Archives pour la catégorie Polars latino-américains

L’enfer vert

C’est déjà le quatrième roman du brésilien Edyr Augusto traduit en France chez Asphalte. Avec Pssica, on reste dans un Brésil amazonien extrêmement violent.

augustoNous sommes du côté de Belém. Suite à une vidéo où on la voit faire une fellation à son copain, Janalice, quatorze ans est envoyée par ses parents chez sa tante. Quelques jours plus tard elle est enlevée dans la rue et disparaît. Un ancien flic, ami du père, part à sa recherche sur le fleuve. Il se retrouve dans une zone hors de toute loi, livrée à la contrebande, à la prostitution et à tous les trafics possibles, de et vers la Guyane française proche. Un lieu où les bandes et les politiciens pourris jusqu’à la moelle font régner leur loi.

Attention, c’est violent, sans concession et les rudes aspérités du roman ne sont adoucies par rien. Pas de personnage auquel se raccrocher, ou si peu, pas de scènes de repos. C’est court, sec et ça secoue.

Comme dans les autres romans de l’auteur, les protagonistes sont bourreaux ou victimes, parfois les deux. Les pires (et il y en a beaucoup), ne semblent avoir aucune valeur morale, aucun frein, ils ne suivent que leurs désirs. S’ils veulent quelque chose, ils le prennent, sauf si c’est quelqu’un de plus fort qu’eux qui l’a. La corruption est générale, la loi du plus fort la seule règle. Et surtout, n’attendez pas le happy end.

Pour les amateurs de noir très noir, après, prévoyez un truc un peu plus riant.

Edyr Augusto / Pssica (Pssica, 2015), Asphalte (2017), traduit du portugais (Brésil) par Diniz Galhos.

  1. Edyr Augusto sera à la Librairie de la Renaissance jeudi prochain (le 2 mars).

Une nouvelle voix mexicaine

Voilà un roman venu d’ailleurs, assez inclassable, mais à côté duquel il serait très dommage de passer : Gabacho de la mexicaine Aura Xilonen.

xilonenLiborio a survécu à tout : à la misère mexicaine, à la traversée de la frontière, à l’errance dans le désert, à la traque des milices d’extrême droite … Quand il trouve un boulot sous-payé, exploité, dans une petite librairie vendant des livres en espagnol, la vie lui semble belle.

Jusqu’au jour où il vole au secours d’une fille éblouissante, à l’arrêt de bus en face de la librairie. Dans le monde sans pitié où il vit, l’amour a-t-il une place ? Ne risque-t-il pas de s’attirer des ennuis, l’attention de la police avec le risque d’être renvoyé au Mexique ? De toute façon, il n’y peut rien, sa vie vient de changer irrémédiablement.

Voilà un bouquin indispensable à plus d’un titre.

Pour commencer, en ces temps où, après avoir tenté plusieurs fois (au moins deux avec Reagan et Bush Jr.) de voir ce que pouvait donner un crétin à la maison Blanche, les américains essaie un fou furieux, qui fait irrémédiablement penser à La Bête de Transmetropolitan (il faut absolument lire Transmetropolitan) et qui va construire un mur inutile entre les US et le Mexique, donner la parole à un de ces mexicains vivant dans le sud des US est une œuvre de salubrité publique.

Ensuite parce que l’écriture de ce roman est emballante. Avec son narrateur, l’auteur nous embarque dans un tourbillon de spanglish, un mélange d’injures et du langage littéraire qu’il pioche dans ses lectures, avec un rythme époustouflant, une inventivité dans les termes, les mots et les tournures qui réveillent, fouettent les sens, écarquillent les yeux, font dire Waouw !

A ce propos chapeau à Julia Chardavoine la traductrice qui a dû suer et s’éclater en même temps et peut être sacrément fière du résultat.

Et puis quel personnage, quels personnages, et quelle histoire !

