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Walt, les bisons et le charbon

Le Craig Johnson du printemps est là. Il s’appelle Tout autre nom.

JohnsonL’hiver s’abat sur le Wyoming. Walt Longmire s’apprête à rentrer en hibernation quand son mentor, l’ancien shérif Lucian Connally lui demande de l’aide. Dans le comté voisin Gerald Holman, flic incorruptible, s’est suicidé sans laisser aucune explication. Le problème est qu’il s’est tiré deux balles dans la tête.

Sur place, Walt, Lucian et Vic Moretti qui est revenue de convalescence vont découvrir que lors de la dernière année trois femmes seules ont disparu dans le coin. Et que Gerald enquêtait sur ces disparitions. Une fois de plus Walt va se retrouver à patauger dans la neige, le vent et le brouillard.

Comment se renouveler dans la continuité ? Pour l’instant Craig Johnson a trouvé la manière.

Continuité des personnages bien entendu, que l’on retrouve avec un immense plaisir. Continuité dans la qualité des dialogues, toujours aussi mordants et drôles, surtout quand l’Ours ou Vic sont de la partie. Continuité du décor, avec une nature toujours présente, et ici une nature d’autant plus présente qu’en hiver elle devient rapidement mortelle. Continuité dans les visions de Walt qui, une fois de plus va risquer sa peau, se retrouver au bord du gouffre, et avoir les visions que ses lecteurs connaissent bien.

Et renouvellement parce que d’autres thèmes sont abordés, parce que, d’une façon ou d’une autre, le décor change quand même. Il est ici question de responsabilité, de culpabilité (mais je ne peux pas en dire plus sans dévoiler le fin mot de l’intrigue). Et surtout, notre shérif préféré va, dans l’espace de quelques jours, se trouver confronté à la nature la plus sauvage, ce qui va l’amener à essayer d’imiter le bison en colère (sans succès d’après Standing Bear) et être mis en danger par le symbole de l’Amérique industrielle dans ce qu’elle a de plus déshumanisé. Le tout au détour de deux scènes d’anthologie.

J’espère que vous n’avez rien compris mais que votre curiosité est piquée, et que vous allez vous précipiter sur ce nouveau Walt Longmire. Alors vous verrez que j’ai raison.

Craig Johnson / Tout autre nom (Any other name, 2014), Gallmeister (2018), traduit de l’anglais (USA) par Sophie Aslanides.

Je retrouve mon James Lee Burke

J’avais été déçu par le dernier roman de la série Dave Robicheaux. C’est donc avec une certaine inquiétude que j’attaquai le pavé texan de La fête des fous. Et c’est très content que je l’ai refermé, j’ai retrouvé mon James Lee Burke.

LeeBurkeNous sommes sur les terres âpres du sud du Texas, très proches de la frontière mexicaine. Danny Boy Lorca est un paumé qui de temps en temps se saoule consciencieusement et vient récupérer dans les cellules du shérif Hackberry Holland et de son adjointe Pam Tibbs. Mais cette fois, ce n’est pas parce qu’il est saoul qu’il vient les voir sur le coup de midi. Il a assisté, bien caché, à la mise à mort d’un homme, torturé par des truands. Ils cherchaient à savoir où s’était caché un homme qui avait été son compagnon de captivité.

L’homme, Noé Barnum, était employé d’une entreprise travaillant sur des drones pour la défense. Il serait parti parce qu’il avait des problèmes de conscience. Maintenant tout le monde est à sa recherche. Le FBI, des officines privées liées à l’industrie de l’armement, la bande mexicaine qui a torturé son compagnon et veut le vendre au plus offrant, une mafia russe et quelques cinglés religieux. Ajoutez le prêcheur Jack Collins, tueur psychopathe, ou Anton Ling dite La Magdalena qui aide les clandestins qui passent la frontière et vous aurez une idée du nid de serpents dans lesquels Hack Holland et Pam Tibbs vont devoir mettre les pieds.

Une fois de plus le fameux McGuffin de Monsieur Hitchcock marche à fond. On se fiche de ce que Noé Barnum a bien à vendre ou pas, on se fiche de ses intentions. Ce qui compte c’est qu’il va mettre tout ce monde en mouvement. Et quel mouvement ! Car j’ai retrouvé le James Lee Burke qui m’emballe.

Pas de grande nouveauté mais j’ai été emporté. Du souffle, des êtres hors norme, une collection assez incroyable d’horribles, dont certains ont quand même droit à la rédemption (une des grandes thématiques de Burke). Kriss le mercenaire, Jack Collins insaisissable, imprévisible et mortellement dangereux, le révérend Cody Daniels, fanatique religieux, raciste, misogyne, mais qu’on finirait presque par prendre en pitié tant il va se faire secouer par tous. Sans compter les différents tordus à la recherche de l’argent et du pouvoir, qu’ils soient membres de la mafia, de boites privées légales ou d’agences gouvernementales.

