Maurizio de Giovanni de Naples.

J’adore les romans du napolitain Maurizio de Giovanni. Tous. Qu’ils fassent partie de la série Ricciardi qui se déroule sous le fascisme, où de celle, actuelle, des flics du commissariat de Pizzafalcone. C’est à cette dernière qu’appartient Et l’obscurité fut.

DeGiovanniLe mois de mai est beau et parfumé à Naples. On peut rêver d’amour et de liberté. Ce qui ne veut pas dire que les policiers sont au repos. Au commissariat de Pizzafalcone, Lojacono et Di Nardo sont appelé sur les lieux d’un cambriolage. Etonnamment l’appartement pourtant équipé du nec plus ultra en termes de sécurité a été visité sans aucune effraction. Encore plus étonnant, à part le contenu d’un coffre, sur lequel les volés ne sont pas très bavards, rien ne semble avoir été emporté.

De retour au commissariat, ils trouvent tous les flics en alerte : Un gamin d’une dizaine d’année a été enlevé lors de la visite d’un musée avec son école très privée, très catholique et très chère. Comme son grand-père est l’un des hommes les plus riches de Naples, tout le monde s’attend à une demande de rançon. La course contre la montre est lancée …

Qu’est-ce qu’il est bon De Giovanni pour évoquer l’air doux et parfumé de mai, la musique dans les rues populaires, et l’ambiance d’une trattoria. Comme il sait nous toucher en quelques phrases sur la fatigue d’une mère célibataire, l’émotion d’un jeune homme amoureux, la détresse d’une vieille femme seule.

Sa peinture de la ville sait se faire précise, détaillée, ou impressionniste. Le rythme est toujours le bon, les mots touchent. Il est aussi fort dans la description de la haine qui déchire une famille richissime, que dans celle d’un amour sans lendemain ou celle des espérances d’une jeune fille.

Et cette capacité à décrire une ambiance et à construire des personnages ne l’empêche pas de construire très habilement une intrigue qui joue avec nos nerfs.

Plus je lis Maurizio de Giovanni, plus j’aime ses romans, son humanité, sa tendresse pour ses personnages et sa ville. Plus je le lis, plus il me touche et me bouleverse.

Maurizio de Giovanni / Et l’obscurité fut (Buio per i bastardi di Pizzafalcone, 2013), Fleuve Noir (2016), traduit de l’Italien par Jean-Luc Defromont.

16 réflexions au sujet de « Maurizio de Giovanni de Naples. »

    1. actudunoir Auteur de l’article

      Mieux vaut commencer par le premier (La méthode du crocodile), même si je trouve que c’est le moins abouti de la série. Mais il met en place les personnages, et ce serait dommage de sauter ce démarrage.

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  1. Norbert

    Personnellement, je conseillerais de commencer plutôt par le premier, « La méthode du crocodile » (en poche chez 10-18) que j’avais beaucoup aimé. Et comme le 2e de cette série (juste avant celui-là) « La collectionneuse de boules à neige » vient lui aussi de sortir en poche, donc tant qu’à faire ça permet de suivre l’évolution des personnage, la mise au placard de Lojacono au commissariat de Pizzofalcone. Même si dans l’absolu ils peuvent se lire indépendamment.

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Je suis entièrement d’accord avec toi, même si je trouve le premier moins intense que les deux suivants. Mais il plante le décor et les personnages.

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  2. RoqueDalton

    Ses deux séries sont magnifiques. Décidément c’est italiens (Vichi, Gangemi etc. pour les plus récent sont excellents)

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  3. Suffra

    Bonjour,
    Comme vous j’adore les romans de Maurizio de Giovanni. Et plus on le découvre à travers ses personnages toujours très attachants, mieux on l’aime.
    J’avais personnellement découvert l’auteur avec :  » La méthode du crocodile  » et par la suite j’ai décidé de le suivre dans ses autres romans.
    La série des  » quatre saisons » mettant en scène le commissaire Ricciardi et son adjoint Maione
    est vraiment remarquable et s’ouvre avec : « L’hiver du commissaire Ricciardi « .
    En ce qui me concerne je crois que ce sont des livres qui rendent heureux même si les faits qui s’y déroulent sont souvent tragiques.
    Une grande humanité et la ville de Naples est un « personnage » à elle seule.
    Une magnifique découverte en tout cas.

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  4. valérie barca

    Bon, je passe sur le fait que c’est super et que j’ai adoré… mais l’éditeur a arrêté de traduire la série des Ricciardi alors que notre héros est à l’agonie à l’hôpital ! Que faire pour qu’il reprenne la traduction ? A qui faut-il s’adresser ? Peut-on lancer une pétition ?? Merci pour votre aide !

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