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Embellie dans la Grèce de Charitos. Vraiment ?

La situation de la Grèce, imaginaire mais pas tant que ça, de Petros Markaris ne cesse d’évoluer. Pour le meilleur ou pour le pire ? réponse dans Offshore.

MarkarisMiracle. Aux élections un parti sorti de nulle part, avec des candidats jeunes et inconnus, ne se revendiquant d’aucune idéologie gagne à la surprise générale. Du jour au lendemain, les armateurs reviennent installer leurs sièges sociaux à Athènes, de nouvelles banques ouvrent, l’Europe applaudit, la croissance repart.

Mis à part Adriana, l’irascible (mais excellente cuisinière) femme du commissaire Charitos, qui se demande d’où vient l’argent, tout le monde se réjouit.

Même le travail de notre commissaire athénien préféré est simplifié : Quand un armateur est assassiné chez lui, les coupables sont tellement bêtes qu’ils s’accusent en public et se font arrêter. Même chose avec l’assassinat d’un responsable du port.

Charitos commence à se dire qu’il y a peut-être anguille sous roche, mais sa nouvelle hiérarchie lui fait bien comprendre qu’il doit s’estimer heureux d’avoir ses coupables, et arrêter d’embêter le monde. C’est mauvais pour les affaires. Se taire, obéir et fermer les yeux, le commissaire en est-il vraiment capable ?

Ce n’est pas le meilleur Markaris à mon humble avis. Parfois les remarques sur les embouteillages, ou les fausses disputes entre Charitos et son épouse semblent un peu systématiques. Le lecteur, sur certains détails de l’enquête, a l’impression d’être plus perspicace que les flics dont c’est pourtant le métier. Bref, tout n’est pas parfait mais …

Mais, mine de rien, avant une élection récente en France, Markaris a décrit, en Grèce, l’arrivée au pouvoir d’une bande de pseudo inconnus, venus des affaires, et tout à fait décidés à gérer le pays comme une entreprise. Mine de rien, il a anticipé combien cette politique en apparence jeune et moderne s’accompagne d’une chape de plomb, d’autant plus pernicieuse qu’elle est non déclarée, et qu’elle tient plus de l’autocensure que de la censure : Enfin le pays redémarre, il ne faudrait rien faire qui mette en danger l’économie non ? Et mine de rien, le final est certainement le plus effrayant, glaçant et pessimiste que nous ait jamais proposé le créateur de ce râleur de Charitos.

Lisez pour comprendre. Et posez-vous ensuite les deux questions suivantes : Une telle situation existe-t-elle déjà ? Je ne sais pas. Est-ce plausible dans un avenir envisageable ? malheureusement oui.

Petros Markaris / Offshore (Offshore, 2016), Seuil/Cadre noir (2018), traduit du grec par Michel Volkovitch.

Une nouvelle auteur anglaise

Une belle découverte avec ce premier volume de ce qui est déjà une série en Angleterre : Les chemins de la haine d’Eva Dolan.

DolanDans le jardin des Barlow, dans un quartier en perte de vitesse de Peterborough, un abri de jardin brûle au petit matin. Les Barlow n’ont rien vu, rien entendu. Pourtant un homme a brûlé vif dans cet abri qu’il squattait depuis deux semaines. Un homme d’Europe de l’Est, un des nombreux immigrés qui viennent en Angleterre tenter leur chance, et qui se retrouvent exploités, volés, et haïs par toute une partie de la population.

L’enquête est confiée à Zigic et Ferreira, les deux d’origine étrangère, qui travaillent à la section des crimes de haine. Une enquête pas forcément prioritaire pour leur hiérarchie, et qui va mettre en lumière le sort réservé à ceux qui viennent chercher une meilleure vie dans le paradis britannique.

Eva Dolan ne révolutionne pas le genre. Elle s’en sert, de façon très habile, pour décrire une Angleterre boueuse, noire et terrible avec ses migrants, mais aussi avec ses concitoyens de seconde ou troisième génération, et plus généralement avec toute la classe ouvrière. Et nous met une belle claque.

Du côté purement polar, les personnages sont intéressants, humains, pas des superflics, mais un homme et une femme qui souffrent parfois de la xénophobie, qui sont eux aussi victimes de leurs propres préjugés, et qui se heurtent, dans des enquêtes qui n’intéressent pas grand monde, au peu d’intérêt de la population. L’intrigue est prenante, avec ses chausse-trappes et fausses pistes et sa résolution assez surprenante.

Mais c’est surtout ce que révèle l’histoire qui fait la force du roman. Il est de notoriété publique que les entreprises de BTB ne sont pas des organisations philanthropiques, et que si elles emploient souvent des travailleurs plus ou moins au noir, et plus ou moins en situation irrégulière, ce n’est pas pour les aider et leur permettre d’accéder à une meilleure vie.