C’est là aussi que Burke est grand, quand il nous décrit ces hommes cruels, sans morale, impitoyables avec les plus faibles, et finalement très semblables dans leurs actes et leurs motivations. Seuls leurs employeurs légaux ou non, publics ou privés changent.

Au passage le portrait d’une frontière américaine où un président veut construire un mur, et celui de migrants et de ceux qui les aident, sauvant un peu la vision très sombre que l’auteur propose de cette partie de son pays.

Bref du fond, du souffle, de la puissance, des personnages inoubliables qui luttent contre eux-mêmes et contre le mal, quelle que soit son incarnation, des paysages grandioses, de l’action. Tout ce qu’on aime dans les grands James Lee Burke.

James Lee Burke / La fête des fous (Feast day of fools, 2011), Rivages/Thriller (2017), traduit de l’anglais (USA) par Christophe Mercier.

Putain, j’y crois pas !

J’ai un peu tardé, mais je respecte la tradition, une année de plus, avec le Craig Johnson de (fin de) printemps. Cette fois c’est : La dent du serpent.

JohnsonCela commence de façon assez étrange : Une vieille dame qui parle des anges qui logent chez elle et réparent tout ce qui ne marche pas, en échange d’un peu de nourriture qu’elle laisse à leur intention. Quand Walt va faire un tour avec la terreur, alias Vic, il trouve, dans le cabanon au fond du jardin, un ado d’une quinzaine d’années qui semble complètement coupé du monde. Il s’avère qu’il vient d’une communauté du comté voisin, une communauté qui ressemble à s’y tromper à une secte.

Et on pourrait s’arrêter là. Si les adeptes n’étaient pas aussi installés chez Walt, s’ils n’étaient pas lourdement armés, et s’ils ne disposaient pas de fonds dépassant de très loin ceux générés par les ventes de gâteaux qu’ils font au bord de la route …

Je ne vais pas vous mentir, ce n’est pas mon Walt Longmire préféré, mais, et là aussi sans vous mentir, il est hors de question que j’en rate un seul, tant c’est toujours aussi bon !

Je ne suis pas certain d’être complètement convaincu par l’intrigue, mais une fois de plus, je suis totalement emballé par l’humour, l’écriture, les dialogues, les personnages haut en couleur, les relations entre Walt et sa bande … Une fois de plus, c’est une plaisir immense de les retrouver, de rire, sourire, aimer, plaisanter, rager, castagner avec eux.

Une fois de plus c’est un plaisir immense de découvrir de nouveaux cinglés concoctés par Craig Johnson, de profiter des paysages du Wyoming. Et cette fois, son regard sur les différentes religions de cinglés qu’abrite l’ouest est un régal supplémentaire.

Et puis, un livre qui tout en ne cachant rien des saloperies de notre monde, peut donner un tout petit espoir dans ce que l’humanité a de meilleur, ce n’est pas à négliger en ces temps où les trois valeurs mises en avant sont le fric, le fric et le fric. A lire donc, sans faute.

Et pour comprendre le titre de ma chronique, il faut lire le bouquin …

Craig Johnson / La dent du serpent (A serpent’s tooth, 2013), Gallmeister (2017), traduit de l’anglais (USA) par Sophie Aslanides.

Une série noire glaçante

Un nouveau redneck à la série noire : L’ordre des choses de Frank Wheeler Jr.

wheelerEarl Haak Junior est de retour dans sa petite ville du Nebraska, après avoir travaillé pendant quelques années au stups de Denver. Il est rentré pour prendre la place de shérif, laissée libre par son père en phase terminale d’un cancer.

Earl, avant de partir, a été formé par son père, et suivra sa philosophie

«P’pa disait que la chose la plus importante, c’est l’ordre […]

Sans ordre rien n’existe […]

Sans ordre il ne peut y avoir de paix, ni de justice, ni quoi que ce soit qui puisse nous protéger […]

Je n’ai pas raconté aux membres du conseil municipal le reste de l’histoire de P’pa. Il disait que ce genre d’animaux doit être sacrifié. Leur sang est le tribut de la paix à laquelle nous aspirons. »

Avec ça, vous avez le point de départ et le point central du bouquin.

Que voilà un polar glaçant. Glaçant parce que rien ne vient faire le contrepoids à la pourriture de ce nouveau shérif, aucun personnage ne le contrebalance, et à l’arrivée, c’est lui qui a raison et qui obtient par la violence, la torture ou le meurtre ce qu’il veut : l’ordre et la tranquillité. Et accessoirement, le fric et le contrôle de sa zone.

Pas de morale, pas de folie, pas de déséquilibre, juste l’efficacité fascisante et l’ordre. C’est la grande différence entre ce roman et ceux de Jim Thompson auxquels le résumé et les thématiques font forcément penser.

