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Le loup d’Hiroshima

Pour changer, j’ai sorti un livre qui se trouvait sur ma pile depuis quelque temps. Bonne pioche avec Le loup d’Hiroshima de Yûko Yuzuki.

Eté 1988, le jeune flic Hioka est nommé dans le groupe anti yakuzas de la ville d’Hiroshima. Il se retrouve sous les ordres du commandant Ogami, une véritable légende. Flic aux méthodes très peu orthodoxes, soupçonné de proximité avec certains yakuzas, craint par ses supérieurs, ses résultats exceptionnels le rendent intouchable.

Alors que le jeune homme tente de se faire aux méthodes extrêmes de son supérieur, à l’opposé de ce qu’on lui a appris à l’école, des incidents éclatent entre deux gangs locaux rivaux et éviter le bain de sang semble impossible.

C’est une expérience de lire ce roman. L’écriture y est aussi raide que la hiérarchie dans la police japonaise, et que les rapports sociaux décrits dans le roman. Ce n’est pas une écriture qui fait se pâmer ni s’extasier, mais la lecture est passionnante pour tout ce qu’elle décrit de la société japonaise, en passant par le filtre de la lutte entre la police et les yakusas.

On découvre une ville, un système de valeurs qui nous est en grande partie étranger, des fonctionnements complètement exotiques pour le lecteur français, et en même temps une corruption et des pulsions qui sont elles bien universelles.

Comme de plus l’histoire est bien menée, le suspense efficace et les personnages attachants, c’est une vraie découverte, autant littéraire que géographique et sociologique à côté de laquelle il serait dommage de passer.

Yûko Yuzuki / Le loup d’Hiroshima, (The blood of wolves, 2015), Folio/Policier (2021) traduit du japonais par Dominique et Frank Sylvain.

La chambre du fils

Jørn Lier Horst est un auteur solide. Son dernier roman traduit, La chambre du fils, le confirme une fois de plus.

Quand Bernhard Clausen, ancien membre influent du parti travailliste et ancien ministre meurt d’une crise cardiaque, ses anciens camarades décident d’aller voir dans son chalet s’il n’y a pas de papiers compromettants pour le parti. Et découvrent une fortune en devises étrangères. Averti le procureur général de Norvège confie l’enquête à l’inspecteur Wisting, en lui demandant de garder, un temps, le plus grand secret. Il lui laisse la liberté de constituer son groupe.

William Wisting décide alors de prendre dans son équipe un peu atypique sa fille Line, journaliste free-lance, pour l’aider dans certaines recherches. Sans savoir exactement quels secrets ils vont déterrer.

Je me répète donc, les romans de Jørn Lier Horst sont solides, la qualité scandinave. Par franchement Rock and Roll, mais du très bon travail de très bon artisan. De bons personnages que l’on a appris à aimer, une intrigue sans faille, un vrai sens du rythme, et toujours en toile de fond la description sans concession et sans illusion, mais également sans rancœur ni manichéisme de la société norvégienne.

Le genre de polar qu’il est bon d’avoir sur sa table de nuit pour les jours où on ne sait quoi lire, parce qu’avec lui on ne peut pas se tromper.

Jørn Lier Horst / La chambre du fils, (Det innerste rommet, 2018), Série Noire (2022) traduit du norvégien par Aude Pasquier.

La main de Dieu

On a de la chance avec nos amis italiens, après Rocco, revoilà Soneri de Valerio Varesi. Il nous amène en montagne, l’hiver, dans La main de Dieu.

Un cadavre venu s’échouer, l’hiver dans La Parma (on apprend qu’à Parme les torrents sont féminins), une camionnette retrouvée en amont qui appartient à quelqu’un d’un village, plus haut, toujours plus haut, et voilà Soneri coincé en plein hiver dans un village de montagne. Un village loin de l’image idyllique que l’on peut avoir de la vie proche de la nature. Un village qui n’aime pas les étrangers, et où il se passe de drôles de choses.