Mais même un cynique comme moi, convaincu depuis tout petit que le capitalisme est une façon à peine policée de déguiser la loi du plus fort, et accueilli dans son premier boulot par un chef qui m’a appris comment on visse « C’est facile, vers la droite ça serre », ne pouvait pas imaginer l’ampleur de l’horreur. Encore moins dans un pays voisin et riche. Difficile d’imaginer une telle exploitation d’une main-d’œuvre réduite à un quasi esclavage, comme aux « plus beaux jours » du XIX° siècle.

Et à côté de cette situation extrême, le quotidien de la xénophobie ordinaire, d’une classe ouvrière anglaise de souche comme on dit, au chômage, totalement déculturée, perdue, qui trouve en tous ces gens aux noms étranges des responsables facilement identifiables à ses malheurs.

Et qu’on ne vienne pas me dire que, c’est dégueulasse, mais que c’est en Angleterre, que chez nous cela ne se passe pas comme ça ! Un bouquin qui vous révolte, d’autant plus que l’auteur ne se fait aucune illusion et, comme ses flics, sait qu’une fois l’indignation médiatique passée, tout va continuer de la même façon.

A lire donc, en serrant les dents.

J’espère que le bouquin aura le succès qu’il mérite, et qu’il ouvrira la voie à la traduction des suivants.

Eva Dolan / Les chemins de la haine (Long way home, 2014), Liana Levi (2018), traduit de l’anglais par Lisa Garond.

Plus de 500 pages de plaisir

On croyait que Jo Nesbo avait abandonné Harry Hole. Mais non, il revient dans La soif.

A14504_Nesbo_Lasoif.inddHarry Hole c’est rangé. Marié, tranquille, prof à l’école de police, il ne veut plus entendre parler de meurtre, de sang et de tueurs en série. Jusqu’à ce que le cadavre d’une jeune femme soit découvert. Elle a été saigné à mort, et porte des traces de dents à la gorge. Quand un second cadavre est trouvé, Harry, sollicité par Mikael Bellman, directeur de la police et son ancien ennemi intime, finit par accepter de participer à l’enquête.

Pour sauver des vies ? Ou pour reprendre l’enquête, la seule, qu’il n’a pu mener à son terme et arrêter enfin le seul meurtrier qui lui ait échappé ?

Tant qu’à un thriller de temps en temps, autant en lire un bon, voire un très bon. Comme La soif.

Tout le savoir faire de Jo Nesbo. Ses fausses pistes, sa façon de jouer avec le lecteur, de varier les rythmes … Même quand on le connait bien et qu’on se méfie on se fait encore avoir. Enfin moi je me fais avoir. Avec délice.

C’est vrai, certains de ses autres ouvrages avaient un peu plus de fond. Mais arriver à faire passer aussi vite plus de 500 pages, sans jamais donner l’impression qu’il y en ait une seule de trop, ce n’est pas à la portée de tout le monde.

Un pur plaisir.

Jo Nesbo / La soif (Tørst, 2017), Série Noire (2017), traduit du Norvégien par Céline Romand-Monnier.

De nouveaux personnages toulousains

Christophe Guillaumot a beau être toulousain, et faire partie de l’équipe organisatrice de TPS, je n’avais encore jamais lu aucun de ses romans. C’est maintenant chose faite avec La chance du perdant.

GuillaumotRenato, dit le Kanak, forme avec Six, l’inspecteur Jérôme Cussac, la brigade des jeux toulousaine. Un géant aux paluches intimidantes, et un jeune inspecteur. Pas la priorité de la commissaire Séverine Bachelier.

Jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent qu’il y a un nombre inquiétant de suicides étrangement imaginatifs parmi les joueurs compulsifs qui fréquentent les cercles de jeux de Samuel Gotthi, le grand boss de la région. Ils commencent alors à se demander si quelque chose de bien sinistre n’est pas à l’œuvre.

Comme Yan et Fondu au noir , je ne vais pas vous dire qu’on a là le polar de l’année, mais la lecture est agréable et mérite le détour.

Côté défauts qui pourraient être corrigés, à mon avis, par la suite : J’ai trouvé des maladresses d’écriture, en particulier certains dialogues, surtout entre amis ou collègues, qui ne fonctionnent pas bien (trop propres grammaticalement). Ensuite l’auteur ne fait pas assez confiance à son lecteur pour comprendre tout seul ce que pensent les personnages, ou le pourquoi de leurs actions. Cela donne côté un peu sage et explicatif à la narration.

Mais pour le reste, rien à redire. L’enquête, classique, est bien menée. J’ai eu peur un instant d’avoir un retournement avec un Deus Ex Machina, que nenni, je me suis fait avoir, et la fin est assez ouverte pour être intéressante, cohérente, et sans happy end forcé.