Ajoutez à ce constat une écriture et une construction aussi efficaces que les solutions prônées par Junior, des dialogues qui marchent très bien, et vous obtenez un bouquin qui se lit d’une traite, et qui laisse une sale bien sale impression. Parce qu’il ne faut pas se voiler la face, c’est bien ça que veulent une bonne partie de ceux qui réclament le retour de l’ordre. C’est bien vers ça (même si ici l’auteur va un cran plus loin) que nous allons, et pas seulement de l’autre côté de l’Atlantique.

Glaçant, pas aimable, dérageant, mais peut-être bien indispensable.

coccinelle-01Frank Wheeler Jr / L’ordre des choses (The good life, 2014), Série Noire (2016), traduit de l’anglais par Sébastien Raizer.

PS.J’ai décidé, à ma façon, de rendre hommage à celui qui m’a tant fait rire, me fait encore rire, et qui me fera toujours rire. Donc vous aurez quelques coccinelles ces jours-ci.

Notre shérif préféré

Tous les ans, on sait qu’il y a au moins deux bonnes nouvelles : Le nouveau roman de Camilleri et le nouveau roman de Craig Johnson : A vol d’oiseau.

couv rivireWalt Longmire se retrouve avec une mission très compliquée : organiser le mariage de sa fille. Pire, l’organiser avec son ami Henry Standing Bear dans la réserve Cheyenne … Alors qu’ils sont en repérage, ils sont témoins de la mort d’une jeune femme qui tombe du haut d’une falaise. Il s’avère qu’elle avait son fils de quelques mois dans les bras. Et que le suicide est fort improbable. Voici donc Walt embarqué dans une enquête sur un territoire où il n’a aucune autorité, en butte à l’hostilité de la nouvelle (et très en colère) chef de police de la réserve. Et le FBI qui leur débarque dans les pattes …

Tout cela risque de faire passer les préparatifs du mariage au second plan. Ce qui est une très mauvaise idée pour la paix familiale.

Quel plaisir de retrouver Walt, Henry et les autres. Craig Johnson une fois de plus nous régale en nous offrant ce qu’on cherche dans ses romans : retrouver des amis, sourire s’émouvoir, sentir les grands espaces, l’humanité et la noirceur. Il nous offre ce qu’on attend et en même temps arrive à se renouveler à chaque fois.

Ici, comme pour le premier roman de la série, nous sommes dans la réserve. Une bonne intrigue, de l’humour, la peinture de gens qui vivent (ou survivent) dans une pauvreté inimaginable, mais une peinture sans angélisme ni misérabilisme, capable de montrer la dignité, la rage, la lutte mais aussi le renoncement, l’abandon et la violence retournée contre les plus faibles.

Même si ce nouvel épisode ne se hisse pas au niveau du magistral Tous les démons sont ici, c’est encore et toujours un très bon roman que l’on referme déjà nostalgique et pressé de retrouver toute la bande. Décidément le temps n’a de prise ni sur Walt Longmire ni sur le talent de Craig Johnson.

Craig Johnson  / A vol d’oiseau (As a Crow flies, 2012), Gallmeister (2016), traduit de l’anglais (USA) par Sophie Aslanides.

Pop. 1280 enfin en version intégrale

1275 âmes, roman mythique de Jim Thompson et de la série noire. On savait, entre autres grâce à Jean-Bernard Pouy, qu’il y avait en fait 1280 habitants, et qu’il manquait des passages entiers à la traduction française. Voilà enfin la version intégrale et retraduite : Pottsville, 1280 habitants.

ThompsonNick Corey, shérif du village de Pottsville, 1280 habitants n’est pas le plus vaillant, ni le plus futé des hommes. Ses problèmes s’accumulent au point de troubler son sommeil et son appétit. Sa réélection s’annonce difficile, les maquereaux du bordel local se foutent de lui, le shérif de la ville voisine le prend pour un imbécile, sa femme est une harpie, sa maîtresse se fait battre par son ivrogne de mari … Et ce n’est là qu’une partie de ses ennuis. Alors :

« Alors j’ai réfléchi, et réfléchi, et puis j’ai réfléchi encore un peu. Et j’ai fini par arriver à une décision.

Ce que je devais faire, j’ai décidé que je n’en savais foutrement rien. »

Mais tous ceux qui cherchent des crosses à Nick Corey devraient peut-être se méfier, car il est peut-être plus malin, et moins gentil qu’il n’en a l’air …

Chef d’œuvre absolu, dont Bertrand Tavernier a tiré le génial Coup de torchon en le transposant dans l’Afrique coloniale avec un Philippe Noiret époustouflant. Toute la force grinçante, l’ironie noire, la violence de la critique sociale, l’absurde plouc poussés à l’extrême.