Qu’il soit à la ville ou à la montagne, la vision de Soneri de l’humanité reste sombre. C’est vrai, il est flic, et confronté au pire de l’âme humaine. Ici un village renfermé, où des habitants aigris ne supportent pas que des « étrangers » qu’ils soient vraiment d’un autre pays, ou juste de la ville, viennent leur dire comment il faut vivre, ou même simplement viennent essayer de vivre autrement.

Des paysages magnifiques, une nature sauvage, mais des gens tristes et agressifs, ayant totalement perdu les notions de solidarité qui prévalaient il n’y a pas si longtemps, et qui sont prêts à tout pour gagner l’argent qui leur permettra d’acquérir tout ce qu’on leur promet à la télévision, mais auquel ils n’ont pas accès.

Comme le dit un garde forestier bien seul :

« Ce n’est plus la peine de montrer les crocs comme les loups, il suffit de domestiquer l’argent, d’abrutir avec la télé et de faire semblant d’être démocrate. Voilà comment on se fait élire sans contraindre personne. Simple, non ? » Et ça ne marche pas que dans la montagne du nord de l’Italie …

C’est donc au règne de l’argent plus ou moins facile, sans règle ni morale, et à la bêtise bien grasse que Soneri sera confronté cette fois. Encore un très bon Varesi, sombre, mais illuminé par quelques visions de la montagne et quelques plats réconfortants. Parce qu’en Italie, même les sales cons savent cuisiner.

Valerio Varesi / La main de Dieu, (La mano di Dio, 2009), Agullo (2022) traduit de l’italien par Florence Rigollet.

PS. Valerio sera demain mardi à partir de 19h00 à la librairie de la Renaissance.

Ombres et poussières

Fin du coup de mou grâce au retour de Rocco Schiavone dans  Ombres et poussières. Toujours sous la plume d’Antonio Manzini.

Rocco Schiavone est toujours en val d’Aoste, et toujours poursuivi par ses fantômes romains. Comme si ça ne suffisait pas, voilà des emmerdements de niveau 10 qui arrivent : le cadavre d’une transsexuelle est découvert, et sa hiérarchie décide de punir Rocco et de le confiner dans un petit bureau de type placard à balais.

Pour couronner le tout, un autre cadavre, inconnu, est trouvé pas loin de Rome. Un cadavre sur lequel on trouve un papier avec le numéro de téléphone de … Rocco. Tout va de mal en pis, et ce n’est pas ça qui va améliorer l’humeur déjà sombre de notre romain préféré. Alors gare à qui se trouve sur son chemin.

Que ça fait du bien de retrouver le sens de la formule et la dent dure de Rocco Schiavone. J’ai éclaté de rire plusieurs fois (et pourtant la période ne s’y prête guère). Rien que pour ça, qu’Antonio Manzini soit mille fois remercié. Mention spéciale aux deux couillons du service de son équipe (ceux qui connaissent las série savent de quoi je parle) et à une nouvelle chef de la scientifique pas piquée des hannetons.

Ce qui n’empêche pas la gravité et l’émotion dans un épisode qui, hors éclats de rire, est un des plus sombres de la série. Et c’est aussi une des grandes réussites de l’auteur d’arriver à nous faire passer aussi vite du rire aux larmes et à la colère. D’autant qu’il ne sacrifie jamais la vraisemblance et que ce ne sont pas toujours les « gentils » qui gagnent. Les puissants et arrogants ont malheureusement parfois le dernier mot, comme dans la réalité.

C’est juste, pertinent, émouvant, très drôle, vivement le prochain.

Antonio Manzini / Ombres et poussières, (Pulvis e umbra, 2017), Denoël (2022) traduit de l’italien par Samuel Sfez.

Rien que le noir

Le retour de Jack Laidlaw, policier d’un des pères du polar écossais William McIlvanney sous la plume du maître Ian Rankin, voilà un rendez-vous qu’aucun amateur de polar ne peut manquer. Le titre dit tout : Rien que le noir.

Nous sommes à Glasgow, au début de années 70. Un cadavre est trouvé dans une ruelle derrière un pub. Celui de Bobby Carter, avocat et éminence grise de Cam Colvin, un des chefs de la pègre locale. Une guerre des gangs s’annonce t’elle entre Cam et les deux autres cadors locaux, Matt Mason et John Rhodes ? C’est ce que semble penser le flic, très ambitieux, qui a hérité de l’affaire.