Les personnages sont bien, on espère qu’ils seront creusés par la suite, Kanak, son collègue, l’équipe de bras cassés regroupée autour d’eux.

Et surtout, les à côté de l’histoire policière apportent un vrai plus : Le décor du centre de tri des déchets, le personnage de May, l’artiste des rues, tout ce que l’on apprend (du moins ce que j’apprends) sur le jeu en ligne, avec des paris sur tout et n’importe quoi, et puis, quand même, la découverte du Loto Bouse, là j’avoue j’en reste sans voix.

Un roman perfectible mais agréable. On attend la suite.

Christophe Guillaumot / La chance du perdant, Liana Levi (2017).

Dans l’enfer de La Eternidad

C’est au marathon des mots en juin dernier que j’ai découvert Martin Solares. L’entendre m’a donné envie de le lire. C’est chose faite avec N’envoyez pas de fleurs.

SolaresIl n’y a pas si longtemps, La Eternidad, sur le golfe du Mexique était un petit paradis. Vie tranquille, petits trafics, des flics pas plus pourris qu’ailleurs, respectés, le soleil, la plage. Maintenant c’est un enfer. Les bars et restaurants ferment la nuit, trois ou quatre bandes se disputent la mainmise sur le commerce de la drogue, et il ne se passe pas un jour sans fusillades, assassinats, enlèvements.

C’est celui de Cristina, fille d’une des familles les plus riches de la région qui va tirer Carlos Trevio de sa retraite. Cet ancien policier de la ville, grand connaisseur du port et de ses bandes a été contraint de fuir et de se cacher quand, des années auparavant, il a mis un coup de pied dans la fourmilière en dérangeant les personnes qu’il ne fallait pas. Dont le commissaire Margarito, ripoux d’entre les ripoux, patron des flics de la ville.

Carlos Trevio accepte quand même de revenir enquêter dans le chaos qu’est devenue la région.

On a beau avoir maintenant lu quelques polars mexicains décrivant la violence épouvantable qui règne dans le pays, on est soufflé par N’envoyez pas de fleurs. Car sous l’humour très noir de l’auteur, la situation est insupportable.

Des flics et des politiques pourris jusqu’à la moelle, des gangs de narcos qui font la loi dans la région, enlèvent, tuent, violent impunément. Une population martyrisée qui subit et ne croit plus à rien, ne sort plus, tremble en permanence et se cloitre chez elle sans pour autant être à l’abri de la violence.

La situation est vue au travers de deux personnages : Carlos Trevio, désabusé, qui a abandonné la lutte mais pas ses valeurs, et le commissaire Margarito, symbole de la corruption de tout un système.

La grande force du roman est qu’il ne porte pas de jugement explicite, se contentant de démonter les mécanismes qui amènent la société là où elle en est, et de mettre à jour les raisons qui font de chaque personnage ce qu’il est. Sans accuser ni excuser, juste en décrivant.

Un roman grinçant et effrayant, où on s’en veut parfois de sourire à tel ou tel trait d’humour pourtant salutaire.

Martin Solares / N’envoyez pas de fleurs (No manden flores, 2015), Christian bourgois (2017), traduit de l’espagnol (Mexique) par Christilla Vasserot.

Printemps froid en Val d’Aoste

Ils sont très forts ces auteurs de polar italiens. Noirceur, justesse de ton, humour … C’est encore le cas avec ce troisième volet des aventures de Rocco Schiavone d’Antonio Manzini : Maudit printemps.

ManziniChiara, lycéenne, fille d’une famille d’industriels du Val d’Aoste ne répond plus au téléphone et ne vient plus au lycée. C’est une sa meilleure amie qui alerte Rocco Schiavone alors que les parents n’ont rien signalé. C’est donc de façon non officielle que notre peu conventionnel policier commence une enquête qui va mettre à jour bien des magouilles. Alors que lui continue à bousiller ses Clarks, et que les souvenirs de sa vie romaine ne le laissent jamais en paix.

Je persiste et signe, ils sont très forts ces italiens. Ils font partie de ces rares auteurs, avec, dans un style d’humour plus désespéré, les irlandais, à réussir à décrire la noirceur totale d’une situation et d’un pays tout en gardant le sens de l’humour et en faisant sourire, voire rire, leur lecteur.

Parce qu’elle est sacrément noire la situation de Rocco, ses fantômes, ceux qui s’acharnent sur lui, et ses pauvres chaussures ruinées paire après paire. Et il est rude Rocco avec ceux qui s’approchent de lui. Il faut accepter de se faire salement secouer pour prétendre à son amitié. Quant à ceux qui veulent s’opposer à lui, ils ont intérêt à avoir la couenne dure.

Et pourtant, plus ça va plus on l’aime, plus on s’attache à ce personnage tout en paradoxes et en faiblesses, qui souffre et cache sa peine sous des dehors d’ours. On aime son intégrité, sa cohérence avec ses valeurs et ses discours, sa façon de privilégier l’humain par rapport à la loi.