On en redemande, on voudrait continuer, on souhaiterait que ça ne s’arrête jamais. On a un roman noir sans meurtre, sans « intrigue », sans mystère à résoudre, mais avec un regard acéré sur ceux dont personne ne veut, avec aussi la boxe, ce sport qui va si bien au polar, avec des êtres en marge, avec une magnifique histoire d’amour sans la moindre guimauve (la guimauve c’est pas vraiment le style de Gabacho !), avec une initiation, avec des lueurs d’espoir dans un tableau d’une noirceur totale, avec de l’humanité, de l’empathie, de l’humour, et surtout, surtout, une énergie terriblement communicative.

Lisez Gabacho, laissez-vous emporter par la tornade Liborio, vous ne le regretterez pas, promis.

Aura Xilonen / Gabacho (Campéon Gabacho, 2015), Liana Lévi (2017), traduit de l’espagnol (Mexique) par Julia Chardavoine.

Petite déception argentine

Une nouvelle auteur argentine chez Métailié, j’applaudie … Mais j’ai été déçu. C’est Les eaux troubles du Tigre d’Alicia Plante.

planteJulia partage son temps entre le centre-ville de Buenos Aires et sa petite maison du Tigre, cet entrelacs d’îles et de canaux du delta du Paraná, un lieu où les « touristes » de la capitale se croisent avec le iliens qui vivent là toute l’année. Quand un de ces touristes est retrouvé mort auprès de son amie dans la maison qu’ils sont en train de retaper, la police locale conclut immédiatement à un suicide. Pourtant un des amis de Julia lui assure que c’est impossible, que l’homme qu’il avait quitté juste avant sa mort était d’excellente humeur.

Intriguée, Julia décide de faire appel à un de ses amis, le juge Leo Resnick pour tenter de savoir ce qu’il s’est passé. Leurs recherches vont les plonger dans des eaux bien plus troubles que celles du Tigre, celles de la dictature, de l’impunité des coupables et de la corruption de la police.

J’ai donc été déçu. Il manque de la chair à ce roman. Il lui manque des sensations. Rien à dire sur le fond, l’enquête sur les vols d’enfants, le contexte avec ces anciens militaires qui sont toujours là (ou qui sont revenus) et qui ont gardé un certain pouvoir de nuisance (et même un pouvoir de nuisance certain). Rien à dire non plus sur la peinture d’une partie de la société qui ne veut pas savoir, ou qui veut oublier. Tout cela est bien mis en place.

Mais cela, à mon goût, ne fait pas un roman. L’auteur situe une bonne partie de l’action dans le delta du Tigre. Mais n’exploite pas ce qui reste un simple décor. Rien à voir, par exemple, avec le Pô de Varesi qui devient un vrai personnage. Ici on ne vit pas la vie des habitants, on ne se fait pas piquer par les moustiques, on ne se rafraîchit pas en piquant une tête, on ne suit pas le vol d’un oiseau, on ne s’en pas l’odeur des asados, la fraicheur d’une bière …

Et c’est la même chose pour les personnages. L’auteur dit qu’ils aiment ou n’aiment pas, haïssent ou méprisent, mais on ne ressent rien, tout semble concentré sur leur réflexion, leur parcours vers la résolution de l’intrigue.

Au final, j’ai lu le roman sans ennui, comme un essai ou une enquête journalistique, mais également sans émotion, sans sourire, trembler ou m’énerver. Sans non plus me donner envie d’aller canoter sur les canaux du Tigre, me précipiter pour ouvrir une bouteille ou allumer le barbecue, ou de casser la gueule à un ancien militaire … Avec intérêt, mais sans passion ni émotion. Dommage.

Alicia Plante / Les eaux troubles du Tigre (Una mancha más, 2011), Métailié (2016), traduit de l’espagnol (Argentine) par François Gaudry.

La jeunesse de Felix, ou le plan Condor côté péruvien

Il y a déjà pas mal de temps, j’avais beaucoup apprécié l’originalité du seul polar péruvien (*) que j’ai jamais lu : Avril rouge de Santiago Roncagliolo. Et voici que l’auteur revient sur la jeunesse de son incroyable « héros » dans La peine capitale.