Mais ce n’est pas forcément l’avis de Jack Laidlaw, jeune policier atypique et incontrôlable qui connait les rues et les pubs de la ville comme sa poche.

Pour tout lecteur de polars commençant à atteindre un âge avancé (et c’est mon cas), William McIlvanney et ses trois romans consacrés à Jack Laidlaw, ainsi que son chef-d’œuvre (avis subjectif mais assumé) en marge de la série : Big Man font partie du patrimoine, des grands classiques à lire. Et nous regrettons tous que le boss de Glasgow n’ait pas écrit davantage. Retrouver sa ville, son flic, sous la plume d’une autre légende écossaise est forcément un immense plaisir.

Parce que Ian Rankin fait le boulot, et le fait bien, et arrive à se couler dans le monde de son aîné, et de son personnage sans y mettre de morceaux de Rebus, mais avec tout son talent de raconteur d’histoires et de créateur de personnages incarnés.

La greffe prend parfaitement, on se retrouve des années en arrière dans les pas de ce flic solitaire qui n’hésite pas à aller provoquer les caïds de la pègre chez eux, mais sait aussi parler aux mamies qui ramène leur bouteille de Gin avant de se poser derrière leurs rideaux. On parcourt avec lui les rues de Glasgow, des ruelles les plus sordides aux quartiers les plus cossus, et on savoure ce plaisir incomparable de retrouver des amis littéraires que l’on croyait à jamais perdus.

A lire donc, absolument, pour les fans de l’original, ou pour découvrir un nouveau personnage et ensuite lire les romans de William McIlvanney que Rivages a eu la bonne idée de rééditer. D’ailleurs, Rivages, tant que vous y êtes, vous ne pouvez pas rééditer aussi Big Man ?

William McIlvanney et Ian Rankin / Rien que le noir, (The dark remains, 2021), Rivages/Noir (2022) traduit de l’anglais (Ecosse) par Fabienne Duvigneau.

Château de cartes

Miguel Szymanski, comme son nom ne l’indique pas, est portugais. Son premier roman traduit chez nous, Château de cartes, est, je l’espère, le premier d’une longue série.

Une fois n’est pas coutume, voici la fin des remerciements de l’auteur :

« Je remercie également pour leur inspiration les banquiers, les magnats de la finance et les politiques que j’ai croisés tout au long de mes vingt-cinq ans de journalisme, mais aussi les directeurs de publication à leurs ordres. Je pense surtout à ceux qui m’ont menacé, m’ont licencié et ont tenté de m’intimider ou de me faire taire. Certains d’entre eux ont connu la faillite, d’autres ont été démasqués ou ont fini en prions, mais la majorité est toujours là, décidant du destin du pays et des gens qui l’habitent ».

Marcelo Silva a été journaliste à Lisbonne. Il a dû partir et est allé exercer en Allemagne. C’est là qu’un procureur ami vient le chercher pour prendre la tête d’une unité de police spécialisée dans les crimes en col blanc. Marcelo sait d’expérience qu’il n’aura pas les mains aussi libres qu’on le lui promet, mais il accepte.

Dès son arrivée une affaire défraie la chronique. Un des banquiers en vue de la ville a disparu. Dans le même temps, les bruits courent que sa banque est en faillite et qu’il était une sorte de Madoff lisboète. Et Marcelo commence dès le début à subir des pressions. Mais l’homme a de la ressource, il connaît tous les milieux de la ville comme sa poche, et il va essayer, tant bien que mal, de faire surgir la vérité. Le laissera-t-on faire ?

Les remerciements cités en début de cette note ne laissent guère de place au doute, l’auteur est en colère, et il ne manque pas d’humour. Grinçant l’humour. Et Marcelo Silva lui doit sans doute beaucoup, du moins c’est que l’on peut supposer.