Et on finit aussi par aimer son Val d’Aoste, malgré la pluie, la neige de mai, le froid, les habitants qui se surveillent tous …

Un beau personnage, que l’on suivra, on l’espère bien longtemps.

Antonio Manzini / Maudit printemps (Non è stagione, 2015), Denoël/Sueurs froides (2017), traduit de l’italien par Samuel Sfez.

87° District, 6 à 10.

En cette toute fin de vacances j’ai poursuivi l’intégrale du 87° district du génialissime Ed McBain.

Les suivants : Crédit illimité, Souffler n’est pas tuer, Soupe au poulet, Pas d’avenir pour le futur, Rançon sur un thème mineur.

Isola donc, réplique imaginaire, mais pas tant que ça de Manhattan. Isola, son 87° district, ses flics. Steve Carella, et sa femme Teddy, sourde-muette dont il est follement amoureux. Meyer Meyer, juif au nom ridicule, conséquence de l’humour particulier de son père, patient. Cotton Hawes, nouveau venu dans l’équipe, grand, costaud, qui tombe amoureux chaque fois qu’il croise une belle et se fait petit à petit à ce quartier populaire. Bert Kling, le petit jeune dont on se moque encore gentiment …

McBain 07C’est l’été, la chaleur est étouffante, un passant se fait descendre dans la rue dans la grande tradition des règlements de compte de l’époque de la prohibition. Peu de chance qu’il s’agisse d’un problème de gangs, les méthodes ont changé. Et comme la victime était maître chanteur, les suspects sont légion. C’est Crédit illimité.

Un tueur joue avec les nerfs des inspecteurs du 87° en pleine canicule. Il annonce pour le soir même qu’il va tuer La dame. Quelle dame ? Et pourquoi les avertir ? C’est tout cela qu’il va falloir résoudre avant 20h00 dans Souffler n’est pas tuer.

Deux romans où on sent la chaleur, la moiteur dans des bureaux de flics où les ventilateurs font ce qu’ils peuvent, la fatigue quand il faut monter dans les étages. Les bouches à incendie ouvertes, avec les gamins autour.

De romans où le sens de la construction et des dialogues de l’auteur font merveille, où son humour fait mouche. Avec cette scène particulièrement jouissive dans le second qui voit McBain avec le talent d’un maître du burlesque, enchaîner avec malice les anicroches qui vont retarder l’équipe de flics. Du grand art.

McBain 08Mais que dire alors de Soupe au poulet ? C’est l’automne, les journées sont belles après la chaleur estivale. Sauf cette fin d’après-midi où une femme rentre dans la salle des inspecteurs, un flingue à la main, une bouteille de nitro dans le sac. Elle prend tout le monde en otage le temps que Carella rentre. Puis elle le tuera. C’est lui qui a arrêté son mari qui vient de mourir en prison. Un chef-d’œuvre d’humour, de rythme, de suspense tout en légèreté et en finesse. Et en prime, de magnifique pages sur Isola, ville femme, ville tentatrice, ville sensuelle à la tombée de la nuit.

Les deux suivants, s’ils sont peut-être moins enjoués n’en sont pas moins intéressants, et nous montrent comment l’œuvre de McBain est le témoin des évolutions d’un demi-siècle d’histoire des US.

Que ce soit les affres de la sœur de Carella et de son futur beau-frère le jour de leur mariage, ou le monstre de « technologie » qui permet aux kidnappeurs d’un gamin de contacter le père, il va être amusant de suivre l’évolution des mœurs et de la technique entre ces romans qui ne datent que de 1959, et les derniers. Quant à la comparaison avec notre monde, et celui qui n’est, finalement, que celui de mes parents, elle est vertigineuse.

A noter également qu’outre nous décrire différentes saisons de la ville, Rançon sur un thème mineur nous amène pour la première fois dans le monde des riches et puissants.

La rentrée étant là et bien là, la suite risque d’attendre un peu.

Ed McBain / 87° District volumes 6 à 10 :

(6) Crédit illimité (Killer’s payoff, 1958), traduit de l’anglais (USA) par Louis Saurin et Christophe Claro.

(7) Souffler n’est pas tuer (Lady killer, 1958), traduit de l’anglais (USA) par Louis Saurin et Jean-François Merle.

(8) Soupe au poulet (Killer’s wedge, 1959), traduit de l’anglais (USA) par Louis Saurin et Philippe Aronson.

(9) Pas d’avenir pour le futur (‘Till death, 1959), traduit de l’anglais (USA) par Louis Saurin et Jean-François Merle.

(10) Rançon sur un thème mineur (King ‘s ransom, 1959), traduit de l’anglais (USA) par Louis Saurin et Sylvie Fontaine.