RoncaglioloFelix Chacaltana Saldívar n’est pas un héros. Et d’ailleurs ne cherche absolument pas à l’être. Il est très heureux à son poste, au sous-sol du palais de justice de Lima où il est assistant archiviste. Felix n’aime rien tant que trouver la place exacte d’une plainte, rédiger une demande réglementaire et respecter les normes et la nomenclature. Le soir il rentre chez lui, dans l’appartement qu’il partage avec une mère bigote et un rien possessive.

Tout irait pour le mieux en cette année 1978 où tous les péruviens (sauf Félix) se passionnent pour les exploits de leur équipe au mondial argentin, s’il arrivait à déclarer sa flamme à sa fiancée Cecilia. Malheureusement, son ami Joaquim, professeur à l’université semble avoir disparu. Joaquim qui est si soigneux quand il range les papiers que lui fournis Felix, et en même temps beaucoup plus expérimenté que lui. Joaquim qui pourrait le conseiller pour Cecilia.

Mais Joaquim a disparu, et tout se dérègle, entre la préparation d’élections libres pour remplacer le gouvernement militaire, et la pagaille engendrée par l’enthousiasme excessif de ses compatriotes pour le foot. Quand le cadavre de Joaquim réapparait, le monde ordonné de Felix va voler en éclat, les apparences si ordonnées se fissurer, et l’horreur de ce qui se passe autour de lui le frapper de plein fouet.

Je peux reprendre ici ce que j’écrivais sur Avril Rouge et Felix :

« Un grand roman, tout simplement. On commence par sourire […]. C’est qu’il est tellement ridicule Felix, raide comme un piquet, enfermé dans ses règlements et ses rapports, voulant toujours tout faire dans le règles, les rappelant à des personnes qui ont droit de vie et de mort sur lui, de façon totalement inconsciente, parce qu’il ne lui viendrait pas à l’idée qu’un représentant de l’état puisse ne pas agir conformément aux lois. Content dès qu’on respecte les règles.

Puis le sourire se crispe. Parce ce que Felix est rigide, maladivement honnête, mais pas idiot. Alors petit à petit il comprend, voit la réalité et se fissure. Au moment où le lecteur commence à passer de la moquerie à un mélange de respect et de pitié, son monde s’écroule …»

Avril rouge se déroulait dans les années 90, au plus fort de la guerre contre le Sentier Lumineux. Ici nous sommes en 1978, coupe du monde en Argentine donc, mais surtout dictatures militaires dans toutes l’Amérique du Sud, et le sinistre Plan Condor, qui, avec la bénédiction des USA et l’aide de la CIA permit aux bourreaux de passer les frontières et de se rendre de fiers services, de tortionnaire à tortionnaire.

L’immense force du roman est de décrire tout cela au travers des yeux d’une naïveté et d’une honnêteté maladives de Felix. Felix aime l’ordre, l’état, l’armée qui sert l’état. Felix croit en la bonté naturelle de l’homme. Felix croit que le militaire recherche forcément le bien de tous. Et Felix est d’un courage inouï, conséquence de sa droiture et de ses illusions. Donc quand il voit quelque chose qui le choque, il le dit, à son chef, où aux responsables militaires … Persuadé que tout le monde, comme lui, aura à cœur de corriger cet erreur.

Ce pauvre Felix respecte et aime sa mère (qui est une harpie), n’ose rien avec Cecilia (parce qu’il a peur de lui manquer de respect et de violer … les règles de bienséance), croit que son chef veut lui parler du travail, quand il veut lui parler du foot … On sourit beaucoup, jusqu’à ce qu’on ne sourit plus, mais alors plus du tout.

C’est ce chaud-froid permanent, le décalage entre ce que voit Felix, ce qu’il décrit, ce qu’il comprend, et la réalité que le lecteur perçoit derrière qui font de ce roman un livre à part, qui font sa force et son originalité.