Violent, noir, sans pitié, désespéré, sans aucune illusion sur la nature humaine, la quintessence de Jim Thompson enfin disponible en version intégrale. Une progression narrative impeccable, aucune concession à la morale, des personnages atroces et un héros inoubliable.

Nick joue admirablement au con, et quand son interlocuteur s’aperçoit que c’est lui le dindon de la farce, il est trop tard, les mâchoires du piège se sont déjà refermées sur son cou. Absolument génial et indispensable. Nick Corey voit toute la saloperie du monde, sait que ce sont toujours les mêmes qui paient pour ceux qui sont inaccessibles. Mais il ne tente pas d’y remédier, n’en conçoit même aucune amertume, il s’en sert comme excuse pour ses propres saloperies, et tape sur les faibles, parce que ce sont ceux qui sont à sa portée. Redoutable Nick !

Ce qui ne veut pas dire qu’il faille le prendre pour un abruti facile à berner. Voilà comment, sous ses allures d’idiot, il se fout de la gueule d’un agent d’un agence privée dont le nom vous rappellera quelque chose :

« C’est bien vous qui avez mis fin à la grande grève des cheminots ? (…)

Ah, sur ce coup là, il vous en a fallu du cran ! Quand je pense à ces cheminots qui vous bombardaient de morceaux de charbon, et qui vous arrosaient à plein seaux d’eau, alors que vous, les Talkington, vous n’aviez rien d’autre pour vous défendre que des fusils de chasse et des Winchester semi-automatiques ! Oui, vraiment, je vous tire mon chapeau ! »

Jim Thompson / Pottsville, 1280 habitants (Pop. 1280, 1964), Rivages/Noir (2016), traduit de l’anglais (USA) par Jean-Paul Gratias.

Un premier roman très réussi

J’aime les westerns et les polars. C’est pourquoi ce que j’ai lu ici et là sur Bull Mountain de Brian Panowich ne pouvait pas me laisser indifférent.

PanowichEn Georgie du Nord, les pentes de Bull Mountain sont le royaume de la famille Burroughs depuis des générations. Des générations de trafic d’alcool, de cannabis et aujourd’hui de méthamphétamine. Personne dans la région n’oserait s’y frotter. Seul Clayton, le petit dernier, a échappé à l’emprise familiale. Pire il est devenu shérif du comté. Pour l’instant, une paix armée et fragile s’est installée entre lui, garant de la tranquillité dans la vallée, et son frère Halford qui est le maître incontesté de la montagne.

Jusqu’à ce qu’un agent fédéral vienne convaincre Clayton que sa seule solution de sauver son frère et ses associés est de l’amener à dénoncer le gang de motards avec lesquels il fait affaire. En désespoir de cause, Clayton va essayer, en sachant parfaitement que ce faisant, il ouvre la boite de Pandore.

Une belle claque ! Ca commence fort et ça continue sans faiblir. Si vous voulez du tragique, de la guerre fratricide, du qui râpe comme le tord-boyaux produit dans ces montagnes, vous pouvez y aller les yeux fermés.

Bull Mountain est un roman universel qui reprend une thématique qui, comme dirait l’autre, remonte à la plus haute antiquité, une thématique présente partout et de tout temps depuis que l’homme écrit. Des guerres fratricides et des histoires de vengeance, ça remonte à Caïn et Abel cette histoire.

Mais en même temps c’est un roman qui ne peut être qu’américain tant il est ancré dans ces territoires perdus, loin de tout et de toute autorité centrale. Des zones isolées où un groupe (ici familial) peut avoir le pouvoir absolu juste parce qu’il est le plus violent et que le coin n’intéresse personne d’autre. Américain également tant il est à cheval entre le western et le roman policier avec cet affrontement en milieu restreint et perdu entre deux formes d’autorités : Celle de la loi du shérif et celle de la loi du plus fort. On peut penser aux familles perdues de Chris Offut, au gang sans pitié Red Grass River de James Carlos Blake, même si on n’a pas encore le souffle de Blake ou l’âpreté sèche d’Offut … mais ça viendra c’est un premier roman.

S’il faut chipoter, j’aurais aimé passer un peu plus de temps du côté sombre, dans la montagne. Les retours en arrière sur la passé de la famille sont forts, bien rugueux, et laissent le regret de ne pas nous attarder un peu chez ces affreux dans le récit présent. D’un autre côté j’aime beaucoup les personnages de Clayton et surtout de Kate, et j’aurais regretté que cette partie soit raccourcie.

Pour une fois, finalement, j’en aurais bien repris quelques dizaines de pages de plus. Ca viendra peut-être avec la suite qui serait en cours d’écriture. Une excellente nouvelle.

Brian Panowich / Bull Mountain (Bull Mountain, 2015), Actes Sud/Actes Noirs (2016), traduit de l’anglais (USA) par Laure Manceau.