Le ton est vif, l’humour noir, et on suit avec beaucoup de plaisir Marcelo qui marche beaucoup dans sa ville bien aimée Lisbonne. C’est aussi avec grand plaisir qu’on l’accompagne de bars en restaurants pour faire un sort à de fort nombreuses bouteilles, et qu’on salive à ses préparations culinaires. Tout cela, ainsi que ses rencontres avec ses amis, donne de la chair à une enquête centrée sur le monde de la banque et de la finance qui aurait pu être désincarnée.

Un roman très documenté, sans illusion et sans concession, rageur et drôle, des personnages auxquels on s’attache, une belle promenade dans Lisbonne, des quartiers populaires aux lieux fréquentés par le gratin financier mais aussi culturel. Que demander de plus ? La suite bien entendu.

Miguel Szymanski / Château de cartes, (Ouro prata e silva, 2019), Agullo (2022) traduit du portugais par Daniel Matias.

Alba nera

Giancarlo De Cataldo nous revient avec un pur polar parti d’une idée discutée avec Massimo Carlotto et Carlo Lucarelli d’après ce qu’il écrit. Avec un tel départ, Alba nera ne pouvait être que réussi.

Dans leur promo de l’école de police ils étaient les meilleurs. Gianni Romani dit Le Blond, Alba Doria, et Giannaldo Grassid alias Dr Sax. Dès la sortie ils ont été confrontés à une affaire qui les a marqué à vie, le meurtre sordide d’une prostituée. Puis ils se sont perdus de vue. Dr Sax a fait carrière dans les services secrets, Le Blond toujours hanté par cette première affaire est resté un policier de terrain, et Alba, formée au FBI, est devenue profileuse.

Jusqu’à la découverte d’une nouvelle victime, trouvée agonisante, ligotée selon l’art japonais du shibari, comme la victime de leurs jeunes années. Dans la Rome éternelle, et éternellement belle, le trio devra se reformer, pour le meilleur ou pour le pire.

Une intrigue au cordeau qui navigue entre présent et passé ; Rome toujours aussi belle et pourrie, comme on a l’habitude de la voir chez l’auteur ; des personnages torturés, chacun à sa manière ; la main cachée des services secrets ; une caste riche qui se sait toute puissante ; aucune illusion sur le pouvoir de la vérité face à celui de l’argent …

Du très bon De Cataldo, dans la lignée de ses romans courts et incisifs, pas dans celle des épopées comme Romanzo Criminale. Que du bonheur donc, et la porte entrouverte pour une suite. Que demander de plus ?

Giancarlo De Cataldo / Alba nera, (Alba nera, 2019), Métailié (2022) traduit de l’italien par Serge Quadruppani.

Reine rouge

Je ne suis pas fan de thrillers, vous le savez, mais un thriller espagnol, je tente. Reine Rouge, de Juan Gómez Jurado. Encore raté.

Antonia Scott est un petit génie. Elle travaille pour une sorte de police parallèle européenne, plus précisément pour le compte de l’Espagne. Mais depuis un événement traumatisant, elle s’est isolée, et n’a quasiment plus aucun contact avec le monde. Jusqu’à ce que Mentor arrivé à la faire sortir de sa tour, grâce à Jon Gutierrez, policier basque, force de la nature.

Tous les deux vont traquer un tueur qui a l’air de s’en prendre aux familles les plus fortunées du pays. Il enlève les enfants, mais ne demande aucune rançon. Que veut-il donc ?

Raté donc. Parce que si je n’ai rien contre le fait de poser parfois le cerveau pour profiter d’un bon polar bien bourrique, il ne faut quand même pas trop me prendre pour une bille. Et là, entre des tentatives d’humour de répétition qui ne sont que répétition, sans humour, une génie analyste qui, quand on y réfléchit, ne montre rien de génial (et oui, c’est dur de mettre en scène quelqu’un de génial), et un tueur en série de plus, avec la surenchère que cela suppose …

Disons que j’ai frôlé l’indigestion, et que mon cerveau refusait de revenir à sa place. Non vraiment, de l’action bourrine OK, mais s’il vous plait, un peu de cohérence et un peu moins chargé en clichés et grand-guignol.

Juan Gómez Jurado / Reine Rouge, (Reina roja, 2018), Fleuve Noir (2022) traduit de l’espagnol par Judith Vernant.