Un roman à lire absolument, à la fois bouleversant et drôle. En espérant retrouver Felix prochainement.

Santiago Roncagliolo / La peine capitale (La pena máxima, 2014), Métailié (2016), traduit de l’espagnol (Pérou) par François Gaudry.

(*) Oui, vous avez raison, certains romans de Mario Vargas Llosa sont des romans noirs, alors disons le seul polar péruvien à l’exception de La ville et les chiens, Lituma dans les Andes, Qui a tué Palomino Molero

Santiago Quiñones, privé chilien.

Alors que le roman de John Harvey clôt la série Resnick, Tant de chiens du chilien Boris Quercia confirme, dans le sang et les larmes, la naissance de celle de Santiago Quiñones, flic des rues de Santiago (du Chili).

QuerciaSantiago Quiñones a repris le boulot. Et il se retrouve, une fois de plus, dans une situation difficile, pris avec son partenaire sous le feu des narcos. Il s’en sort de justesse, mais Jiménez, touché pendant l’assaut, meurt dans l’ambulance qui l’amène à l’hôpital. Très vite Santiago s’aperçoit que son ami, qui avait été muté de Valparaiso de façon un peu étrange, devait être sur une affaire qui dérangeait beaucoup de monde.

Et c’est lui qui se retrouve, très vite, harcelé par les affaires internes.

Ceux qui douteraient encore que le personnage du hardboiled soit international peuvent (et doivent) lire Boris Quercia. C’est du noir, serré, âpre, ça secoue. On est dans le rue, au ras du bitume, les plus faibles morflent, Santiago prend des coups, picole, snife, avale les cachetons, est désespérément amoureux, mais ne lâche rien … un vrai personnage hardboiled comme on les aime.

C’est dans la plus pure tradition, c’est parfaitement maîtrisé, c’est court et violent, c’est plein d’empathie et d’émotion. On pourrait être dans les années 50 à Los Angeles ou San Francisco avec Bogart, mais non, en même temps c’est très chilien et très actuel. On sent la pollution de Santiago (la ville, pas le personnage), on se saoule au pisco, on se traine dans les rues sous la pluie, on se gèle dans les montagnes toutes proches. Comme quoi, les grands clichés ont du bon quand ils sont aussi bien utilisés, par un auteur qui sait se les approprier.

Boris Quercia et Santiago Quiñones parcourent la ville et dressent le portrait d’une classe dirigeante chilienne arrogante, corrompue et surtout impunie confirmant qu’il va falloir sérieusement compter avec eux dans les années à venir.

On retrouvera avec plaisir les rues de Santiago.

Boris Quercia / Tant de chiens (Perro muerto, 2015), Asphalte (2015), traduit de l’espagnol (Chili) par Isabel Siklodi.

Découverte argentine chez Asphalte

Asphalte continue à nous faire découvrir de nouveaux auteurs latino-américains. Le dernier en date : Juan Martini et son Puerto Apache.

MartiniLe Rat n’est rien ni personne. Juste un habitant de Puerto Apache, bidonville du centre ville de Buenos Aires. Juste un rouage de la bande du Pélican, boss de trafics en tous genres. Alors Le Rat ne comprend pas pourquoi ces trois nuls l’ont attaché et sont en train de le tabasser. Eux-mêmes ne semblent pas très bien le savoir. Mais Le Rat est un survivant, il va bien finir par se sortir de ce mauvais pas, et ensuite il cherchera et trouvera qui l’a mis dans une telle merde.

Superbe chronique d’un quartier dont les habitants proclament, en grosses lettres : « Nous sommes un problème du XXI° siècle ».

On pourrait avoir un portrait misérabiliste, une chronique sans tension, ou une peinture trop noire et caricaturale. Rien de tout cela ici.

On a d’abord une vraie histoire, avec des personnages consistants, complexes, qui évoluent en cours de route. Une vraie histoire où les allers retours entre le présent et le passé, remontant à la création de la « villa » sont maîtrisés dans un montage très réussi. Une vraie histoire avec un vrai suspense. Une vraie histoire, certes classique, mais parfaitement racontée.

