir (2020).

Somb

Somb n’est, d’après la quatrième, pas le premier roman de Max Monnehay. C’est pourtant avec celui-ci que je la découvre.

MonnehayVictor Caranne est psy, sa principale activité se déroule à la prison de l’île de Ré. Après le drame qui a bouleversé son adolescence, il a fini par trouver un certain équilibre. Jusqu’à ce matin où Julia, la femme dont il est éperdument amoureux depuis quelques mois est découverte, assassinée sur une plage de La Rochelle. Il va alors voir les fragiles protections qu’il s’est construites voler en éclat, mais va devoir quand même lutter pour préserver son meilleur ami, et certains de ses patients. Sans compter sa propre santé.

Sans être génial, voilà un bon polar, bien construit, bien écrit, qui propose quelques heures de plaisir de lecture. Rien de révolutionnaire, mais des personnages attachants, des lieux bien décrits et une intrigue qui propose ce qu’il faut de suspense et de coups de théâtre. On aime suivre Victor Caranne dans ses doutes et ses recherches, dans sa redécouverte de son passé et les violences, les drames et les quelques joies du présent. Un bon moment de lecture.

Max Monnehay / Somb, Seuil/Cadre noir (2020).

Marseille 73

Ca y est, le nouveau Dominique Manotti prévu en avril est sorti, et c’est un Daquin : Marseille 73.

ManottiQuelques temps après Or noir, Théo Daquin, le parisien, est toujours en poste à l’Evêché (le haut lieu de la police) à Marseille où il est bien difficile de se faire une place quand on vient du nord. Et qu’on n’est ni corse, ni pied-noir. Et homosexuel en prime.

Fin août début septembre, alors que le racisme anti algériens est exacerbé par les dernières prises de positions du gouvernement Pompidou, à Marseille où vit une forte population pied-noir, et où de nombreux anciens de l’OAS sont entrés dans la police la situation est véritablement explosive. Les meurtres d’algériens se succèdent, les enquêtes de donnent rien, la police, la justice et la presse sont complices.

En confiant à l’équipe de Daquin une vague opération de renseignement sur une officine d’extrême droite, en liaison avec les collègues de Toulon, son supérieur qui veut s’en débarrasser croit le neutraliser. C’est pourtant ça qui va faire exploser l’affaire.

Difficile de faire un plus grand écart stylistique que de passer d’Alex Taylor à Dominique Manotti. Ici pas un adjectif, pas un adverbe de trop. Les phrases claquent, sèches, scandées. C’est sec précis, implacable.

J’étais enchanté de retrouver Théo et ses collègues de Marseille. L’intrigue est toujours aussi impeccablement menée, rien n’est laissé au hasard, avec aucune concession pour un potentiel happy end. Du pur Manotti, parfait dans le style.

Et quel tableau de cette ville au début des années 70. Racisme ambiant, forces d’extrême droite qui ne sa cachent absolument pas, début de révolte des populations immigrées exploitées, maltraitées et assassinées, une police et une justice à vomir, une presse dégueulasse, un pouvoir d’une hypocrisie totale. On rage, on vit comme si on y était la frustration, la haine, la bêtise, mais aussi la solidarité ou la joie d’une grève qui marche.

C’est immonde, c’est révoltant, c’est salutaire de le rappeler … Et on s’aperçoit que les pourritures d’aujourd’hui ne font jamais que répéter les discours des pourris d’hier, et que les saloperies actuelles prennent racines dans celles du siècle passé.

Bref, comme toujours Dominique Manotti passionnante, indispensable, incontournable. Mais cela ne devrait être une surprise pour personne ici.

Dominique Manotti / Marseille 73, Les arènes/Equinox (2020).

Le sang ne suffit pas

On a découvert Alex Taylor avec Le verger de marbre. Il revient avec un roman dans un tout autre genre : Le sang ne suffit pas.

Taylor1748, en plein hiver, quelque part dans les montagnes de Virginie. Un fort abandonné doit faire face à la colère des Shawnee du chef Black Tooth. Seul moyen de le calmer, et qu’il autorise le ravitaillement d’une population qui commence à mourir de faim, lui livrer un nouveau-né. Cela devait être celui de Della, une prostituée métisse, mais Della s’est enfuie avec le fils du croquemort.

Le docteur Integer Crabtree, commandant du fort envoie à ses trousses deux frères, écossais d’origine, traqueurs hors pairs peu regardants sur les moyens. Ajoutez Reathel, qui erre affamé dans ces montagnes après la mort de sa femme et de son fils, une ourse en colère, un trafiquant sans scrupules et la tempête qui se prépare. Le décor est planté.

Comme j’ai une petite, toute petite restriction, je vous la livre tout de suite pour m’en débarrasser : A mon goût Alex Taylor en fait un peu trop dans certaines descriptions, où il charge vraiment ses phrases, en rajoute dans l’adjectif et la figure de style. Encore à mon goût, cela alourdit certains passages. Mais c’est une question totalement subjective.

Faut-il pour autant passer à côté de ce western somptueux ? Non (c’était ce qu’on pourrait appeler une question fermée). Sauf pour celles et ceux qui ont l’estomac un peu délicat parce que si c’est somptueux, c’est aussi plutôt cru, sombre et sanglant.

Il faut avouer que l’auteur ne nous épargne pas grand-chose. Des personnages bien tordus, la crasse, le froid, la maladie, la faim, une nature impitoyable, du sang et des tripes. Mais il y a un tel souffle (souvent glacé), que le lecteur est emporté par la tempête. Et quelles scènes d’anthologie. Là encore Alex Taylor a un véritable talent pour vous les faire vivre, vous mettre des images dans la tête, où elles risquent de rester un bon moment.

Un véritable talent aussi pour camper des personnages hors norme, le toubib, les deux frères pisteurs, un français complètement taré, un prêtre allumé, le chef Black Tooth, la force de Della … Sans oublier la nature et les animaux qui ont un présence époustouflante.

Bref, mettez vos moufles, votre bonnet et un bon manteau et laissez vous emporter dans l’hiver 1748 quelque part dans les montagnes de Virginie.

Alex Taylor / Le sang ne suffit pas (Blood Speeds the Traveler, 2019), Gallmeister (2020) traduit de l’anglais (USA) par Anatole Pons-Reumaux.