Bobby Mars forever

Harry McCoy, flic à Glasgow dans les années 70 est de retour dans Bobby Mars forever, toujours sous la plume d’Alan Parks.

Alors que la chaleur s’installe sur Glasgow, tout va mal pour Harry McCoy. Son nouveau chef, Raeburn, le déteste cordialement. Du coup quand la petite Alice Kelly 13 ans disparait, Harry est quasiment le seul flic du commissariat à ne pas faire partie de l’équipe qui la recherche. A la place on lui confie des dossiers pourris, des cambriolages pour lesquels il n’y a aucun indice.

Pour que son malheur soit complet, il est appelé dans un hôtel pour constater que Bobby Mars, ex Rock Star, grand guitariste, est mort d’une overdose. Un bel été bien pourri qui s’annonce.

Alan Parks et Harry McCoy c’est du solide et du fiable. On sait ce qu’on vient y chercher, et on en a pour son argent. Superbe évocation de Glasgow, ses quartiers populaires, les ravages des afflux de drogue, la musique toujours présente, ses pubs qui changent, chassant les vieux accrochés à leurs pintes au profit de jeunes attirés par les jukebox … L’auteur continue sa chronique de la ville dans le début des années 70.

McCoy fidèle à lui-même, toujours en équilibre instable sur le fil de la loi, un pied dans la police, supportant de plus en plus mal les abus de pouvoir et de force, un pied dans la pègre avec son ami Cooper.

L’intrigue est toujours parfaitement menée, avec cette fois un petit tour en Irlande et des liens fortuits avec l’IRA.

Bref c’est solide, c’est très bien fait, c’est un plaisir.

Alan Parks / Bobby Mars forever, (Bobby Mars will live forever, 2020), Rivages/Noir (2022) traduit de l’anglais (Ecosse) par Olivier Deparis.

Vallée furieuse

C’est déjà le troisième roman de Brian Panowich traduit chez nous : Vallée furieuse.

Nous sommes toujours dans la zone géographique des deux premiers romans de l’auteur, dans les montagnes de Géorgie. Dane Kirby a travaillé pour le shérif, il a été capitaine des pompiers, la perte de sa femme et de sa fille l’a brisé. Il travaille maintenant pour le Georgia Bureau of Investigation, un boulot pépère, un boulot de bureau.

Tout bascule quand à quelques heures d’intervalle il est appelé par le nouveau shérif : un homme a été abattu, chez lui dans les bois. Le coupable semble bien être le meilleur ami de Dane, disparu depuis presque 10 ans. A peine arrivé sur place, son chef lui ordonne de se rendre à une convocation du FBI, un hélico l’attend, pour l’amener en Floride où un homme a été salement massacré dans un motel. Un homme originaire de chez Dane. On lui demande de servir de guide aux agents du FBI chez les bouseux. Finit le boulot de bureau pépère.

Voilà un roman qui pourrait, qui devrait même agacer. Parce qu’il aligne tous les clichés. Les petits blancs des montagnes déshéritées du sud des US, le flic hanté par son passé, les zones de non droit, l’arrogance du FBI, le gamin différent des autres qui va la jouer Rain Man, et même le « happy end » (plus ou moins happy end) qui devrait en faire un candidat parfait pour une adaptation ciné ou série … Et pourtant tout ça fonctionne parfaitement.

Je ne vais pas vous dire que c’est le roman de l’année, le roman à ne rater sous aucun prétexte, mais je ne peux pas non plus nier que je me suis fait attraper dès la première page, et que je n’ai pas lâché le bouquin tout du long.

Parce que l’auteur est un très bon artisan ; parce qu’il sait introduire ce qu’il faut de nouveauté dans les clichés ; parce que ses personnages sont cohérents, convainquant et attachants ou effrayants ; parce que c’est un excellent conteur qui sait ménager ses effets ; parce qu’il excelle dans les descriptions d’ambiances et les scènes d’action.

 Une vraie lecture plaisir.

Brian Panowich / Vallée furieuse, (Hard cash valley, 2020), Actes Sud (2022) traduit de l’anglais (USA) par Laure Manceau.