Et cette histoire dresse effectivement le portrait du bidonville, de ses habitants, de leurs rêves, leurs difficultés, leurs joies, leurs peines, leurs lâchetés, leurs trahisons et leurs gestes héroïques. Des habitants capables de solidarité, de générosité, d’humour, mais aussi des pires saloperies tant il est vrai que la pauvreté et le dénuement peuvent rapprocher, mais rendent souvent méchant et peu regardant sur les moyens de s’en sortir.

Et au travers du portrait de ce bidonville, c’est la ville, le pays, son système économique et politique qui sont dépeints. Ce pays, ses media, et ses politiques corrompus qui ne veulent pas voir que ces habitants sont bien un problème du XXI° siècle.

Vraiment un très bon bouquin, à la fois prenant et profond.

Juan Martini / Puerto Apache (Puerto Apache, 2002), Asphalte (2015), traduit de l’espagnol (Argentine) par Julie Alfonsi et Aurélie Bartolo.

Suite des chroniques de Santa Clara

Suite des enquêtes de Leo Martín de Santa Clara du cubain Lorenzo Lunar : Coupable vous êtes.

LunarA cinq heures du matin, en allant prendre son poste face à la gare routière, Pedrusco, le roi du cirage tombe sur un cadavre, la tête réduite en bouillie par ce qui ressemble fort à un marteau de cordonnier. On aurait voulu faire porter le chapeau à Chago le Bœuf, cordonnier de profession, trafiquant de tout ce qui se trafique dans le quartier de Leo qu’on ne s’y serait pas pris autrement.

Et comme dans le quartier tout se sait, avant même que l’arme du crime ne soit découverte Chago vient narguer les policiers en venant déclarer … Le vol de son marteau. Quand la victime se révèle être un proxénète de Varadero, la station balnéaire à la mode de l’île, les soupçons se portent sur les jineteras du quartier, ces filles qui se vendent aux touristes pour de l’argent, des cadeaux ou éventuellement un mariage. Des jineteras que Leo connait toutes et qu’il aime bien.

« Usted es la culpable de todas mis angustias, de todos mis quabrantos » C’est des paroles d’un bolero qu’est tiré le titre original du roman (je ne suis d’ailleurs pas fan du choix du titre français qui m’a donné l’impression qu’on était chez Montalbano …). Et c’est bien à un boléro que nous invite Lorenzo Lunar, grand chanteur devant l’éternel, dans cette nouvelle chronique de Santa Clara.

Un boléro avec des cœurs brisés, des femmes fatales superbes, bourreaux et victimes à la fois, des hommes qui souffrent, boivent, mais ne cessent de tomber amoureux et d’être trompés, des trahisons, et la mort au bout du chemin.

Un boléro qui montre que l’exploitation des plus faibles par les plus forts (ou plus malins, ou plus riches ou …) est universelle, que parmi les plus faibles il y a, ici comme ailleurs, souvent les femmes, et qu’ici comme ailleurs les plus belles brisent les cœurs, sont victimes du système mais savent aussi l’exploiter, et que, comme chez Marc Villard, comme chez David Goodis ou Jim Thompson, tout cela ne peut que mal finir.

Un boléro qui nous fait vivre le temps d’une lecture la vie dans le quartier le plus pauvre de Santa Clara, un quartier dont certains se sont sortis, auquel certains sont restés fidèles, que d’autres ont trahi. Un quartier où la recherche quotidienne de la survie est la règle, où on se bat, on se jalouse, et pourtant, mystérieusement, un quartier que Lorenzo Lunar nous donne envie de retrouver et de connaître.

Il revient quand Leo Martín ?

Lorenzo Lunar / Coupable vous êtes (Usted es la culpable, 2006), Asphalte (2015), traduit de l’espagnol (Cuba) par Morgane le Roy.